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2011.12.03

Intimidation à l'école: symptôme d'une société violente

La tragédie survenue à cause de l'intimidation chez les jeunes n'est que la pointe de l'iceberg de la tragédie beaucoup plus grande dans laquelle est plongée l'humanité. On parle des jeunes un peu comme si ils formaient une société à part, comme si c'était des animaux au zoo qu'il suffisait de surveiller. Or, il font réellement partie de notre société: est-il nécessaire de rappeller que chacun de nous, adultes, avons passé par là? Comme d'innombrables personnes de ma génération, je me suis fait écoeurer à l'école par des abrutis qui se mettent en groupe pour attaquer un individu. Ces "bullies" qui cherchent à se valoriser en descendant les autres, que deviennent-ils? Ils continuent leur petit bonhomme de chemin, certains évoluent et changent éventuellement d'attitude, d'autres non. Adulte, j'ai aussi vécu les insultes en groupe en milieu de travail. Jusqu'alors, je ne croyais pas que cette attitude dégénérée pouvait survivre à l'âge adulte mais il semblerait bien que oui. D'ailleurs, il suffit d'écouter certaines radios "d'opinion" pour constater que profaner des insultes à qui mieux mieux, rabaisser les autres et faire de la démagogie continue d'épater la gallerie. Qu'il s'agissent de baveux du secondaire, de radio poubelle, ou de méchanceté sur les médias sociaux, la violence envers les uns pour valoriser les autres n'a pas d'âge, et elle est encouragée par la complicité silencieuse de ceux qui se laissent divertir, passifs, par ces spectacles.

La violence se manifestant par l'inimidation à l'école n'est que le symptôme d'un mode d'action qui paraît profondément encré dans beaucoup d'invididus. Dans ce monde où le but de la vie est devenu d'accumuler plus de richesses que le voisin, on se fait constamment violence, au nom de la liberté et de son confort personnel. Regardez les mesquineries que se font entre eux nos politiciens, ces dirigeants sensés nous représenter, dans le seul but de gagner le pouvoir. Remarquez comment notre gouvernement répond à la violence par la violence, en voulant durcir les peines, construire plus de prisons et grossir l'armée. On fait violence aux autres peuples de ce monde avec notre système économique injuste qui laisse la moitié des humains dans la misère pendant que l'autre se vautre dans le luxe. On fait violence aux générations futures en dilapidant les ressources limitées, pour du superflu à court terme. On se fait violence à nous-mêmes en adoptant des modes de vies malsains qui nous font mourrir à petit feu, par l'obésité, le diabète, les maladies du coeur et le cancer du poumon. On se fait violence en détruisant le milieu de vie que nous partageons avec 7 milliards d'êtres humains et 6 milliards d'autres espèces d'êtres vivants, à qui nous ne laissons aucune chance. Les uns méprisent la dignité humaine et la vie sur terre. Les autres contemplent dans l'indifférrence totale. Et ceux qui essaient de changer les choses se font taxer de bien-pensants qui veulent contrôler les autres, et s'attirent davantage de mépris.

Voilà la société dans laquelle on vit: une société égoïste, violente, qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez et qui ne veut pas changer. À quoi bon dire à nos enfants de respecter les autres, et les punir quand ils ne le font pas, quand collectivement nous nous comportons comme des inconscients? Les jeunes absorbent les valeurs que portent leurs parents, pas celles qu'on leur dit d'adopter. Monkey see, monkey do! Au lieu de dire aux enfants quoi ne pas faire, pourquoi ne pas leur montrer ce qu'on peut faire? Il est dans le devoir de chacun de prêcher par l'exemple en adoptant une attitude juste et en faisant sa part, dans ses choix de tous les jours et dans son mode de vie. Pour que les jeunes veulent participer à une société meilleure, il faut leur montrer qu'elle est possible, et pour ça, il faut que les adultes commencent à se comporter, eux-mêmes, décemment.

EDIT:

Brillante lettre de Nestor Turcotte dans Le Devoir:

Lettres - L'intimidation généralisée Nestor Turcotte - Matane, le 30 novembre 2011 2 décembre 2011 Actualités en société Le timide souffre d'un manque d'assurance dans ses rapports avec les autres. Le timide est souvent gauche, embarrassé, indécis, incapable de s'imposer. Le timide est souvent victime de manoeuvres, de gestes, de paroles, de pressions, de menaces visant à l'enfermer davantage dans sa coquille. Il n'ose plus; il se referme sur lui-même; il se forge une carapace jusqu'au jour où, démuni, désarmé, brisé psychologiquement, il décide de sortir de sa cage et de chercher dans la mort la solution à son problème. À l'école, certains jeunes prennent souvent un plaisir diabolique à écraser, à détruire, à humilier celui qui est déjà à terre. Ils le piétinent, l'affublent de tous les mots, le provoquent, l'intimident, surtout lors des moments de récréation. Ils utilisent un langage vulgaire, destructeur, démoralisateur, et leur mépris, leur sourire narquois, leurs gestes répétitifs ne font que masquer leur immaturité, leur soif de dominer, d'écraser, de détruire, de faire c... le plus faible, le plus incapable de se défendre. Alors, le timide se glisse entre les groupes, s'isole, arrive à s'esquiver jusqu'au moment où, fatigué, déboussolé, il se fait à nouveau harceler par un autre groupe qui reproduit le même scénario. Il se décourage et ne sait plus trop quelle direction prendre. Le timide est souvent marqué par un tic, une allure hors du commun, des antécédents sociaux et familiaux. Il ne s'intègre pas: tout le monde cherche à le désintégrer. Que faut-il faire? L'éducateur et les parents doivent dépister rapidement l'enfant timide. Les jeunes qui le côtoient doivent savoir que le plus faible dans un groupe n'a que faire de la moquerie, de l'intimidation, de la domination effrénée de la gang. L'éducateur et l'enseignant ont comme mission d'être le berger de l'être affaibli, désarçonné, incapable de se défendre lui-même. Ils ne doivent jamais abdiquer devant leur mission, celle qui doit amener le jeune à s'épanouir et à se forger une personnalité équilibrée. En regardant les nouvelles le soir, à la télé, j'ai l'impression que l'intimidation se pratique à un très haut niveau. Pas étonnant que, dans la cour d'école, certains jeunes transposent avec éclat ce qu'ils aperçoivent dans le monde adulte. Dois-je vous dire que ce type de société me désole, me fait honte et me porte à m'interroger sur notre degré de civilité? *** Nestor Turcotte - Matane, le 30 novembre 2011

2011.10.22

Mathieu Roy à tout le monde en parle

On parle des vraies affaires à tout le monde en parle!

2011.07.26

Anders Breivik "pas plus fou qu'il est coupable"

Anders Breivik ne va jamais plaider qu'il est fou. Il veut prouver son point, qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il a juste abattu des animaux marxistes, qu'il ne considère pas comme des personnes. Dans sa cosmologie il n'a donc pas commis de crime, et c'est pourquoi il a plaidé non coupable. S'il disait qu'il est fou pour se sauver quelques années de prison, il aurait fait tout ça pour rien. Il est résigné à faire comme son héros Adolf en prison, il va écrire des livres et préparer la phase 3 de sa révolution des néotempliers. Il a déjà fait un malheur, c'est le mot, avec son manifeste du guerrier purificateur en croisade pour quelconque révolution nationaliste droitoconservatrice. Ses mèmes se répendent maintenant à travers l'internet comme tant d'autres atrocités intellectuelles. Il aura amplement l'opportunité de continuer son travail puisqu'en Norvège il n'y a ni prison à vie, ni peine de mort...

2011.02.26

Jean Dion -"Ça commence à faire"

tellement excellent, fallait que j'le mette ici:

Ça commence à faire

Un citoyen/contribuable/consommateur qui s'était initialement réjoui du mouvement de protestation gagnant une partie du monde trouve que ça commence un peu à faire, si vous voulez son avis.

«Je vais vous donner mon avis, j'en ai le droit puisque nous vivons dans un pays libre», a-t-il déclaré. «C'est que j'ai constaté que, par un phénomène que je ne comprends pas tout à fait, des troubles dans certaines régions peuvent entraîner une hausse du prix de l'essence. Et je trouve qu'on paie déjà assez cher comme ça à la pompe sans qu'on vienne en rajouter sous prétexte qu'il y a des pays mal organisés.»

«Ne vous y trompez pas, je crois à la démocratie, même si je ne vote pas parce que ça ne sert à rien», a poursuivi le citoyen/contribuable/consommateur. «Mais si vous voulez mon avis, le droit des uns de lutter contre la dictature et l'oppression s'arrête là où commence le droit des autres, dont le mien, de gazer à un coût raisonnable. On est déjà assez taxés comme ça.»

Il a conclu en affirmant que certains peuples devraient faire preuve d'un peu plus de respect pour les autres, surtout ceux qui comptent «des citoyens/contribuables/consommateurs pognés à la gorge par des gouvernements qui vont trop loin».

2010.06.12

Sylvain Bouchard et le scandale du tramway

 

show-poubelle.gifNous avons eu droit à toute performance vendredi matin sur les ondes du 93,3: Sylvain Bouchard s'est fait l'ardent défenseur du pauvre banlieusard victime de la clique d'environnementeurs qui tire les ficelles des autorités publiques. L'animateur estime que le projet de tramway proposé par le groupe de travail sur la mobilité est inutile et injuste. Il s'est habilement appliqué à convaincre son auditoire de se scandaliser de ce qu'il considère une dilapidation de fonds publics pour ultimement enlever la mairie à Régis Labeaume aux prochaines élections. Durant la tribune téléphonique, M.Bouchard prenait l'absence de défenseurs du tramway sur ses lignes comme une preuve que personne n'en voulait. Pourtant, le sondage même sur le site web du 93FM indiquait une majorité de gens en faveur. Je soupçonne que l'attitude méprisante de l'animateur envers les défenseurs du tramway ne favorise pas leur participation à son débat.

Après avoir réussi de peine et de misère obtenir l'onde, et après avoir fait une brève entrée en matière, j'ai été coupé avant de venir au vif du sujet par M.Bouchard qui tenait à nous resservir son sempiternel délire sur « la religion environnementeuse ». J'aimerais donc utiliser cette tribune pour faire valoir mon opinion sur le sujet et répondre à sa rhétorique.

Celle-ci repose principalement sur ce que un tramway serait inutile, puisque les habitants de Québec préfèrent l'auto, et que les problèmes de congestion se règleront tout seul avec le temps puisqu'il y aura une décroissance démographique. Je ne suis pas démographe, mais je soupçonne notre animateur de confondre ralentissement de la croissance avec décroissance. Les boomers vieillissent, mais les régions continuent de se vider au profit des villes, et l'immigration demeure toujours importante. Si l'Institut de la Statistique du Québec estime que le nombre de ménage de la région métropolitaine de recensement Québec pourrait augmenter de 75 600 d'ici les 20 prochaines années, ces chiffres me semblent davantage plausibles que les dires de l'animateur.

M.Bouchard a martelé sans cesse que le tramway est injuste car il fait payer les automobilistes de la banlieue pour payer le transport de « la clique des environnementeurs du centre-ville », qui vivraient dans des coops d'habitation subventionnées avec son argent, iraient voir du théâtre subventionné avec son argent, etc. Il semble considérer qu'il est le seul payeur de taxes et que le centre-ville est peuplé soit d'élite richissime qui se paie des condos à 350 000 $ ou de profiteurs de la gogauche. Pourtant, la réalité est qu'on trouve de nombreux logements relativement abordables au centre-ville, et que les coops d'habitation sont rares. Les locataires paient autant les taxes municipales, car les propriétaires couvrent ce coût avec leurs loyers. De plus, comme l'a mentionné plusieurs fois M.Labeaume, le tramway est prévu pour desservir les banlieues et non assurer un transport interne au centre-ville.

Par ailleurs, le développement du transport en commun permettant d'enlever des voitures de la circulation, il permet une meilleur fluidité routière et une meilleure accessibilité du stationnement, ce qui profite à ceux qui continuent d'utiliser leur véhicule individuellement. Pour ces raisons, il me semble injuste de dire que les automobilistes de la banlieue seraient ceux qui paient, et qu'ils n'en profiteraient pas. Une réalité qui est toujours négligée, c'est que les automobiles génèrent des externalités, des coûts non monétaires pour les autres. La congestion causée principalement par les automobiles bloque aussi les utilisateurs du transport en commun et, dans une moindre mesure, les piétons et les cyclistes. Chaque véhicule est un danger potentiel pour les autres, et les utilisateurs du transport actif en particulier subissent un risque plus élevé alors qu'ils y contribuent que très peu. Les automobiles ont un impact plus grand sur l'espace routier (congestion et stationnements), la sécurité et la qualité de l'air : ils consomment davantage de ce bien public qu'est l'infrastructure de transport, ils m'apparait donc normal que tout le monde participe au financement du transport en commun, qui est une partie essentielle de cette infrastructure profitant à tous.

 

Quant à la pollution de l'air, M. Bouchard a insinué qu'il la considère insignifiante à Québec. Je l'invite, ainsi que tous les autres automobilistes qui sont également de cet avis, à tenter l'expérience se déplacer à vélo aux côtés des files d'automobile, en plein trafic d'heure de pointe. Ils constateront que la qualité de l'air est un réel problème quand on n'est pas assis dans une auto et qu'on déploie un effort physique pour se déplacer. Si vous voulez des chiffres, en voici : l'Institut national de santé publique estime, dans son rapport de 2008 intitulé « Estimation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique au Québec » que la pollution est responsable de 1974 décès prématurés, 414 visites à l’urgence pour des problèmes respiratoires et 246 705 journées de symptômes d’asthme, annuellement. Une estimation conservatrice. Mais je suppose que l'INSPQ est aussi aux commandes de la religion environnementeuse?

andré-philippe coté - contre le tramway.jpg

L'indignation affichée par M.Bouchard n'est pas raisonnable. 1,5 milliards, amortis sur 20 ans comme l'a dit M.Labeaume, ça fait 75 millions par année. Comme l'a justement souligné un auditeur, quand il s'agit de mettre 400 millions sur un Colisée pour procurer du divertissement aux masses, c'est un judicieux investissement, mais quand il s'agit d'investir pour développer une offre de transport durable pourtant indispensable à la ville, rien ne va plus!

Nous avons également eu droit à une éloge fort impressionnante de l'automobile. Notre entertainer matinal ne mâchait pas ses mots pour exprimer son amour du char et de la libarté qu'il procure, tandis que selon ses dires, le transport en commun est un calvaire terrible, et le vélo est insignifiant puisqu'il ne sert que deux mois par année. J'aurais aimé qu'on me laisse la chance de lui dire que, pour les 3 mois par année où je ne prend pas le vélo, je ne voudrais pour rien au monde prendre l'automobile pour aller faire la file dans le trafic. Tant qu'à attendre dans la circulation, autant le faire sans stress, avec un livre à la main, et ne pas avoir à trouver un stationnement et déneiger une auto. Le transport en commun a plein d'avantages, mêmes individuels, qui sont tenus sous silence à l'émission Bouchard en parle car son but est manifestement de transmettre à son auditoire ses préjugés sur la supériorité de l'automobile. Cela aurait-il quelque chose à voir avec la forte présence de concessionnaires automobiles parmi les annonceurs de la station?

Ce qui est crucial pour le développement durable, c'est de modifier les comportements de masse, ce que l'animateur n'encourage pas du tout avec sa démagogie individualiste. Aucune nuance dans son discours, tout est démesure. Est-ce ainsi qu'on informe les gens? Qu'on nourrit l'esprit critique? Qu'on stimule le débat public? Je n'écoute que rarement la radio poubelle, je l'ai syntonisée ce matin là uniquement parce que je me doutais que le maire y ferait une apparition. Mais si c'est ce genre de discours primaire qui remplit les oreilles de milliers de citadins chaque matin, le groupe de travail sur la mobilité durable aura tout un travail à faire pour nous affranchir des préjugés. Québec a, d'ailleurs, du retard à rattraper par rapport à la 4e ville en importance au Québec. Selon les dernières données disponibles, à Gatineau, 300 000 habitants, 15% de la population utilise le transport en commun pour se rendre au travail, comparativement à 12% à Québec, qui compte 750 000 habitants (voir la figure ci-dessous).

J'invite tout le monde à consulter la proposition de plan de mobilité durable. On y fait un constat assez lucide de la situation, et des suggestions intéressantes.

 

partmodale.jpg

2010.05.19

Pour une cohabitation de la route

La fin de semaine particulièrement tragique pour les cyclistes du Québec que nous venons de connaître a de quoi faire parler. Au lieu de chercher les coupables, il serait plus constructif de chercher des solutions afin d'améliorer la sécurité des usagers de la route. 5 morts en quelque jours, c'est près du tiers des décès de cyclistes que le Québec a connu l'an dernier, selon les statistiques de la SAAQ. Ce soir, une procession de cyclistes a circulé dans Québec à la mémoire de nos confrères victimes d’accidents de la route. Cette tragédie aura au moins aidé à mettre le sujet sur la table: les réseaux de transports du Québec ne laissent pas de place au transport actif. En particulier, il y a une insuffisance de pistes cyclables de qualité, bien conçues au niveau logistique.

On entend par transport actif les déplacements où l'énergie permettant le transport provient de la personne qui se déplace: vélo, marche, patins, skate, etc. L'efficacité énergétique de ces transports est incroyablement supérieure à celle de l'automobile, en plus de permettre une utilisation plus efficiente de l'espace. Les transports actifs causent moins de trafic, requièrent peu d'espace sacrifiés aux stationnements, sont moins dangereux, moins nocifs, moins bruyants, moins toxiques, et moins polluants que ces machines à pétrole d'une tonne. Cependant, force est de constater que les usagers du transport actifs sont autant victimes, sinon plus, des embouteillages, de la toxicité et du danger posés par l'hégémonie automobile. Voilà pourquoi nous demandons aux décideurs, mais également à chacun de nos concitoyens avec qui nous partageons l'espace public, d'accorder aux transports actifs la place à laquelle ils ont droit.

Malheureusement, les infrastructures présentes et la culture générale n'encouragent pas du tout ce virage nécessaire. Les cyclistes sont marginalisés comme étant des pauvres, des écolos ou des touristes qui ne devrait pas être dans la rue. Automobilistes et autorités publiques doivent reconnaître que le cyclisme est un moyen de transport légitime, efficient, et qui à terme devra remplacer l'automobile comme principal moyen de déplacement dans les centre villes. Une approche intégrée et à long terme doit donc accorder plus de place au cyclisme utilitaire.

Par conséquent, nous proposons les idées suivantes qui, pensons nous, sauraient améliorer l'efficacité et la sécurité des transports actifs sur nos voies publiques.

  • Les pistes cyclables doivent être efficaces logistiquement. Nous avons besoins de circuits en ligne droites, entre tous les points stratégiques de la ville jusqu'aux banlieues, et entre les régions. Il est déplorable qu'à Québec, il n'y ait pas de voie cyclable en ligne droite reliant le centre-ville et l'Université. On doit se contenter de lignes peintes qui sinuent dans les petites rues et font de grands détours.

  • La plupart des artères de la ville n'ont pas de voie cyclables. À défaut d'avoir une voie séparée les transports actifs de l'automobile, la vitesse maximale sur ces voies devrait être de 30km/h pour permettre la sécurité de tous.

  • Les voies cyclables sur les artères urbaines rapides doivent avoir une largeur de 1,5 m et être délimitées par des poteaux.

  • Dans les intersections à fort débit piétonnier, il devrait à long terme y avoir des trottoirs traversiers: les passages piétonniers ne descendent pas dans la rue, la rue monte au niveau du trottoir. Cela a comme conséquence de ralentir le débit automobile et cycliste à une vitesse plus raisonnable et favoriser la priorité aux piétons, et de décourager le transit automobile lourd là où il n'a pas sa place.

  • Sur les chamins de campagne, des écriteaux rappellent aux conducteurs que les voies sont partagées. Cela semble insuffisant pour assurer un partage respectueux de la route, il est donc important de faire des voies qui soient réservées, séparées physiquement, pour protéger le cycliste ou du moins faire respecter par la loi une distance minimum de 1.5 m entre les deux véhicules.

  • Beaucoup de voies sont repavées cette année dans la ville de Québec. Il devrait-être impératif d'incorporer systématiquement une voie cyclable aux rues qui sont refaites.

Nous pensons qu'il serait temps que le ministère des transports et les conseils municipaux priorisent aux modes de transport actifs et favorisent leur utilisation. Au-delà de la simple question d'équité d'accès aux différents usagers de la route, l'essor des transports actifs est conditionnel à la société durable. Tout cela est très réalisable, du moment qu'on y met un minimum de volonté.

 

Geoffroy Ménard
Guy Wera
Caroline Bélanger

2010.03.13

Québec: règlement sur le moteur au ralenti

Merci de ne pas boucanner pour rien
Trop de gens ignorent le pertinent règlement municipal 337, en vigueur depuis le 19 juin 2009.

Il gagnerait à être connu.

  • Il met la durée maximale de moteur au ralenti permise à 3 minutes.
  • Il autorise les policiers à pénétrer dans les propriétés privées pour l'appliquer.
  • Il prévoir une amende de 150 $ à 2 000 $ pour les contrevenants.


Voici les passages pertinents:

RÈGLEMENT R.A.V.Q. 337
RÈGLEMENT DE L’AGGLOMÉRATION SUR LA MARCHE AU
RALENTI DU MOTEUR DES VÉHICULES


Ce règlement vise l’assainissement de la qualité de l’air au moyen du contrôle de la durée de marche au ralenti du moteur des véhicules.
Ce règlement prévoit que la marche au ralenti du moteur des véhicules est interdite pendant plus de trois minutes par période de 60 minutes.
Ce règlement fixe le montant des amendes minimales et maximales pour les personnes physiques ou morales qui commettent une infraction à celui-ci.

CHAPITRE III
INTERDICTIONS
3. Il est interdit à quiconque de laisser le moteur de son véhicule en marche au ralenti pour une durée supérieure à :
1° trois minutes, par période de 60 minutes, sous réserve des paragraphes 2° et 3°;
2° cinq minutes, par période de 60 minutes, dans le cas d’un véhicule lourd dont le moteur est alimenté au diesel, sous réserve du paragraphe 3°;
3° dix minutes, par période de 60 minutes, pour un véhicule lourd dont le moteur est alimenté au diesel, entre la période du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante.

CHAPITRE V
TERRITOIRE D’APPLICATION
6. Ce règlement s’applique sur toute voie de circulation de l’agglomération de Québec ainsi que sur tout terrain public ou privé de ce territoire et tout fonctionnaire chargé de l’application de celui-ci est autorisé à pénétrer sur une propriété privée afin de  s’assurer du respect de ce dernier.
CHAPITRE VI
INFRACTION ET PEINES
7. Quiconque contrevient ou permet que l’on contrevienne à l’article 3 du présent règlement commet une infraction et est passible d’une amende dont le montant est, dans le cas d’une personne physique, d’un minimum de 150 $ et d’un maximum de 1 000 $ et, dans le cas d’une personne morale, d’un minimum de 300 $ et d’un maximum de 2 000 $.

Il est accessible sur http://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/reglements_permis/...

Suggestions pour ceux qui sont tannés: imprimez et distribuez de petites cartes aux boucaneux...

2010.03.10

pétition - commerce de l'ivoire

resized_1936_Ele%2010.jpgSource: Avaaz

Ce week-end (le 13 mars), 2 gouvernements africains vont tenter de faire lever l'interdiction du commerce international de l'ivoire -- une décision qui pourrait décimer des populations entières d'éléphants et conduire à terme à l'extinction de ces animaux exceptionnels.

La Tanzanie et la Zambie font pression sur les Nations-Unies pour obtenir une exemption de cette interdiction, mais ce serait envoyer un signal clair aux trafiquants d'ivoire leur indiquant que la protection internationale faiblit et leur laisse les mains libres pour perpétrer leurs crimes. Un autre groupe d'Etats africains a contre-attaqué en demandant une extension de l'interdiction mondiale pour 20 ans.

Pour sauver les éléphants encore vivant sur le continent, la meilleure option est d'agir avec les écologistes africains et obtenir leur protection. Il ne nous reste que 4 jours et l'organisme de l'ONU en charge des Espèces Menacées ne se réunit que tous les 3 ans. Cliquez ci-dessous et signez notre pétition urgente pour la protection des éléphants, puis diffusez largement ce message pour que nous puissions remettre des centaines de milliers de signatures au sommet de l'ONU à Doha.

Il y a plus de 20 ans, La Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées a adopté une interdiction du commerce international de l'ivoire. Le braconnage et les prix de l'ivoire ont alors chuté. Mais en raison d'une faible mise en oeuvre du texte et de 'ventes uniques expérimentales', similaires à ce que la Tanzanie et la Zambie sont en train de demander, le braconnage a repris et le commerce illégal est devenu une activité lucrative -- les braconniers peuvent blanchir leur ivoire obtenu illégalement en l'intégrant dans les stocks autorisés par la convention.

Aujourd'hui, malgré l'interdiction mondiale, plus de 30 000 éléphants sont abattus chaque année et leurs défenses découpées avec des haches et des tronçonneuses par les braconniers. Si la Tanzanie et la Zambie obtiennent leur dérogation, ce commerce criminel pourrait prendre encore plus d'ampleur.

Signer la pétition

2010.02.10

L'Ouganda veut criminaliser l'homosexualité

Le parlement ougandais pourrait bientôt adopter un projet de loi criminalisant l'homosexualité. Le texte, initiative du député David Bahati, pourrait entre autres condamner à mort les homosexuels séropositifs et ceux qui ont des relations sexuelles avec des mineurs.

Quelques unes des mesures proposées:

  • les faits d'homosexualité, voire même l'idée d'homosexualité (« tentative d'homosexualité ») seront punis de sept ans d'emprisonnement ;
  • il sera même interdit de « présenter l'homosexualité sous un jour favorable » ;
  • un « crime d'homosexualité aggravée », créé pour les actes homosexuels avec une personne de moins de 18 ans, une personne handicapée, ou si la personne responsable des faits fait figure d'autorité ou est porteur du HIV, pourra entraîner la peine de mort.
  • La peine de mort concerne aussi les « contrevenant récidivistes » (« serial offenders »).

(Rue89)

Le projet de loi ratisse large. Par exemple, "une personne commet l'homosexualité si elle touche une autre personne avec l'intention de commettre un acte d'homosexualité", et ce crime est passible d'emprisonnement à vie! On peut lire le texte complet (tel que déposé au printemps dernier) sur PublicEye.org.

Les militants d'organisations comme Minorités sexuelles en Ouganda s'inquiètent et prévoient quitter le pays si le bill est adopté. Curieusement, alors que même le vatican s'y oppose, la Church of Uganda cautionne le projet de loi, et propose d'en rajouter!
uganda_homosexual.jpg
Évidemment, la communauté internationale réagit! Avaaz fait signer une pétition pour ajouter de la pression sur le gouvernement Ougandais, au moment d'écrire ces lignes, ils en étaient à plus de 107 000 signatures. Le sujet a brassé de la marde à une réunion du Commonwealth en novembre dernier, durant laquelle la France, le Canada et les USA se sont prononcés contre le bill. Les USA ont menacé de suspendre l'aide à l'Ouganda si le projet de loi est adopté.

En Ouganda, e ministre d'état pour l'éthique et l'intégrité a dit que le gouvernement est déterminé à passer la loi, même si cela implique de se retirer des traités internationaux et de conventions comme la déclaration universelle des droits de l'homme. Malgré que le président ougandais Yoweri Museveni a indiqué qu'il ne soutiendrait pas un projet de loi imposant la peine de mort, la population ougandaise appuierait largement ce projet de loi. Même que le Rwanda, le Nigeria et le Burundi auraient déjà passé une législation anti-homosexualité.

 

Signez la pétition contre ce projet de loi injuste!

2010.01.13

Port-au-prince dévastée

tremblement-de-terre-en-haiti.jpgProbablement que tout le monde est maintenant au courant du séisme dévastateur que vient de connaître Haïti. Une tragédie fort triste quand on réalise l'ampleur du désastre. Haïti, avec ses 10 millions d'habitants, était déjà le pays le plus pauvre des Amériques!
Mais nous pouvons aider un peu à les soulager en contribuant, entre autres, au fonds du séisme en Haïti de la Croix-Rouge.

J'ai compilé ici quelques passages de différents articles relatant la catastrophe.

Port-au-Prince, Haïti — Le plus fort séisme jamais enregistré dans la région de Port-au-Prince, d’une magnitude préliminaire de 7,0 à l’échelle de Richter, a frappé Haïti cet après-midi, provoquant notamment l’effondrement d’un hôpital à Pétionville et un «désastre total», selon un responsable des services de secours.

Les moyens de communications ont été fortement perturbés, rendant difficile d’évaluer l’ampleur des dommages alors que de puissantes répliques sismiques continuaient de secouer un pays désespérément pauvre. Des pannes d’électricité ont été signalées à plusieurs endroits.

Karel Zelenka, un représentant des Services de secours catholiques dans la capitale de Port-au-Prince, a déclaré à des collègues américains, avant que le service téléphonique ne tombe en panne, que le séisme «aura sûrement causé des milliers de morts».

Selon Sara Fajardo, une porte-parole du groupe de secours, M. Zelenka a rapporté que le chaos régnait dans la capitale, qui était enveloppée de nuages de poussière.

Selon l’institut géologique américain (USGS), l’épicentre de la secousse était situé à environ 15 km à l’ouest de la capitale Port-au-Prince et à 8 km de profondeur.

(le Devoir)

Le président haïtien René Préval vient de faire sa première déclaration, et il affirme que le  tremblement de terre pourrait avoir fait des milliers de morts.

C’est «inimaginable (...) Nous devons faire une évaluation», a-t-il déclaré au «Miami Herald», dans son premier entretien depuis la catastrophe, à laquelle il a survécu avec son épouse Elisabeth alors que le palais présidentiel, à Port-au-Prince, est détruit.

«Le Parlement s’est effondré, a ajouté le président Préval.  L’hôtel des impôts s’est effondré. Des écoles se sont effondrées. Des hôpitaux se sont effondrés. Il y a beaucoup d’écoles avec beaucoup de morts dedans», a ajouté le chef de l’Etat, qui a dit s’être rendu dans plusieurs quartiers. «Tous les hôpitaux sont pleins. C’est une catastrophe.»

Par ailleurs, l’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Joseph Serge Miot, 63 ans, est mort dans le séisme, selon Associated Press, qui tenait cette information de missionnaires présents à Haïti.
(Le Devoir)


Witnesses say bodies were lining the streets of the capital, Port-au-Prince, after the quake struck on Tuesday afternoon, sending a cloud of dust from falling buildings into the sky. The quake was centered about sixteen kilometers from the capital, and struck at a depth of just ten kilometers, exacerbating the damage. Several aftershocks were also recorded, the strongest of which came in at 5.5 and 5.9 magnitude.

Buildings across the capital have collapsed, including the presidential palace and the headquarters of the United Nations peacekeeping mission in Haiti. However, the president, René Préval, and his wife reportedly survived the collapse of the building. The country's envoy to the United States believed damage costs could reach billions of dollars.

UN peacekeeping chief Alain Le Roy said many people were in the UN building when it went down and they remain unaccounted for. A Brazilian military official later said four Brazilian soldiers who were part of the UN mission were killed.

"[...] It would appear that all those who were in the building, including my friend [UN mission head] Hedi Annabi [...] and all those who were with him and around him are dead," said French Foreign Minister Bernard Kouchner. In a statement released yesterday, the UN remarked that "[f]or the moment, a large number of personnel remain unaccounted for."

Hospitals in Port-au-Prince were reported to have collapsed, raising fears that the injured would not be able to receive treatment easily. "We have reports of some of the most important hospitals in Port-au-Prince have been severely impacted by the earthquake," said Paul Conneally, the Head of Media for the International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies.

"I saw dead bodies, people are screaming, they are on the street panicking, people are hurt. There are a lot of wounded, broken heads, broken arms," recounted Raphaelle Chenet, the administrator of the Mercy and Sharing charity, in a telephone interview with the Wall Street Journal from the Haitian capital.

UN officials reported that communications and power are out across the city, making it difficult to get accurate details regarding the full extent of casualties and damage.Efstathios Daras, the Greek ambassador to Venezuela who also represents Greece in Haiti, described the situation. "We fear major loss of life, maybe in the thousands or tens of thousands. Survivors are using their hands to help get trapped people out. There are fears of big aftershocks which could make the situation even worse. There is huge damage to the infrastructure. We can't get through anymore. All phone lines are down."

(wikinews)


Jusqu'à 3 millions de personnes se trouvent dans la zone touchée, selon la Croix-Rouge internationale.
Mercredi matin, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé à la communauté internationale de se mobiliser pour venir en aide à Haïti, et spécialement à Port-au-Prince, qui est au coeur de la zone sinistrée. Il a dit craindre que des centaines de personnes aient perdu la vie dans la foulée du séisme.
Dans les circonstances, le chef du département du maintien de la paix de l'ONU, Alain Leroy, a annoncé une bonne nouvelle mercredi matin: l'aéroport international de Port-au-Prince, qui avait été fermé dans la foulée du séisme, est maintenant rouvert au trafic aérien, ce qui fournira une porte d'entrée dans le pays pour l'aide humanitaire.

(radio can)

Le séisme qui a frappé Haïti s'est attaqué à l'un des pays les plus pauvres du monde, qui avait déjà été mis à rude épreuve en 2008 par une série de cyclones.

Selon le World Report Factbook de la CIA, en Haïti, 80 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté, 54 % des Haïtiens vivent dans la pauvreté la plus abjecte, alors que 1 % de la population détient 50 % de la richesse du pays.

Le produit intérieur brut par habitant est estimé à 480 $.

(radio can)


2009.12.13

le couronnement de Deltell

Faut voir le montage d'Infoman du speech de Deltell lors de son ascension à la chefferie de l'ADQ!

12:42 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, adq | |  Facebook

2009.12.11

Pétition pour une enquête publique sur l'industrie de la construction

enquete publique.jpegIl y a une pétition à l'assemblée nationale, pour une demande d'enquête publique sur l'industrie de la construction.

Déjà que le gouvernement sait bien que la province au grand complet veut une enquête, ça va rajouter un peu à la pression.
Attention, la page n'a pas marché pour moi ni avec Firefox ni avec Chrome... Une chance qu'il y a Opera sur linux, avec tous les programmeurs incompétents, on a pas le choix d'avoir une diversité de browsers.

Caricature: crédit: Hervé Philippe, cyberpresse


Tant qu'à être dans les sondages d'actualité (et l'incompétence), anecdote intéressante: MacLean mène actuellement un sondage dont la question est "Is Canada shirking its international obligations when it comes to climate change?", et près de la moitié du monde votent "Climate change is a myth and Canada should have nothing to do with "fighting" it". Comme quoi la campagne de F.U.D. de l'industrie du déni, ça fait son effet...

 

Et, tant qu'à être dans les trucs louches, on apprend aujourd'hui dans le Devoir que Harper met sur pied un organisme au budget de 70 M $ pour "promouvoir la démocratie dans le monde". Promouvoir la démocratie ou financer des partis de droite religieuse? L'organisme est supposé d'être non partisan. Si c'est le cas, bonne initiative!, mais venant de Harper, il est beaucoup plus probable que ce soit un autre coup fourré pour répendre l'idéologie conservatrice à même les fonds publics. Et puis, après avoir coupé les fonds à Alternatives et Kairo, qui coutaient même pas 10M$ ensembles, franchement... Le gouvernement Harper a un historique de corporatisme et d'idéologie dans le développement international, comme dans bien d'autres choses...

2009.11.27

Des squelettes dans le ppplacard

Une fois de plus, Garnotte (Le Devoir) démontre que, bien conçue, une image vaut mille mots.

Les PPP, un cheval de bataille de Charest depuis son arrivée au pouvoir, ont comme principale utilité de bypasser les appels d'offres pour que les politiciens puissent donner directement des contrats à leurs amis qui financent leurs campagnes. Pas pour rien qu'il ne veut rien savoir d'une enquête publique...

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.03.30

L'explosion des salaires de la gang à Charest

Radio-Canada nous apprend aujourd'hui les salaires exhorbitants que se versent les profiteurs aux rênes du gouvernement provincial.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/03/29...

La masse salariale explose
Radio-Canada
lundi 30 mars 2009

Pendant que le discours officiel prêche l'austérité en ces temps de difficultés économiques, des informations font état d'une explosion des dépenses du gouvernement depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir à Québec.

Selon des données obtenues par La Presse canadienne avec la Loi d'accès à l'information, la masse salariale totale consentie aux cabinets ministériels a augmenté de près de 30 % en six ans.

En 2003, les salaires du personnel politique du gouvernement libéral coûtaient aux contribuables 18,9 millions de dollars, contre 26,4 millions actuellement.

Et rien ne semble indiquer que la crise économique a eu un effet sur la réduction de ces dépenses, bien au contraire. En décembre dernier, au lendemain de sa réélection, Jean Charest a élargi son conseil des ministres en y ajoutant huit nouveaux membres, soit un total de 26.

Les salaires de tout le personnel politique de ces nouveaux ministres se chiffrent à 3,8 millions de dollars.

D'après les données recueillies par La Presse canadienne, en moins de deux ans, la masse salariale du gouvernement, pour ce qui est du niveau politique, a augmenté de 15 %, passant de 22,5 millions à 26,4 millions.

Ces sommes n'incluent pas les primes dont bénéficient les députés appelés à siéger au conseil des ministres. Promus ministres, les huit nouveaux venus ont vu leur salaire de base passer de 83 714 $ à 145 500 $. À partir du 1er avril, leur salaire passera à 149 429 $.

Au total, ce sont 467 directeurs de cabinet, attachés politiques, attachés de presse et autres employés qui travaillent à faire passer le message politique du gouvernement Charest. Ce personnel est souvent issu des rangs du Parti libéral.

Et c'est pas fini. On apprend en outre que Jean Charest reçoit 175 000 $ par année, (en plus d'avoir probablement toutes ses dépenses payées) pour le privilège d'imposer ses 4 volontés au Québec.

2009.01.31

La barrage des 3 gorges

Connaissez-vous le barrage des 3 gorges?

Ce serait un des, sinon le, plus gros projet industriel au monde.  Long de 2 335 mètres et haut d'environ 100 mètres, sa construction a nécessité 27 millions de m3 de béton. Son réservoir a une superficie de 1 084 km² et a necessité la déportation d'au moins un million de personnes. Le projet a été à l'origine conçu pour produire près de 85 milliards de kw/h par an d'électricité, acheminable dans un rayon de mille kilomètres. Son coût, difficile à estimer fiablement, serait de 25 à 50 milliards $.

Un film a été fait sur ce barrage, Up the Yangtze, dont on a pu lire une critique dans le Devoir l'an dernier.

Suggestion de lecture supplémentaire:

China's Three Gorges Dam: An Environmental Catastrophe? The Scientific American

17:49 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine | |  Facebook

2008.12.23

La Plan de gestion des matiàres résiduelles...

Excellent article aujourd'hui dans le Devoir à propose de la gestion des matières résiduelles, à lire absolument pour quiconque s'intéresse à l'enjeu:

Le Québec et ses déchets - À l'heure des comptes

L'auteur mentionne d'ailleurs le fait que le compostage des résidus domestique est important pour retourner la matière organique à la terre. C'est effectivement une problématique qui prendra de plus en plus d'importance, car le modèle agroalimentaire actuel semble peu se préoccuper de restituer la matière organique aux sols agricoles, alors que c'est pourtant un gage de fertilité important.

Il est intéressant de noter que, contrairement à l'ensemble de la province qui connaît un cuisant échec dans l'atteinte des objectifs de ce plan (élaboré il y a 10 ans), la municipalité de Vaudreuil-Solanges aurait prétendument dépassé ces objectifs.

2008.12.22

22 décembre en bref

Nouvelles qui ont attiré mon attention aujourd'hui:

le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé hier qu'il existait un projet d'assassinat de son homologue bolivien Evo Morales.

La poursuite des conservateurs contre Élections Canada a coûté jusqu'à maintenant 1,4 M $ de fonds publics.

L'australie s'oppose au braconnage de baleines perpétué par le Japon et n'exclut pas le tribunal

Et enfin, le plan de 4 milliards du gouvernement Harper pour "aider" l'industrie automobile. Et Buzz Hargrove est pas convaincu que ça va maintenir les emplois. Je m'intérroge vraiment sur la valeur réelle de toujours débourser les sommes faramineuses pour maintenir des industries en déperdition, de peur de perdre des emplois. Les milliards qu'on met pour la survie des industries forestière, automobile, de l'aluminium etc ne seraient-ils pas mieux investis autrement, par exemple dans des projets de développement durable? Au lieu de maintenir les emplois d'une industrie mourrante pour une année de plus, on ne pourrait pas investir pour des emplois permanents dans des industries émergentes et novatrices?

Je comprend mal qu'on veuille investir autant de fonds publics pour faire survivre une industrie archaïque, désuète, en retard sur ses compétiteurs, qui a échoué parce qu'elle n'a pas su répondre correctement aux besoin de notre société. Il me semble qu'il est temps de tourner la page: le transport automobile individuel est de moins en moins soutenable et nous aurions tout intérêt à faire plus tôt que tard la transition vers les transports collectifs et à énergie humaine. On n'a plus besoin d'autos et le marché est déjà saturé avec des constructeurs asiatiques ayant une avance certaine. On a besoin de vélos, de tramways, de métros, de trains suspendus, d'autobus...

Comment veut-on créer de la richesse collectivement, en modernisant notre réseau de transport et le rendant sécuritaire, efficace et accessible pour tous, on en donnant de l'argent public à une industrie en déclin pour continuer la vieille façon de faire?

À propos, une suggestion de lecture: "Rouler sans pétrole" de Pierre Langlois. Voyage au coeur des alternatives au pétrole et des nouvelles technologies du transport, le livre offre un visuel époustouflant. (C'est tout ce que je peux en dire, je l'ai pas lu, j'en seulement entendu l'auteur à radiocan).

2008.12.18

L'industrie Québécoise du recyclage en crise

Les municipalités sonnent l'alarme

« La Fédération québécoise des municipalités (FQM) se demande si le modèle québécois de gestion des matières recyclables pourra survivre à la récession mondiale.

Depuis des mois, des matières comme le papier, le verre ou le métal s'entassent dans les cours des centres de tri. La plupart des marchés se sont effondrés avec la crise économique mondiale.

Au Québec, la plupart des centres de tri vendent leurs matériaux sur les marchés des pays émergents, notamment en Asie, où les prix ont chuté de manière importante au cours des derniers mois.

Si les centres disparaissent, ce sont des montagnes de nouveaux déchets qui seront acheminées vers des sites d'enfouissement, souvent aménagés à grands frais par les municipalités.

Améliorer le recyclage

Pour sauver l'industrie du recyclage, le président de la FQM croit que Québec doit investir dans la qualité du tri. Selon Bernard Généreux, les centres de tri québécois n'arrivent pas à percer le marché canadien en raison de la piètre qualité de leur production.

L'organisme croit que le gouvernement doit investir pour affiner les technologies de traitement, mais aussi pour mettre en place une campagne de sensibilisation sur le recyclage afin d'améliorer le tri à la source. »

Des millions de tonnes de ressources valorisables vont être gaspillées parce que le monde sont pas foutus de faire leur récup comme du monde. Le plan de gestion des matières résiduelles a été lancé en 1998. Recyc-Québec et les municipalités ont eu 10 ans pour dompter le monde. Ça a pas l'air d'avoir marché...

Flaherty consulte

Jim Flaherty, ministre des Finances, invite tous les Canadiens à faire connaître leur point de vue et leurs priorités pendant que le gouvernement prépare le budget de 2009.

C'est déjà pas mal mieux que si son énoncé économique avait passé tel quel.

« Au lendemain de sa rencontre avec ses homologues des provinces à Saskatoon, le ministre fédéral des Finances annonce qu'il élargit la consultation en mettant sur pied un comité permanent, dont le mandat sera de lui faire des recommandations pour faire face au ralentissement économique.

Le comité, dont les membres travailleront pour le salaire symbolique de 1 $ par année, sera composé d'« éminents Canadiens ». Jim Flaherty affirme toutefois qu'il a choisi les membres du comité sans tenir compte de leur affiliation politique.

Le comité, dont les recommandations ne seront pas contraignantes, se penchera d'abord sur le prochain budget. Il continuera par la suite à donner des conseils au ministre des Finances.

Une première réunion aura lieu la semaine prochaine à Toronto, après quoi le comité tiendra des assemblées publiques dans tout le pays.
»

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/20...

 

J'ai entendu à radiocan que ses imminents canadiens seront principalement des hommes d'affaires, dont Paul Desmarais. So much pour la représentativité. On peut déjà s'imagiiner que les recommendations iront tout dans le sens de satisfaire le plus possible le big business. Il lui est pas venu à l'idée de mettre dans son comité par exemple des logisticiens, des ingénieurs, des scientifiques, des sociologues et des philosophes, question d'avoir une vision élargie d'où s'en va la société. Ça l'air que c'est les affairistes et les économistes qui savent où on doit aller.

Au moins, ils manifestent l'intention de consulter la population. C'est le temps, là, de nous manifester et de faire des propositions. Sur le lien que j'ai donné en haut, il y a une page où on peut entrer un ordre de priorité que nous préconisons, avec possibilité d'ajouter nos propres commentaires. Je pense que ça vaut la peine d'aller y répondre.

 

***

Lu ce commentaire intéressant sur l'article sur l'assermentation d'Amir Khadir dans le Devoir:

« Je vis en France depuis plusieurs années et observe au quotidien le gouffre dans lequel la gauche s'est lancée tête première pour ne plus réussir à en sortir (voir les déboires socialistes récents et le refus systématique de l'exercice du pouvoir par la gauche radicale...). Je vois trop comment cela casse la vie des petits, des humbles et par conséquent, des entrepreneurs conscients et des innovateurs sociaux, pour vouloir de son équivalence au Québec.
Mon avis est que, pour vraiment servir et être utile socialement, le premier piège à éviter est celui du refuge facile dans la doctrine. Après tout, être de gauche ce n'est pas de se déterminer d'une idéologie, mais c'est être d'une idée et d'un but humanistes. Et que l'humanisme, pour être sans cesse poursuivi, doit accepter le contact direct de la réalité...
Soyons de gauche pour faire avancer les choses, ne devenons pas d'une gauche doctrinale qui, dans l'attente d'un éventuel matin qui chante, se perd en luttes nombrilistes et auto-satisfaisantes.
Soyons d'une gauche réaliste, ne nous enfargeons pas dans les fleurs du tapis alors que les choses s'enlisent. Acceptons de nous faire violence à nous-mêmes lorsqu'il le faut.
»

Particulièrement rafraîchissant pour un discours "de gauche".

2008.12.15

Judicieux investissements

Ottawa s'apprête à signer le contrat d'achat de 16 hélicoptères Chinook

L'énoncé économique déposé par le gouvernement conservateur il y a quelques semaines prévoyait des coupes de 6 milliards dans les programmes sociaux, la vente de 2 milliards $ d'actifs du gouvernement canadien, aucune mesure pour l'environnement, l'économie ou quelconque projet de société ayant une once d'intelligence. L'énoncé voulait en outre retirer le financement public des partis politiques, ce qui aurait comme conséquence de mettre à terre tous les partis (sauf le richissime conservateur évidemment), le tout "dans le but de montrer l'exemple en tant que gouvernement responsable" pour sauver 50 millions.

Les temps sont durs, il faut serrer la ceinture, mais quand c'est le temps de débourser pour les achats militaires, sky is the limit. Peut-être même bientôt des armes spaciales tant qu'à y être, et on pourra dire space is the limit. 5 milliards pour une poignée d'hélicoptères. Y'a pas de doutes, les cowboys albertains pour contrôler le pays, c'est ce qu'il y a de mieux pour l'économie!

On apprend également aujourd'hui que le plan Harper pour relancer l'économie consistera à faire construire des bateaux.

C'est inouï où sont leurs priorités.