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2012.01.22

Grow food in appartment

Ou aller directement sur son site, Window Farms

11:56 Publié dans Agroalimentaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ted | |  Facebook

2011.12.17

Roger Doiron's subversive plot

TEDxDirigo - Roger Doiron - A Subversive Plot: How to Grow a Revolution in Your Own Backyard

2011.02.26

Insolite cuisine du monde

poutine

Si des étrangers en sol québécois sont dégoûtés par la poutine, c'est qu'ils n'ont pas connu les abominations gastronomiques inventées par les différents peuples de ce bas-monde. Mon séjour en Suède, où l'on consomme un met traditionnel de hareng fermenté, m'a inspiré cette chronique sur les aliments bizarres.

On pourrait croire que la consommation de pourritures, de bestioles peu ragoutantes ou de préparations potentiellement toxiques est le fait de la nécessité ou de la pauvreté extrême, mais, contre toute attente, ces immondices sont souvent des délicatesses recherchées par les fins palais. Coup d'œil sur quelques traditions alimentaires ahurissantes.

ASIE : Les nids d'hirondelles

un nid d'hirondelle. menoum!

Ce ne sont pas des nids faits de brindilles, d'herbes et de branchages, et ils ne sont pas construits par des hirondelles. Ce sont néanmoins des mets très recherchés par les gastronomes de l'autre côté de la planète. En effet, ce sont les nids de certaines espèces de martinets peuplant l'Asie, fabriqués à partir d'un mucus sécrété par ces oiseaux, qui sont préparés par les cuisiniers du sud-est asiatique. Ces « nids », blanchâtres et translucides, rappellent les nouilles de riz. Ils sont bouillis pendant 3 heures pour être servis en soupe ou en accompagnement de volailles.

On leur prête plusieurs vertus thérapeutiques, vitalisantes, anti-vieillissement ou regénératrices, qui ne semblent pas avoir été confirmées par la science. Les asiatiques sont, depuis longtemps, si convaincus des bienfaits de ces constructions de salive séchés que les rois et autres aristocrates envoyaient des sujets téméraires affronter des dangers pour en récolter un maigre volume. Il se trouve que ces oiseaux ont la fâcheuse habitude de construire leurs nids sur les plafonds de grottes humides, tandis que la technologie de récolte consiste en des échafaudages et perches de bambou.

Hong-Kong serait le plus grand marché de consommation de ces nids et en importerait 100 tonnes par an. De nos jours, la ressource se raréfie et pourrait se vendre quelques milliers de dollars le kg. Pas mal pour de la bave d'oiseau qui n'a, dit-on, aucun goût. Heureusement, un nid ne pèse que quelques grammes.

NORVÈGE : Le lutefisk

lutefiskLe lutefisk est une préparation particulière de la morue, consommée dans le nord de la Scandinavie. Après avoir trempé 5 à 6 jours dans l'eau froide, le poisson est macéré dans une solution d'hydroxide de sodium pendant 2 jours. Durant ce traitement, la chair gonfle, se saturant de soude et perdant jusquà la moitié de son contenu en protéines, acquérant ainsi une consistance gélatineuse. À ce moment, pH du poisson atteint entre 11 et 12, et il doit être trempé un autre 4 à 6 jours avant de devenir consommable.

Le lutefisk, réputé dégager une forte odeur, est considéré par certains comme n'étant pas comestible pour la plupart des gens normaux. C'est un plat de tradition viking, consommé durant le temps des fêtes avec de la purée de pois, des patates, du bacon et du fromage de chèvre.

SUÈDE : Le surströmming

Le surströmming (« hareng sûri ») est un met originaire du nord de la Suède consistant en du hareng fermenté. Le poisson est pêché dans la mer Baltique en mai ou juin, fermenté au soleil pendant deux mois puis mis en conserve. Le processus de fermentation continue à l'intérieur de la conserve, de sorte qu'au bout de 6 mois à un an, une variété de gaz ont été produits, faisant bomber la boîte qui passe d'une forme cylindrique à une forme presque sphérique.surstromming À cause de la pression ainsi créé, ces conserves ont été interdites sur les vols de plusieurs compagnies aériennes, préoccupées du potentiel de ses boîtes à exploser sous la plus faible pression externe. La préparation a été développée à partir du 17e siècle pour les troupes suédoise, en guise de méthode de conservation remplacent le salage en période de pénurie de sel.

Il va sans dire que cet aliment est reconnu pour dégager une odeur âcre et pestilentielle, décrite comme rappelant les œufs pourris, le beurre rancis, le vinaigre ou le chien mouillé. Selon plusieurs, le surströmming est sans doute un candidat pour le titre de l'aliment le plus nauséabond au monde. La boîte doit être ouverte à l'extérieur pour laisser se dégager les gaz sous pression, et il est également recommandé de ne pas consommer la produit à l'intérieur. Par ailleurs, le poisson fermenté est banni de nombreux blocs appartements et interdits dans les édifices publics, car son odeur peut évidemment alimenter des conflits. Il est dit aussi que ses conserves sont prisées par les enfants en guise de bombes puantes pour faire des mauvais coups : environ 25 salles de classes par année doivent être évacuées à cause de l'ouverture d'une canne.

Une compagnie du nord de la Suède a tenté d'en commercialiser une version en pilules pour la vendre comme produit de santé naturelle, tentative qui a été tuée dans l'oeuf par le refus de l'agence nationale de contrôle des aliments, qui a jugé les prétentions santé injustifiées. Ce met peu populaire, que beaucoup Suédois admettent éviter, est traditionnellement consommé à la fin de l'été dans un sandwich de pain croustillant contenant également des patates et de la crème sûre.

ISLANDE : Le hákarl

Il va sans dire que les Islandais, descendants de Vikings habitant une île minuscule au milieu de l'Océan, sont de grands consommateurs de fruits de mer, dont le requin. Mais les requins pêchés dans les eaux nordiques, essentiellement le requin pèlerin et le requin du Groenland, sont toxiques à consommer frais à cause d'un contenu très élevé en acide urique et en oxyde de triméthylamine. Ces produits servent d'antigel permettant au métabolisme de ces poissons de fonctionner dans des eaux aussi froides que -2°C, et il paraît que ceux qui en consomment peuvent vomir du sang peu de temps après. Donc, les ingénieux Islandais ont trouvé une façon de transformer le poisson de sorte à éliminer ces toxines.hakarl

Après avoir été éviscéré et décapité, le requin est coupé en gros morceaux, qui seront placés dans des trous dans le sol. Enterrés sous le sable et les pierres afin de garder la viande hermétique et bien tassée, les morceaux seront déterrés 1 à 3 mois plus tard. À ce stade, la viande est molle et dégage une odeur d'ammoniaque. Les morceaux seront suspendus dans une cabane, trouée pour la ventilation, pendant 2 à 4 mois. À la fin de ce processus, la viande est relativement bien ferme et séchée. La croûte brune est retirée et le hákarl est alors coupé en petits cubes et emballé, prêt à être consommé.

Ce met est consommé traditionnellement au festival de Thorrablot, durant l'hiver, accompagné de brennivin, un spiritueux à base de patates. Le hákarl a un fort contenu en ammoniac, produit lors de sa fermentation initiale. Certains lui trouvent un arôme rappelant le fromage, d'autres trouvent qu'il rappellent davantage l'urine.

OUEST AMÉRICAIN : Les Rocky Mountain oysters

Où trouver des huîtres dans les montagnes rocheuses? Nulle part! Les rocky mountain oysters ne sont pas exactement des fruits de mer : le nom est plutôt un euphémisme comique pour un apéritif à base de testicules de bœuf. Le plat est né de l'abondance de la matière première dans des régions de l'Ouest où les ranch de bétail sont très nombreux et les jeunes veaux, systématiquement castrés.

Les testicules sont « épluchées », pannées, poivrées et parfois aplaties (ouch!) pour être ensuite frites dans l'huile.
On trouve un plat semblable dans les prairies canadiennes, qu'on appelle plutôt prairie oysters et qui est grillé et servi avec sauce brune, plutôt que frit.

PHILIPPINES: Le balut

balut

Le balut est littéralement un intermédiaire entre l'oeuf et la viande de canard. L'oeuf de canard fertilisé a été incubé environ 2 semaines, le temps peut-être de développer un début de plumes, de becs et d'os, puis l'oeuf est bouilli et servi dans sa coquille brisée. Bien qu'on consomme de cet aliment sous un autre nom dans plusieurs pays d'Asie, il semble être le plus populaire aux Philippines, où il est vendu, prêt à manger, dans la rue. Selon National Geographic, ces embryons de canards sont aussi communs que les hot dogs aux états-unis. Les Philippins le mangent souvent assaisonné au vinaigre et accompagné de bière. Pour beaucoup de gens, cet aliment est un aphrodisiaque.

JAPON : Le fugu

Le fugu est la viande d'une famille de poissons célèbres pour leur capacité particulière de se gonfler comme un ballon lorsque menacé. Ces tetraodontidés sont aussi parmi les vertébrés les plus toxiques au monde. Plusieurs organes de ces poissons contiennent une neurotoxine paralysante très puissante appelée tétrodotoxine. Celle-ci n'atteint pas le système nerveux central, laissant la victime complètement consciente lors de la paralysie, qui mène généralement à une mort par asphyxie ou arrêt cardiaque. La toxine n'est pas affectée par la cuisson et il n'existe aucun antidote connu.

tetraodontidé

Leur chair est néanmoins très prisée chez les fines bouches nippones. Le poisson peut être apprêté de sorte à en retirer les parties dangereuse; la pratique est cependant sévèrement encadrée par les autorités publiques. Seuls les cuisiniers d'expérience, ayant suivi plusieurs années de formation et possédant une licence, peuvent apprêter ce poisson mortel. Le poisson est souvent servi en sashimi, de fines tranches de chair crue, ou encore bouilli brièvement avec des légumes. On rapporte que dans certains restaurants, quand le chef connaît les clients, il peut leur offrir discrètement un petit morceau d'organe toxique. En effet, certaines personnes apprécient la sensation d'engourdissement que procure la toxine du fugu, qui peut venir aussi avec un certain buzz euphorisant. Il est cru que l'intoxication, lorsque non fatale, est suivie d'un gain remarquable de libido.

Chaque année, des décès sont attribués à la consommation de ce poisson, généralement par des pêcheurs amateurs qui ont eux-mêmes préparé l'animal.

INDONÉSIE : Le kopi luwak

Le kopi luwak est un café « de spécialité » et il est considéré comme le café le plus cher et le meilleur au monde. La production mondiale de ce café est estimée à 200 kg par an, et son prix peut atteindre 1000 $ le kg. Il était, par ailleurs, la source d'une polémique en Indonésie tandis que les hautes autorités musulmanes se demandaient si la consommation de ce breuvage devrait être considéré comme un péché, étant donné son mode de fabrication particulier.

LuwakKopi Luwak signifie « café de civette », la civette étant un animal de la famille des viverridae vaguement apparenté au furet. Les animaux de cette famille ont plusieurs particularités intéressantes, dont celles de ronronner et de déposer leurs déjections, qui sont d'une taille impressionnante, systématiquement au même endroit. Ce dernier aspect doit faciliter la récolte du kopi luwak, puisque le système digestif de Paradoxurus hermaphroditus est le secret de la fabrication de ce café. En effet, l'animal se nourrit exclusivement de baies de café, dont il ne digère pas les noyaux. Ces derniers ressortent, fermentés, par voie naturelle.plus cher que de la marde de pape Les grains de café, après avoir été nettoyés, séchés et torréfiés, produisent un café moins amer avec un goût qu'on dit caramélisé ou chocolaté, très prisé des gourmets.

Le président de la plus haute autorité islamique de l'Indonésie a déclaré l'an dernier que la consommation du café de luwak n'était pas un péché, « tant que les grains de café sont nettoyés à l'eau pour être débarrassés des traces d'excréments ». Tout est bien qui finit bien pour les consommateurs de ce café rare comme de la marde de pape.

CAMBODGE : Les a-ping

a-ping

Si vous allez au Cambodge et particulièrement dans la ville de Skuon, vous aurez l'opportunité de goûter à ce met inusité. Certains affirment qu'il est en quelque sorte un héritage des Khmer Rouges, puisque c'est durant les famines de leur régime, à la fin des années 70, que les tarentules ont commencé à tisser des liens avec la poêle à frire.
Les arachnides sont capturées dans la forêt ou élevées dans des terriers. Avant d'être envoyées au marché, on leur arrache, une à une, les crocs. Les femmes les garochent à pleine poignées dans un wok où elles seront frites avec de l'ail, du sel et du glutamate monosodique, après quoi elles prennent une teinte brun foncé. Une tarentule bien apprêtée a les pattes croustillantes, mais le corps doit demeurer tendre. On peut acheter une tarentule pour environ l'équivalent de 12 ¢. Elles sont aussi utilisées comme remède traditionnel contre les maux de dos et l'insomnie. Il faut voir les étales de tarentules, les femmes circulants avec des plateaux qui débordent

MEXIQUE : Les escamoles

On l'appelle parfois le caviar mexicain et il se vendrait 70 à 80$ le kg. L'escamole est une délicatesse fort recherchée au Mexique. Les escamoles sont les larves de fourmis qui s'établissent dans des racines d'agave. Elles se présentent sous forme de petits oeufs blancs jaunâtres, à mi-chemin entre le grain de riz et le fromage cottage. Frites dans la poêle avec des oignons, il est servi avec de la guacamole, de la salsa et des tortillas fraîches. Il paraît que c'est un délice qui fond dans la bouche. On peut aussi les manger en tacos, préparation qui se vendra 25$ pièce!

ITALIE : Le casu marzu

Ce fromage, si ce produit mérite l'appellation, thrône au sommet des aliments grotesques. Il a été décrit comme « une glu visqueuse et puante qui brûle la langue », ou encore « une saveur de pourriture et de décomposition avec une note prolongée de vomi ». Les bergers de la Sardaigne, non contents de transformer leur fromage de brebis avec des bactéries et des levures, ont appelé en renforts un tout autre règne de décomposeurs, et j'ai nommé : piophila casei. En effet, ces fromagers extrêmes font intervenir nulle autre que la mouche du fromage pour « affiner » leur produit. Les larves sont délibérément introduites dans les meules de pecorino en les laissant à l'extérieur, après avoir pris soin d'en ébrécher la croûte afin d'assurer l'accès à maman mouche. Chacune de celles-ci peut injecter plusieurs centaines de bébé larves à la fois. Les acides gras du fromage seront brisés par les acides digestifs de nos diptères‑fromagères en herbe, qui n'ont sûrement pas de diplôme en STA. Ceci rend le fromage très mou et coulant, et produit un liquide suintant hors du fromage, que les Sardes appellent judicieusement lacrimae (larmes).casu marzu vu de près

Une meule typique de casu marzu contiendra donc des milliers de ces asticots blancs transparents, qui font typiquement 8 mm de long. Selon wikipédia, « lorsqu'elles sont dérangées, les larves peuvent sauter en dehors jusqu'à des distances de 15 cm, d'où les recommandations de protection des yeux pour ceux qui mangent ce fromage ». Ainsi le casu marzu est sans doute le seul fromage au monde, voire le seul aliment au monde, qui doit être mangé avec des lunettes de sécurité. Certains font évacuer les asticots en scellant le fromage dans un sac. Les larves suffocantes se sauvent en sautant, et il est dit qu'on peut même les entendre frapper les parois du sac.

Les problèmes de sécurité posés par la consommation de ce fin délice ne s'arrêtent pas aux agressions oculaires provoquées par des asticots affolés. Ce n'est pas pour rien que le casu marzu a eu l'honneur de se voir attribuer en 2009 le record Guinness du fromage le plus dangereux pour la santé humaine. Mis à part causer de banales et anecdotiques réactions allergiques, le fromage peut devenir carrément toxique arrivé à un certain niveau de décomposition. Les Sardes, prudents, se fient à ce que les larves soient encore vivantes pour juger de la non-toxicité de leur produit, leur mort signifiant qu'un niveau critique de toxicité aurait été atteint. Mais le risque le plus inquiétant est celui de la myase intestinale. En effet, les asticots ayant survécu à la mastication pourraient survivre à l'acide gastrique et se retrouver dans les intestins, où elles dévoreront leur hôte de l'intérieur en essayant de traverser la paroi intestinale, y causant de sérieuses lésions. Les gourmets pourraient alors souffrir de nausées, vomissements, douleurs abdominales, et de diarrhées sanglantes.

Il paraît que ce fromage, considéré insalubre par les autorités publiques, est illégal et qu'il est vendu sur le marché noir 2 à 3 fois plus cher que le pecorino duquel il est issu. Certaines sources font état d'un statut spécial dont jouirait maintenant ce met traditionnel, l'exemptant des régulations sur la santé et sécurité alimentaires. Par ailleurs, l'aliment serait étudié par certains chercheurs italiens.

Le casu marzu est très prisé des bergers sardes, qui le considéreraient comme un aphrodisiaque, et en consommer serait vu comme quelque chose de viril. La perspective de se faire dévorer de l'intérieur par une orgie de larves de mouches y est peut-être pour quelque chose.

2010.06.23

ACV d'emballages alimentaires

Tiré des BioClips+ du MAPAQ, 28 octobre 2008

Nous consommons chaque année des millions de tonnes de produits appertisés, qu’il s’agisse de légumes, de sauces, de fruits ou de produits marins, qui sont pour la majorité conditionnés en contenants de verre ou de métal (aluminium ou acier). De plus en plus toutefois, les sacs de plastique épais (« Stand Up Pouch » [SUP]) et les emballages Tetra Pak (brique alimentaire) concurrencent les matériaux traditionnels. Une analyse du cycle de vie portant sur le SUP et le Tetra Pak révèle que ces emballages affichent des bilans environnementaux globaux très proches l’un de l’autre et que leur empreinte écologique est plus faible notamment au regard des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, seul l’emballage Tetra Pak est constitué majoritairement d’un matériau issu d’une ressource renouvelable.
Selon les bilans qui ont été dressés, l’utilisation de contenants en verre entraînerait l’émission de près de trois fois plus de CO2 que l’emploi du Tetra Pak ou du SUP. Celle de la boîte de conserve produirait plus d’une fois et demie celui des deux emballages précédents. Cela s’explique par le fait que la fabrication même des matériaux, qui engendre des rejets de gaz à effet de serre importants, se révèle aussi très gourmande en énergie non renouvelable. Enfin, le cycle de vie d’une boîte de conserve en acier entraînerait une acidification de l’air qui est près d’une fois et demie plus élevée que celui de la brique alimentaire.


2010.06.19

The Permaculture Way

Un livre qui vaut vraiment la peine d'être lu: The Permaculture Way de Graham Bell.

Au Canada on peut l'acheter pour 25$ de Chelsea Green publishing, en Europe pour 15£ sur Permanent publications.

L'intro dans le livre:

Ce livre est à propos de prendre le contrôle de sa vie. C'est aussi à propos de créer de la richesse sans dommage environnemental, en utilisant une approche systématique appelée Permaculture.

La permaculture est une façon d'organiser sa vie pour qu'elle soit heureuse et abondante. On peut combler ses propres besoin sans rendre la vie de quelqu'un d'autre moins plaisante. Les habitats humains peuvent être rendus hautement productifs avec beaucoup moins de travail que ce qui est pris pour les rendre destrictifs dans les systèmes actuels. En prenant des décisions conscientes et en designant nos vies, on peut bien gérer nos ressources, et réduire la gaspillage.

2010.06.09

Jamie Oliver: Teach children about food

2010.05.06

Prioriser la bouffe bio qui fait une différence

http://sinsofgreenwashing.org/?dl_id=18

Not all organic products are considered equal. According to Sonya Lunder, a senior analyst at the research and advocacy organization Environmental Working Group, some fruits and vegetables absorb more pesticides than others.

Shoppers who can only afford to buy some organic food should splurge on the organic version of what she calls the "dirty dozen" in produce: peaches, apples, bell peppers, celery, nectarines, strawberries, cherries, kale, lettuce, imported grapes, carrots and pears. These fruits and vegetables absorb more chemicals than others. Onions, avocados, sweet corn and pineapples are among the Environmental Working Group's "Clean 15" fruits and vegetables, which absorb the least amount of pesticides. For shoppers who selectively buy organic, Lunder suggests splurging on organic meat, cheese, milk and baby food. "Chemicals accumulate in fat," she says. "So products like meat or cheese, which contain large portions of animal fat, may have accumulated antibiotics or pesticides." She also recommends buying organic baby food because

infants eat large amounts of a few types of food. What about products made with grapes and grains, such as wine, beer and bread products? Save your money. Organic pasta, oatmeal, bread and such are made from grains that have been grown without pesticides for three years. But the conventional versions don't have as many chemicals as, say, peaches, so cost-conscious consumers may not want to splurge on those. As for beverages, organic wines lack sulfites, which vintners use to prevent the wines from going sour. Wines without sulfites have a greater chance of spoilage, which may not outweigh whatever benefits come from avoiding the preservatives.

2010.03.19

Le développement de l'industrie des agrocarburants

Entre panacée et poudre aux yeux

agrocarburants5.jpg

Des groupes environnementalistes faisaient jadis la promotion des biocarburants, comme étant une source d'énergie renouvelable pouvant réduire la dépendance au pétrole et être bénéfique pour l'environnement. Plus récemment, on se rend compte que leur développement a des effets secondaires socio-économiques importants, et un bilan environnemental mitigé. Le gouvernement annonce fièrement ses investissements dans cette filière comme si elle était une panacée pour l'énergie verte et le développement durable. Il y a toute une marge entre ces étiquettes et celles de ses opposants qui la qualifient de désastre écologique et humanitaire. Dans quelle mesure les agrocarburants peuvent-ils contribuer à réduire notre dépendance énergétique? Quels bénéfices pour l'environnement, le secteur agricole, et les consommateurs? Leur développement est-il imputable au capitalisme sauvage, à l'intervention étatique électoraliste, ou à un savant mélange des deux? Cet article tentera de faire la lumière sur ces questions.

Des distinctions technologiques

Il y a une distinction importante à faire entre les biocarburants de première génération et ceux de seconde génération. Les premiers font référence à la transformation de matériau simple, comme les glucides, de l'huile végétale ou du gras animal, en carburant, par des technologies conventionnelles. Ces biocarburants sont souvent fait à partir de biomasse expressément produite pour cet usage.

Ceux de deuxième génération transforment des matières résiduelles, ou des cultures non-alimentaires, en carburant, et font appel à des technologies plus avancées. Elles promettent de mettre beaucoup moins de pression sur la demande des aliments et des terres agricoles, et de pouvoir valoriser des matières qui sont autrement des polluants. Les usines de biométhanisation, qui commencent à faire les manchettes, ainsi que la production d'éthanol à partir de résidus forestier ou de panic érigé, sont des exemples de technologie à biocarburant de deuxième génération.

Les biocarburants de troisième génération n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements de recherche fondamentale. Ce sont des procédés utilisant une technologie avancée, qui promettent un retour sur l'investissement énergétique beaucoup plus élevés. Il peut s'agir par exemple d'algues productrices d'huile à haut rendement, d'algues produisant directement de l'éthanol, ou de cultures qui sont conçues de sorte que leurs propriétés se conforment aux besoins du processus de conversion, comme la production d'un maïs contenant de la cellulase (l'enzyme qui dégrade la cellulose, facilitant sa transformation en éthanol). Chose certaine, leur production de masse n'est pas près de voir le jour.

Nous verrons dans cet article que le développement des biocarburants est surtout propulsé par les investissements gouvernementaux aux objectifs discutables, et est axé sur les biocarburants de première génération, avec les limites que tout cela implique.

Les fonds publics au développement des agrocarburants

Le 2 mars dernier était annoncé un nouvel investissement de 80 millions $ dans une usine d'agrocarburant. La subvention à GreenField Ethanol pour augmenter sa production de 120 à 145 millions de litres par an peut paraître généreuse comparé au 18 millions dont l'entreprise a bénéficié pour la construction initiale de cette usine qui a commencé ses opérations début 2007. Ce n'est qu'en avril 2008 que le programme fédéral écoÉnergie pour les biocarburants est entré en vigueur. Le programme, disposant de 1,5 Milliards $ sur 9 ans pour les agrocarburants de première génération, vise à stimuler la production de biocarburants pour répondre à la demande créée artificiellement par le gouvernement avec ses norme de E5 (essence à 5% éthanol) et de B2 (diesel à 2% de biodiesel) pour 2010. Depuis, plusieurs usines de transformation ont bénéficié des investissements de ce programme. Le Ministère des ressources naturelles qui administre le programme a tôt fait de distribuer les subventions, telles que compilées dans le tableau 1.

 

Tableau 1: Investissements du programme écoÉnergie pour les biocarburants

Date

Montant

Province

Ville

Type

Compagnie

10-02-10

79 750 000 $

Québec

Varennes

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-12-17

8 400 000 $

Saskatchewan

Lanigan

usine éthanol

Pound-Maker

09-11-10

77 750 000 $

Saskatchewan

Belle Plaine

usine éthanol

Terra Grain Fuels

09-10-02

110 000 000 $

Ontario

Mooretown

usine éthanol

Suncor

09-09-25

70 000 000 $

Saskatchewan

Lloydminster

usine éthanol

Husky

09-09-25

5 400 000 $

Ontario

mississauga

usine biodiesel

Methes Energies

09-08-31

13 720 000 $

Saskatchewan

Weyburn

usine éthanol

NorAmera Bio Energy

09-08-24

72 800 000 $

Manitoba

Minnedosa

usine éthanol

Husky

09-08-21

72 400 000 $

Ontario

Hamilton

usine biodiesel

BIOX

09-06-19

117 500 000 $

Ontario

Johnstown

usine éthanol

Greenfield Ethanol

09-05-29

19 900 000 $

Alberta

High River

usine biodiesel

Western Biodiesel

09-05-20

84 760 000 $

Ontario

Aylmer

usine éthanol

Integrated Grain Processers

09-04-17

72 800 000 $

Ontario

Chatham

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-15

14 000 000 $

Ontario

Tiverton

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-08

23 200 000 $

Alberta

Red Deer

usine éthanol

Permolex Ltd

Total

842 380 000 $

 

 

 

 

source: Ressources Naturelles Canada, http://www.nrcan.gc.ca/media/archives-eng.php

 

Le gouvernement ne cachait pas que l'intention derrière ce programme était à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec ses normes en contenu de carburant (E5 en 2010 et B2 en 2012), et créer des « débouchés économiques exceptionnels pour les 61 000 producteurs de grain et de graines oléagineuses du pays1 ».

Les promesses vertes

Selon les données du gouvernement, le gain environnemental de la conversion aux biocarburants est fort important: en tenant compte du cycle de vie complet de l'éthanol, celui-ci générerait 40% moins de GES que son substitut fossile. Cependant, une analyse de cycle de vie réalisée en 2007 a obtenu des résultats franchement différents. Les chercheurs ont calculé le coût énergétique de chaque intrant de la production de maïs, par hectare. Ceux-ci incluent l'amortissement de machinerie, le carburant, la fabrication d'engrais et de pesticides, et le transport moyen. Les coûts énergétiques totaux pour la production de 1 ha de maïs s'élèvent donc à 7 543 kcal. Le rendement de maïs moyen par hectare étant de 8 781 kg, son potentiel énergétique est de 31 612 kcal, un ratio positif de 4,2:1. C'est quand on inclut le coût énergétique de la transformation que ça se corse. Avec l'amortissement de l'usine, l'eau et la vapeur utilisées, l'électricité, et les transports, le coût total par 1000 L d'éthanol est de 7 333 kcal. Or, la valeur énergétique de 1000 L d'éthanol est de 5 130 kcal. Ainsi, 43% plus d'énergie serait dépensée pour produire l'éthanol, que ce qui peut être fournit par la même quantitée.2 On y note au passage que chaque litre d'éthanol produit implique le rejet par l'usine de 12 litres d'eaux usées.

 

Tableau 2: Rendement énergétique de l'éthanol de maïs (kcal)

 

Coût énergétique

Valeur énergétique

Ratio coût:retour

Culture seulement, 1 ha

7 543

31 612

4,2:1

Transformation, 1000 L

7 333

5 130

0,7:1

source: Pimentel, 2004

 

Une autre étude américaine obtient des résultats moins « pessimistes », mais tout de même peu encourageants dans une perspective de développement durable. Selon leurs chiffres, l'éthanol fournit 25% plus d'énergie que ce qui est investi dans sa production. Dans le cas du biodiesel, ce chiffre est de 93%, un ratio de retour d'énergie sur l'énergie investie tout de même inférieur à 2:1. Les auteurs relativisent aussi le potentiel comme substitut au pétrole: selon eux, dédier la totalité de la production américaine de maïs et de soja à la production de biocarburants ne comblerait que 12% et 6% de la demande, respectivement3. Si on fait la même estimation pour le Québec, 20% des besoins en essence seraient comblés par la totalité des superficies de maïs4.

En fait, si l'industrie des biocarburants de première génération se développe autant malgré ce piètre potentiel économique, c'est grâce aux subventions massives octroyées par les gouvernements en manque de réalisations environnementales. Si le gouvernment est prêt à investir pour créer des jobs et améliorer le bilan environnemental, pourquoi ne pas le faire dans des secteurs plus judicieux? Peut-être est-ce l'influence du lobby des producteurs de grains et des raffineurs. Ou encore, peut-être que la logique conservatrice préfère dépenser pour créer une industrie de toute pièce, et laisser les industries déjà en place tranquilles, plutôt que de dépenser dans des actions qui auraient pour effet de limiter les industries jugées importantes. Ça expliquerait pourquoi on développe les agrocarburants au lieu d'investir dans l'efficacité énergétique et de modifier les pratiques de l'industrie pétrolière, et et pourquoi on subventionne les constructeurs automobiles au lieu des transports en commun.

Un des éléments clefs dans cette affaire, c'est que pour développer les biocarburants, le fédéral investit presque uniquement dans la construction d'usines de transformation. Cette industrie comme celle des pétrocarburants, connaît le phénomène d'imbrication des marchés. C'est à dire que le produit final, l'éthanol, n'est pas le même que le produit de départ, la céréale, et l'intermédiaire, le raffineur, a une grande influence. L'instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et les investissements directs dans des usines de transformation ont comme effet d'augmenter fortement la demande de céréales et oléagineux. Même si les mêmes variétés ne sont pas utilisées pour l'alimentation humaine, leur production exploitent la même ressource, la terre agricole, qui, elle est en quantité limitée. L'augmentation de la demande dans un marché où l'offre peut difficilement augmenter résulte en une forte augmentation du prix du produit. Les investissement qui stimulent la demande sans stimuler l'offre des céréales et des terres agricoles mettent une pression à la hausse sur leur prix. Cet effet secondaire du développement des agrocarburants est fortement controversé.

Une critique acerbe

Oxfam International a produit en 2008 un document d'information assez accablant sur les agrocarburants. L'auteur, Robert Bailey, juge que les politiques des pays industrialisés visant à stimuler cette industrie ne font pas partie de la solution pour la crise énergétique, ni la crise climatique, et qu'elle contribue plutôt à la crise alimentaire. On y cite une analyse parue dans Science, qui estime que les émissions de GES indirectes résultant des changements d'affectation des terres confèrent un bilan carbone négatif aux vastes programmes de biocarburants. En effet, les écosystèmes naturels tels que forêts, tourbières, pâturages, zones marécageuses, stockent généralement davantage de carbone que les agroécosystèmes, dans les sols et la végétation. Les grandes monocultures de plantes annuelles ne stockent pas de carbone dans la matière ligneuse, et la travail du sol nuit à sa biomasse et cause l'échappement du carbone. Oxfam suggère qu'il serait beaucoup plus efficcace d'améliorer l'efficience des véhicules pour réduire les GES. L'auteur réitère la futilité d'essayer de remplacer de façon significative la consommation du pétrocarburant par des agrocarburants. Il recommande de retirer les subventions aux agrocarburants de première génération, et d'investir à la place dans la recherche pour les biocarburants de seconde génération, qui n'encouragerait pas la monoculture et ne menacerait pas la sécurité alimentaire. Ils recommande de miser plutôt sur l'efficacité des transport par l'investissement dans le transport en commun, de meilleures politiques de vitesse et de meilleurs standards d'efficience des véhicules. Les technologies de seconde génération devraient être rendues accessibles aux pays en voie de développement (PVD) et le bilan environnemental des bioénergies devraient être évalués rigoureusement par des analyses de cycle de vie.5

La situation chez nous

En 2008, on dénombrait une quinzaine d'usines d'éthanol en opération au Canada, ayant une capacité de production de 1,6 milliards de L par année. Sept sont situées dans les prairies font l'éthanol à partir de blé, et 7 autres en Ontario, transformant le maïs. Au Québec, il n'y aurait que l'usine de Varennes, avec une future capacité de production de 145 millions de L.6

Il existe peu de mesures propres au Québec pour le soutien du secteur, à part des crédits de taxes et impôts. Depuis mars 2006, le gouvernement du Québec rembourse la taxe payée sur les achats de plus de 3 000 litres de B1007. Des crédits d'impôts sont accordés aux (à l') usines d'éthanol lorsque le prix du baril de pétrole est inférieur à 65 $US. À ce jour, la seule usine d'éthanol au Québec est celle de Greenfield, et le marché du pétrole ne lui a jamais permis de profiter de ce crédit.

Bien entendu, les normes fédérales en matière de teneur en biocarburants s'appliquent au Québec. Dans le cas de la norme B2, la demande grimperait à 120 millions de litres de bioediésel, soit 85 millions de plus que la capacité actuelle. La norme E5, fera grimper le besoin en éthanol à 420 millions de L (5% des 8,4 milliards consommés annuellement).

Toutefois, il est reconnu que la monoculture intensive et les intrants chimiques comporte des risques environnementaux, notamment au niveau de la dégradation des sols et de la contamination des cours d'eau. Ces impacts éventuels, ainsi que les bilans énergétiques et carboniques mitiés, retiendraient le gouvernement provincial d'investir dans ce secteur de façon plus importante. 8

La production de biodiesel pour l'autoconsommation offre un potentiel intéressant. Plusieurs ensembles sont vendus sur internet pour effectuer à petite échelle la transestérification, la transformation délicate de l'huile en biodiésel. Cependant, au-delà de la complexité de l'opération même, la production artisanale de biodiesel annule la garantie des fabricants de voitures et de l'équipement agricole.

Ce qui est certain, c'est que le secteur ne se développerait pas par lui-même sans intervention gouvernementale. Même avec les incitatifs actuels, les transformateurs peinent à faire leur place, surtout dans le biodiesel puisque nous sommes encore à deux ans de l'application de la norme B2. La faillite récente de Bio-Diésel Québec, qui blâme la faiblesse des prix sur le marché, en témoigne9.

Un potentiel plus intéressant?

Il existe toutefois des produits et technologies plus prometteurs que l'éthanol de maïs et le biodiesel de canola. L'éthanol cellulosique est une voie qui pourrait avoir de l'avenir à moyen terme. Cette technologie permet de produire de l'éthanol à partir de cellulose, ce qui fait qu'on peut valoriser des résidus agricoles, forestiers et ménagers, ainsi que certaines cultures non alimentaires comme le panic érigé, le saule, et le peuplier hybride.

Toutefois, il existe peu d'incitatifs pour développer ce secteur qui fait face à des défis technologiques importants. Le programme fédéral ÉcoÉnergie a octroyé 500 millions $ au Fonds de biocarburants ProGenMC, administré par la fondation Technologies du développement durable Canada (TDDC),pour la construction d'infrastructures de seconde génération10. En 2007, le gouvernement du Québec a créé la Chaire de recherche industrielle sur l'éthanol cellulosique à l'Université de Sherbrooke. Deux usines de démonstration d'éthanol cellulosique ont également reçu un soutien gouvernemental: Enerkem (Westbury) et CRB Innovation (Bromptonville).11 Ces usines devraient faciliter l'éventuelle implantation d'usines de taille commerciale.

Une des difficultés avec l'éthanol cellulosique est que, bien que sa matière première soit peu dispendieuse, elle est très dispersée, ce qui pose des défis logistiques énormes (comme dans toute l'histoire de la gestion des matières résiduelles). De plus, le processus de l'hydrolyse enzymatique, qui décompose la cellulose, est lent et coûteux, empêchant la rentabilité de l'opération. Des bactéries et enzymes spécifiques plus performantes devront être développées. Il serait possible aussi diminuer le coût de la fermentation en développant des bactéries pour remplacer les levures, qui accéléreraient cette opération et fourniraient un meilleur rendement.12

Des plantes ayant un meilleur potentiel énergétique que le maîs pourraient éventuellement être cultivées pour la production énergétique. Des plantes ligneuses, comme le saule et le peuplier, ainsi que des plantes herbacées comme l'alpiste roseau, le miscanthus géant et le panic érigé ont une croissance rapide, un haut rendement en biomasse et une valeur énergétique élevée, faisant d'eux de bons candidats13.

Le panic érigé est l'exemple d'herbacée à usage énergétique le plus connu. Multifonctionnel, il a le potentiel d'être transformé en granules pour le chauffage, en biogaz, en litière pour animaux, en pâte à papier ou en isolant de maison. Une usine de transformation devrait bientôt ouvrir à Bedford, en Montérégie. Le panic érigé peut être cultivé dans des terres marginales, contaminées ou laissées à l'abandon, et peut même être utilisé dans des bandes riveraines, ce qui signifie qu'elle ferait moins de compétition à la production alimentaire. C'est une plante vivace, donc sa culture ne requiert pas de travail du sol. Son rendement prend deux ou trois ans à démarrer mais peut produire pendant 10 à 15 ans. Son rendement énergétique, à la culture est de 14:1. Il serait beaucoup exporté présentement car la capacité de transformation locale est faible.14 Ses propriétés agronomiques sont également interessantes: elle résiste bien à l'excès ou au manque d'eau, requiert peu d'herbicides, est récolté par la même machinerie que les fourrages, et offre un rendement annuel de 8 à 12 tonnes de matière sèche par hectare, similaire au maïs.15

Le recherche est toujours en cours pour évaluer le potentiel de ces productions énergétiques au Québec. Leur coût énergétique moindre en fait d'éventuels compétiteurs du maïs pour la biomasse à biocarburant. La disponibilité pour les producteurs de l'information et de l'expertise est un enjeu certain dans le développement de ces production, tout comme le besoin, dans le cas de certaines productions, d'avoir recours à une machinerie spécialisée. Par ailleurs, la production de ces cultures ne disposent pas de soutien de l'état, contrairement aux maïs, soya, canola. Cependant, les usines qui transforment l'éthanol à base de maïs ne peuvent être converties de façon économique à la production d'éthanol cellulosique16. Elles ne viendront pas remplacer la production actuelle d'éthanol-maïs, elles peuvent tout au mieux se substituer à son expansion éventuelle.

Conclusion

Le bénéfice net associé au développement rapide des agrocarburants, surtout de première génération est très incertain. Des pays industrialisés, dont le Canada, se sont lancés rapidement, peut-être en réponse à des lobbys envrionnementaux, industriels et agricoles, dans le développement de la capacité de transformation des biocarburants de première génération. Selon les chiffres mis de l'avant ici, le bilan énergétique de ce qui est fait actuellement est loin d'être excellent, tout comme son bilan environnemental global. La capacité de cette filière à éventuellement remplacer le pétrole comme sources principale énergétique est fort improbable. Les biocarburants de deuxième et troisième génération offrent un certain potentiel, mais seulement à long terme, et en supposant que les technologies connaissent des avancées formidables. Il serait peut-être plus judicieux que les investissements dans le secteur aillent davantage au développement de ces technologies plus prometteuses, plutôt que vers l'industrie de agrocarburants de première génération, qui engendre des problèmes socio-économiques et sera éventuellement obsolète. En attendant, il faudrait peut-être mettre en place des règles solides ou des incitatifs au niveau de l'utilisation des terres pour que les cultures énergétiques ne viennent pas compétitioner l'offre alimentaire.

Références

1 Le nouveau plan du gouvernement sur les biocarburants fait deux gagnants : l’environnement et les agriculteurs. 2007. http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?category=1&id=1731

2 Pimentel, D., Patzek, T. et Cecil, G. 2004. Ethanol Production: Energy, Economic, and Environmental Losses. Reviews of Environmental Contamination and Toxicology. 2007;189:25-41.

3 Hill, J. et collab. 2006. Environmental, economic, and energetic costs and benefits of biodiesel and ethanol biofuels. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, Epub 2006 Jul 12.

4 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC029.pdf

5 Bailey, R. Another inconvenient truth. Oxfam International.

6 CRAAQ, 2008. La production d'éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

7 CRAAQ, 2008. La production de biodiesel à partir de cultures oléagineuses [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC031.pdf

8 CRAAQ, 2008, La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

11 Renaud, R. Nouvelle Chaire de recherche industrielle en éthanol cellulosique. Liaison, vol.41 No.19 [en ligne] http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html

12 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC030.pdf

13 Ibid.

14 Chauvette, Sam. Chronique radio du 28 janvier 2008. Rotation de cultures: les biocarburants. [en ligne] www.chyz.ca/emissions/le-brunch/

15 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique

16 Ibid.

2010.02.15

Alimentation végétarienne: au-delà des préjugés

Article écrit pour le journal étudiant de ma faculté. Mon objectif n'est pas de promouvoir le régime végétarien (étant moi-même consommateur modéré de viande) mais de démystifier les préjugés dont il est victime, notamment à propos des motifs menant à son adoption, mais surtout à propos de sa valeur d'un point de vue nutritionnel.

 

Le végétalisme a eu une exposition médiatique inhabituelle récemment avec les sorties de Georges Laraque promouvant le film Earthlings et, par la bande, le régime antiviande. Des animateurs de radio peu recommandables en entrevue avec le hockeyeur ont insinué qu'un tel régime devrait être inadéquat pour un athlète, puis ils ont profité de son départ des ondes pour se moquer de lui et de sa compassion pour les autres animaux. Un tel traitement ne trahit pas seulement la médiocrité de la dite radio et l'ignorance de ses animateurs, mais aussi des préjugés populaires, probablement répandus, envers ceux qui s'abstiennent de manger des animaux. En effet, on dirait que dans certains folklores, les végétariens sont des treehuggers rachitiques et anémiques mettant leur santé à risque pour suivre la mode ou par une anormale pitié anthropomorphiste pour les tiz-animaux...

Mode et pitié ou santé et environnement?

En fait, si la prise de conscience environnementale, la croissance du marché biologique et autres tendances granola pourraient nous donner l'impression que le végétarisme est de plus en plus répandu, il ne semble pas y avoir de statistiques disponibles pour le démontrer, du moins au Canada. Les statistiques états-uniennes, elles, suggèrent que la proportion de végétariens dans la population se maintient à un niveau stable.1

Des préoccupations pour la santé, la religion, l'éthique, l'économie ou l'environnement peuvent inciter des omnivores à abandonner la consommation de viande. Bien que la santé soit probablement le motif majoritaire pour le choix végétarien, les considérations éthiques ont probablement donné davantage de visibilité à cette approche alimentaire.2 Par exemple, en 2006, un rapport de la FAO dénonçait l'élevage comme un des premiers responsables des problèmes environnementaux mondiaux.3

Les deux variantes les plus répandues de ce régime sont l'ovo-lacto-végétarien (OLV), qui implique la consommation régulière d'oeufs et de produits laitiers, et le végétalien (vegan en anglais), qui est un régime exclusivement végétal. Il y a de nombreux avantages pour la santé à adopter un régime végétarien, ou du moins remplacer la viande par des substituts végétaux. Une diète végétarienne sera plus élevée en fibres, en folate, en vitamines antioxydantes. Leur proportion calorique provenant de glucides complexes est supérieure et celle provenant des lipides inférieures aux régimes incluant la viande. Des études suggèrent que les végétariens seraient moins enclins à souffrir de maladies coronariennes, de plusieurs cancers, d'obésité, d'hypertension et de plusieurs formes d'arthrite,4 ainsi que du diabète, de calculs biliaires, de maladies rénales et du colon.2

Les nutriments à risque

Les vitamine B12 et D, le calcium, le fer et le zinc et les protéines sont les nutriment à surveiller pour les végétariens. Les régimes OLV devraient être adéquats pour toutes les vitamines, mais les régimes végétaliens manquent probablement de vitamine B12 et D, à moins que des aliments fortifiés ne soient utilisés.2 Évaluons uns par uns les risques reliés à chacun de ces nutriments.

Selon Santé Canada, « à partir des données disponibles, rien ne justifie une recommandation spécifique à l’égard des protéines chez les végétariens qui consomment des mélanges complémentaires de protéines végétales puisque de tels mélanges peuvent avoir une qualité équivalente à celle des protéines animales. »5 En fait, on pourrait s'inquiéter d'une insuffisance protéiques dans un régime végétarien à cause de la quantité et la qualité de ses protéines. D'abord, à poids égal, les substituts de viande (légumineuses et noix) sont moins concentrés en protéines. Ensuite, les protéines végétales sont généralement incomplètes: elles ne contiennent pas tous les acides aminés essentiels en proportion suffisante pour assurer la synthèse de protéines de l'humain. D'autre part, les protéines végétales sont généralement légèrement moins digestibles que les protéines animales.

La vitamine B12 n'est pas synthétisée par les animaux ni les plantes, mais par des bactéries. Les animaux contiennent de la vitamine B12 parce qu'ils ingèrent des organismes qui en contiennent ou parce qu'ils absorbent celle produite par leurs bactéries intestinales. Les régimes basés exclusivement sur des produits végétaux sont probablement dépourvus de cette vitamine. La vitamine B12 est bien recyclée dans l'organisme, c'est pourquoi l'apport quotidien recommandé est très bas . Même si les symptômes de carences sont rarement observés, le taux de vitamine B12 dans le plasma sanguin est généralement plus faible chez les végétariens que dans la population omnivore. Il est probable que des végétaliens qui ne prennent aucun supplément développent à long terme une carence en vitamne B12.2

La vitamine D n'est pas un élément nutritif essentiel, c'est-à-dire qu'elle peut être synthétisée par l'organisme. Cependant, cette production n'est pas toujours adéquate ou suffisante, de sorte qu'un apport important par l'alimentation peut être nécessaire. La plupart des sources de vitamine D dans les aliments sont d'origine synthétique car cette vitamine a une distribution très limitée dans la nature: elles est surtout présente dans les gras de poisson et les oeufs de poules dont l'alimentation comporte de la vitamine D. Un apport régulier de vitamine D dans l'alimentation devrait être vu comme une bonne assurance pour la plupart des gens. Les produits laitiers fortifiés constituent la plus importante source alimentaire de vitamine D. Les végétaliens auraient donc avantage à consommer des substituts fortifiés, par exemple le lait de soya fortifié.2

Dans la population en général, 50% de l'apport de fer provient des céréales, contre 12% provenant des viandes. L'inquiétude en ce qui concerne la carence en fer des végétariens est basée non pas sur le contenu en fer du régime mais plutôt sur la mauvaise biodisponibilité du fer en provenance des aliments végétaux. Approximativement 40% du fer de la viande est sous forme d'hème, qui est mieux absorbé que la forme de fer que l'on retrouve dans les végétaux. C'est pourquoi il a été suggéré que les végétariens sont plus à risque de développer une carence en fer.2 L'absorption du fer présent dans l'alimentation peut être inhibée jusqu'à 90% par la présence de phytates, davantage présents dans les céréales entières.

L'apport alimentaire en zinc n'est que légèrement inférieur dans un régime végétarien, cependant sa faible biodisponibilité a une certaine importance dans le risque de carence.2

Environ 700 mg de calcium entrent et sortent des os quotidiennement, donnant à l'ossature l'habileté de réparer les dommages causés par le stress quotidien auquel il est exposé. Les reins filtrent environ 8 g de calcium par jour, dont environ 98% est réabsorbé. L'excrétion urinaire et fécale du calcium compte pour une partie importante de la balance de calcium, de telle sorte que son absorption nette de calcium peut être de 5 à 10% de l'apport alimentaire. Chez les végétariens, la faible consommation de protéines animales (surtout quand elles sont remplacées par des légumineuses) et la plus grande consommation de potassium peut aider à réduire les pertes de calcium.2 Toutefois, il va sans dire qu'un régime dépourvu de produits laitiers a un apport alimentaire de calcium beaucoup plus faible, ce nutriment est donc à surveiller.

Comment les végétariens évitent les carences

Un omnivore qui se convertit au végétarisme ne doit pas se contenter de ne pas manger de viande. Il doit inclure à son alimentation une variété d'aliments végétaux nutritifs: céréales complètes, légumineuses, noix et graines.

Les végétaliens ne peuvent pas se contenter de consommer la même quantité de protéines brute que les omnivores, car les protéines végétales sont moins bien assimilées que les protéines animales. Il faudra donc en manger un peu plus, pour compenser la moindre qualité par une plus grande quantité, et ils doivent s'assurer d'une diversité suffisante en acides aminés essentiels en mangeant suffisamment de céréales et de légumineuses.6 Le soja devrait avoir une place de choix dans le régime végétarien. Sa teneur en protéines est la plus élevée des légumineuses, et sa qualité protéique une des meilleures du monde végétal. D'autres aliments moins communs comme le sarrasin, le chanvre et le quinoa sont également intéressants pour leur contenu protéique.

Pour combler leurs besoins en fer et en zinc, les végétariens devraient consommer des grains entiers parce qu'ils en contiennent davantage; leur absorption est d'ailleurs supérieure dans les produits fermentés (pain, miso, tempeh) et germés. La présence de vitamine C et l'acide citrique peuvent favoriser l'absorption de fer et de zinc dans un repas, ce qui peut compenser l'effet des phytates.2 Ils ont donc intérêt à inclure une source de vitamine C à leurs repas. Enfin, si le végétarien prend des suppléments de calcium, ils doivent être pris entre les repas pour qu'ils n'interfèrent pas avec l'absorption du fer.

Il serait important pour les végétaliens, et sécuritaire pour les végétariens, de consommer régulièrement des aliments fortifiés ou des suppléments de vitamines B12 et D étant donné leur faible présence dans les aliments végétaux. La levure alimentaire, si cultivée sur un substrat riche en vitamine B12, est une excellente source de B12 active.2

Les aliments fortifiés (jus de fruits, céréales, boisson de soya) peuvent contribuer à combler les besoins de calcium. Le calcium des aliments végétaux est généralement mieux absorbé que le calcium du lait, les habitudes suivantes peuvent donc contribuer à atteindre une bonne balance de calcium: consommer beaucoup de fruits et légumes, remplacer les protéines animales par les légumineuses et en consommer suffisamment, réduire sa consommation de sodium, consommer de bonnes sources de vitamine D.

Conclusion

Le végétarisme est souvent perçu comme une attitude limitante. Or, la dernière étude de Statistique Canada sur les habitudes alimentaires des Canadiens indique que les canadiens mangent en général trop peu de légumes, trop de « viandes et substituts » (aucune distinction n'est faite entre les deux dans l'étude), et pas assez de produits céréaliers, par rapport aux recommandations du guide. De plus, « l’apport en lipides [est] excessif pour une grande part de la population7 ». Par ailleurs, ce n'est pas pour rien que le guide alimentaire canadien recommande de « consommer souvent des substituts de la viande comme des légumineuses ou du tofu.8» La consommation de légumineuses, de grains entiers, de noix et de graines est plutôt marginale chez les consommateurs de viande. Les végétariens pourraient renvoyer la balle, et poser la question suivante:l'alimentation mainstream ne serait-elle pas un peu trop limitative quand on pense à tous ces aliments boudés, pourtant intéressants d'un point de vue nutritionnel?

Références

  1. Bérubé, S. Le nombre de végétariens stagne. La Presse, 16 février 2009.
  2. Messina, Virginia K., Reed Mangels, Mark J. Messina. 2004. The dietitian's guide to vegetarian diets : issues and applications. Jones and Bartlett, Sudbury, USA. 587 p.
  3. FAO. 2006. Livestock's Long Shadow: environmental issues and options.
  4. Fraser, G.E. 2003. Diet, life expectancy, and chronic disease: studies of seventh-day adventists and other vegetarians. Oxford University Press, New York, É.-U.
  5. Santé Canada. 2006. Apports nutritionnels de référence.
  6. André, Jacqueline. 1986. Végétarisme et santé. Editions Nauwelaerts, Bruxelles, Belgique. 226 p.
  7. Garriguet, D. 2007. Les habitudes alimentaires des Canadiens . Statistique Canada, Division de la statistique de la santé.
  8. Santé Canada. 2007. Bien manger avec le Guide Alimentaire Canadien.

2009.12.02

La perspective de la plante

À voir sur TED: Michael Pollan nous explique l'agriculture du point de vue de la biologie évolutive, et comment, en citant comme exemple Polyface Farms, en appliquant une approche écosystémique à l'agriculture (permaculture) on peut augmenter les rendements de production alimentaire tout en améliorant l'état de nos écosystèmes.

2009.10.19

Agriculture et changements climatiques

Les changements climatiques représentent un nouveau facteur s'ajoutant à la dynamique du secteur agricole, avec lequel nous devrons composer dans les années à venir. Ces changements sont principalement dûs à l'augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre (GES), augmentation due surtout aux émissions d'origine anthropique. Au niveau mondial, l'agriculture serait responsable d'environ 14% des émissions de GES, et les pays en développement pourrait connaître un déclin de 9 à 21% de leur productivité agricole potentielle à cause du réchauffement de la planète. (FAO, 2009)

Comment le mégaphénomène planétaire pourrait affecter l'agriculture québécoise? Le phénomène nous affecte à trois niveaux:

  • Les impacts: quelles sont les conséquences physiques sur nos vies et nos conditions de productions?
  • L'adaptation: quelles sont les façons de s'adapter à ces nouvelles conditions?
  • La mitigation: de quelles façons pouvons nous participer à limiter les futurs dégâts en limitant les émissions de GES responsables des changements climatiques?


Impacts
Bien qu'il est difficile d'attribuer chaque événement climatique inhabituel aux changements climatiques d'origine anthropique, on peut supposer que plusieurs conditions météorologiques extrêmes vécues récemment auront davantage de chances de se mutliplier à l'avenir.
Les degrés-jours de croissance auraient augmenté de 4% à 20% entre 1960 et 2003 dans l'ouest et le centre du Québec méridionale. (Bourque et Simonet, 2008). L'augmentation des indices thermiques et de la durée de la saison de croissance auraient un impact bénéfique pour le maïs, le soya, les céréales du printemps et les plantes fourragères, tandis que l'orge serait défavorisée. Toutefois, la probabilité de stress hydrique devrait être accrue puisque les températures généralement plus élevées devraient augmenter l'évaporation.
Les changements de régularité, d'intensité et de ratio pluie/neige des précipirations risquent de survenir. Les productions horicoles, quant à elles, étant particulièrement sensibles aux stress thermiques et hydriques seraient perdantes, et on peut supposer un impact négatif sur les productions animales: à titre d'exemple, 500 000 volailles furent tuées par une vague de chaleur en juillet 2002, malgré les systèmes de ventilation modernes. En dehors de la saison de croissance, une diminution de la couverture de neige et l'augmentation des pluies hivernales risquent notamment d'augmenter la mortalité  des plantes fourragères.
En contrepartie, des hivers généralement moins rudes pourraient diminuer les besoins de chauffage dans les poulaillers et porcheries. Des modifications au niveau des populations d'agents pathogènes, de plantes adventices et d'insectes sont probables.

Adaptation

"Des mesures d’adaptation seront éventuellement nécessaires pour atténuer les répercussions des changements climatiques sur les activités agricoles au Québec. Ces mesures pourraient notamment prendre la forme de stratégies visant à régler les pénuries d’eau, de même que l’introduction de nouvelles espèces et d’espèces hybrides, qui sont plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur. " (Québec, 2007) En outre, les dates des semis et des récoltes et les choix de cultivars devront être adaptées et les agronomes devront probablement apprendre à reconnaître  nouveaux ravageurs.

Le Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture (2003) recommande quelques stratégies d'adaptation, entre autres:

  • la diversification des variétés cultivées et des sources de revenus des fermes;
  • l'amélioration de la qualité des sols de façon à renforcir sa tolérance à la sécheresse;
  • l'amélioration des pratiques de travail du sol pour réduire l'érosion, améliorer la rétention d'humidité, et minimiser la compaction;
  • l'utilisation de systèmes d'irrigation plus efficients.

Les changements climatiques peuvent aussi offrir des nouvelles possibilités de développement de nouvelles cultures, non sans un certain risque dû à l'instabilité grandissante du climat.

Il est à noter que chez nous, peu de recherche ne semble être en cours en ce moment pour évaluer les possibilités d'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques. Le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation, auquel AAC réfère, a fermé son volet agriculture en 2007. Le centre Ouranos, principale organisation de recherche sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques au Québec, a un volet agriculture qui a comme objectif de "développer des outils d’analyse climatique afin de favoriser davantage l'intégration des concepts climatiques dans la gestion des risques en agriculture". (http://www.ouranos.ca/)
Généralement, faire usage des pratiques agronomiques les plus optimales devrait devenir de plus en plus essentiel ("timing", rotation de cultures, irrigation efficiente, conservation des sols, engrais verts et couvre-sols, amélioration génétique, bon choix de variété, etc), et le support financier, notamment en terme d'assurance météo, devrait être au rendez-vous.

Mitigation
Il est nécessaire pour limiter les dégâts d'entreprendre rapidement des efforts importants d'atténuation des changements climatiques. De façon générale, diverses stratégies en termes de politiques publiques sont à notre disposition pour réaliser des réductions d'émissions de GES: fiscalité verte, crédits compensatoires, et investissements publics.
La fiscalité verte consiste à imposer une taxe sur les externalités (l'externalité étant un impact généré par un agent économique qui est subi par d'autres). Par exemple, une taxe carbone vient créer un incitatif pour réduire la consommation d'énergies responsables des émissions. Économiquement, c'est une stratégie qui s'intègre bien au marché libre, car elle n'intervient pas autrement que comme incitatif. Pour éviter l'inflation, il suffit de rendre la taxe fiscalement neutre en réduisant les taxes sur les impôts du même ordre. La taxe carbone a alors comme résultat de rendre les alternatives moins fortement émetrices plus compétitives par rapport à la consommation d'hydrocarbures.
Le crédit compensatoire est un système à plus grande ingérence sur le marché. Elle consiste à fixer un plafond d'émission (surtout pour les industries) au delà duquel une compagnie est forcée d'acheter des crédits de carbones. Le plafond de réduction des industries est calculé en fonction de l'objectif global de réduction. Les crédits de carbone sont généré par d'autres industries qui n'utilisent pas tout leur quota, et par des activités de captage de carbone comme le reboisement, et les crédits s'échangent sur une bourse du carbone.
Les investissements publics est probablement la stratégie la plus simple pour les gouvernements (et la seule à avoir été utilisée chez nous). Elle consiste à dépenser l'argent de l'état pour financer directement des efforts de réduction, pour des programmes d'efficacité énergétique, pour la R&D dans les énergies vertes ou pour des projets de captage. Au Canada, beaucoup d'investissements "verts" vont dans la recherche au captage de carbone et aux usines d'éthanol (presque 1 milliard $ en 2009). Les agrocarburants *peuvent* devenir une voie intéressante de production d'énergie écologiquement saine, à condition que le retour sur l'investissement en énergie soit d'un niveau suffisament intéressant, ce qui n'est pas le cas avec le maïs. De plus, le type d'action que le gouvernement prend (instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et investissements directs dans des usines de transformation) a pour effet d'augmenter la demande sur les grandes cultures, sans qu'il y ait une augmentation de l'offre, ayant comme conséquence une augmentation des prix pour augmenter la quantité offerte, ce qui contribue à la "crise alimentaire". Pour contrer cet effet, il faudrait que l'offre totale augmente, et pas seulement la quantité offerte. Pour ce faire, des changements structurels doivent avoir lieu comme des économies d'échelle ou des nouvelles technologies.
Selon Agriculture Canada,

Au Canada, le secteur agricole est responsable d'environ 10 % des émissions de GES, sans compter les émissions provenant de la consommation de carburant et de la production d'engrais (AAC, 2007). Ce ratio est de 7,5% pour le Québec. (Québec, 2009)
Les activités agricoles émettent ces GES: l'oxyde nitreux provenant de l'utilisation d'engrais et de fumier, le méthane, émis par la digestion du bétail, et le CO2 émis par le travail du sol (AAC, 2007). Diverses stratégies peuvent contribuer à réduire les émissions de GES ou à stocker du carbone:

  • Limiter la décomposition de la matière organique du sol. Le travail du sol entraînant une perte supérieure de matière organique du sol, les techniques à travail réduit comme le semis direct sont généralement un progrès dans ce domaine, en plus de contribuer à la qualité du sol.
  • Stocker le carbone. L'agroforesterie, l'utilisation de cultures couvre-sols, la culture intercalaire d'engrais verts, et l'utilisation de plantes fourragères vivaces peuvent y contribuer. Une gestion du fumier optimale permet également d'augmenter la quantité de matière organique dans le  sol.
  • Réduire les émissions d'oxyde nitreux. "L'application d'engrais aux bons moments, l'utilisation d'inhibiteurs de l'uréase et la réduction des pertes d'engrais par lessivage, ruissellement et érosion accroît l'assimilation d'engrais par les plantes et réduit les émissions d'oxyde nitreux." (AAC,2007). L'utilisation de la fixation biologique de l'azote peut aussi être davantage utilisée pour remplacer les fertilisants synthétiques.
  • Réduire les intrants énergétiques. Utiliser la machinerie appropriée, des technologies plus efficaces et les économies d'échelle devraient permettre de faire une utilisation plus optimale de la machinerie. De l'éducation peut aussi probablement être faite pour faire une utilisation plus raisonnée de la machinerie agricole. La réduction de la distance des transports dans la chaîne agroalimentaire pourrait également contribuer, en supposant que la consommation prenne un virage local significatif.
  • Des pratiques d’alimentation animale peuvent diminuer les émissions de GES. Par exemple, l'introduction de lin à l'alimentation du bétail comme source d'omega-3 permet de diminuer leurs émissions de méthane.


Mot de la fin
Il ne faut pas tomber dans le piège du mauvais calcul de risque en sous⁻estimant l'importance des changements climatiques sous prétexte qu'ils pourraient comporter certains avantages. Il faut éviter aussi l'impasse du cynisme en s'imaginant que ça arrivera de toute façon et que ça ne vaut pas la peine d'essayer de changer les choses. L'inaction des pays industrialisés, qui ont la responsabilité historique de la majeure partie des GES supplémentaire de l'atmosphère, est moralement indéfendable. Une attitude participative et coopérative est nécessaire de la part de tous pour relever le défi de notre génération. Et puisque chacun a des avantages financiers à court terme à ne pas investir pour "verdir" son économie, il est selon moi nécessaire qu'il y ait une coordination "top-down" qui vienne dicter les règles du jeux, n'en déplaise aux conspirationnistes. Ces  règles devront être équilibrées et équitables pour tous: permettre aux pays industriels d'être sainement concurrentiels, et permettre aux pays en développement de se développer.

Sources
FAO, 2009. "Climate change and bioenergy challenges for food and agriculture"
Bourque, A. et G. Simonet, 2008. « Québec », dans Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007, D.S. Lemmen, F.J. Warren, J. Lacroix et E. Bush (éditeurs), Gouvernement du Canada, Ottawa (Ontario), pp. 171-226.
The Center for International Earth Science Information Network, http://www.ciesin.org/TG/AG/AG-home.html
Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture, 2003. "Meeting the challenges of climate change"
Gouvernement du Québec, 2007. "Plan d'action concerté sur l'agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse". MAPAQ-MDDEP-UPA
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Changements climatiques". http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Pratiques de gestion bénéfiques pour l'air" http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Gouvernement du Québec, 2009. "Le Québec et les changements climatiques"

2009.10.17

Étude sur le pot

Une étude internationale sur "les RAVAGES DU POT!"

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2009/10/16/001-cannabis-monde.shtml

Pas moins de 4 % des adultes sur la planète consomment du cannabis, a calculé une équipe de chercheurs australiens en recensant la littérature scientifique sur le sujet.

Cela représente quelque 166 millions d'utilisateurs de pot âgés de 15 à 64 ans, soit 3,9 % de la population planétaire de cette tranche d'âge.

Pour en arriver à ces résultats, les auteurs ont utilisé les données de l'Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) datant de 2006.

Popularité grandissante

Généralement fumée, la substance est très populaire parmi les jeunes des pays riches comme le Canada, les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Son utilisation semble cependant se répandre dans le monde entier, notent les chercheurs australiens Wayne Hall et Louisa Degenhardt, de l'Université Queensland.

Les chercheurs soutiennent que le fardeau du cannabis « est probablement modeste » sur la santé publique comparativement à l'alcool, à la consommation de tabac ou à d'autres drogues illégales comme la cocaïne.

Comme la fumée du tabac, celle du cannabis contient divers produits toxiques, parfois même à plus fortes concentrations. Toux et bronchites sont donc courantes chez les fumeurs réguliers de cannabis.

D'autres risques sont également associés au chanvre, comme:

  • risque de problèmes psychologiques tels que l'anxiété
  • épisode psychotique chez des sujets prédisposés
  • dépendance et nonchalance généralisée
  • risque d'accident de la route

En outre, la plupart des gros fumeurs fument aussi la cigarette, d'où la difficulté à discerner sa part exacte dans l'apparition du cancer du poumon.

En outre, les statistiques montrent qu'environ 9 % des gens qui ont fumé du cannabis deviennent dépendants. Par comparaison, le risque de dépendance est de:

  • 32 % pour la nicotine
  • 23 % pour l'héroïne
  • 17 % pour la cocaïne
  • 15 % pour l'alcool
  • 11 % pour les stimulants

Phénomène grandissant

Les plantes sélectionnées par les trafiquants ont une teneur en tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du cannabis, de plus en plus élevé, ce qui n'est pas sans soulever des inquiétudes.

Cette réalité accroît les crises d'anxiété et de dépression et les symptômes psychotiques chez les nouveaux utilisateurs.

Le détail de cette étude est publié dans le journal The Lancet.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

 

2009.07.15

les aventures illustrées de Kécanne la petite boîte

Faut voir ce génial reportage sur la fabrication des boites de conserve:

http://conserves.blogspot.com/2005/08/comment-on-fait-les-botes-de-conserves.html

2009.05.17

permaculture design

La permaculture est une approche révolutionnaire de l'économie, du design, de l'agriculture, et de l'intégration de l'être humain dans son environnement. Elle est basée sur l'efficience et l'optimisation des systèmes par le design intelligent.

Le cours de design en permaculture de la R.H.A. (Reconstruction Harmonieuse de l'Agriculture)
La permaculture est un concept qui a été développé dans les années 70 par David Holmgren et Bill Mollison en Australie. En observant les cultures aborigènes et les écosystèmes de la forêt, ils conclurent qu’il était possible de faire le design d’un système agricole productif qui reflète la diversité, la stabilité et la durabilité des systèmes naturels. La permaculture intègre l’agriculture, l’écologie et la foresterie.

Le but fondamental du cours de Design en Permaculture est de présenter une nouvelle vision de l’aménagement écologique tant urbain que rural. Le cours offre aux participants la possibilité de mettre au point un système d’agriculture ou d’aménagement paysager adapté à leurs besoins à partir de leurs propres observations. Le cours inclut des discussions, des présentations de diapositives, des périodes d’observation et d’analyse, des visites de sites et des expériences pratiques. De la théorie, des ateliers et des designs sont au programme de ce cours intensif de 72 heures.

Pour l'information sur le cours, voir: http://www.rha-quebec.org/evenements.html
et http://www.rha-quebec.org/DépliantCoursPermacultureRHA200...


Wikipédia français définit la permaculture comme une philosophie de vie et une vision globale et écologique du monde dont l'objectif est l'intégration de l'activité humaine au sein de l'espace naturel avec lequel elle co-évolue.

Mais c'est avant tout une science interdisciplinaire de la conception (design) basée sur des éthiques et des principes d’efficacité énergétiques, et qui a pour but la conception et l’implémentation de sociétés humaines associées avec leurs écosystèmes. Elle est également faite pour réhabiliter les sites dégradés par l’activité humaine et pour reconcevoir (redesign) les lieux qui le nécessitent (maison, quartier, village, ville, zone industrielle…).

Elle est conçue pour être la plus efficace possible selon l’adage du plus petit effort pour le plus grand changement, et vise donc à ce que le plus grand nombre se l’approprie. C’est pour cela que les principes de design permaculturels sont le prolongement de la position qui veut que “la seule décision éthique est de prendre la responsabilité de notre propre existence et de celle de nos enfants » (Molisson, 1990). L’intention étant que, en formant rapidement les individus à un ensemble fondamental de principes de design, ces individus pourraient aménager leurs propres environnements et construire des territoires toujours plus autonomes, interconnectés, résilients et durables.

Mais la page anglaise de wikipédia est meilleure, moins dense pour la définition mais plus claire, ça vaut la peine

http://en.wikipedia.org/wiki/Permaculture

Autres ressources sur la permaculture:

www.permaculture.org

www.tagari.com

2009.04.21

la disparition des abeilles

Un film récent qui traite du Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles:

Disparition des abeilles - la fin d'un mystère

 

2009.03.29

documentation agricole

Documentation gratuite en agriculture, voici une petite mine d'or:

http://attra.ncat.org/publication.html

2009.03.24

L'abondance de l'eau...

Entretien de Francois Cardinal avec Christian Simard et Marc Hudon de Nature Québec au sujet de l'eau

Texte intégral sur cyberpresse

Christian Simard: Les Québécois gèrent ce qui est, selon plusieurs, le plus grand bassin d'eau douce au monde. Ils ont donc la responsabilité de s'intéresser à l'eau en tant que gestionnaires de ce patrimoine mondial.

Q: Quel est le principal obstacle à une gestion responsable de l'eau?

R: MH: Le mythe de l'abondance. Chaque fois qu'on ouvre le robinet, l'eau coule. On a l'impression qu'il n'en manquera jamais. Or, il faut s'attendre à ce que la répartition de l'eau devienne de plus en plus problématique dans le secteur du fleuve et des Grands Lacs.

Q: Que voulez-vous dire?

R: MH: Les instances politiques auront un jour des choix à faire concernant la répartition de l'eau. Entre le Québec et l'Ontario. Entre le Québec et les États-Unis. Il importe donc de faire nos devoirs tout de suite, de conserver la ressource le plus possible pour ne pas avoir une image de gaspilleurs. Et cela, afin de pouvoir justifier nos besoins en période de crise.

R: CS: Il est clair, dans l'entente sur le fleuve et les Grands Lacs intervenue entre le Québec, l'Ontario et les huit États américains, que chacun devra respecter des objectifs précis de conservation de l'eau. Si on ne les atteint pas, on risque de ne pas avoir voix au chapitre dans l'ensemble de la gestion du bassin.

Q: Tout cela ressemble à un mauvais film hollywoodien... Sommes-nous vraiment rendus là?

R: CS: Il faut se rappeler que Montréal a passé à un cheveu de manquer d'eau lors de certaines périodes de canicule, en 1999 et en 2003 si je ne m'abuse. La prise d'eau n'étant pas assez inondée, il y a eu des vibrations extrêmes, et le tout a presque flanché. On a frôlé la catastrophe.

R: MH: Avec le réchauffement du climat, plusieurs villes commencent déjà à manquer d'eau. On le voit en Ontario, où des villes comme London et Windsor ont eu des pénuries d'eau lors de périodes de canicule.

Q: Que penser de l'implication du fédéral dans le dossier de l'eau?

R: CS: Rappelons-nous que le 22 mars 2007, Journée de l'eau, le gouvernement conservateur a annoncé en grande pompe une stratégie nationale de l'eau... qui n'a jamais vu le jour. Pire encore, depuis l'annonce, le gouvernement a abandonné ses compétences sur les eaux navigables. Il a affaibli le processus d'évaluation environnementale. Il a éliminé le financement de la recherche sur les changements climatiques, ce qui touche directement la gestion de l'eau. Il y a donc contradiction flagrante entre la volonté exprimée et la pratique.

Q: Que devrait faire Ottawa pour renverser la tendance?

R: MH: On a besoin de décisions basées sur la science plutôt que sur l'idéologie. On a besoin d'un plus grand financement, d'un engagement officiel à ne pas exporter d'eau, bref d'une politique nationale de l'eau. Cela aiderait les communautés autochtones, permettrait de moderniser les infrastructures et de réduire les avis d'ébullition de l'eau, qui se comptent par centaines chaque année.

 

2009.03.23

Agroforesterie

Excellent article sur l'agroforesterie:

Enrichir les forêts et les portefeuilles
L’agroforesterie
par Elizabeth Caron

2009.02.08

La conservation génétique

La biodiversité est capitale, non seulement pour le l'écosystème global mais également pour l'agroécosystème. La diversité génétique des animaux d'élevage est une de ces ressource dont nous ne soupçonnons pas la fragilité.

La mondialisation des échanges a entraîné une certaine uniformisation des pratiques d’élevage et de la demande qui a résulté en la disparition, ou en la réduction dramatique, de la variabilité qui existait chez les espèces d’élevage. Les animaux sont sélectionnés pour certains caractères de production précis et d’ordre économique (ex. potentiel laitier) au détriment de caractères d’importance pour une agriculture durable (ex. rusticité). Plusieurs races sont même disparues ou sont en voie d’extinction, et la consanguinité s’est accrue pour plusieurs des races qui ont été maintenues.

(Jean F. Bernier, 2009, Principes fondamentaux en sciences animales)

Les éleveurs ont adopté des technologies modernes en matière de génétique et de traitement de données dans le but d’atteindre le progrès désiré en ce qui concerne les caractères commerciaux. Ces programmes sont coûteux et ont ainsi mené à des fusions d’entreprises. Cela est particulièrement évident dans l’industrie de la volaille. Il y a maintenant trois compagnies qui détiennent plus de 90 % du marché de la génétique chez les animaux reproducteurs de type ponte, dans le monde entier. Chez les poulets d’abattage, deux compagnies contrôlent une grande part du marché alors qu’une troisième lutte pour survivre. En ce qui concerne les dindes, parmi les trois entreprises qui se partagent un petit marché, une d’entre elle en détient 50 %.

Dans le même ordre d’idées, plus de 90 % de nos bovins laitiers au Canada sont de race Holstein. Hanoverhill Starbuck est un géniteur très populaire qui a passé toute sa vie au Centre d’insémination artificielle du Québec. Il a engendré plus de 200 000 filles au Canada et à l’étranger. De plus, jusqu’à maintenant, plus de 200 fils et de 400 petits-fils ont reçu une évaluation génétique officielle sur descendance et déjà, son meilleur fils et son meilleur petit-fils ont engendré chacun plus de filles que Starbuck lui-même. En conséquence, moins de 25 ans après sa naissance, Starbuck est représenté au moins une fois, et souvent plus, dans la généalogie de plus de 80 % des veaux Holstein qui naissent présentement au Canada. Son impact à l’étranger est aussi très important. Non seulement perdons-nous des races, mais nous perdons également de la diversité génétique au sein du petit nombre de races survivantes.

Si les prédictions actuelles en matière de changements climatiques sont exactes, il se pourrait qu’une modification de la génétique des animaux de ferme soit nécessaire pour pouvoir s’y adapter. La récupération de la génétique à la suite d’une épidémie catastrophique est un autre exemple de la nécessité de conserver les lignées et les races contemporaines.

LA SOLUTION
Il y a trois étapes importantes dans le processus de conservation. La première est l’identification des ressources existantes, la deuxième est leur évaluation dans le contexte des priorités en matière de conservation alors que la troisième étape est la conservation des espèces appropriées.

  • (...)Des programmes nationaux de conservation du matériel génétique animal en vue de préserver leurs propres ressources animales.
  • (...)un cadre supérieur, avec l’expérience et l’autorité appropriées, devrait être nommé à un niveau d’autorité.
  • La création d’un Centre canadien pour la conservation du matériel génétique animal est un besoin urgent qui permettra de mettre un frein à la perte des ressources génétiques des animaux de ferme au Canada. La préservation des animaux reproducteurs, des races et des lignées présentement considérées comme menacées et le développement de ressources dans l’avenir seront les domaines prioritaires d’un tel centre.
  • De plus, un allégement fiscal pour les éleveurs qui contribueront à la conservation devrait être adopté.

Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme

« Agriculture et Agroalimentaire Canada a mis sur pied, en 2006-2007, un centre de conservation des ressources animales, pour la production, à Saskatoon. Le Canada se joint ainsi à quelques autres pays, notamment les États-Unis, la France et le Brésil, qui ont décidé
d’investir dans l’avenir en conservant mieux les ressources génétiques. » (Jean F. Bernier, 2009)

2009.02.03

Agriculture urbaine industrielle

Un reportage vidéo vraiment intéressant de la semaine verte sur des visionnaires qui travaillent sur des projets de gratte-ciels agricoles.

C'est clair que des systèmes comme ça seraient incroyablement voraces en ressources: installations, énergie, main-d'oeuvre et matières premières (eau!).

Le site web du principal instigateur du concept, Dickson Despommiers: Vertical Farm

Il y a quelque chose dans cette approche qui me semble mal réfléchi. Dans le reportage et sur le site, on introduit l'idée en disant « En 2050, on sera 8 milliards sur la terre et 80% de ce monde là sera en ville. On aura pas assez de terre pour nourrir tout le monde ». Autrement dit, on va juste laisser notre population exploser comme des imbéciles et après ça on va développer des moyens monstrueux pour essayer de maintenir notre démesure? Ça serait pas plus sage et lucide de limiter la croissance de la population à la place?

Principe écologique de base: quand une population devient trop imposante pour ce que l'écosystème est capable de supporter, il s'ensuit un déclin de la population dû à:

  • une augmentation de la prédation et des parasites
  • des famines
  • l'entretuage des individus de l'espèce par compétition pour les ressources

lemmings.jpgToutes des choses en train d'arriver au monde humain, même si les peuples riches y échappent grâce au système économique qui leur garantit la victoire dans la guerre aux ressources. Mais c'est pas parce qu'on est supposément dotés d'intelligence et qu'on a des technologies qu'on va échapper aux lois de la nature. Est-ce qu'on a un minimum d'intelligence et de self-control pour modérer la course aux richesses, la croissance de nos populations et le gaspillage, ou est-ce qu'on va continuer à courir droit devant à l'aveugle comme des lemmings?

2009.01.19

Cours de permaculture

Cours de permaculture du RHA

L'information étant dure à trouver, je la rend disponible pour les intéressés.