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2009.01.31

La barrage des 3 gorges

Connaissez-vous le barrage des 3 gorges?

Ce serait un des, sinon le, plus gros projet industriel au monde.  Long de 2 335 mètres et haut d'environ 100 mètres, sa construction a nécessité 27 millions de m3 de béton. Son réservoir a une superficie de 1 084 km² et a necessité la déportation d'au moins un million de personnes. Le projet a été à l'origine conçu pour produire près de 85 milliards de kw/h par an d'électricité, acheminable dans un rayon de mille kilomètres. Son coût, difficile à estimer fiablement, serait de 25 à 50 milliards $.

Un film a été fait sur ce barrage, Up the Yangtze, dont on a pu lire une critique dans le Devoir l'an dernier.

Suggestion de lecture supplémentaire:

China's Three Gorges Dam: An Environmental Catastrophe? The Scientific American

17:49 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine | |  Facebook

Épicure et la complexité volontaire

l'amusant Devoir de philo d'aujourd'hui écrit par Normand François:

«Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien», dit Épicure

Nous sommes depuis un bout de temps dans l'univers-magasin, dans cette incessante parade des objets et des moi-objets. (...) L'idée n'est pas de posséder tout ce qui est disponible, mais, comme Épicure l'écrit, il suffit d'avoir peu pour avoir tout: «Ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid; celui qui dispose de cela, et a l'espoir d'en disposer à l'avenir, peut lutter comme il arrive, et coulera des jours heureux.»
Simplicité épicurienne. Quelle complexité dans l'application, en revanche. (...)
Il suffit de se promener dans un de ces horribles centres commerciaux géants pour se rendre compte que tout le monde recherche du plaisir mais que personne ne voit que la plupart des plaisirs sont une fuite, une perte de temps, une aliénation digne des grandes répressions spirituelles; le plaisir n'est qu'une supercherie de plus dans cet univers de consommation. Pourquoi? Parce que «certains plaisirs apportent plus de peine que de jouissance.» C'est là qu'il faut du discernement. (...)
Que les humains consomment comme des tarés, je le vois. Qu'ils consomment tellement qu'ils n'arrivent plus à jouir me semble évident. Qu'ils ne jouissent même plus à consommer car la consommation prend tout le temps est assez facile à démontrer. Nous serions donc en présence, par ces quelques remarques, d'un antihédonisme. Nous ne sommes plus capables de jouir car nous consommons avec outrance, et nous le faisons sans délicatesse, sans discernement, sans raffinement. Ce geste est absolument antiépicurien, antihédoniste. Alors que ces philosophes et ces sociologues qui nous accablent de leur bêtise en disant que nous sommes à l'ère d'une société hédoniste aillent voir dehors un peu.
On peut se poser la question suivante: qu'est-ce qu'un hédoniste épicurien? C'est avant tout quelqu'un qui pense que «le dernier degré de bonheur est l'absence de tout mal.» Le plaisir n'est pas défini par l'acquisition d'un bien quelconque mais par l'absence d'un mal, d'une douleur, d'un trouble. C'est la fameuse ataraxie: avoir l'âme en paix et un corps qui ne souffre pas. Et si nous finissons par désirer quelque chose, «il faut se poser cette question: quel avantage en résultera-t-il si je ne le satisfais pas?» Est-ce à dire que nous ne devons plus désirer et prendre plaisir? Non, mais «parmi les désirs, les uns sont naturels et nécessaires, les autres naturels et non nécessaires, et les autres ni naturels ni nécessaires, mais l'effet d'opinions creuses.» Et Dieu sait que nous vivons une période creuse.
Le consommateur est pris dans les filets d'une mécanique très simple et très rudimentaire: la mécanique pavlovienne. L'humain reçoit des stimuli, il répond par un geste. La pub lui montre des objets et l'humain achète par réflexe. Parce qu'on lui dit que c'est bon, il achète. C'est justement là que le pouvoir de l'image est impressionnant. Beaucoup plus un réflexe qu'un désir, la consommation est une manipulation de l'image envers les individus. La mécanique de l'image, voilà le roman à écrire. La consommation, comme nouvelle servitude volontaire, se définit par un aveuglement, une mécanique qui fonctionne toute seule; c'est une tentation d'en finir avec le désir, avec la littérature et la philosophie. C'est le nous qui veut consommer le je.
Cet humain du XXIe siècle n'est pas différent de celui de la fin du XXe. Il a besoin du concours de la pub (et non d'autrui) pour lui dire ce dont il a besoin. On se souvient que Kant voulait que l'humain devienne autonome. C'était aussi le but des penseurs du siècle des Lumières. Que l'humain n'ait plus besoin de son curé pour savoir quoi croire, qu'il n'ait plus besoin de son médecin pour savoir quoi manger, qu'il n'ait plus besoin de son comptable pour savoir quoi dépenser, bref que l'humain devienne autonome. Nous en sommes encore loin. (...)
Ce spectacle de consommation effrénée nous mène directement vers la seule porte de sortie: la dépression. (...)
Nous ne consommons plus pour acquérir certains biens pour nous rendre heureux, nous consommons parce que nous ne savons pas ce qui nous rendrait heureux. La consommation n'est plus un moyen d'arriver au bonheur, elle devient elle-même le bonheur. (...)
Comme l'a dit le philosophe universellement connu Anonyme: «Le bonheur ne se consomme pas, il se fabrique.» Et la fabrication du bonheur ne va pas sans son côté hédoniste. Qui pense, jouit bien.

Heureusement, il reste certains humains qui peuvent vivre par et dans les plaisirs, les joies, le bonheur. Comme le dit Épicure, «il ne faut pas tant regarder ce que l'on mange que celui avec lequel on mange.» Heureusement, il reste des personnes non consommées qui regardent la vie d'en haut en faisant un constat amiable d'un accident assez fatal. Tant qu'il restera de la place pour la jouissance (qui passe par un minimum de consommation, tout de même, des plaisirs nécessaires et naturels, non nécessaires et naturels, trouvez lesquels), il y aura de la place pour des réfractaires, des souches de résistance à la mondialisation de la dépression que procure une mauvaise gestion de ses propres désirs.

Encore la société qui paie pour les automobilistes

Les transports illustrent mieux que tout l'absence de vision intégrée des conservateurs en matière d'économie, d'environnement et de climat.

Ainsi, le budget accorde 2,7 milliards pour la seule année 2009 aux constructeurs d'automobiles, mais seulement 200 millions par année sur cinq ans aux infrastructures vertes, soit aux transports en commun. C'est cinq fois moins que ce qui serait nécessaire pour rattraper l'avance des États-Unis dans ce domaine, a calculé Transport 2000 Québec. Les villes canadiennes ont pourtant établi qu'il leur faudrait entre 24 et 31 milliards sur cinq ans pour répondre à leurs besoins les plus criants.

Une étude de la Chambre de commerce de Montréal a par ailleurs démontré que les dépenses en transports collectifs génèrent deux fois plus de retombées économiques que dans le secteur de l'automobile. En plus, elles font épargner annuellement aux seuls Québécois 600 millions par année tout en assurant un retour de 45 % sur les investissements publics aux deux gouvernements et en réduisant la balance des paiements du pays. Un investissement massif dans les transports collectifs était d'autant plus impératif que les transports sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec et d'environ 25 % à l'échelle canadienne.

Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 31 janvier 2009

Harper continue de mettre tout en place pour vendre le plus possible de son pétrole albertain. Toute une vision!

"tirer le meilleur parti de chaque dollar"...

L'Afrique en classe affaires pour les cadres de l'ACDI

La présidente de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et deux cadres supérieurs ont dépensé près de 40 000 $, juste en billets d'avion, pour assister à une conférence sur l'efficacité de l'aide à l'Afrique de l'Ouest.

Selon un communiqué de presse, les participants à ce forum international, qui avait lieu à Accra, au Ghana, ont discuté de la façon de tirer le meilleur parti de chaque dollar d'aide financière. Mais un examen des dossiers déposés par l'ACDI concernant les frais de déplacement et d'hébergement révèle que des membres haut placés du personnel préfèrent voyager en classe affaires, à des prix plusieurs fois plus élevés que les tarifs des vols en classe économique.

Les vols en première classe sont la norme en vertu des directives du Conseil du trésor pour les voyages de neuf heu-res ou plus.

Mais les dépenses fédérales seront scrutées à la loupe, alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper s'apprête à annoncer dans son budget, demain, l'adoption d'un ensemble de mesures de lutte contre la récession économique, qui entraînera un déficit totalisant 64 milliards en deux ans.

Le billet d'avion de la présidente, Margaret Biggs, pour la rencontre de septembre dernier au Ghana a coûté 13 856,46 $. Son hébergement a coûté 1750,92 $. D'après les dossiers, Mme Biggs est restée au Ghana du 28 août au 5 septembre pour une rencontre se tenant du 2 au 4 septembre. Elle a également visité des projets sur le terrain, selon un courriel de la porte-parole de l'ACDI, Jo-Ann Purcell.

Tous les voyages d'employés de l'ACDI respectent les normes du Conseil du trésor pour les vols de longue durée, a dit Mme Purcell. Le voyage de la présidente était de 21 heures pour l'aller seulement.

Des recherches sur Internet indiquent que le même vol, en classe économie, coûte environ 1400 $ (aller-retour), y compris les taxes et autres frais.

Les billets d'avion de Stephen Wallace, qui a présidé la conférence, et de Christine Hogan, ont coûté respectivement 10 496,26 $ et 15 117,69 $.

Kevin Gaudet, de la Fédération canadienne des contribuables, a qualifié les vols en classe affaires de «dépense ridicule».

2009.01.30

dossier changements climatiques

à lire cette semaine dans la Presse:

dossier spécial sur les changements climatiques

2009.01.28

webzine intéressant!

Science et Vie: Construire un monde durable

Une foule d'articles et de vidéos intéressants et pertinents, où il est question évidemment de science, d'environnement, d'économie et de savoir en général. À voir!

15:49 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2009.01.26

Le système Canadien

Une trentaine d'experts juristes et politologues signent un texte extrêmement pertinent dans le Devoir d'aujourd'hui: Le parlement est roi!

... une très grande proportion des Québécois et autres Canadiens connaissent mal les règles de notre démocratie constitutionnelle. [...] 70 % des Québécois croient erronément que les citoyens élisent directement le premier ministre. Nous avons donc cru qu'il serait utile de clarifier pour le public les règles régissant le choix des membres du gouvernement dans notre système politique actuel.

Le premier ministre n'est pas élu directement. La gouverneure générale, à la suite d'élections, demandera normalement au chef du parti ayant obtenu une majorité de sièges à la Chambre des communes de devenir premier ministre. Par la suite, le premier ministre choisira habituellement les membres de son cabinet (les ministres) parmi les députés de son parti. En vertu du principe de gouvernement responsable, le premier ministre et son cabinet ne peuvent gouverner légitimement sans jouir en tout temps de la «confiance» (l'appui d'une majorité des députés) de la Chambre des communes. Puisque notre Constitution ne prévoit pas l'élection directe du premier ministre et de son cabinet, ceux-ci doivent en tout temps pouvoir s'appuyer sur une majorité des députés élus à la Chambre des communes. Dans notre système parlementaire, c'est précisément cet appui qui donne au gouvernement sa légitimité démocratique; sans cet appui, le gouvernement n'en a aucune puisque lui-même n'est pas élu.

Lorsqu'aucun parti ne réussit à faire élire une majorité de députés à la suite d'une élection générale, la gouverneure générale devra alors nommer au poste de premier ministre un député capable d'attirer suffisamment d'appuis pour obtenir et maintenir la confiance de la Chambre des communes pour une période raisonnable de temps. [...]

Dans une situation de minorité, le gouvernement ne peut pas prétendre avoir «gagné» le droit de gouverner. Au mieux, le premier ministre peut prétendre avoir le droit d'essayer de maintenir la confiance de la Chambre.

Quand un gouvernement minoritaire perd la confiance de la Chambre, la gouverneure générale n'est plus liée par les avis et conseils du premier ministre. La gouverneure générale doit alors exercer ses «prérogatives personnelles». Elle peut dissoudre le Parlement et ainsi déclencher de nouvelles élections ou, si des élections ont eu lieu relativement récemment (les avis varient entre six et neuf mois), elle peut inviter le chef d'un autre parti à tenter de former un gouvernement qui saura jouir de la confiance de la Chambre des communes. Il en va de même dans l'hypothèse où le premier ministre d'un gouvernement minoritaire demanderait la dissolution du Parlement peu de temps après des élections générales. [...]

Ces règles visent en particulier à éviter que des gouvernements minoritaires ne nous plongent dans des élections répétitives jusqu'à ce qu'un parti obtienne une majorité des sièges au Parlement. [...]

Lorsque la gouverneure générale exerce ses prérogatives personnelles et décide si elle dissoudra le Parlement ou si elle invitera un ou plusieurs partis à former un nouveau gouvernement, elle doit agir de manière quasi judiciaire, dans l'impartialité la plus totale. Dans de telles circonstances, elle doit être guidée par son devoir de protéger la Constitution et, en particulier, les principes de démocratie et de gouvernement responsable.

Nous sommes d'avis que s'il y avait un vote de censure ou si une demande de dissolution du Parlement était présentée au terme d'une session parlementaire n'ayant duré que quelque 13 jours, il serait judicieux pour la gouverneure générale d'inviter les partis d'opposition à tenter de former un gouvernement.

2009.01.25

casse tête pour les ethologistes

Des orques jouent au volley-ball avec une otarie avant de la relâcher.

http://www.youtube.com/watch?v=DWsN63PRCW8&feature=ch...

Comportement récréatif + acte de pitié ?

11:45 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

blogs.plugs

Ceux qui aiment lire les blogs longs ;) le blog "changer le rêve" sur blogspot est pas mal intéressant et couvre le même genre de sujets que moi. Mais c'est vachement long, ils doivent écrire 3h par jours!

J'y ai d'ailleurs trouvé ce vidéo salement destroy, qui fait penser à un scénario que j'avais lu dans Adbusters il y a quelques années: qu'est-ce qui arriverait sur Terre si les humains disparaissaient instantanément?

 

Pis tant qu'à être dans le plugage de blogs, y'a mon vieux camarade blogueur JP, et son blog Darnziak, et le site d'un ancien camarade de cegep, Menzonet.

11:10 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : environnement | |  Facebook

2009.01.24

Radio à la carte

Suggestion pour ceux qui aiment écouter la radio mais ne tombent pas  assez souvent sur de bonnes émissions:

Faut downloader les podcasts...

Par 4 chemins

Les années lumières

La semaine verte

http://www.la-bas.org/

CKUT Montréal

 

12:40 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Leibniz: saurons nous nous affranchir de l'automobile?

« Leibniz disait de l’homme qu’il est le seul animal capable de « reculer pour mieux sauter » : faire un détour pour aller plus vite, se retenir temporairement de consommer et investir pour accroître sa consommation future... L’homme moderne a développé en lui cette capacité au-delà du raisonnable. Celui qui recule pour mieux sauter garde les yeux fixés sur l’obstacle qu’il entend franchir. S’il recule en regardant dans la direction opposée, il risque d’oublier son objectif et, tenant sa régression pour un progrès, il en vient à prendre le moyen pour la fin. L’exemple le plus probant est sans doute celui du système de transport. »

http://velorutionsherbrooke.blogspot.com/

velorution.jpg

Plug pour le monde de Québec: VÉLOCENTRIX

2009.01.23

Bands à découvrir

Deux bands à découvrir:

"Iries Révoltés" Dub/DanceHall/Reggae français avec un discours de révolte et de réveil

"17 Hippies" vague Folk/Gipsy/whatever, musique interessante à écouter, en plein de langues d'ailleurs

2009.01.19

Cours de permaculture

Cours de permaculture du RHA

L'information étant dure à trouver, je la rend disponible pour les intéressés.

2009.01.17

Une idée audacieuse, mais sensée...

Animal, je t'ai choisi... et maintenant, je te sauverai. Voilà le défi que lance le Fonds mondial de l’environnement (GEF) aux multinationales qui ont bâti leur image en utilisant un animal.

Il y a urgence, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui estime que 38 % des 44 838 espèces recensées sont menacées d’extinction.

Voilà pourquoi la campagne «Sauvez votre logo» du GEF exhorte les Peugeot (lion), Lacoste (crocodile), Roots (castor), Jaguar et autres Puma de ce monde de contribuer financièrement aux programmes de conservation de leur bête fétiche et ainsi «rendre à ces espèces un peu de ce qu’ils en ont reçu, s’ils ne veulent pas voir leur logo disparaître».

Pierre Duchesneau, Protégez-vous, janvier 2009

Pas fou pentoute! Ainsi Toys'R'Us pourra investir pour protéger les girafes, Coca-Cola pour les Ours Polaires (toute une job!), Bell pour les castors...

10:28 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biodiversité | |  Facebook

2009.01.14

Richard Heinberg, peak oil et l'avenir de l'humanité


Party's over et Powerdown
Richard Heinberg est un de mes auteurs préférés. C'est en lisant son premier livre, The party's over: oil, war and the fate of industrial societies il y a 4 ans que j'ai commencé à m'intéresser à l'économie. C'est un ouvrage extrêmement lucide qui examine la situation actuelle de l'économie du pétrole, notre dépendance de la ressources, la géopolitique internationale autour de l'énergie, et les différentes prévisions quant à sa durabilité. Il couvre un terrain beaucoup plus vaste que la théorie du peak pétrolier.PARTYSOVER.jpg

Son deuxième livre, Powerdown: Options and Actions for a Post-Carbon World est un essai relativement dark. Ayant solidement établi dans le premier livre qu'il y a toutes les probabilités pour que d'ici une génération nous rencontrerons une pénurie de pétrole (peak oil), il extrapole maintenant sur les options qui se présentent à l'humanité. Selon lui, il y aurait 4 sortes de voies possibles: la compétition, le laisser-faire, la coopération, et la bouée de secours.

Si la voie de la compétition était choisie, ce sera l'escalade de la violence à l'échelle de plus en plus grande pour les ressources énergétiques en diminution. Si la voie empruntée est le laisser-faire, ce qui est à peu près la voie actuelle de l'humanité, les prix du pétrole commenceraient à devenir instable mais surtout à monter dangereusement, entraînant inflations, récessions et faillite des économies les moins fortes qui ne pourront plus se payer la ressource. Comme nous serons en retard pour faire toute la R&D et l'investissement en infrastructures nécessaires pour amorĉer une transition post-pétrole, cette transition sera beaucoup plus longue et difficile que si nous l'avions fait pendant que le pétrole cheap est encore disponible. Les économies plus dépendantes au pétrole mais faibles en technologie seront les plus touchées, et encore là avec la compétition pour une ressource en disparition grandira le chaos et la violence.

La coopération consiste en faire le choix raisonné et lucide d'amorcer dès maintenant une transition vers une économie post-pétrole pendant que nous avons les moyens de le faire confortablement, en partageant de façon juste la ressource énergétique. Choisir de lutter pour cette option, c'est se battre contre un énorme système en béton, bien encré dans son statu quo et ses paradigmes. C'est risquer de se battre pour rien et heurter un mur.

La bouée de secours (building lifeboats) est la démarche entreprise par les groupes de personnes lucides, conscientes de ce qui s'emmène, où on cherchera à se sortir de la dépendance du système, s'arranger pour vivre relativement en autarcie et être à l'abri d'un éventuel crash intense du système qui entraînerait la pauvreté et les guerres. C'est pratiquement une espèce de fuite, un abandon du combat, mais c'est peut-être le choix le plus lucide pour la self preservation.

The oil depletion protocol
La dépendance

Heinberg disait clairement à la fin de powerdown que pour lui, la solution résidait entre un mélange le plus sain possible de coopération et de bouée de sauvetage. Et The oil depletion protocol est la suite logique de la lutte pour faire adopter un plan lucide de coopération. Ici, l'écriture est beaucoup plus mature, le ton, le moins alarmant possible.

Comme dans powerdown, il commence par résumer la situation de l'économie du pétrole: c'est notre principale, plus puissante et plus omniprésente source d'énergie sur laquelle repose le système industriel en entier. Le transport est loin d'être la seule utilisation économique du pétrole, il sert de carburant pour beaucoup de machines, dont les machines servant à l'extraction des autres ressources naturelles, incluant la machinerie agricole qui permet les outputs que nous connaissons en agriculture industrielle. Le pétrole entre également dans la fabrication de nombreux pesticides. Le pétrole est également extrêmement important pour la production de produits chimiques dont les plastiques. Des produits chimiques de base qui ont d'innombrables usages dans les produits que la technologie fabrique chaque jour: éthylène, propylène, butadiène... ces trois produits à eux seuls entrent dans la confections de biens de consommation aussi divers que des désinfectants, des solvantes, des antigels, des réfrigérants, des lubrifiants, des vêtements et des matériaux plastiques. Le pétrole est également beaucoup utilisé pour le chauffage (huile à chauffage) et la production d'électricité. Sans les pétrochimiques, la science médicale, les technologies de l'information, l'architecture des villes modernes et d'innombrables autres aspect de la vie moderne n'existeraient pas tels qu'on les connaît. Devant l'importance révélée du pétrole dans le développement de technologies et la production de richesses pertinentes, l'absurdité de gaspiller du gaz pour (par exemple) déplacer des hummers dans un centre-ville (alors que 97% de l'énergie fournie par le carburant sert à bouger cette feraille) saute aux yeux.

Nous continuons de développer nos sociétés et construire nos infrastructures en assumant que nous pourrons avoir recours perpétuellement à ce système de transport, que la croissance démographique pourra être soutenue indéfiniment et que notre consommation d'énergie continuera toujours d'augmenter. Mais peu de choses sont aussi incertaines.
Le pétrole est une ressource non-renouvelable. La plupart des gens assument qu'une pénurie globale et permanente de pétrole serait seulement un problème seulement pour les générations futures, et qu'entre temps des alternatives au pétrole apparaîtraient. Mais les technologies de remplacement commencent à peine à apparaître, et les investissements à faire pour convertir une économie largement basée sur le pétrole à une économie basée sur des énergies renouvelables sont énormes. De plus, la transition se fera seulement en plusieurs années d'efforts et d'investissements soutenus.

Dans tous les cas, même si son épuisement ne survenait que dans plusieurs siècles, le pétrole est une ressource trop importante compte tenu des matériaux et produits utiles que l'on en tire, et il serait injuste pour les générations futures que nous le gaspillons pour des plaisirs aussi frivoles que se parader en jeep.

Énergies de remplacement

Dans the party's over, Heinberg passe en revue les différentes sources d'énergie "de remplacement potentiel", pour conclure évidemment qu'il n'y a aucune solution magique. Les énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique, marées) peuvent être utilisées pour produire de l'électricité. Avoir un système de transport entièrement électrique prendra des décénies d'adaptations et de remplacement de flotte. (Par contre, selon le Venus Project, la quantité d'énergie géothermique pouvant être extraite de la terre avec une technologie appropriée est gargantuesque, mais je doute qu'on puisse la considérer comme une énergie renouvelable)
Le nucléaire serait relativement à son maximum de capacité: l'extraction, la manipulation, la transformation et le traitement des matériaux nécessitent des dépenses énergétiques (principalement sous forme de pétrole) considérables; les constructions de centrales prennent des décennies, et les coûts marginaux de production d'électricité nucléaire vont en accroissant avec la diminution de la disponibilité de l'uranium.
Le développement fusion à froid, si elle est possible, est "decades away". Les technologies d'énergie libre sont impossible selon la science officiel (voir la première loi de la thermodynamique). Cette même loi fait en sorte que l'hydrogène n'est pas considéré comme une source d'énergie mais comme un conteneur d'énergie (au même titre qu'une pile): produire de l'hydrogène à partir de l'eau requiert au moins autant d'énergie que celle obtenue par combustion de la même quantité d'hydrogène.

Peak oil

L'extraction du pétrole, que ce soit pour une région donnée, un puit unique ou la terre entière, suit le pattern suivant: une croissance des découvertes, une croissance de l'extraction, un plafonnement et un déclin des découvertes, suivi d'un plafonnement et un déclin de l'extraction. Par exemple, les States ont connu leur peak de découvertes dans les années 30 (je crois) puis leur plafonnement d'extraction dans les années 70. À ce jour, la plupart des nations productrices ont déjà connu leur plafonnement d'extraction (peak oil), ce qui signifie que concrètement seules une pognée de nations peuvent encore augmenter leur production annuelle, entre autres, le Canada, le Vénézuela, l'Arabie Saoudite. En additionnant les productions et prévisions pour chacune des nations, on arrive à une très forte probabilité que peak oil arrive d'ici 2020. En fait, quand on regarde les statistiques des 3 dernières années (2008 sont pas sorties encore) on constate que la production semble à peu près stagner à 85 Mbarils par jour depuis 2006. On serait donc en présence d'un début de plafonnement. Peut-être qu'on ne va pas connaître un sommet (ascencion-descente abrupte) mais un plateau qui s'étire dans le temps. Mais la capacité de productions doit être développée constamment pour répondre à la demande et pour compenser les déclins des gisements actuellement en production.

« We believe, and intend to argue strongly, that leaders and policy makers in both government and industry would be making a fateful mistake by adopting a complacent attitude toward the inevitable world peak of oil production. We see two main reason for this view: first, that there is strong evidence for concluding that the global peak may occur sooner rather than later; and second, that many years of hard, expensive work will be required to prepare for the peak. Therefore, even if late-peak forecasts prove correct, efforts aimed at mitigating the impacts must begin immediately.
(...)
The global oil industry has been able to replace depleted reserves on a yearly basis until now, mostly by re-estimating the size of existing fields. The Royal Swedish Academy of Sciences, in a recent publication, "Statements on Energy", describes the situation this way:
« In the last 10-15 years, 2/3 of the increases in reserves of conventional oil have been based on increased estimates of recovery from existing fields and only one third on discovery of new fields. (...) 50% of the present oil production comes from giant fields and very few such fields have been found in recent years. »

à suivre...

la bonne gouvernance conservatrice

Alors que les scientifiques, les économistes, l'ONU et la société civile du monde entier se tuent à répéter qu'il faut prendre le virage du développement durable, nos amis les Conservateurs du Canada innovent dans la bonne gestion saine et à long terme. « Le gouvernement Harper s'apprête à adopter un règlement qui empêchera la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) de s'appliquer à tous les projets de moins de 10 millions apparaissant dans son plan de relance de l'économie. » (LeDevoir.com) Rien de moins. Je trouve navrant que Harper, qui aurait supposément étudié en économie, considère qu'il est souhaitable d'ignorer les externalités et la préservation du capital naturel.

2009.01.07

La transparence du gouvernement

Accès à l'information
Une modernisation est réclamée

Vingt-cinq ans après son adoption, la Loi sur l'accès à l'information au Canada est devenue une honte, selon le commissaire à l'information Robert Marleau. Les délais de réponses augmentent sans cesse ainsi que le nombre de plaintes, selon celui qui est chargé de faire respecter la loi.

« Certainement, depuis 2006, la période de prolongation s'allonge quasiment tous les mois. [...] Ce qu'on a voulu, c'est contrôler l'information », soutient-il. Selon lui, le bureau du premier ministre demande à voir chacune des requêtes, ce qui alourdit le traitement.

On savait déjà que Harper veut contrôler totalement l'information qui entre et sort au gouvernement, ça vient le confirmer davantage. Voir les articles suivants si vous êtes pas encore convaincus:

Ottawa freine l'accès à l'information
Catherine Handfield, La Presse, 4 septembre 2008
Le Commissaire à l'information du Canada (CIC) conclut, dans un rapport publié le 19 août, que certaines demandes d'information auprès d'institutions fédérales sont assujetties à des «retards injustifiés dans leur traitement».

Ottawa ne veut qu'une seule voix
Hélène Buzzetti, Le Devoir, 1er mai 2008
Tous les documents destinés au public devront être approuvés par le bureau du premier ministre.

Accès à l'information: L'opposition fustige Harper
Radio-Canada et la Presse Canadienne, 5 mai 2008
L'opposition officielle à Ottawa a dénoncé lundi la décision des conservateurs de Stephen Harper de supprimer une base de données qui permettait aux Canadiens de scruter les affaires du gouvernement.

Stephen Harper, ou l'art de cultiver le secret
Alec Castonguay, Le Devoir, 12 juillet 2008
Le premier ministre menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement, dit un expert

Droit à l'information: L'accès à l'information gouvernementale semble régresser
Radio-Canada, 29 septembre 2006

Opinion: Liberté de presse et contrôle de l'information: il faut rejeter le modèle Harper!
Le Devoir, 05 janvier 2008

Accès interdit à Ottawa
Gilles Toupin, La Presse, 27 juillet 2008
Le prix d'une bouteille de vin offerte par un ministre à un homologue étranger n'a en fait que peu d'importance. Or, le gouvernement Harper a décidé d'en faire un secret d'État. Il a rejeté la demande de La Presse l'an dernier parce que la divulgation du prix de cette dive bouteille risquait de porter préjudice à la conduite des affaires internationales du pays.

Demande anodine refusée par les conservateurs
Gilles Toupin, La Presse, 23 octobre 2008
(Ottawa) Le Nouveau Parti démocratique s'est vu refuser par le Bureau du Conseil privé le mois dernier, en pleine campagne électorale, une demande anodine d'accès à l'information sur les notes transmises au premier ministre Stephen Harper par ses fonctionnaires sur le déroulement de la campagne présidentielle américaine.

Pourquoi le prix du pétrole est aussi bas?

Le sommet d'à peu près 150$ le baril cet été n'était pas surprenant, étant donné la rareté croissante de la ressource. La production semble stagner à 85 millions de barils par jour depuis quelques années, on serait donc en début d'un peak pétrolier doux. En principe, on pourrait donc s'attendre à ce que le prix du pétrole augmente à peu près constamment, la rareté impliquant des coûts marginaux croissants.

Plusieurs personnes autour de moi se demandent pourquoi le prix du pétrole est aussi bas. Je crois que la réponse rapide, c'est que la récession entraîne une baisse de la demande qui fait chuter le prix. Pourtant, la demande du pétrole est relativement inélastique, étant donné son omniprésence dans chaque secteur économique (l'élasticité est la sensibilité à la variation de prix). La chute du prix me semble donc disproportionnée (de 150 à 40$ le baril!).

Un article sur the Oil Drum, Why are oil (and gasoline) prices so low? suggère des hypothèses. Je vous en fait un résumé:

1. Dans la chaîne d'approvisionnement, les vendeurs, devenus plus insécures, refusent de vendre à des acheteurs qui ont un mauvais crédit, ce qui enlève des agents (et de la demande) du système. Les transporteurs ayant également moins de crédit disponible, plusieurs tombent dans le rouge, entraînant une sous capacité de transport.

2. Les Hedge funds (fonds de couverture de risque) se retirent du pétrole depuis le début de la chute des prix

3. Les prix élevés ont multipliés les vendeurs sur le "marché des futurs"

4. La hausse de la valeur du $US (le pétrole étant importé de monnaies à plus faibles valeurs)

5. Trend Trading or Systematic Trading

Many investors use computerized programs that attempt to analyze an investment's momentum, either up or down. These programs are designed to buy more of an investment, when the price of the investment seems to be heading upward, and to sell the investment short, when it is heading downward. If a large number of hedge funds, pension funds, and other investors have computer models that do the same thing, the simultaneous buy and sell orders will tend to reinforce the upward or downward trend in prices. These programs may have contributed to the unusually high oil prices seen earlier this year, and the big drop in the past month.

6. Chute de la demande asiatique

7. La petite taille du marché du pétrole par rapport aux autres produits. Étant donné qu'il y a peu d'investisseurs dans le secteur du pétrole, le désangagement d'un petit nombre affecte beaucoup le prix du marché.

8. La volatilité est élevée quand l'offre est serrée. Puisque nous sommes en situation de peak pétrolier, les courbes de demande et (surtout) d'offre sont presque verticales, donc une faible variation de demande ou de l'offre entraîne une grande variation de prix.

Y'a un excellent article à lire aujourd'hui sur CBC: Oil outlook - OPEC's future blowin' in the wind

 

À propos, je suis tombé sur ce site web fortement intéressant au cours de mes recherches: Earth: a graphic look at the state of the world. Une analyse approfondie de la situation planétaire actuelle: condition humaine, des ressources, richesse, développement, énergie...

17:16 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, pétrole | |  Facebook

Deux petites lettres qui font du bien

Deux lettres rafraîchissantes dans le Devoir d'aujourd'hui:

Pour des politiques qui protègent l'environnement, Karel Mayrand
Plutôt mal écrite, mais pertinente. Elle insiste sur la nécessité d'investir dans une économie durable plutôt que de ne rien faire.

L'économie au service des humains, Yves Chartrand
Un texte bref, clair, bien dit...

2009.01.05

À voir...

Film intéressant à écouter avec attention: Zeitgeist - Addendum.

23:51 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2009.01.03

Le scepticisme climatique

J'entend souvent parler des "sceptiques du climat", ces scientifiques qui s'opposent à la théorie selon laquelle les changements climatiques rapides que nous vivons sont dûs principalement aux activités industrielles, brandie par le GIEC. Le plus gros coup d'éclat récent de ces sceptiques est le rapport du comité sénatorial américain selon lequel 650 scientifiques s'opposent à la théorie de l'origine anthropique des changements climatiques.

Intéressé à connaître la vérité, j'ai porté une attention particulière à ces "sceptiques". D'abord, j'ai tenté de trouver quels étaient leurs arguments et quels sont leurs motifs pour s'opposer si farouchement à des organisation scientifiques majeures. Au niveau des arguments, ça se résume pas mal à « la science climatique est inexacte » et « le climat change naturellement de toute façon ». J'ai été déçu, j'aurais bien aimé que les négationnistes aient raison. Les motifs mis de l'avant (pour s'opposer au GIEC) sont principalement « la recherche de vérité » et « ça coûterait trop cher de réduire notre output de GES ». En regardant plus en détails, les scientifiques derrière ces affirmations ne sont pas tous climatologues ni météorologues, beaucoup sont ingénieurs ou ont quelconque formation scientifique non reliée au climat, j'ai donc fortement l'impression qu'ils gonflent leur nombre en recrutant des scientifiques dont l'expertise a peu de poids dans le débat. Et après avoir fouillé pas mal les sources sur le sujet, je trouve que les négationnistes sont plus marginals qu'il le laissent paraître. La page de wikipédia à ce sujet est assez informative.

J'aimerais bien croire que les "sceptiques" sont plus animés par une recherche de vérité qu'autre chose, mais plus je lis leurs articles et documents et moins je le crois. Une des organisation les plus imposantes est l'International Climate Science Coalition, évidemment fondée pour s'opposer au GIEC. En jetant un coup d'oeil sur leur site web, on constate que le contenu est plutôt une réthorique démagogique plutôt qu'un langage scientifique objectif (auquel je m'attendrais de la part d'une organisation scientifique sérieuse). On se croirait sur le site d'un parti politique en campagne. Ensuite, la montée des sceptiques a curieusement coïncidé avec des investissement massifs dans la campagne négationniste. Beaucoup d'instituts économiques conservateurs, d'associations d'industriels, et de think-thanks d'entreprises financent abondamment les scientifiques dissidents. On peut trouver une documentation abondante à ce sujet, le seul bookmark que j'ai gardé lors de mes recherches est celui de SourceWatch. J'ai bien trouvé quelques vrais climatologues sceptiques qui ne semblaient pas biaisés, mais ils sont très peu nombreux, surtout comparés au nombre écrasant de climatologues en accord avec la théorie "officielle".

Généralement, les opinions dissidentes semblent fortement correlées à la peur de l'action. Les négationnistes mènent me semblent carrément mener une campagne de peur pour mettre l'opinion publique à dos des mesures prises pour stabiliser le climat. Il est déjà assz difficile de faire adopter par les politiciens des mesures modestes (comme Kyoto) AVEC l'appui de l'opnion public, si il faut que l'opinion publique soit contre, il n'y a plus aucun espoir.

On entend souvent que des mesures cherchant à diminuer nos émissions de GES "endommageraient l'économie". L'économie serait-elle une entité réelle et dommageable? Curieusement, ça ne correspond pas du tout à la conception de l'économie qu'on nous enseigne dans des cours d'économique à l'université. En effet, selon mon prof d'économie, l'économique serait plutôt la recherche de la façon optimale de répondre à nos besoins infinis avec nos ressources limitées. C'est drôle de voir que, alors que l'économique admet l'existence de limites de ressources, beaucoup n'hésitent pas à mettre de l'avant un nébuleux concept de dommage à l'économie pour nous convaincre d'ignorer des contraintes pour limiter le dégat à l'environnement (notre habitat et l'ensemble de nos ressources) que nous recommendent fortement les scientifiques.

Je trouvais curieux le fait que les négationnistes s'attaquent continuellement au GIEC et autres, mais que les partisans de la théorie de l'origine anthropique ne font jamais référence à leurs détracteurs. J'ai donc cherché un peu pour trouver des documents qui font référence aux deux clans. J'ai trouvé plusieurs articles fortement intéressants.

The Scientific Consensus on Climate Change, Naomi Oreskes

L'auteur fait une analyse exhaustive du consensus et de la dissidence au sein de la communauté scientifique.

The 928 papers were divided into six categories: explicit endorsement of the consensus position, evaluation of impacts, mitigation proposals, methods, paleoclimate analysis, and rejection of the consensus position. Of all the papers, 75% fell into the first three categories, either explicitly or implicitly accepting the consensus view; 25% dealt with methods or paleoclimate, taking no position on current anthropogenic climate change. Remarkably, none of the papers disagreed with the consensus position.

Climate science: Sceptical about bias, Richard Black

Some claim science itself is weighted against sceptical views. Of all the accusations made by the vociferous community of climate sceptics, surely the most damaging is that science itself is biased against them.

We're All Global Warmers Now, Ronald Bailey
Reconciling temperature trends that are all over the place

Anyone still holding onto the idea that there is no global warming ought to hang it up. All data sets—satellite, surface, and balloon—have been pointing to rising global temperatures. In fact, they all have had upward pointing arrows for nearly a decade, but now all of the data sets are in closer agreement due to some adjustments being published in three new articles in Science today.

Et finalement, mes trois meilleures trouvailles:

RealClimate.org

RealClimate is a commentary site on climate science by working climate scientists for the interested public and journalists. We aim to provide a quick response to developing stories and provide the context sometimes missing in mainstream commentary. The discussion here is restricted to scientific topics and will not get involved in any political or economic implications of the science.

Skeptical Science: Examining the science behind global warming skepticism

Scientific skepticism is a healthy thing. Scientists should always challenge themselves to expand their knowledge, improve their understanding and refine their theories. Yet this isn't what happens in global warming skepticism. Skeptics vigorously criticise any evidence that supports anthropogenic global warming and yet eagerly, even blindly embrace any argument, op-ed piece, blog or study that refutes global warming.

So this website gets skeptical about global warming skepticism. Do their arguments have any scientific basis? What does the peer reviewed scientific literature say?

Winning and Losing the Global Warming Debate Roger A. Pielke, Jr. et Daniel Sarewitz

Je suis pas d'accord à 100% avec tout cet article, mais il emmène un point extrêmement pertinent: que les changements climatiques soient d'origine humaine ou non, nous savons qu'ils arrivent. Le débat entre les deux clans attirent toute l'attention sur "devons nous ou non prendre des mesures pour lutter contre ces changements", et très peu d'attention est portée sur comment on s'adapte aux changements climatiques.climate.2008.142-i1.jpg

From the standpoint of the impacts of climate on humans and the environment, we are all losers. The global-warming debate has missed one of the most important aspects of the problem: Climate changes. In fact, the phrase "climate change" is redundant. A changing climate is an unchanging attribute of a dynamic Earth. Human-caused or not, these changes are likely to have impacts on society and the environment. Natural disasters, human health, biodiversity, endangered species, water resources, international trade, financial services, transportation networks, agriculture — virtually any area of human experience is in some way affected by climate. These impacts are occurring today, and they hold the prospect of increasing in the future. And for the most part, we are doing too little in response.

We are all losers because the global warming debate has focused almost exclusively on preventing climate change. And it has addressed greenhouse-gas emissions as the sole cause. But climate is only part of the cause of impacts, and greenhouse gases are only one potential cause of changes in climate.

(...)

Some say that a focus on adaptation might result in "every country for itself." It need not. The U.N. Framework Convention provides a mechanism through which the world's climate "winners" can help boost the resilience of the climate "losers." When climate does change, the distribution of winners and losers might also change, but shared assistance would persist.

These steps defy conventional wisdom. They are unlikely to be popular, given that the status quo sustains Cassandras and Dorothies alike. Unfortunately, in spite of the high moral rhetoric from both sides, the debate itself stands in the way of further progress. We need a third way to confront climate change, even if it means moving beyond now-comfortable positions held fast for many years.

Climate changes. Let's deal with it.

J'ai récemment eu une conversation avec un collègue étudiant. Je lui ai exposé les arguments négationnistes, et il a tout de suite répondu: « Mais qu'est-ce que ça fout même si c'était pas vrai? Ça a pas plus d'allure de gaspiller notre énergie à toute attendre dans le traffic tout seul dans notre char! »

Je trouve que ça a une ceraine sagesse assez lucide. En effet, même si c'était pas vrai que la société industrielle déstabilise le climat planétaire, même si c'était pas vrai que la pollution nous rend malade, ça n'a pas de sens de gaspiller nos ressources énergétiques dans un système de transport innefficace et pour obtenir du luxe superflu, de consacrer la moitié de la superficie des villes à faire circuler et parker les chars, de chauffer nos maisons à 25°C l'hiver et les refroidir à 20° l'été, et de crisser aux vidanges des tonnes de plastique chaque année juste pour transporter nos denrées. On a un sérieux problème de durabilité dans notre système. Il y a pas assez de ressources sur la planète pour que sa population vive avec la moitié du "niveau de vie" (de consommation) que nous avons.

En quelque part, le développement durable, ce n'est plus une question de nature, c'est une question de santé publique, de justice et de niveau de vie à long terme.

Le délire de la crise

Une analogie intéressante dans Le Devoir de philo d'aujourd'hui:

Imaginons une société où l'argent n'existe pas. On pourrait de toute évidence y construire des maisons. Il va aussi de soi que l'on fabriquerait ces maisons pour en profiter, pas pour les laisser à l'abandon. Pourtant aux États-Unis, actuellement, des milliers, voire des millions de personnes sont forcées de quitter leur résidence. Ces habitations sont disponibles, mais personne ne peut en bénéficier. Une telle absurdité devrait nous atterrer. C'est compter sans la magie du fétichisme. Quelles sont en effet nos réactions? Nous déplorons bien sûr que des gens perdent leur maison, mais comme nous ne voyons rien d'anormal dans le fait de ne pas «avoir les moyens» de profiter de ce que l'on a produit, nous considérons que c'est ce qui doit arriver lorsqu'on n'a pas l'argent pour payer, et nous en tirons la leçon qu'il est bien imprudent de vivre au-dessus de ses moyens. Pour ce qui est des banquiers, nous leur servons une morale similaire: on ne prête pas l'argent que l'on n'a pas à des gens qui ne pourront rembourser. Nous délirons ferme en toute inconscience. Nous considérons les maisons, l'argent et l'ensemble des marchandises comme des objets qui circulent sur une scène autonome et souveraine, le marché, de la même manière que les êtres divins peuplent le ciel, et nous nous disons qu'il faut faire preuve de prudence lorsque nous entrons en contact avec eux parce que des gestes trop inconsidérés sont susceptibles de déclencher de violentes tempêtes dont nous pourrions tous être victimes. Les actions impies provoquent la colère des dieux et il en va de même de nos comportements à l'égard du marché... Nous sommes plongés dans un univers de choses que nous enveloppons d'un nuage religieux; nous n'arrivons pas à voir ces choses comme les produits de notre travail collectif, donc comme un monde qu'il nous revient de gérer le plus rationnellement possible, et nous acceptons benoîtement qu'elles nous donnent du martinet.

http://www.ledevoir.com/2009/01/03/225535.html