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2009.02.08

La conservation génétique

La biodiversité est capitale, non seulement pour le l'écosystème global mais également pour l'agroécosystème. La diversité génétique des animaux d'élevage est une de ces ressource dont nous ne soupçonnons pas la fragilité.

La mondialisation des échanges a entraîné une certaine uniformisation des pratiques d’élevage et de la demande qui a résulté en la disparition, ou en la réduction dramatique, de la variabilité qui existait chez les espèces d’élevage. Les animaux sont sélectionnés pour certains caractères de production précis et d’ordre économique (ex. potentiel laitier) au détriment de caractères d’importance pour une agriculture durable (ex. rusticité). Plusieurs races sont même disparues ou sont en voie d’extinction, et la consanguinité s’est accrue pour plusieurs des races qui ont été maintenues.

(Jean F. Bernier, 2009, Principes fondamentaux en sciences animales)

Les éleveurs ont adopté des technologies modernes en matière de génétique et de traitement de données dans le but d’atteindre le progrès désiré en ce qui concerne les caractères commerciaux. Ces programmes sont coûteux et ont ainsi mené à des fusions d’entreprises. Cela est particulièrement évident dans l’industrie de la volaille. Il y a maintenant trois compagnies qui détiennent plus de 90 % du marché de la génétique chez les animaux reproducteurs de type ponte, dans le monde entier. Chez les poulets d’abattage, deux compagnies contrôlent une grande part du marché alors qu’une troisième lutte pour survivre. En ce qui concerne les dindes, parmi les trois entreprises qui se partagent un petit marché, une d’entre elle en détient 50 %.

Dans le même ordre d’idées, plus de 90 % de nos bovins laitiers au Canada sont de race Holstein. Hanoverhill Starbuck est un géniteur très populaire qui a passé toute sa vie au Centre d’insémination artificielle du Québec. Il a engendré plus de 200 000 filles au Canada et à l’étranger. De plus, jusqu’à maintenant, plus de 200 fils et de 400 petits-fils ont reçu une évaluation génétique officielle sur descendance et déjà, son meilleur fils et son meilleur petit-fils ont engendré chacun plus de filles que Starbuck lui-même. En conséquence, moins de 25 ans après sa naissance, Starbuck est représenté au moins une fois, et souvent plus, dans la généalogie de plus de 80 % des veaux Holstein qui naissent présentement au Canada. Son impact à l’étranger est aussi très important. Non seulement perdons-nous des races, mais nous perdons également de la diversité génétique au sein du petit nombre de races survivantes.

Si les prédictions actuelles en matière de changements climatiques sont exactes, il se pourrait qu’une modification de la génétique des animaux de ferme soit nécessaire pour pouvoir s’y adapter. La récupération de la génétique à la suite d’une épidémie catastrophique est un autre exemple de la nécessité de conserver les lignées et les races contemporaines.

LA SOLUTION
Il y a trois étapes importantes dans le processus de conservation. La première est l’identification des ressources existantes, la deuxième est leur évaluation dans le contexte des priorités en matière de conservation alors que la troisième étape est la conservation des espèces appropriées.

  • (...)Des programmes nationaux de conservation du matériel génétique animal en vue de préserver leurs propres ressources animales.
  • (...)un cadre supérieur, avec l’expérience et l’autorité appropriées, devrait être nommé à un niveau d’autorité.
  • La création d’un Centre canadien pour la conservation du matériel génétique animal est un besoin urgent qui permettra de mettre un frein à la perte des ressources génétiques des animaux de ferme au Canada. La préservation des animaux reproducteurs, des races et des lignées présentement considérées comme menacées et le développement de ressources dans l’avenir seront les domaines prioritaires d’un tel centre.
  • De plus, un allégement fiscal pour les éleveurs qui contribueront à la conservation devrait être adopté.

Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme

« Agriculture et Agroalimentaire Canada a mis sur pied, en 2006-2007, un centre de conservation des ressources animales, pour la production, à Saskatoon. Le Canada se joint ainsi à quelques autres pays, notamment les États-Unis, la France et le Brésil, qui ont décidé
d’investir dans l’avenir en conservant mieux les ressources génétiques. » (Jean F. Bernier, 2009)

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