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2009.02.10

Les changements climatiques engendrent le chaos en Australie

Le climat de l'Australie dérape par Louis-Gilles Francoeur, le Devoir, 10 février 2009

La sécheresse endémique rend les feux incontrôlables

Les incendies qui ravagent le sud de l'Australie masquent une sécheresse de plus de dix ans, que ce pays, de plus en plus assoiffé et qui refusait jusqu'à l'an dernier de se lier au protocole de Kyoto, attribue désormais ouvertement au réchauffement du climat.

Les feux qui dévorent l'Australie avaient tué hier 173 personnes. Ces incendies sont désormais considérés comme les plus meurtriers de l'histoire de ce pays. (...)

Les milliers de bénévoles, professionnels et militaires combattent nuit et jour jusqu'à l'épuisement ces feux au parcours imprévisible, qui se moquent des coupe-feu et rasent hameaux et villages. Hier, de nouvelles victimes ont été découvertes au nord-est de Melbourne, deuxième ville d'Australie et capitale de la province de Victoria. Dans sa banlieue, plus de 750 maisons ont été rasées jusqu'ici et plusieurs citoyens, brûlés vifs par des feux. (...)

Jusqu'ici, ces incendies ont rasé plus de 3000 km2 dans le sud de l'Australie en raison des effets combinés d'une sécheresse endémique, du vent et de la pire canicule enregistrée depuis un siècle en cette fin d'été australe, laquelle est généralement considérée comme le début de la «saison des incendies».

La canicule en cours multiplie en réalité la virulence des incendies parce qu'elle assèche la végétation à des niveaux inconnus jusqu'ici. À Melbourne, en fin de semaine, le thermomètre a grimpé à 46,7 °C.

À Melbourne, la semaine dernière, des rails de chemin de fer se dilataient au point de se tordre et d'interrompre le trafic ferroviaire. La demande en électricité, multipliée par les climatiseurs, faisait flancher un poste de distribution, privant un demi-million de personnes d'électricité, bloquant des gens dans les ascenseurs surchauffés et provoquant d'importants embouteillages faute de feux de circulation. À Melbourne, les parcs couverts de gazon brun, sont en train de perdre leurs 60 000 arbres, dont les feuilles tombent au sol en plein été. À Adélaïde, on a déploré une vingtaine de décès à cause de la chaleur. Les gens ont commencé à mettre leurs vêtements au réfrigérateur et se mettent au lit avec des bouteilles d'eau congelée.

Pour la ministre du Changement climatique et de l'Eau, Penny Wong, «tout cela est conforme avec les scénarios de changements climatiques et avec ce que les experts nous ont prédit».

Ce pays a la réputation d'être un des plus secs de la planète. Selon une étude récente d'un organisme industriel de ce pays, il serait «l'un des plus fragiles» et pourrait devenir la première victime majeure des changements climatiques.

Le désert de Simpson, situé au centre de l'Australie, est un des plus chauds de la planète avec des pointes estivales de 58 °C.
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Mais pendant que les régions du sud flambent comme des fétus de paille, celles du nord sont victimes d'inondations. En plus de noyer une dizaine de villes, ces eaux gonflées posent des risques inusités aux personnes isolées, désormais aux prises avec des alligators et des serpents.
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En mai 2005, on interdisait déjà dans le Queensland l'arrosage des gazons, le lavage des autos et le remplissage des piscines. En 2007, à cause des canicules, le Queensland demandait à sa population de réduire de 300 à 140 litres d'eau par jour sa consommation moyenne avec des moyens très simples: limiter les douches à quatre minutes, fermer les robinets en se brossant les dents, ne pas tirer la chasse d'eau inutilement, etc. En deux semaines, la consommation moyenne est passée de 300 à 120 litres par jour et se maintient depuis à 140 litres.

Voyez, on a qu'à attendre l'apocalypse avant de faire des efforts. Pourquoi assumer les coûts inutiles de la prévention?

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