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2009.03.02

Des bourses exclusives aux étudiants en affaires

Le fédéral annoncait dernièrement que le financement des bourses d'études en sciences humaines (pour le deuxième cycle) allait devenir exclusif aux recherches liées au monde des affaires. Plutôt que de laisser les bourses aller aux meilleurs candidats et aux besoins en recherche, elles vont maintenant aux étudiants en business.

Or, la députée Niki Ashton (Thompson, NPD) a parti une pétition pour demander à ce que la clause exigeant que toutes les nouvelles bourses en sciences humaines soient exclusives aux étudiants en affaires soit enlevée.

On peut la signer en ligne à l'adresse suivante:

http://nikiashton.ndp.ca/sshrc


Pour plus d'info:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/educat...

http://www.ledevoir.com/2009/02/17/234302.html

Des bourses d'études supérieures branchées sur le monde des affaires
Alexandre Shields
Le Devoir, Édition du mardi 17 février 2009
Les conservateurs sont critiqués pour cibler les diplômes liés à l'entreprise

Miser à fond sur les étudiants qui optent pour des diplômes «liés aux affaires». C'est ce que les conservateurs ont décidé de faire dans leur dernier budget en leur réservant tous les fonds supplémentaires qui seront distribués sous forme de bourses d'études supérieures par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

(...)

Des propos qui font bondir le titulaire de la Chaire de recherche en études cinématographiques de l'Université Concordia, Martin Lefebvre, qui a entrepris de mobiliser d'autres universitaires afin de contester la décision des conservateurs. «Il s'agit d'une intervention de l'État dans la recherche digne du plus pur stalinisme, affirme-t-il. Dans une société qui traverse une crise des valeurs qui est loin de n'être que financière, qui peut sérieusement envisager que c'est le monde des affaires -- en passant, celui-là même qui est responsable de la débâcle financière du moment! -- qui sera le mieux en mesure de penser l'avenir, et ce, au détriment de l'ensemble de toutes les autres sciences humaines?»

(...)

«Cet argent aurait dû être donné aux organismes subventionnaires qui l'auraient accordé en fonction des besoins, sans égard aux intérêts partisans du gouvernement, ajoutait la chef de la formation, Elizabeth May. Le gouvernement n'est pas là pour dicter ses priorités à nos conseils de recherche.»

Le phénomène n'est toutefois pas nouveau, explique M. Gagné, puisqu'il s'inscrit dans une volonté de plus en plus affirmée de «brancher l'université sur le marché du travail», ce qui facilite «le développement de partenariats avec l'entreprise privée», notamment pour la recherche. Or, cette tendance lourde risque fort de «déformer la recherche universitaire». «On se prive d'un regard désintéressé, estime le sociologue. Mais quand on dit ça, on a l'air niaiseux, parce que tout le monde est convaincu que la véritable connaissance, c'est celle qui permet de faire marcher la société à très court terme.»

En même temps, déplore-t-il, on évacue progressivement les «humanités» de la sphère de la recherche, dont l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, l'histoire, la philosophie et les études littéraires.

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