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2009.03.24

L'abondance de l'eau...

Entretien de Francois Cardinal avec Christian Simard et Marc Hudon de Nature Québec au sujet de l'eau

Texte intégral sur cyberpresse

Christian Simard: Les Québécois gèrent ce qui est, selon plusieurs, le plus grand bassin d'eau douce au monde. Ils ont donc la responsabilité de s'intéresser à l'eau en tant que gestionnaires de ce patrimoine mondial.

Q: Quel est le principal obstacle à une gestion responsable de l'eau?

R: MH: Le mythe de l'abondance. Chaque fois qu'on ouvre le robinet, l'eau coule. On a l'impression qu'il n'en manquera jamais. Or, il faut s'attendre à ce que la répartition de l'eau devienne de plus en plus problématique dans le secteur du fleuve et des Grands Lacs.

Q: Que voulez-vous dire?

R: MH: Les instances politiques auront un jour des choix à faire concernant la répartition de l'eau. Entre le Québec et l'Ontario. Entre le Québec et les États-Unis. Il importe donc de faire nos devoirs tout de suite, de conserver la ressource le plus possible pour ne pas avoir une image de gaspilleurs. Et cela, afin de pouvoir justifier nos besoins en période de crise.

R: CS: Il est clair, dans l'entente sur le fleuve et les Grands Lacs intervenue entre le Québec, l'Ontario et les huit États américains, que chacun devra respecter des objectifs précis de conservation de l'eau. Si on ne les atteint pas, on risque de ne pas avoir voix au chapitre dans l'ensemble de la gestion du bassin.

Q: Tout cela ressemble à un mauvais film hollywoodien... Sommes-nous vraiment rendus là?

R: CS: Il faut se rappeler que Montréal a passé à un cheveu de manquer d'eau lors de certaines périodes de canicule, en 1999 et en 2003 si je ne m'abuse. La prise d'eau n'étant pas assez inondée, il y a eu des vibrations extrêmes, et le tout a presque flanché. On a frôlé la catastrophe.

R: MH: Avec le réchauffement du climat, plusieurs villes commencent déjà à manquer d'eau. On le voit en Ontario, où des villes comme London et Windsor ont eu des pénuries d'eau lors de périodes de canicule.

Q: Que penser de l'implication du fédéral dans le dossier de l'eau?

R: CS: Rappelons-nous que le 22 mars 2007, Journée de l'eau, le gouvernement conservateur a annoncé en grande pompe une stratégie nationale de l'eau... qui n'a jamais vu le jour. Pire encore, depuis l'annonce, le gouvernement a abandonné ses compétences sur les eaux navigables. Il a affaibli le processus d'évaluation environnementale. Il a éliminé le financement de la recherche sur les changements climatiques, ce qui touche directement la gestion de l'eau. Il y a donc contradiction flagrante entre la volonté exprimée et la pratique.

Q: Que devrait faire Ottawa pour renverser la tendance?

R: MH: On a besoin de décisions basées sur la science plutôt que sur l'idéologie. On a besoin d'un plus grand financement, d'un engagement officiel à ne pas exporter d'eau, bref d'une politique nationale de l'eau. Cela aiderait les communautés autochtones, permettrait de moderniser les infrastructures et de réduire les avis d'ébullition de l'eau, qui se comptent par centaines chaque année.

 

Commentaires

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Écrit par : cote match france | 2014.06.14

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