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2009.10.21

L'industrie des sables bitumineux réclame que les autres secteurs réduisent les émissions à leur place

http://www.ledevoir.com/2009/10/19/272352.html

LOUIS-GILLES FRANCOEUR

Édition du lundi 19 octobre 2009

«L'industrie des sables bitumineux semble convaincue qu'elle a une sorte de droit divin non seulement à faire payer à nos enfants son irresponsabilité actuelle, mais aussi à augmenter le fardeau de réduction des gaz à effet de serre (GES) des autres secteurs de l'économie canadienne.»
C'est en ces termes qu'a réagi hier Rick Smith, le directeur du groupe Environmental Defence, à la suite des propos de Marcel Coutu, le directeur général du Canadian Oil Sands Trust. Ce fonds possède 36 % des actions de Syncrude Oil, un des principaux acteurs du dossier des sables bitumineux. 

En fin de semaine, le Globe & Mail rapportait que M. Coutu a publiquement reconnu que les autres secteurs de l'économie canadienne devront faire plus que leur part dans la réduction des émissions du Canada afin que les pétrolières albertaines puissent augmenter significativement leur production et leurs émissions.

La sortie de Marcel Coutu semble faire partie d'une opération de préparation de l'opinion publique à une éventuelle annonce par le gouvernement fédéral que les normes applicables aux exploitants des sables bitumineux pourraient se limiter à des «normes en intensité». Ce type de norme exige que le producteur émette de moins en moins de GES par baril produit, mais on le laisse libre d'augmenter sa production et globalement, ses émissions de gaz à effet de serre. Les autres secteurs de l'économie canadienne pourraient par contre se retrouver avec des réductions en chiffres absolues, et d'autant plus importantes que l'Ouest veut augmenter les siennes alors que celles du pays doivent diminuer modestement jusqu'en 2020. 

Le plan fédéral de réduction des émissions canadiennes se limite, en effet, à les réduire de 3 % par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020, alors que les experts estiment qu'il faudrait les réduire de 25 à 40 % d'ici là pour arriver à contrôler le climat. 

Mais, même avec un plan aussi modeste, l'industrie albertaine des sables bitumineux estime qu'il faut lui donner du lest, quitte à refiler un plus lourd fardeau à des provinces comme le Québec et l'Ontario, qui ont déjà amorcé le travail. Les émissions de l'Alberta sont par contre en hausse constante, et elles représentent près du tiers de toutes les émissions au pays. Si aucun frein ne lui est imposé, l'Alberta pourrait tripler sa production d'ici 20 ans.
voir aussi l'article original du Globe and Mail
Robert Lortie dans réactions: "... on a affaire à un cas patent de pensée magique doublé d'égoïsme crasse."

14:30 Publié dans Climat | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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