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2010.02.25

Alerte à la déforestation de Québec

Alerte à la déforestation de Québec

La Ville de Québec entend éliminer plus de 200 hectares de forêt*, soit environ 200 000 000 pi. ca. ou l'équivalent de 400 terrains de football, avec le projet de règlement R.A.V.Q. 492.

* Vous pouvez visualiser les forêts qui seront coupées par cette image
:
http://reseauforum.org/tmp/2010-RAVQ492-carte.jpg
[ carte googlemap affichant les cinq zones qui seront coupées.]

Les secteurs en question sont les suivants :

1) Val Bélair - 37 hectares dont un secteur situé sur le bassin versant de la prise d'eau de Québec. Au nord de l'intersection de la route de l'Aéroport et de l'avenue de la Montagne Est, au sud-ouest de la rue d'Édimbourg et au sud de la rue de l'Esplanade;

2) Des Châtels - 3 hectares : au nord de l'intersection de la rue du Javelot et de la rue Julienne et au sud de l'avenue Industrielle;

3) St-Émile - 25 hectares dont un secteur situé sur le bassin versant de la prise d'eau de Québec et un espace vert également considéré milieu naturel d'intérêt par la Ville. À l'est du boulevard de la Colline et à l'ouest de la rue Longchamps;

4) St-Émile - 33 hectares : à l'ouest de la 175 dont un secteur considéré comme milieu naturel d'intérêt par la Ville. Au nord-ouest de la rue de la Faune et au nord-est de la rue de Vénus;

5) Beauport - 119 hectares au nord de cet arrondissement. À l'est de la rue Sorbier, à l'ouest de la rue des Bolets et au nord des rues Philippe-Angers et du Villonet.



Ces forêts urbaines nous concernent !

Est-ce vraiment dans nos intérêts ou votre intérêt que ces forêts dans la ville de Québec soient coupées ?

Le collectif citoyen La ville que nous voulons, appuyé par bon nombre de comités et de regroupements, considère que ce règlement va à l’encontre du bien-être collectif des citoyen-ne-s de la Ville de Québec :
1- Son adoption est essentiellement basée sur une étude déficiente concernant les besoins en habitation de futurs résidents de la ville.[1]

2- Des solutions plus économiques et écologiques que la déforestation et l’étalement urbain existent pour répondre aux besoins en habitation. Elles passent par la densification intelligente à l’intérieur du large périmètre d’urbanisation actuel.[2]

3- Les boisés urbains offrent des bienfaits essentiels et gratuits aux citoyen-ne-s, tels que la production d’oxygène et la filtration de l’air, à raison de 100kg de polluants par hectare annuellement.[3]
http://www.villequenousvoulons.org


Si, comme nous, vous voulez que la Ville de Québec applique une densification/urbanisation intelligente au lieu de couper les forêts restantes de la ville, nous vous invitons à restez à l'affut et à agir.

En 2009, à la suite de pressions citoyennes, la Ville a reculé concernant le règlement sur le déneigement des trottoirs. Il est donc possible d’obtenir un résultat semblable à l’égard du règlement R.A.V.Q. 492.

URGENT !
AGISSEZ pour signifier votre désaccord :

- parlez-en à vos connaissances ou envoyez-leur ce courriel ;

- partagez ces informations sur vos profils ;

- parlez-en sur les tribunes publiques (lettres aux lecteurs, lignes ouvertes…) ;

- contactez votre échevin :
http://www.ville.quebec.qc.ca/nous_joindre/elus.aspx


Si vous souhaitez vous exprimer sur la densification intelligente :
http://www.quebecurbain.qc.ca/2010/02/08/la-densification...


Pour plus d'information, nous faire part de votre geste ou joindre un comité local de sauvegarde des boisés: vivelesboises[arobas]yahoo.ca

Nous vous remercions pour votre implication !

--

** Articles ou documents d’intérêt :

24 décembre : L'Avis public de la Ville dans le journal Le Soleil
http://www.reseauforum.org/grille-calendrier/doc/2010-01-...
- La consultation fut reportée à une date inconnue - À suivre.

11 janvier : Mobilisation autour du boisé de Saint-Émile (Le Soleil)
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/environnem...

14 janvier : Consultation reportée sur le boisé de Saint-Émile (Le Soleil)
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/la-capital...

19 janvier : Boisé St-Émile: Labeaume reste intraitable (Le Soleil)
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/la-capital...

19 janvier : Boisé St-Émile: exemple de développement improvisé par l'administration Labeaume (Défi Vert)
http://www.defivert.org/quebec/boise-st-emile-exemple-de-...

21 janvier : L'exemple à ne pas suivre (chronique de François Bourque dans Le Soleil)
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs...

[1] 26 janvier : Protection des boisés et habitation à prix abordable: dossiers liés (lettre de Serge Roy, membre du collectif La Ville que nous voulons)
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vu...

5 février : Réaction à l’article « La pénurie de terrains coûte cher »
par Johanne Elsener, Présidente du Comité des arbres de Sainte-Foy/Sillery.

http://www.cmaq.net/fr/node/39023

[2] définition de La densification intelligente, produit par une citoyenne défendant les boisés urbains.
http://www.villequenousvoulons.org/def.html

[3] Quelques rôles économiques et écologiques des milieux naturels,
produit par une citoyenne défendant les boisés urbains.
http://www.villequenousvoulons.org/def.html

2010.02.22

Modulation des frais de scolarité

François Blais - Professeur au département de science politique de l'Université Laval 22 février 2010 (Le Devoir)


Les universités québécoises traversent en ce moment une période difficile sur le plan budgétaire, et de multiples propositions se font entendre pour leur venir en aide. Une d'entre elles, défendue entre autres par le président du Conseil du patronat, des économistes en vue et certains dirigeants d'universités, est de leur permettre de moduler leurs droits de scolarité pour augmenter leurs revenus.

Cette modulation, théoriquement, pourrait se faire sur la base de différents critères (durée des études, revenu personnel ou revenu des parents, résultats scolaires, etc.). Ce que l'on défend davantage pour le moment est une modulation qui tiendrait compte soit des coûts réels de la formation (la contribution de l'étudiant devrait être proportionnelle à ce que son programme coûte), soit du revenu sur le marché du travail une fois la formation achevée (revenu prévu). Ces deux idées peuvent bien être séduisantes, elles reposent toutefois soit sur une simplification de la réalité, soit sur l'incapacité de plus en plus courante de comprendre l'enjeu d'un système d'éducation universitaire accessible.

L'argument de l'accessibilité aux études postsecondaires est probablement le plus simple à expliquer. L'éducation demeurant un puissant vecteur d'égalité, il importe d'examiner les options offertes aux plus défavorisés de la société. Sur ce point, les deux formes de modulation proposées plus haut échouent au test sur toute la ligne. L'expérience montre que la modulation des droits de scolarité dans des programmes comme le droit, la médecine ou l'administration a un impact direct sur le taux de participation des étudiants provenant de milieux défavorisés (les plus favorisés, au contraire, adorent et ils en redemandent!)

En fait, ils disparaissent de la carte, et assez rapidement. Une modulation équivalente du système des prêts et bourses ne change rien à ce constat. Notre système de prêts et bourses, comme tous les systèmes exigeant un contrôle préalable des ressources, demeure un obstacle administratif pour les jeunes des milieux défavorisés. Le bonifier pour certains domaines d'études ne contribue pas à changer la préoccupation de l'endettement des jeunes de milieux défavorisés qui n'ont pas autour d'eux de modèles d'universitaires accomplis, comme c'est le cas des fils et filles à papa.

N'est-il pas injuste, se demande-t-on en outre, d'avoir une politique de tarification identique alors que, dans les faits, il existe des disparités énormes entre les coûts de formation d'un sociologue et d'un médecin, sans parler des revenus que l'un et l'autre peuvent attendre un jour de leur formation? Pas vraiment. Notre système fiscal permet de récupérer les investissements en matière d'éducation, mais aussi toutes les autres formes de «dons privés» ou «d'investissement social», volontaires ou non, dont tirent profit nos concitoyens tout au long de leur existence. Il le fait de plus en respectant leur choix de vie et leur liberté personnelle de vouloir s'enrichir ou non.

Il n'est pas vrai que tous les médecins et les avocats seront riches un jour. Il existe encore aujourd'hui parmi ces professionnels des individus qui ont d'autres valeurs que l'enrichissement personnel et qui choisiront, par exemple, d'être avocat pour une organisation sans but lucratif, de travailler pour le contentieux d'un ministère ou encore d'être un médecin rattaché à un programme de santé publique. Il est hasardeux de préjuger à l'avance des revenus futurs des diplômés.

Cela nourrit bêtement l'élitisme de certaines professions et crée une pression supplémentaire sur les salaires puisque des finissants plus endettés qu'aujourd'hui à la fin de leurs études rechercheront inévitablement un meilleur retour sur leur investissement. S'il y a une chose dont nous pouvons socialement nous passer, c'est d'une accessibilité à des services de santé ou des services juridiques encore plus restreinte qu'aujourd'hui, et ce, à cause de l'insatiabilité grandissante des professionnels qui y oeuvrent!

De plus, les formations les plus coûteuses se situent généralement dans le domaine des sciences, du génie et des sciences de la santé, où l'on manque d'étudiants. Faire payer une proportion plus grande aux étudiants dans ces domaines nous causerait collectivement plus d'ennuis que d'avantages. Cela est d'autant plus vrai qu'il est plutôt incertain que l'État reconduira en totalité sa contribution aux universités dans les circonstances où il leur permet de toucher de nouveaux revenus.

La force de l'argumentation en faveur de la modulation des doits de scolarité vient à mon avis de simplifications dans les exemples utilisés (toujours les mêmes) et du désir de certaines universités de pouvoir vendre sur leur marché respectif certains programmes plus lucratifs ou même carrément élitistes. C'est le cas de l'Université McGill qui aimerait, facturer 30 000 $ pour son MBA. Cela a très peu à voir avec l'enjeu de la qualité de la formation. Un MBA est une formation qui coûte relativement peu cher à offrir, mais pour laquelle il existe un marché de positionnement important surtout quand, paradoxalement, le prix est élevé. Ce que McGill recherche en ce moment, c'est la possibilité d'offrir un produit sur de nouveaux marchés afin d'améliorer son positionnement international puisque toutes les grandes universités du monde offrent en ce moment des produits de luxe du genre.

Il existe une lecture tout individualiste de l'éducation qui conduit à la considérer comme un bien individuel, un service que le citoyen devrait pouvoir payer en bonne partie puisqu'il en est le premier bénéficiaire. Je ne rejette pas cette interprétation économique des choses, mais encore faut-il la subordonner à une vision plus large: ce bien qu'est l'éducation, nous devons aussi nous assurer qu'il soit le mieux réparti possible et je ne vois aucunement comment la modulation des droits de scolarité pourrait être plus efficace que le système actuel pour rendre ce bien encore plus accessible, notamment pour ceux et celles, et ils sont encore très nombreux, qui restent encore aujourd'hui à l'écart de notre système d'éducation universitaire.

S'il faut absolument augmenter les droits des universités québécoises, il existe des façons de le faire plus simples et plus équitables pour l'ensemble des universités que la modulation par programme.

***

François Blais - Professeur au département de science politique de l'Université Laval

2010.02.20

hiver 2010 à Québec: comparaison avec la normale

 

L'hiver qu'on connaît à Québec étant exceptionnellement doux, j'ai fait la comparaison à partir des données d'envirocan entre les normales et les températures de cette année pour décembre et janvier.

Météo observée cet hiver comparée à la normale

Minimum quotidien
Moyenne Maximum quotidien
Neige cm
Pluie mm
Precipitation mm
Décembre normale
-13,4 -9,1 * -4,8 77,7
29,5
104,4
Janvier normale
-17,6 -12,8 * -7,9
72,9
26,1
89,8
Décembre 2009
-10,4 -7,2
-3,9
n/d
n/d 127,8
Janvier 2010
-11,3 -7,6 -3,9 n/d n/d 77,2

* l'écart type est de 3 et 2,7 respectivement  pour décembre et janvier

Ce qu'on peut observer empiriquement est que pour le mois de décembre on était entre 1 et 3 degrés au dessus de la normale, ce qui reste à l'intérieur de l'écart type, mais pour le mois de janvier, on est nettement au-dessus, de 4 à 6,3 degrés. Ça aurait été intéressant de connaître les précipitations en pluie/neige, mais les données n'étaient pas disponibles. On peut noter aussi que les hausses de températures affectent surtout les minimums, comme si y avait un tampon à froids extrêmes au lieu d'avoir une hausse uniforme. Évidemment, ce ne sont que des observations empiriques sur un seul endroit pour une petite période...

Un article récent sur cyberpresse faisait aussi état de l'anomalie météorologique sur la côte-nord.

2010.02.19

Lavage vert?

Quand l'environnement est au service du marketing...

Article écrit pour le magazine Bio-Bullesevens-sins-of-greenwashing.gif

Il fut un temps où seules des entreprises marginales fabriquaient des produits « écolos » distribués dans des réseaux spécialisés. Mais maintenant que la préoccupation environnementale cogne aux portes des masses, des produits se vantant d'être écologiques colonisent les tablettes des grandes surfaces. Certains sont des descendants des produits véritablement alternatifs. Certains sont légèrement moins pire que les produits « conventionnels » contre lesquels ils se positionnent en alternative. D'autres sont carrément les mêmes produits, mais avec l'étiquetage vert. Coup d'œil sur la récupération fallacieuse de l'environnement...

L'écomarketing

Greenwashing, écoblanchiment, mascarade écologique, verdissement d'image, désinformation verte... Différentes expressions sont nées pour faire référence à ce phénomène qui a pris une ampleur épatante dans les dernières années. Cette pratique aux méthodes douteuse consiste pour une entreprise (ou un parti politique!) à jouer la carte environnementale pour mousser son image auprès des consommateurs, et leur faire croire qu'un produit (ou l'organisation elle-même) est plus « vert » qu'il ne l'est en réalité. On exagère des prétentions, on déforme les faits, on manipule l'information et le consommateur n'y voit que du feu. L'écoblanchiment, c'est quand une entreprise ou un produit réussit à se donner une image verte, respectueuse de l'environnement, qui n'est que de la poudre aux yeux. Certains définissent l'écoblanchiment de façon plus précise comme étant quand une entreprise investit davantage dans le marketing de son image verte que dans de véritables actions favorisant l'environnement. De façon générale, le greenwashing est quand la publicité insiste sur des vertus écologiques qui ne sont pas réellement en lien avec la réalité.
Du point de vue du marketing, le vert peut être un critère qui joue sur le risque perçu par rapport à l'achat d'un produit. Le consommateur évalue le risque physique qui découle de l'achat du produit, par exemple au niveau de dommages à l'environnement ou nuisance pour sa santé. Puis il y a le risque psychosocial: l'estime de soi du consommateur, qui doit rester intègre si la protection de l'environnement fait partie de ses valeurs, et son image, si le consommateur veut éviter de passer pour quelqu'un qui néglige l'environnement. Quelqu'un qui se préoccupe des conséquences réelles de sa consommation sur sa santé et l'environnement se questionnera davantage à savoir si les produits qu'il achète sont réellement plus inoffensifs, tandis que pour quelqu'un qui le fait pour son image ou sa bonne conscience, les prétentions d'un produit risquent d'être suffisantes. Dans cette optique, l'écomarketing joue un rôle de rassureur: il déculpabilise le consommateur afin de la faire passer plus rapidement en consonance cognitive, état indispensable à la décision d'achat.
Ainsi, pour aller chercher une partie du segment de marché de consommateurs pour qui l'environnement est un critère, un produit n'a pas besoin d'être vert, il a seulement besoin d'en avoir l'air! L'écologique est une clef identitaire qui permet, quand les marque concurrentes n'y ont pas déjà recours, de se démarquer. Pour le consommateur qui est un peu sensible à l'impact environnemental de ses choix, le choix entre deux produits de marque prestigieuse à prix similaire peut pencher facilement sur celui qui a, à premier vue, une empreinte écologique plus modeste. L'entreprise peut utiliser l'image verte pour aller chercher un segment de marché supplémentaire.

Les tromperies rencontrées

La firme de marketing environnemental TerraChoice a étudié les prétentions environnementales de produits de grandes marques destinés à la distribution de masse. L'objectif était de décrire, comprendre et quantifier la croissance de l'écoblanchiment. Le premier rapport, en 2007, a relevé six patterns ou formes de prétentions, qui sont confondantes, impertinentes ou carrément mensongères, et les a identifiés comme les six péchés de l'écoblanchiment1. 98% des produits examinés ont été trouvés coupables de l'une ou l'autre de ces formes de tromperie. Cette étude a donné suite à un deuxième en 2009, qui a analysé encore plus de produits (2219 au total), dégagé des nouvelles tendances et identifié un septième péché, celui de l'étiquette mensongère. TerraChoice donne une mise en garde à propos des produits de nettoyage, l'une des trois catégories où les prétentions vertes sont les plus répandues.

Des sept types de tromperies écologiques, trois sont particulièrement importantes et concernent 80% des prétentions trompeuses. La première en importance dans les produits d'entretien est l'imprécision, trouvée dans 31% des cas. Ce « péché » est commis quand une prétention est vague, mal définie, ou peut prêter le consommateur à mauvaise interprétation. Il peut s'agir par exemple d'un produit qui porte la mention « naturel » ou « vert ». Plus subtilement, des produits déclarent être « fait avec des ressources renouvelables », ou « fait avec des huiles essentielles à 100% ». Quelle proportion des matériaux du produit sont de sources renouvelables? Est-ce que ça inclut l'énergie de la fabrication? Le produit contient peut-être des huiles qui sont essentielles à 100% mais l'essentiel du produit repose sur la même recette synthétique.

Le compromis caché représente 23% des péchés de mascarade écologique débusqués par la firme de marketing environnemental. Cela fait référence à une prétention écologique d'un produit, basée sur un critères ou quelques critères peu significatifs qui, même si ils sont vrais, font oublier le bilan global du produit. Par exemple, un détersif peut se vanter d'être concentré (« une plus petite quantité suffit! ») et sans parfum, alors qu'il contient du chlore ou des phosphates et que son contenant n'est pas fait de matière recyclée ni recyclable. Ce n’est pas parce qu’un produit est biodégradable qu’il est «écologique», puisqu’il peut quand même être toxique et nocif durant le processus de dégradation. 

Une autre faute souvent commise dans l'écomarketing est l'absence de preuve (23% des tromperies). Beaucoup de prétentions ne sont pas soutenues par une tierce partie certificatrice et ne peuvent être vérifiées. Beaucoup de produits nettoyants se vantent d'être biodégradables. Certains spécifient que la biodégradabilité a été vérifiée par le test OCDE 301D, mais beaucoup n'indiquent rien pour appuyer leur déclaration.
Des caractéristiques intrinsèques d'un produit peuvent être mises en évidence comme prétexte pour qualifier le produit d'écologique. Par exemple, un savon peut se targuer d'être sans phosphate alors qu'il est pourtant identique aux autres, puisque tous les savons à vaisselle sont sans phosphates. TerraChoice qualifie cette tromperie de non-pertinence. Une perle d'impertinence: cette publicité française d'un détachant « écologique » qui se vante d'être « conditionné dans un emballage recyclable, garanti sans phtalate, sans enzyme, ni colorant, respecte la quantité d'allergène fixée par le Règlement Européen2 ». Sans plomb et sans OGM, avec ça?

La prise en charge tarde à venir...

En un sens, la prolifération des produits aux allégations écologiques peut être vu comme un signe que les industries reconnaissent l'existence de la demande pour des produits plus écologiques. Ça devient problématique quand, au lieu de réduire leur empreinte écologique, les entreprises se contentent de verdir leur image. Sans nécessairement détenir les produits parfaits, il est possible pour les fabricants de produits de fournir davantage de preuves scientifiques, et manifester davantage d'honnêteté et de transparence, au lieu de peindre leurs produits en vert en espérant que les consommateurs n'y voient que du feu.
Le Bureau des normes canadiennes de la publicité recevrait de plus en plus de plaintes à propos d'allégations environnementales. Curieusement, les plaintes proviennent davantage d'entreprises concurrentes que de consommateurs! Comme quoi la surveillance entre concurrent pourrait avoir un effet de modération. À mesure que le phénomène de greenwashing est de plus en plus reconnu, et des coupables justement discrédités, les entreprises se montreront plus prudentes dans les prétentions environnementales et, espérons le, plus sérieuses dans leurs efforts de développement durable. Dans son rapport de 2009, TerraChoice a conclu que « l'éco-étiquettage honnête augmente », étant deux fois plus répandu qu'au moment de la première étude deux ans plus tôt.

En 2008, l'Association canadienne de la normalisation, en association avec le Bureau canadien de la concurrence, a publié le Guide des déclarations environnementales pour l'industrie et les publicitaires3. Le document assez complet d'une soixantaine de pages fait des recommandations quant aux allégations relatives à l'environnement. Cependant, ce ne sont que des recommandations et non des règles, le document n'ayant pas force de loi. Comme pour beaucoup de questions environnementales, il semblerait que le gouvernement a une approche plutôt volontariste!

Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a développé un guide semblable destiné aux publicitaires pour que leurs prétentions ne trompent pas les consommateurs. Tout comme au Canada, il n'y a que des recommandations et il ne semble pas y avoir de règlementation spécifique aux allégations écologiques. En France, l'Autorité de régulation Professionnelle de la Publicité s'est fixé des règles déontologiques encadrant l'utilisation d'arguments écologiques dans sa « Charte pour une publicité éco-responsable4 ». Le nombre de pubs abusives serait à la baisse depuis, mais il n'y a toujours pas de sanctions pour les contrevenants, ce que plusieurs déplorent. Le Conseil Paritaire de la Publicité fait pression auprès de l'ARPP pour le renforcement des principes de la Recommandation afin que l'encadrement soit plus efficace5. Paraitrait-il qu'en Norvège, l’Ombudsman des consommateurs aurait déposé un avis limitant l'utilisation de l’environnement dans les publicités automobiles.6

Au niveau international, depuis 1999 existe la norme ISO 14021 sur les autodéclarations environnementales. « Elle pose des exigences générales pour toute déclaration environnementale, visant à en assurer la pertinence et la sincérité et à réduire la confusion actuelle et donne la définition et les exigences liées à 12 déclarations usuelles.7 » Cependant, elle ne semble pas faire fureur chez les fabricants des produits qu'on trouve dans nos commerces.

Des stratégies pour s'en sortir

Pour agir contre l'écoblanchiment, les consommateurs peuvent essayer de donner du feedback aux entreprises abusives. Normalement, les gestionnaires devraient se préoccuper de l'image de leur entreprise, et il est possible qu'il réagissent si assez de consommateurs leur font savoir qu'ils ne se laissent pas prendre pour des valises. Ils peuvent aussi déposer une plainte au Bureau de la concurrence du Canada8. Ce dernier est supposé examiner au cas par cas les entreprises accusées de contrevenir aux lois sur la concurrence, sur l'emballage et l'étiquetage. Des pénalités allant jusqu'à 100 000$ d'amande et le retrait de produits peuvent en théorie être appliquées9, quoi qu'il ne semble pas en avoir d'historique.

Faire des choix économiques en s'efforçant de réduire le plus possible ses externalités, ou son empreinte écologique, n'est pas toujours évident, puisqu'il y a beaucoup de choses à considérer et que nous ne détenons pas l'information parfaite. Il est probablement plus écologique de retourner au magasin d'aliments naturels remplir sa bouteille de savon à vaisselle générique en vrac que d'acheter une nouvelle bouteille de marque écolo. Par contre, si cet achat implique un déplacement en voiture pour aller au commerce spécialisé qui aurait pu être évité si on fait l'achat ailleurs... vous voyez. Si on veut que nos décisions fassent une différence, il faut regarder l'ensemble des implications de nos différentes options.

Conséquemment, avoir des connaissances les plus vastes possibles contribue à faire des choix éclairés. Connaitre les certifications fiables, connaître les matériaux qui entrent dans la fabrication des produits et leurs conséquences environnementales, savoir quantifier des consommations énergétiques, et savoir reconnaître les manipulations d'information sont des compétences pertinentes à détenir et utiliser dans ses prises de décisions. L'article « Comment trouver un produit nettoyant vert » dans cette édition-ci de Bio-Bulle est un bon point de départ sur les certifications fiables et les alternatives.
C'est en s'intéressant à ces enjeux, en s'informant et en utilisant notre esprit critique pour faire les choix les plus justes possibles que nous progresserons vers un monde plus sain.

Des sites webs pour approfondir

The Seven Sins of Greenwashing
L'observatoire de la publicité
Futerra Greenwash guide
EnviroMedia Social Merketing & University of Oregon
Greenpeace | Greenwashing
Carrefour de consommation responsable


1. http://sinsofgreenwashing.org
2. http://observatoiredelapublicite.fr/2009/09/16/k2r-ecolog...
3. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/eic/site/cb-bc.nsf...
4. http://www.arpp-pub.org/Charte-pour-une-publicite-eco.html
5. http://www.cpp-pub.org/Avis-publicite-eco-responsable.html
6. Cardinal, F. « Du vert partout, partout, partout... » La Presse, lundi 17 mars 2008, p.A16
7. http://observatoiredelapublicite.fr/la-norme-iso140211999...
8. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/
9. http://www.csa.ca/cm/ca/fr/recherche/article/seek-greater...

2010.02.15

Alimentation végétarienne: au-delà des préjugés

Article écrit pour le journal étudiant de ma faculté. Mon objectif n'est pas de promouvoir le régime végétarien (étant moi-même consommateur modéré de viande) mais de démystifier les préjugés dont il est victime, notamment à propos des motifs menant à son adoption, mais surtout à propos de sa valeur d'un point de vue nutritionnel.

 

Le végétalisme a eu une exposition médiatique inhabituelle récemment avec les sorties de Georges Laraque promouvant le film Earthlings et, par la bande, le régime antiviande. Des animateurs de radio peu recommandables en entrevue avec le hockeyeur ont insinué qu'un tel régime devrait être inadéquat pour un athlète, puis ils ont profité de son départ des ondes pour se moquer de lui et de sa compassion pour les autres animaux. Un tel traitement ne trahit pas seulement la médiocrité de la dite radio et l'ignorance de ses animateurs, mais aussi des préjugés populaires, probablement répandus, envers ceux qui s'abstiennent de manger des animaux. En effet, on dirait que dans certains folklores, les végétariens sont des treehuggers rachitiques et anémiques mettant leur santé à risque pour suivre la mode ou par une anormale pitié anthropomorphiste pour les tiz-animaux...

Mode et pitié ou santé et environnement?

En fait, si la prise de conscience environnementale, la croissance du marché biologique et autres tendances granola pourraient nous donner l'impression que le végétarisme est de plus en plus répandu, il ne semble pas y avoir de statistiques disponibles pour le démontrer, du moins au Canada. Les statistiques états-uniennes, elles, suggèrent que la proportion de végétariens dans la population se maintient à un niveau stable.1

Des préoccupations pour la santé, la religion, l'éthique, l'économie ou l'environnement peuvent inciter des omnivores à abandonner la consommation de viande. Bien que la santé soit probablement le motif majoritaire pour le choix végétarien, les considérations éthiques ont probablement donné davantage de visibilité à cette approche alimentaire.2 Par exemple, en 2006, un rapport de la FAO dénonçait l'élevage comme un des premiers responsables des problèmes environnementaux mondiaux.3

Les deux variantes les plus répandues de ce régime sont l'ovo-lacto-végétarien (OLV), qui implique la consommation régulière d'oeufs et de produits laitiers, et le végétalien (vegan en anglais), qui est un régime exclusivement végétal. Il y a de nombreux avantages pour la santé à adopter un régime végétarien, ou du moins remplacer la viande par des substituts végétaux. Une diète végétarienne sera plus élevée en fibres, en folate, en vitamines antioxydantes. Leur proportion calorique provenant de glucides complexes est supérieure et celle provenant des lipides inférieures aux régimes incluant la viande. Des études suggèrent que les végétariens seraient moins enclins à souffrir de maladies coronariennes, de plusieurs cancers, d'obésité, d'hypertension et de plusieurs formes d'arthrite,4 ainsi que du diabète, de calculs biliaires, de maladies rénales et du colon.2

Les nutriments à risque

Les vitamine B12 et D, le calcium, le fer et le zinc et les protéines sont les nutriment à surveiller pour les végétariens. Les régimes OLV devraient être adéquats pour toutes les vitamines, mais les régimes végétaliens manquent probablement de vitamine B12 et D, à moins que des aliments fortifiés ne soient utilisés.2 Évaluons uns par uns les risques reliés à chacun de ces nutriments.

Selon Santé Canada, « à partir des données disponibles, rien ne justifie une recommandation spécifique à l’égard des protéines chez les végétariens qui consomment des mélanges complémentaires de protéines végétales puisque de tels mélanges peuvent avoir une qualité équivalente à celle des protéines animales. »5 En fait, on pourrait s'inquiéter d'une insuffisance protéiques dans un régime végétarien à cause de la quantité et la qualité de ses protéines. D'abord, à poids égal, les substituts de viande (légumineuses et noix) sont moins concentrés en protéines. Ensuite, les protéines végétales sont généralement incomplètes: elles ne contiennent pas tous les acides aminés essentiels en proportion suffisante pour assurer la synthèse de protéines de l'humain. D'autre part, les protéines végétales sont généralement légèrement moins digestibles que les protéines animales.

La vitamine B12 n'est pas synthétisée par les animaux ni les plantes, mais par des bactéries. Les animaux contiennent de la vitamine B12 parce qu'ils ingèrent des organismes qui en contiennent ou parce qu'ils absorbent celle produite par leurs bactéries intestinales. Les régimes basés exclusivement sur des produits végétaux sont probablement dépourvus de cette vitamine. La vitamine B12 est bien recyclée dans l'organisme, c'est pourquoi l'apport quotidien recommandé est très bas . Même si les symptômes de carences sont rarement observés, le taux de vitamine B12 dans le plasma sanguin est généralement plus faible chez les végétariens que dans la population omnivore. Il est probable que des végétaliens qui ne prennent aucun supplément développent à long terme une carence en vitamne B12.2

La vitamine D n'est pas un élément nutritif essentiel, c'est-à-dire qu'elle peut être synthétisée par l'organisme. Cependant, cette production n'est pas toujours adéquate ou suffisante, de sorte qu'un apport important par l'alimentation peut être nécessaire. La plupart des sources de vitamine D dans les aliments sont d'origine synthétique car cette vitamine a une distribution très limitée dans la nature: elles est surtout présente dans les gras de poisson et les oeufs de poules dont l'alimentation comporte de la vitamine D. Un apport régulier de vitamine D dans l'alimentation devrait être vu comme une bonne assurance pour la plupart des gens. Les produits laitiers fortifiés constituent la plus importante source alimentaire de vitamine D. Les végétaliens auraient donc avantage à consommer des substituts fortifiés, par exemple le lait de soya fortifié.2

Dans la population en général, 50% de l'apport de fer provient des céréales, contre 12% provenant des viandes. L'inquiétude en ce qui concerne la carence en fer des végétariens est basée non pas sur le contenu en fer du régime mais plutôt sur la mauvaise biodisponibilité du fer en provenance des aliments végétaux. Approximativement 40% du fer de la viande est sous forme d'hème, qui est mieux absorbé que la forme de fer que l'on retrouve dans les végétaux. C'est pourquoi il a été suggéré que les végétariens sont plus à risque de développer une carence en fer.2 L'absorption du fer présent dans l'alimentation peut être inhibée jusqu'à 90% par la présence de phytates, davantage présents dans les céréales entières.

L'apport alimentaire en zinc n'est que légèrement inférieur dans un régime végétarien, cependant sa faible biodisponibilité a une certaine importance dans le risque de carence.2

Environ 700 mg de calcium entrent et sortent des os quotidiennement, donnant à l'ossature l'habileté de réparer les dommages causés par le stress quotidien auquel il est exposé. Les reins filtrent environ 8 g de calcium par jour, dont environ 98% est réabsorbé. L'excrétion urinaire et fécale du calcium compte pour une partie importante de la balance de calcium, de telle sorte que son absorption nette de calcium peut être de 5 à 10% de l'apport alimentaire. Chez les végétariens, la faible consommation de protéines animales (surtout quand elles sont remplacées par des légumineuses) et la plus grande consommation de potassium peut aider à réduire les pertes de calcium.2 Toutefois, il va sans dire qu'un régime dépourvu de produits laitiers a un apport alimentaire de calcium beaucoup plus faible, ce nutriment est donc à surveiller.

Comment les végétariens évitent les carences

Un omnivore qui se convertit au végétarisme ne doit pas se contenter de ne pas manger de viande. Il doit inclure à son alimentation une variété d'aliments végétaux nutritifs: céréales complètes, légumineuses, noix et graines.

Les végétaliens ne peuvent pas se contenter de consommer la même quantité de protéines brute que les omnivores, car les protéines végétales sont moins bien assimilées que les protéines animales. Il faudra donc en manger un peu plus, pour compenser la moindre qualité par une plus grande quantité, et ils doivent s'assurer d'une diversité suffisante en acides aminés essentiels en mangeant suffisamment de céréales et de légumineuses.6 Le soja devrait avoir une place de choix dans le régime végétarien. Sa teneur en protéines est la plus élevée des légumineuses, et sa qualité protéique une des meilleures du monde végétal. D'autres aliments moins communs comme le sarrasin, le chanvre et le quinoa sont également intéressants pour leur contenu protéique.

Pour combler leurs besoins en fer et en zinc, les végétariens devraient consommer des grains entiers parce qu'ils en contiennent davantage; leur absorption est d'ailleurs supérieure dans les produits fermentés (pain, miso, tempeh) et germés. La présence de vitamine C et l'acide citrique peuvent favoriser l'absorption de fer et de zinc dans un repas, ce qui peut compenser l'effet des phytates.2 Ils ont donc intérêt à inclure une source de vitamine C à leurs repas. Enfin, si le végétarien prend des suppléments de calcium, ils doivent être pris entre les repas pour qu'ils n'interfèrent pas avec l'absorption du fer.

Il serait important pour les végétaliens, et sécuritaire pour les végétariens, de consommer régulièrement des aliments fortifiés ou des suppléments de vitamines B12 et D étant donné leur faible présence dans les aliments végétaux. La levure alimentaire, si cultivée sur un substrat riche en vitamine B12, est une excellente source de B12 active.2

Les aliments fortifiés (jus de fruits, céréales, boisson de soya) peuvent contribuer à combler les besoins de calcium. Le calcium des aliments végétaux est généralement mieux absorbé que le calcium du lait, les habitudes suivantes peuvent donc contribuer à atteindre une bonne balance de calcium: consommer beaucoup de fruits et légumes, remplacer les protéines animales par les légumineuses et en consommer suffisamment, réduire sa consommation de sodium, consommer de bonnes sources de vitamine D.

Conclusion

Le végétarisme est souvent perçu comme une attitude limitante. Or, la dernière étude de Statistique Canada sur les habitudes alimentaires des Canadiens indique que les canadiens mangent en général trop peu de légumes, trop de « viandes et substituts » (aucune distinction n'est faite entre les deux dans l'étude), et pas assez de produits céréaliers, par rapport aux recommandations du guide. De plus, « l’apport en lipides [est] excessif pour une grande part de la population7 ». Par ailleurs, ce n'est pas pour rien que le guide alimentaire canadien recommande de « consommer souvent des substituts de la viande comme des légumineuses ou du tofu.8» La consommation de légumineuses, de grains entiers, de noix et de graines est plutôt marginale chez les consommateurs de viande. Les végétariens pourraient renvoyer la balle, et poser la question suivante:l'alimentation mainstream ne serait-elle pas un peu trop limitative quand on pense à tous ces aliments boudés, pourtant intéressants d'un point de vue nutritionnel?

Références

  1. Bérubé, S. Le nombre de végétariens stagne. La Presse, 16 février 2009.
  2. Messina, Virginia K., Reed Mangels, Mark J. Messina. 2004. The dietitian's guide to vegetarian diets : issues and applications. Jones and Bartlett, Sudbury, USA. 587 p.
  3. FAO. 2006. Livestock's Long Shadow: environmental issues and options.
  4. Fraser, G.E. 2003. Diet, life expectancy, and chronic disease: studies of seventh-day adventists and other vegetarians. Oxford University Press, New York, É.-U.
  5. Santé Canada. 2006. Apports nutritionnels de référence.
  6. André, Jacqueline. 1986. Végétarisme et santé. Editions Nauwelaerts, Bruxelles, Belgique. 226 p.
  7. Garriguet, D. 2007. Les habitudes alimentaires des Canadiens . Statistique Canada, Division de la statistique de la santé.
  8. Santé Canada. 2007. Bien manger avec le Guide Alimentaire Canadien.

Manifeste pour un Québec morbide

Je viens de tomber sur l'hilarant Manifeste pour un Québec morbide, spoof démagogique assez futé du manifeste pour un québec "lucide"... Ça vaut la lecture! (Surtout pour ceux qui sont tannés du discours affairiste qui nous casse les oreilles avec leurs plaintes que les impôts, la faiblesse du niveau de consommation et la faiblesse de la procréation sont les pires problèmes du Québec.) Voici quelques extraits qui m'ont bien fait rire:

Depuis 25 ans, le Québec a connu une régression sans précédent:

  • En 2005 la préoccupation principale du Québécois moyen est l’argent ; son but dans la vie est de travailler, de payer son char et de reproduire en tout un modèle social voué à la faillite et la destruction de la planète ;
  • Le jeune Québécois entre aujourd’hui au collégial dans le plus grand désarroi politique, étant incapable de faire la différence élémentaire entre la gauche et la droite ; ce qui le laisse à la merci de sa culture première, celle de la banlieue épaisse et de droite ;
  • Une clique de politiciens finis, économistes et journaleux est encore capable de faire passer pour un manifeste un torchon néo-libéral, et de se faire applaudir par le gouvernement en place, lequel est trop couillon pour se revendiquer comme tel, ce qui lui aurait probablement coûté sa place anyway.
Mais il reste du chemin à faire pour vivre et penser comme des porcs, comme dans le reste de ce continent à l’aune duquel on nous somme aujourd’hui de nous mesurer.

Au plan du niveau de vie, notamment, le Québec a toujours moins de téléphones cellulaires et de VUS que les Amaricains.

Aussi tôt qu’en 2012, il y a aura de plus en plus de boomers à la retraite, on vous laisse imaginer le cauchemar. Cela voudra dire un peuple plus gros, plus épais, et qui consomme plus. Pendant que le Québec subira ce freinage moral, les VUS d’Amérique augmenteront à un rythme rapide, de sorte que dans 40 ans, on ne saura plus qui des chars ou des anciens premiers ministres nous pomperont plus d’air

À l'heure actuelle, le discours social québécois est dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont le patronat, qui a monopolisé le label "lucide" pour mieux imposer la continuité de sa domination.

Il aussi développer une saine méfiance envers le secteur privé. La naissance d'une telle attitude est vitale. Pendant des années, on a déploré le fait que l'économie du Québec soit contrôlée par des gens d'affaires de langue anglaise; on a appelé « révolution tranquille » le processus qui a mené à se faire fourrer dans sa langue maternelle.


Somme toute, sans être d'accord avec tout, je trouve que c'est un discours un peu chaotique et malhabile, mais relativement insightful et qui a au moins le mérite de faire rire...

2010.02.12

Le coût d'opportunité des J.O.: le TGV

Excellent article de Claude Lafleur dans le Devoir sur les retombées des Jeux olympiques. Selon son analyse, les jeux olympiques de Vancouver risque d'être un gouffre financier puisqu'avec les dépassements de coûts, ils coûteront 2,5  $ au lieu du 1,3 G$ prévus initialement... pour des retombées estimées de 1 à 2 G$!

Bien sûr, les véritables retombées surviennent sur le long terme, en augmentant la notoriété de la ville et en faisant profiter son développement des investissements dans les infrastructures. Dans le cas de Barcelone et Athène, les JO auraient été particulièrement structurants. Mais les retombées attendues des JO de Montréal en 1976 n'ont pas été au rendez-vous.Le stade olympique, quel investissement structurant pour Montréal! Si on regarde l'expérience des derniers JO d'hiver nordaméricains, Calgary aurait connu une augmentation notable du tourisme depuis ses jeux en 1988. Dans le cas de Salt Lake City, les jeux de 2002 auraient rapporté 100 M$ à la collectivité. Mais ce seraient les entreprises qui profitent des jeux, pas tant la collectivité en général. Et une grosse part de l'argent récolté sert à l'entretient des infrastructures sportives excédentaires.

L'auteur développe aussi sur le très pertinent coût d'opportunité des JO. Les sommes faramineuses investies dans le culte de la compétition sportive pourraient être mises sur des projets davantage pertinents et structurants, par exemple un TGV Qc-Mtl-Otw-Tnto-NY..., ou des événements récurrants qui emmènent des revenus plus durables.

[Lire l'article original sur le Devoir.com]

(Cela dit, si les olympiques stimulent l'intérêt de la populace pour l'activité physique, tant mieux! Mais au coût de milliards en fonds publics, avec comme résultat de renforcir l'obsession pathologique de notre civilisation pour mesurer les personnes entre elles et vouer un culte aux célébrités, n'y aurait-il pas de moyens plus efficient d'atteindre cet objectif?)

Chose certaine, le TGV est devenu plus que nécessaire, et si certains estiment que présentement ce serait trop coûteux pour les retombées immédiates, on ne peut nier qu'à moyen terme, il deviendra une nécessité. Les corridors NY-TO-QC ne connaîtront qu'un achalandage croissant puisque la croissance démographique n'est pas prête de s'arrêter, et qu'elle se manifeste surtout dans les villes. "Ces bassins de population représenteront des pôles démographiques majeurs et il n'y a aucun doute que ces régions devront se tourner vers de nouveaux modes de transports pour permettre les déplacements", pouvait-on lire dans une lettre parue dans Le Devoir cet automne. D'autant plus qu'avec le vieillissement de la population, de plus en plus de citoyens ne pourront pas conduire, et les infrastructures de transport devront s'y adapter et répondre aux nouveaux besoins.

Tgv-icon.pngUn TGV répondrait mieux au besoin de déplacement interurbains des populations de ces grands centre. Selon Éric Champagne, "Pour maintenir et améliorer son niveau de développement, le Canada devra s'appuyer de manière prépondérante sur une économie du savoir. Pour ce faire, le « libre échange » des cerveaux entre les agglomérations urbaines est fondamental."  Il est grand temps de profiter de la densité de ces populations pour réaliser des économies d'échelles dans les transports et diminuer les externalités globales. Et, comme l'a bien dit un commentateur du premier article, le Québec devrait commencer à se pencher là-dessus et travailler pour que la liaison à NY se fasse de Montréal, et non pas de Toronto.


Avec l'inévitable croissance à moyen et long terme des coûts du pétrole, ressource non-renouvelable se raréfiant, il est impératif de moderniser notre économie là où les gains d'efficience peuvent être faits. D'autant plus que, le construction et la haute technologie étant largement tributaires du pétrole, plus on attend pour construire cette infrastructure, plus les coûts seront élevés.


Si on est prêts à investir des milliards pour recevoir le plus gros concours de médailles du monde, sous prétexte de retombées économiques, je pense que la réflexion ne peut que nous mener à conclure que nous sommes fins prêts à investir une somme similaire pour moderniser notre infrastructure de transport. Une opportunité pertinente à saisir, quand on sait qu'aux States, le projet de TGV de 1,2 G$ reliant les grandes villes de l'Est (Washington, Pittsburg, NY, Boston, Buffalo et Montréal) est déjà sur la planche à dessin.

 

2010.02.11

Clotaire Rapaille et sa passion pour le Québec

Faut voir le Bullshitomètre Infoman qui scan la prétention de Clotaire Rapaille, le nouveau marketer vedette engagé par LaBeaume pour faire le rebranding de Québec.

Le gars dit qu'il a une passion de longue date pour le Québec, qui remonte à la Guerre quand il était tout petit et sa mère lui chantait des chansons de Félix Leclerc. Or, les chansons de Félix Leclerc n'étaient même pas connues au Québec à cette époque.

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Crédit: Serge Chapeleau, La Presse

La réalité

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crédit: SinFest

 

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2010.02.10

L'Ouganda veut criminaliser l'homosexualité

Le parlement ougandais pourrait bientôt adopter un projet de loi criminalisant l'homosexualité. Le texte, initiative du député David Bahati, pourrait entre autres condamner à mort les homosexuels séropositifs et ceux qui ont des relations sexuelles avec des mineurs.

Quelques unes des mesures proposées:

  • les faits d'homosexualité, voire même l'idée d'homosexualité (« tentative d'homosexualité ») seront punis de sept ans d'emprisonnement ;
  • il sera même interdit de « présenter l'homosexualité sous un jour favorable » ;
  • un « crime d'homosexualité aggravée », créé pour les actes homosexuels avec une personne de moins de 18 ans, une personne handicapée, ou si la personne responsable des faits fait figure d'autorité ou est porteur du HIV, pourra entraîner la peine de mort.
  • La peine de mort concerne aussi les « contrevenant récidivistes » (« serial offenders »).

(Rue89)

Le projet de loi ratisse large. Par exemple, "une personne commet l'homosexualité si elle touche une autre personne avec l'intention de commettre un acte d'homosexualité", et ce crime est passible d'emprisonnement à vie! On peut lire le texte complet (tel que déposé au printemps dernier) sur PublicEye.org.

Les militants d'organisations comme Minorités sexuelles en Ouganda s'inquiètent et prévoient quitter le pays si le bill est adopté. Curieusement, alors que même le vatican s'y oppose, la Church of Uganda cautionne le projet de loi, et propose d'en rajouter!
uganda_homosexual.jpg
Évidemment, la communauté internationale réagit! Avaaz fait signer une pétition pour ajouter de la pression sur le gouvernement Ougandais, au moment d'écrire ces lignes, ils en étaient à plus de 107 000 signatures. Le sujet a brassé de la marde à une réunion du Commonwealth en novembre dernier, durant laquelle la France, le Canada et les USA se sont prononcés contre le bill. Les USA ont menacé de suspendre l'aide à l'Ouganda si le projet de loi est adopté.

En Ouganda, e ministre d'état pour l'éthique et l'intégrité a dit que le gouvernement est déterminé à passer la loi, même si cela implique de se retirer des traités internationaux et de conventions comme la déclaration universelle des droits de l'homme. Malgré que le président ougandais Yoweri Museveni a indiqué qu'il ne soutiendrait pas un projet de loi imposant la peine de mort, la population ougandaise appuierait largement ce projet de loi. Même que le Rwanda, le Nigeria et le Burundi auraient déjà passé une législation anti-homosexualité.

 

Signez la pétition contre ce projet de loi injuste!

2010.02.09

Incitatifs, motivation et résultats

Très intéressant: une présentation sympathique et dynamique de Dan Pink à TED Talk. Il y présente des études qui suggèrent que l'incitatif monétaire a ses limites à servir de motivateur efficace pour tout travail qui nécessite de la créativité. Il y oppose plutôt l'autonomie, le goût du défi et le "sense of purpose", tout en donnant des exemples intéressants d'entreprises qui intègrent cette vision dans leur modèle d'affaires.

La propagande conservatrice toujours payée à même les fonds publics

Je reçois constamment de la propagande conservatrice dans la malle. La semaine passée, j'écris à Élections Canada:

Malgré que j'ait écrit en rouge "PAS DE PROPAGANDE" sur ma boite aux lettres, je reçois souvent de la propagande conservatrice qui semble payée par les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoit. Or je ne suis même pas dans sa circonscription.

Leur dernier pamphlet est particulièrement insultant, il prétend qu'il y a plein de pédophiles partout et que le gouvernement conservateur protège nos enfants des pédophiles parce qu'ils veulent des peines plus sévères, contrairement au bloc québécois qui lui cautionne la pédophilie avec ses positions laxistes.

J'imagine qu'il est illégal que des députés utilisent les fonds publics pour faire leur propagande partisane, et mensongère de surcroît. Sinon, on a un sacré problème. J'espère que quelque chose sera fait contre ça.

On me répond:

 

DOSSIER: 296266
Nous vous remercions pour votre courriel du 6 février 2010.
Élections Canada est une institution indépendante établie par le Parlement chargé de la conduite des élections et des référendums fédéraux. Le sujet abordé dans votre message dépasse les limites de notre mandat. Conséquemment, nous vous invitons à communiquer avec le Service de renseignements du Parlement du Canada.  L’information contact est la suivante :
Service de renseignements
Parlement du Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0A9
1 (866) 599-4999 Sans frais (Canada)
1 (613) 992-4793
ATS: 1 (613) 995-2266

 

Je renvois donc la même missive au Parlement. Réponse:
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courriel envoyé le 8 février 2010 au Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement.
Le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement offre des renseignements de nature générale sur l'histoire, le rôle, et les activités du Sénat, de la Chambre des communes et de la Bibliothèque du Parlement.
En réponse à votre courriel, les députés détiennent le droit d’envois collectifs et peuvent envoyer du courrier en franchise. Ce privilège signifie que les députés de la Chambre des communes peuvent apposer leur signature à un envoi postal adressé qui sera ensuite livré, en franchise, n’importe où au pays.
Pour de plus amples renseignements concernant le courrier en franchise, nous vous suggérons de contacter votre député fédéral. Vous pouvez identifier votre député à partir du site web du Parlement (http://www.parl.gc.ca) en entrant votre code postal dans la case «Parlementaires actuels». Vous obtiendrez ainsi ses coordonnées à Ottawa et dans votre circonscription.
N'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement pour toute autre question concernant le Parlement du Canada.
Veuillez agréer l'expression de nos sentiments les meilleurs.
K.C.
Information Service / Service de renseignements
Library of Parliament / Bibliothèque du Parlement
Ottawa, Canada, K1A 0A9
Telephone / Téléphone:
-Toll-free / Appel sans-frais:  1-866-599-4999
On dirait bien que tous les bureaucrates s'en lavent les mains, les conservateux peuvent envoyer autant de marde malhonnête pour vendre leur parti qu'ils le veulent, c'est dans les règles! J'écris donc à ma députée:

Je reçois constamment de la propagande conservatrice mensongère par la poste, manifestement payée à même les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoît (j'habite dans Montcalm). Je pense qu'il s'agit du même phénomène qui a fait l'objet d'un article dans le Devoir en novembre dernier: http://www.ledevoir.com/politique/canada/277423/la-propag...

Je me suis plaint à Élections Canada, ils m'ont dit de m'adresser au Parlement, qui m'a dit de m'adresser à mon député. C'est insultant et scandaleux, tout ça. Ils se servent de l'argent de nos taxes pour distribuer massivement de la bullshit pour vendre leur parti de pétrolières, et tous les bureaucrates supposés servir la "démocratie" s'en lavent les mains.

Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre ça?

Réponse de Christiane Gagnon:

J’ai bien reçu votre courriel dans lequel vous dénoncez l’abus d’envois de ces dépliants que les députés peuvent envoyer aux frais de la Chambre des communes. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me faire part de vos préoccupations à ce sujet.

Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la facture totale des envois des députés a plus que doublé, atteignant désormais 10 millions de dollars. Le Parti conservateur, à lui seul, a généré des frais d’impression et d’envoi de 6,3 millions de dollars.

C’est pourquoi nous, les élus du Bloc Québécois, proposerons au retour de la Chambre de restreindre le recours à ces envois de dépliants. Ces restrictions feront en sorte qu’il ne serait plus possible pour un député de faire un envoi dans une circonscription autre que la sienne et qu’il ne pourrait pas faire plus d’un seul envoi par jour. Les envois regroupés (permettant à plusieurs députés de combiner leurs envois afin d’en imprimer un plus grand nombre d’exemplaires) seraient limités à un par mois. Le contenu de tout envoi devrait être approuvé par le parti politique.

Pour que nos propositions entrent en vigueur, les quatre partis politiques doivent les approuver à l’unanimité.

Ainsi, nous partageons vos préoccupations quant à l’utilisation abusive des envois de ces dépliants. Soyez assuré que nous ferons tout ce qui est en notre possible afin que cette pratique, qui donne lieu à des excès de propagande par certains partis, soit davantage encadrée.

Il paraît que le bureau interne de la chambre des communes examine la question, comme l'indique l'article du Devoir:

«Beaucoup de gens n'aiment pas cela», confirme la porte-parole de la Chambre des communes, Colette Déry. «Les députés, mais aussi les commettants qui reçoivent des envois de députés d'une autre circonscription, qui n'en sont pas ravis et nous le font savoir.» Les plaintes n'ont pas encore été traitées, et d'ici à ce que le bureau de régie interne de la Chambre tranche la question, les règles resteront inchangées.

Ce serait 6,3 M $ que la propagande conservatrice a ainsi drainé en fonds publics. Les partisants conservateux vont dire que c'est "légal" et que tous les partis le font. Je sais pas, mais j'ai jamais reçu de propagande bloquiste ou libérale par la poste, et il y a une limite à la rhétorique mensongère et à l'abus de fonds publics! Pour la comparaison entre les partis, ces chiffres sont évoquateurs:

Alors que les députés de l'opposition ont en moyenne réclamé 17 977 $ chacun en frais d'impression, les députés conservateurs ont réclamé plus que le double: 38 337 $ en moyenne chacun. À eux seuls, donc, les 164 députés conservateurs ont imposé à la Chambre des communes un fardeau de 6,3 millions de dollars à ce chapitre. Celui des 210 députés de l'opposition s'élève à 3,8 millions. (Notons que l'élection de 2008 a provoqué un roulement de députés portant leur total à au-delà de 308.)

Pour ce qui est de la légalité, je comprend bien que les esprits conservateurs sont peu habitués aux exercices de réflexion débordant du cadre étroit balisés par le système, mais il me semble évident que, même si il n'y a pas de loi interdisant la propagande mensongère, payée par les contribuables de surcroît, ça ne veut pas dire que c'est acceptable dans un système qui se prétend démocratique.

Apparemment, mes efforts de lobbying ont porté fruit:

Envois postaux des députés - Ottawa prié d'y mettre un terme

Hélène Buzzetti 17 mars 2010

Ottawa - Les députés fédéraux ont décidé hier de restreindre le nombre de leurs envois postaux. La Chambre des communes a en effet adopté une motion réclamant que cesse la pratique dite des «10 %», ces envois postaux, souvent très partisans, que font parvenir les élus aux commettants de leurs adversaires.

Par la marque très serrée de 140 voix contre 137, les députés ont appuyé une motion du Parti libéral demandant de retirer aux députés le droit d'envoyer, aussi souvent qu'ils le désirent, des dépliants n'importe où au pays aux frais de la Chambre des communes. Selon le Parti libéral, le Parlement économiserait ainsi approximativement 20 millions de dollars par année.

Hier, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont appuyé la motion libérale, tandis que le Parti conservateur s'y est opposé. Si le résultat a été si serré, c'est qu'une douzaine de libéraux, y compris le chef Michael Ignatieff, étaient absents. Le premier ministre Stephen Harper n'était pas présent non plus.

Le Devoir avait révélé cet automne que le Parti conservateur était passé maître dans l'utilisation des «10 %». Les élus de M. Harper ont engendré en moyenne des dépenses de 38 337 $ chacun en 2008, soit le double des députés de l'opposition (17 977 $). Au total, ces envois des conservateurs ont coûté au trésor public 6,3 millions de dollars.

C'est par l'entremise de ce mécanisme que les conservateurs ont pu inonder le pays de dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion à quelques jours du déclenchement des élections, en 2008. Le gouvernement n'est pas obligé de mettre en application la motion adoptée hier.

 

2010.02.03

Appel au civisme des automobilistes abusifs

Je fais appel à votre plus profond sens de la courtoisie, du civisme, de coopération et de respect des autres, en vous demandant si vous pourriez pas, s'il vous plait, diminuer l'abus du moteur au ralenti. À ce temps ci de l'année, c'est assez pénible de circuler en ville. L'air est deux fois plus dégueulasse parce qu'il y a plein de chars parkés, vides, qui boucanent. Ces gens se rendent-ils compte de ce qu'ils font et ce qui se passe autour d'eux? Je ne comprend pas cette obstination obsessive qu'ont certains automobilistes à laisser tourner leur moteur quand ils sont stationnés. L'autre jour, quelqu'un a failli tuer toute sa famille parce qu'il a laissé le char tourner dans le garage. Quand vous allez à la caisse ou au dépanneur, ça prend jamais en bas de deux minutes et ça peut en prendre jusqu'à 10 mais surtout vous le savez pas en sortant du char. Mais le char est prêt à partir en 30 secondes! Qu'est-ce qui est le pire? revenir après 30 secondes et redémarrer pour rien ou revenir après 5 minutes et avoir boucané 5 minutes pour rien?

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Est-ce qu'il est si important que ça le plaisir supplémentaire que vous tirez que votre char soit à 25 degrés quand vous rentrez dedans par rapport à si il était à 20? Et puis les démarreurs à distance... vous êtes pas obligés de les partir au lever du lit! Ça prend pas une demi-heure chauffer un char, ça prend pas 10 minutes, ça en prend même pas 5 si t'es un douillet et qu'il te faut absolument qu'elle soit bien tiède... Les 3 minutes à endurer un char froid que ça vous sauve, trouvez-vous vraiment que ça vaut 20 minutes d'emboucaner les voisins et les passants? Vous êtes pas tout seuls à vous déplacer sur les voies publics et dans les stationnements!

Votre boucane émise inutilement, contient du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote, du dioxyde de souffre, de l'ozone et du benzène. Tout ça c'est pas bon pour le corps humain, imginez vous donc! Une estimation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique au Québec par l'Institut de santé publique a évalué les conséquences de la pollution atmosphérique à presque 2000 décès prématurés, 400 visites à l'urgence pour problèmes respiratoires et 246 000 journées de symptomes d'asthme. Pourriez vous arrêtez de faire exprès? Question de savoir vivre!

C'est ben le fun le capitalisme, pis votre droit individuel au confort absolu, mais il y a un problème d'injustice dans votre système: les piétons et cyclistes autour de vous ne peuvent pas être compensés pour ces externalités là que vous leurs faites subir, ni s'en prémunir en déboursant! L'utilité que vous tirez au coût 15 minutes à faire tourner votre char stationné est inférieure à celle que vous faites perdre à plusieurs personnes en les incommodant. Autrement dit, le confort que vous gagnez est sacrément moins grand que celui que vous faites perdre aux autres. Je vous demande donc si par gentillesse vous voudriez pas modérer un peu votre consommation. Étant donné que les droits de propriétés de l'air ne sont pas parfaitement définis, on peut peut-être s'entendre par civisme au lieu d'attendre que l'état intervienne sauvagement? Et si vous saviez pas, dans le règlement municipal R.A.V.Q. 337, le temps de moteur au ralenti maximum est de 3 minutes. Pourriez-vous svp nous épargner les poumons? Ça serait peut-être mieux que de continuer d'ambitionner comme vous le faites jusqu'à ce que la ville profite de la densité du idling pour renflouer ses coffres à coups de contraventions. Si les gens étaient juste davantage courtois, ils abuseraient moins du moteur au ralenti par respect pour les autres, et on en serait pas rendus là! Les lois arrivent quand le monde ambitionnent trop!no_idle.jpg

Nous, piétons et cycistes, on emboucane pas personne, on prend pas de place, on circule pas mal plus fluidement, on cause pas de traffic, on est moins dangereux pour notre entourage... on aimerait ça, pas avoir à subir l'inhalation de votre pétrole que vous gaspillez comme si c'était votre raison de vivre. Donc je répète ma requête polie, pourriez-vous faire preuve de civisme et arrêter d'abuser de votre droit de polluer en arrêtant de faire tourner votre moteur pour rien? On se sentirait un peu moins méprisés.

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