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2010.03.30

l'agriculture est une industrie rentable au Québec

À lire sur Cyberpresse.ca:

L'agriculture est une industrie rentable au Québec

Publié le 11 novembre 2009 à 06h44

Philippe Mercure

(Montréal) L'agriculture n'est pas un trou sans fond dans lequel le gouvernement lance son argent. Selon une étude publiée hier, les gouvernements tirent davantage d'argent qu'ils n'en injectent dans cette industrie. Et chaque dollar investi dans l'agriculture rapporte plus que si on l'avait placé dans l'industrie forestière, la construction ou l'hôtellerie.

Ce sont les conclusions étonnantes d'une étude de Maurice Doyon, professeur au département d'économie agroalimentaire à l'Université Laval, préparée pour l'Union des producteurs agricoles.

«L'impact économique de l'agriculture au Québec est positif, pas négatif», tranche M. Doyon.


Et le portrait que dresse M. Doyon va à l'encontre de bien des perceptions.

Selon les chiffres de l'économiste, les trois ordres de gouvernements ont investi 864 millions de dollars pour soutenir les producteurs agricoles en 2007. Mais en comptant tous les revenus fiscaux, incluant les prélèvements automatiques comme les cotisations sociales déduites de la paie des fermiers (ce que M. Doyon appelle la «parafiscalité»), on dépasse le milliard de dollars. Bilan final: un revenu net de 211 millions.

Le portrait est encore plus intéressant quand on regarde la transformation des aliments. Le secteur n'a bénéficié que de 96 millions en subventions en 2007, mais a rapporté 2,8 milliards en recettes fiscales.

Plus rentable que l'hôtellerie

L'agriculture ne rapporte évidemment pas que des impôts dans les coffres des gouvernements. Elle emploie aussi des gens (174 000 au Québec) et génèrent des retombées directes évaluées à 7,4 milliards de dollars.

L'agriculture ne compte que pour 2,6% du PIB québécois, ce qui peut paraître négligeable. Attention, dit toutefois M. Doyon: 2,6% du PIB, c'est autant que toute l'industrie de l'hébergement et de la restauration de la province, et davantage que l'industrie forestière, des arts et spectacles ou de l'assurance.

Les investissements en agriculture sont d'ailleurs intéressants à plusieurs égards. Prenez 100 millions et investissez-les chez les fermiers: vous allez générer 1042 emplois, soit davantage que si vous aviez mis la même somme dans la construction (846 emplois), l'industrie forestière (871 emplois) ou la finance et l'assurance (592).

Quant aux retombées économiques qui découleraient de cet investissement, elles seraient évidemment moindres que dans le secteur des services ou du commerce de détail. Mais elles se comparent avantageusement à plusieurs activités du secteur primaire, dépassant entre autres l'industrie de la construction, l'industrie forestière et celle de l'hébergement et de la restauration.

[VOIR L'ARTICLE AU COMPLET SUR CYBERPRESSE]

2010.03.26

Sol

2010.03.22

Preuves d'efficacité des suppléments

Il y a ce truc intéressant qui vient de sortir, un journaliste et deux chercheurs ont compilé le plus possible d'études sur l'efficacité de suppléments et publient leurs résultat sur un site  web:
http://www.informationisbeautiful.net/2010/snakeoil-scien...
Ils ont un rendering graphique du doc excel qu'ils rendent disponible en ligne, qui contient pas mal d'info...

2010.03.19

Le développement de l'industrie des agrocarburants

Entre panacée et poudre aux yeux

agrocarburants5.jpg

Des groupes environnementalistes faisaient jadis la promotion des biocarburants, comme étant une source d'énergie renouvelable pouvant réduire la dépendance au pétrole et être bénéfique pour l'environnement. Plus récemment, on se rend compte que leur développement a des effets secondaires socio-économiques importants, et un bilan environnemental mitigé. Le gouvernement annonce fièrement ses investissements dans cette filière comme si elle était une panacée pour l'énergie verte et le développement durable. Il y a toute une marge entre ces étiquettes et celles de ses opposants qui la qualifient de désastre écologique et humanitaire. Dans quelle mesure les agrocarburants peuvent-ils contribuer à réduire notre dépendance énergétique? Quels bénéfices pour l'environnement, le secteur agricole, et les consommateurs? Leur développement est-il imputable au capitalisme sauvage, à l'intervention étatique électoraliste, ou à un savant mélange des deux? Cet article tentera de faire la lumière sur ces questions.

Des distinctions technologiques

Il y a une distinction importante à faire entre les biocarburants de première génération et ceux de seconde génération. Les premiers font référence à la transformation de matériau simple, comme les glucides, de l'huile végétale ou du gras animal, en carburant, par des technologies conventionnelles. Ces biocarburants sont souvent fait à partir de biomasse expressément produite pour cet usage.

Ceux de deuxième génération transforment des matières résiduelles, ou des cultures non-alimentaires, en carburant, et font appel à des technologies plus avancées. Elles promettent de mettre beaucoup moins de pression sur la demande des aliments et des terres agricoles, et de pouvoir valoriser des matières qui sont autrement des polluants. Les usines de biométhanisation, qui commencent à faire les manchettes, ainsi que la production d'éthanol à partir de résidus forestier ou de panic érigé, sont des exemples de technologie à biocarburant de deuxième génération.

Les biocarburants de troisième génération n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements de recherche fondamentale. Ce sont des procédés utilisant une technologie avancée, qui promettent un retour sur l'investissement énergétique beaucoup plus élevés. Il peut s'agir par exemple d'algues productrices d'huile à haut rendement, d'algues produisant directement de l'éthanol, ou de cultures qui sont conçues de sorte que leurs propriétés se conforment aux besoins du processus de conversion, comme la production d'un maïs contenant de la cellulase (l'enzyme qui dégrade la cellulose, facilitant sa transformation en éthanol). Chose certaine, leur production de masse n'est pas près de voir le jour.

Nous verrons dans cet article que le développement des biocarburants est surtout propulsé par les investissements gouvernementaux aux objectifs discutables, et est axé sur les biocarburants de première génération, avec les limites que tout cela implique.

Les fonds publics au développement des agrocarburants

Le 2 mars dernier était annoncé un nouvel investissement de 80 millions $ dans une usine d'agrocarburant. La subvention à GreenField Ethanol pour augmenter sa production de 120 à 145 millions de litres par an peut paraître généreuse comparé au 18 millions dont l'entreprise a bénéficié pour la construction initiale de cette usine qui a commencé ses opérations début 2007. Ce n'est qu'en avril 2008 que le programme fédéral écoÉnergie pour les biocarburants est entré en vigueur. Le programme, disposant de 1,5 Milliards $ sur 9 ans pour les agrocarburants de première génération, vise à stimuler la production de biocarburants pour répondre à la demande créée artificiellement par le gouvernement avec ses norme de E5 (essence à 5% éthanol) et de B2 (diesel à 2% de biodiesel) pour 2010. Depuis, plusieurs usines de transformation ont bénéficié des investissements de ce programme. Le Ministère des ressources naturelles qui administre le programme a tôt fait de distribuer les subventions, telles que compilées dans le tableau 1.

 

Tableau 1: Investissements du programme écoÉnergie pour les biocarburants

Date

Montant

Province

Ville

Type

Compagnie

10-02-10

79 750 000 $

Québec

Varennes

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-12-17

8 400 000 $

Saskatchewan

Lanigan

usine éthanol

Pound-Maker

09-11-10

77 750 000 $

Saskatchewan

Belle Plaine

usine éthanol

Terra Grain Fuels

09-10-02

110 000 000 $

Ontario

Mooretown

usine éthanol

Suncor

09-09-25

70 000 000 $

Saskatchewan

Lloydminster

usine éthanol

Husky

09-09-25

5 400 000 $

Ontario

mississauga

usine biodiesel

Methes Energies

09-08-31

13 720 000 $

Saskatchewan

Weyburn

usine éthanol

NorAmera Bio Energy

09-08-24

72 800 000 $

Manitoba

Minnedosa

usine éthanol

Husky

09-08-21

72 400 000 $

Ontario

Hamilton

usine biodiesel

BIOX

09-06-19

117 500 000 $

Ontario

Johnstown

usine éthanol

Greenfield Ethanol

09-05-29

19 900 000 $

Alberta

High River

usine biodiesel

Western Biodiesel

09-05-20

84 760 000 $

Ontario

Aylmer

usine éthanol

Integrated Grain Processers

09-04-17

72 800 000 $

Ontario

Chatham

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-15

14 000 000 $

Ontario

Tiverton

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-08

23 200 000 $

Alberta

Red Deer

usine éthanol

Permolex Ltd

Total

842 380 000 $

 

 

 

 

source: Ressources Naturelles Canada, http://www.nrcan.gc.ca/media/archives-eng.php

 

Le gouvernement ne cachait pas que l'intention derrière ce programme était à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec ses normes en contenu de carburant (E5 en 2010 et B2 en 2012), et créer des « débouchés économiques exceptionnels pour les 61 000 producteurs de grain et de graines oléagineuses du pays1 ».

Les promesses vertes

Selon les données du gouvernement, le gain environnemental de la conversion aux biocarburants est fort important: en tenant compte du cycle de vie complet de l'éthanol, celui-ci générerait 40% moins de GES que son substitut fossile. Cependant, une analyse de cycle de vie réalisée en 2007 a obtenu des résultats franchement différents. Les chercheurs ont calculé le coût énergétique de chaque intrant de la production de maïs, par hectare. Ceux-ci incluent l'amortissement de machinerie, le carburant, la fabrication d'engrais et de pesticides, et le transport moyen. Les coûts énergétiques totaux pour la production de 1 ha de maïs s'élèvent donc à 7 543 kcal. Le rendement de maïs moyen par hectare étant de 8 781 kg, son potentiel énergétique est de 31 612 kcal, un ratio positif de 4,2:1. C'est quand on inclut le coût énergétique de la transformation que ça se corse. Avec l'amortissement de l'usine, l'eau et la vapeur utilisées, l'électricité, et les transports, le coût total par 1000 L d'éthanol est de 7 333 kcal. Or, la valeur énergétique de 1000 L d'éthanol est de 5 130 kcal. Ainsi, 43% plus d'énergie serait dépensée pour produire l'éthanol, que ce qui peut être fournit par la même quantitée.2 On y note au passage que chaque litre d'éthanol produit implique le rejet par l'usine de 12 litres d'eaux usées.

 

Tableau 2: Rendement énergétique de l'éthanol de maïs (kcal)

 

Coût énergétique

Valeur énergétique

Ratio coût:retour

Culture seulement, 1 ha

7 543

31 612

4,2:1

Transformation, 1000 L

7 333

5 130

0,7:1

source: Pimentel, 2004

 

Une autre étude américaine obtient des résultats moins « pessimistes », mais tout de même peu encourageants dans une perspective de développement durable. Selon leurs chiffres, l'éthanol fournit 25% plus d'énergie que ce qui est investi dans sa production. Dans le cas du biodiesel, ce chiffre est de 93%, un ratio de retour d'énergie sur l'énergie investie tout de même inférieur à 2:1. Les auteurs relativisent aussi le potentiel comme substitut au pétrole: selon eux, dédier la totalité de la production américaine de maïs et de soja à la production de biocarburants ne comblerait que 12% et 6% de la demande, respectivement3. Si on fait la même estimation pour le Québec, 20% des besoins en essence seraient comblés par la totalité des superficies de maïs4.

En fait, si l'industrie des biocarburants de première génération se développe autant malgré ce piètre potentiel économique, c'est grâce aux subventions massives octroyées par les gouvernements en manque de réalisations environnementales. Si le gouvernment est prêt à investir pour créer des jobs et améliorer le bilan environnemental, pourquoi ne pas le faire dans des secteurs plus judicieux? Peut-être est-ce l'influence du lobby des producteurs de grains et des raffineurs. Ou encore, peut-être que la logique conservatrice préfère dépenser pour créer une industrie de toute pièce, et laisser les industries déjà en place tranquilles, plutôt que de dépenser dans des actions qui auraient pour effet de limiter les industries jugées importantes. Ça expliquerait pourquoi on développe les agrocarburants au lieu d'investir dans l'efficacité énergétique et de modifier les pratiques de l'industrie pétrolière, et et pourquoi on subventionne les constructeurs automobiles au lieu des transports en commun.

Un des éléments clefs dans cette affaire, c'est que pour développer les biocarburants, le fédéral investit presque uniquement dans la construction d'usines de transformation. Cette industrie comme celle des pétrocarburants, connaît le phénomène d'imbrication des marchés. C'est à dire que le produit final, l'éthanol, n'est pas le même que le produit de départ, la céréale, et l'intermédiaire, le raffineur, a une grande influence. L'instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et les investissements directs dans des usines de transformation ont comme effet d'augmenter fortement la demande de céréales et oléagineux. Même si les mêmes variétés ne sont pas utilisées pour l'alimentation humaine, leur production exploitent la même ressource, la terre agricole, qui, elle est en quantité limitée. L'augmentation de la demande dans un marché où l'offre peut difficilement augmenter résulte en une forte augmentation du prix du produit. Les investissement qui stimulent la demande sans stimuler l'offre des céréales et des terres agricoles mettent une pression à la hausse sur leur prix. Cet effet secondaire du développement des agrocarburants est fortement controversé.

Une critique acerbe

Oxfam International a produit en 2008 un document d'information assez accablant sur les agrocarburants. L'auteur, Robert Bailey, juge que les politiques des pays industrialisés visant à stimuler cette industrie ne font pas partie de la solution pour la crise énergétique, ni la crise climatique, et qu'elle contribue plutôt à la crise alimentaire. On y cite une analyse parue dans Science, qui estime que les émissions de GES indirectes résultant des changements d'affectation des terres confèrent un bilan carbone négatif aux vastes programmes de biocarburants. En effet, les écosystèmes naturels tels que forêts, tourbières, pâturages, zones marécageuses, stockent généralement davantage de carbone que les agroécosystèmes, dans les sols et la végétation. Les grandes monocultures de plantes annuelles ne stockent pas de carbone dans la matière ligneuse, et la travail du sol nuit à sa biomasse et cause l'échappement du carbone. Oxfam suggère qu'il serait beaucoup plus efficcace d'améliorer l'efficience des véhicules pour réduire les GES. L'auteur réitère la futilité d'essayer de remplacer de façon significative la consommation du pétrocarburant par des agrocarburants. Il recommande de retirer les subventions aux agrocarburants de première génération, et d'investir à la place dans la recherche pour les biocarburants de seconde génération, qui n'encouragerait pas la monoculture et ne menacerait pas la sécurité alimentaire. Ils recommande de miser plutôt sur l'efficacité des transport par l'investissement dans le transport en commun, de meilleures politiques de vitesse et de meilleurs standards d'efficience des véhicules. Les technologies de seconde génération devraient être rendues accessibles aux pays en voie de développement (PVD) et le bilan environnemental des bioénergies devraient être évalués rigoureusement par des analyses de cycle de vie.5

La situation chez nous

En 2008, on dénombrait une quinzaine d'usines d'éthanol en opération au Canada, ayant une capacité de production de 1,6 milliards de L par année. Sept sont situées dans les prairies font l'éthanol à partir de blé, et 7 autres en Ontario, transformant le maïs. Au Québec, il n'y aurait que l'usine de Varennes, avec une future capacité de production de 145 millions de L.6

Il existe peu de mesures propres au Québec pour le soutien du secteur, à part des crédits de taxes et impôts. Depuis mars 2006, le gouvernement du Québec rembourse la taxe payée sur les achats de plus de 3 000 litres de B1007. Des crédits d'impôts sont accordés aux (à l') usines d'éthanol lorsque le prix du baril de pétrole est inférieur à 65 $US. À ce jour, la seule usine d'éthanol au Québec est celle de Greenfield, et le marché du pétrole ne lui a jamais permis de profiter de ce crédit.

Bien entendu, les normes fédérales en matière de teneur en biocarburants s'appliquent au Québec. Dans le cas de la norme B2, la demande grimperait à 120 millions de litres de bioediésel, soit 85 millions de plus que la capacité actuelle. La norme E5, fera grimper le besoin en éthanol à 420 millions de L (5% des 8,4 milliards consommés annuellement).

Toutefois, il est reconnu que la monoculture intensive et les intrants chimiques comporte des risques environnementaux, notamment au niveau de la dégradation des sols et de la contamination des cours d'eau. Ces impacts éventuels, ainsi que les bilans énergétiques et carboniques mitiés, retiendraient le gouvernement provincial d'investir dans ce secteur de façon plus importante. 8

La production de biodiesel pour l'autoconsommation offre un potentiel intéressant. Plusieurs ensembles sont vendus sur internet pour effectuer à petite échelle la transestérification, la transformation délicate de l'huile en biodiésel. Cependant, au-delà de la complexité de l'opération même, la production artisanale de biodiesel annule la garantie des fabricants de voitures et de l'équipement agricole.

Ce qui est certain, c'est que le secteur ne se développerait pas par lui-même sans intervention gouvernementale. Même avec les incitatifs actuels, les transformateurs peinent à faire leur place, surtout dans le biodiesel puisque nous sommes encore à deux ans de l'application de la norme B2. La faillite récente de Bio-Diésel Québec, qui blâme la faiblesse des prix sur le marché, en témoigne9.

Un potentiel plus intéressant?

Il existe toutefois des produits et technologies plus prometteurs que l'éthanol de maïs et le biodiesel de canola. L'éthanol cellulosique est une voie qui pourrait avoir de l'avenir à moyen terme. Cette technologie permet de produire de l'éthanol à partir de cellulose, ce qui fait qu'on peut valoriser des résidus agricoles, forestiers et ménagers, ainsi que certaines cultures non alimentaires comme le panic érigé, le saule, et le peuplier hybride.

Toutefois, il existe peu d'incitatifs pour développer ce secteur qui fait face à des défis technologiques importants. Le programme fédéral ÉcoÉnergie a octroyé 500 millions $ au Fonds de biocarburants ProGenMC, administré par la fondation Technologies du développement durable Canada (TDDC),pour la construction d'infrastructures de seconde génération10. En 2007, le gouvernement du Québec a créé la Chaire de recherche industrielle sur l'éthanol cellulosique à l'Université de Sherbrooke. Deux usines de démonstration d'éthanol cellulosique ont également reçu un soutien gouvernemental: Enerkem (Westbury) et CRB Innovation (Bromptonville).11 Ces usines devraient faciliter l'éventuelle implantation d'usines de taille commerciale.

Une des difficultés avec l'éthanol cellulosique est que, bien que sa matière première soit peu dispendieuse, elle est très dispersée, ce qui pose des défis logistiques énormes (comme dans toute l'histoire de la gestion des matières résiduelles). De plus, le processus de l'hydrolyse enzymatique, qui décompose la cellulose, est lent et coûteux, empêchant la rentabilité de l'opération. Des bactéries et enzymes spécifiques plus performantes devront être développées. Il serait possible aussi diminuer le coût de la fermentation en développant des bactéries pour remplacer les levures, qui accéléreraient cette opération et fourniraient un meilleur rendement.12

Des plantes ayant un meilleur potentiel énergétique que le maîs pourraient éventuellement être cultivées pour la production énergétique. Des plantes ligneuses, comme le saule et le peuplier, ainsi que des plantes herbacées comme l'alpiste roseau, le miscanthus géant et le panic érigé ont une croissance rapide, un haut rendement en biomasse et une valeur énergétique élevée, faisant d'eux de bons candidats13.

Le panic érigé est l'exemple d'herbacée à usage énergétique le plus connu. Multifonctionnel, il a le potentiel d'être transformé en granules pour le chauffage, en biogaz, en litière pour animaux, en pâte à papier ou en isolant de maison. Une usine de transformation devrait bientôt ouvrir à Bedford, en Montérégie. Le panic érigé peut être cultivé dans des terres marginales, contaminées ou laissées à l'abandon, et peut même être utilisé dans des bandes riveraines, ce qui signifie qu'elle ferait moins de compétition à la production alimentaire. C'est une plante vivace, donc sa culture ne requiert pas de travail du sol. Son rendement prend deux ou trois ans à démarrer mais peut produire pendant 10 à 15 ans. Son rendement énergétique, à la culture est de 14:1. Il serait beaucoup exporté présentement car la capacité de transformation locale est faible.14 Ses propriétés agronomiques sont également interessantes: elle résiste bien à l'excès ou au manque d'eau, requiert peu d'herbicides, est récolté par la même machinerie que les fourrages, et offre un rendement annuel de 8 à 12 tonnes de matière sèche par hectare, similaire au maïs.15

Le recherche est toujours en cours pour évaluer le potentiel de ces productions énergétiques au Québec. Leur coût énergétique moindre en fait d'éventuels compétiteurs du maïs pour la biomasse à biocarburant. La disponibilité pour les producteurs de l'information et de l'expertise est un enjeu certain dans le développement de ces production, tout comme le besoin, dans le cas de certaines productions, d'avoir recours à une machinerie spécialisée. Par ailleurs, la production de ces cultures ne disposent pas de soutien de l'état, contrairement aux maïs, soya, canola. Cependant, les usines qui transforment l'éthanol à base de maïs ne peuvent être converties de façon économique à la production d'éthanol cellulosique16. Elles ne viendront pas remplacer la production actuelle d'éthanol-maïs, elles peuvent tout au mieux se substituer à son expansion éventuelle.

Conclusion

Le bénéfice net associé au développement rapide des agrocarburants, surtout de première génération est très incertain. Des pays industrialisés, dont le Canada, se sont lancés rapidement, peut-être en réponse à des lobbys envrionnementaux, industriels et agricoles, dans le développement de la capacité de transformation des biocarburants de première génération. Selon les chiffres mis de l'avant ici, le bilan énergétique de ce qui est fait actuellement est loin d'être excellent, tout comme son bilan environnemental global. La capacité de cette filière à éventuellement remplacer le pétrole comme sources principale énergétique est fort improbable. Les biocarburants de deuxième et troisième génération offrent un certain potentiel, mais seulement à long terme, et en supposant que les technologies connaissent des avancées formidables. Il serait peut-être plus judicieux que les investissements dans le secteur aillent davantage au développement de ces technologies plus prometteuses, plutôt que vers l'industrie de agrocarburants de première génération, qui engendre des problèmes socio-économiques et sera éventuellement obsolète. En attendant, il faudrait peut-être mettre en place des règles solides ou des incitatifs au niveau de l'utilisation des terres pour que les cultures énergétiques ne viennent pas compétitioner l'offre alimentaire.

Références

1 Le nouveau plan du gouvernement sur les biocarburants fait deux gagnants : l’environnement et les agriculteurs. 2007. http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?category=1&id=1731

2 Pimentel, D., Patzek, T. et Cecil, G. 2004. Ethanol Production: Energy, Economic, and Environmental Losses. Reviews of Environmental Contamination and Toxicology. 2007;189:25-41.

3 Hill, J. et collab. 2006. Environmental, economic, and energetic costs and benefits of biodiesel and ethanol biofuels. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, Epub 2006 Jul 12.

4 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC029.pdf

5 Bailey, R. Another inconvenient truth. Oxfam International.

6 CRAAQ, 2008. La production d'éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

7 CRAAQ, 2008. La production de biodiesel à partir de cultures oléagineuses [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC031.pdf

8 CRAAQ, 2008, La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

11 Renaud, R. Nouvelle Chaire de recherche industrielle en éthanol cellulosique. Liaison, vol.41 No.19 [en ligne] http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html

12 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC030.pdf

13 Ibid.

14 Chauvette, Sam. Chronique radio du 28 janvier 2008. Rotation de cultures: les biocarburants. [en ligne] www.chyz.ca/emissions/le-brunch/

15 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique

16 Ibid.

2010.03.16

Le contrôle de l'information des Conservateurs (3)

Articles choc cette semaine dans le Devoir:

Scientifiques muselés - Prentice nie une directive spéciale

Ottawa — À l'Environnement comme partout ailleurs. Le ministre Jim Prentice a laissé entendre hier en Chambre que le protocole qui interdit aux scientifiques de son ministère de répondre directement aux questions des journalistes n'a rien d'unique et représente plutôt la norme dans le gouvernement.

«Environnement Canada a la même politique de relations publiques que tous les autres ministères au gouvernement du Canada», a lancé M. Prentice durant la période de questions. Il a qualifié «d'allégation grotesque» une question du député libéral David McGuinty faisant état d'un rapport interne d'Environnement Canada où l'on déplore que les scientifiques du ministère ne puissent plus s'exprimer librement dans les médias.

Dévoilé dans certains journaux hier, le rapport indique que le gouvernement a implanté un protocole de relations avec les médias très serré pour les scientifiques. Ceux-ci doivent renvoyer tous les appels directs de journalistes au service des communications, et faire rapport de l'appel à leur supérieur et à leur conseiller en communication. S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les scientifiques doivent aussi aviser le service des communications.

Si on leur permet de parler à un représentant des médias, les scientifiques doivent indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront et rédiger un rapport après l'entrevue. Le rapport montre que la politique a l'effet escompté: les médias font de moins en moins appel à ces scientifiques qui n'arrivent pas à répondre aux questions dans les délais de la presse.

Environnement Canada a calculé que la couverture médiatique de la science des changements climatiques a diminué de 80 % depuis l'entrée en vigueur de la directive, en février 2008. Avec les nouvelles règles, quatre de ses scientifiques renommés ont pratiquement disparu des écrans radars des médias. Cités dans 99 articles pour les neuf premiers mois de 2007, ils n'ont plus été demandés que pour 12 articles durant la même période en 2008.

Environnement Canada - Aucun scientifique n'a été muselé, assure Jim Prentice

Le Bloc accuse le Ministère de vouloir diriger la recherche

Guillaume Bourgault-Côté 17 mars 2010

Ottawa — Tout va bien avec les scientifiques d'Environnement Canada (EC), estime le ministre Jim Prentice. Ce dernier dément que quiconque ait été muselé dans son ministère, au moment où le Bloc québécois dénonce le fait que les communications écrites des scientifiques sont elles aussi soumises à un contrôle strict.

Devant le Comité parlementaire de l'environnement, M. Prentice est revenu hier sur la polémique des scientifiques pour réitérer qu'il s'agit là d'un faux débat. «Nous avons des chercheurs qui travaillent à Environnement Canada, nous accordons de la valeur à leur travail et à la recherche scientifique en général, a indiqué le ministre de l'Environnement. Depuis que je suis au ministère, il n'y a pas eu de plaintes [de scientifiques mécontents]. Les chercheurs ne s'estiment pas muselés.»

M. Prentice a répété que la politique de communication qui a cours à EC est la même que partout ailleurs au gouvernement. «Les règles s'appliquent à tous les employés, ce sont les mêmes partout.»

Un rapport interne d'EC dévoilé lundi a fait état de la colère des scientifiques du ministère, contraints par une nouvelle politique de communication adoptée en 2008. Celle-ci interdit notamment aux scientifiques de répondre directement aux appels des journalistes. Ils doivent plutôt renvoyer leurs demandes au service des communications en plus de faire rapport de l'appel à leur supérieur.

S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les chercheurs doivent aviser le service des communications. Et si celui-ci autorise une entrevue, les scientifiques devront indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront. Le rapport montre que la politique a eu pour effet de diminuer considérablement la présence de ces spécialistes dans les médias.

Mais il y a plus, estime le Bloc québécois. En prenant appui sur un autre document — la norme d'EC concernant les publications scientifiques et techniques —, le critique du Bloc en matière d'environnement, Bernard Bigras, s'est demandé hier si le gouvernement ne cherchait pas à imposer aussi un «guide du bon scientifique».

M. Bigras s'est insurgé d'un passage qui précise que tout auteur d'une publication scientifique publiée par EC doit se demander si la publication «est importante et pertinente [en regard des] politiques, priorités et réglementations principales du gouvernement». «C'est une ingérence dans le contenu, estime le député. Le ministère tente de diriger la recherche et le contenu scientifiques.»

Jim Prentice a rétorqué qu'il «faut que les recherches soient intègres, que les résultats soient exacts, que la méthodologie soit fiable. Nous avons publié un guide qui pose des questions opportunes», sans imposer de conclusions, dit-il.

2010.03.13

Québec: règlement sur le moteur au ralenti

Merci de ne pas boucanner pour rien
Trop de gens ignorent le pertinent règlement municipal 337, en vigueur depuis le 19 juin 2009.

Il gagnerait à être connu.

  • Il met la durée maximale de moteur au ralenti permise à 3 minutes.
  • Il autorise les policiers à pénétrer dans les propriétés privées pour l'appliquer.
  • Il prévoir une amende de 150 $ à 2 000 $ pour les contrevenants.


Voici les passages pertinents:

RÈGLEMENT R.A.V.Q. 337
RÈGLEMENT DE L’AGGLOMÉRATION SUR LA MARCHE AU
RALENTI DU MOTEUR DES VÉHICULES


Ce règlement vise l’assainissement de la qualité de l’air au moyen du contrôle de la durée de marche au ralenti du moteur des véhicules.
Ce règlement prévoit que la marche au ralenti du moteur des véhicules est interdite pendant plus de trois minutes par période de 60 minutes.
Ce règlement fixe le montant des amendes minimales et maximales pour les personnes physiques ou morales qui commettent une infraction à celui-ci.

CHAPITRE III
INTERDICTIONS
3. Il est interdit à quiconque de laisser le moteur de son véhicule en marche au ralenti pour une durée supérieure à :
1° trois minutes, par période de 60 minutes, sous réserve des paragraphes 2° et 3°;
2° cinq minutes, par période de 60 minutes, dans le cas d’un véhicule lourd dont le moteur est alimenté au diesel, sous réserve du paragraphe 3°;
3° dix minutes, par période de 60 minutes, pour un véhicule lourd dont le moteur est alimenté au diesel, entre la période du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante.

CHAPITRE V
TERRITOIRE D’APPLICATION
6. Ce règlement s’applique sur toute voie de circulation de l’agglomération de Québec ainsi que sur tout terrain public ou privé de ce territoire et tout fonctionnaire chargé de l’application de celui-ci est autorisé à pénétrer sur une propriété privée afin de  s’assurer du respect de ce dernier.
CHAPITRE VI
INFRACTION ET PEINES
7. Quiconque contrevient ou permet que l’on contrevienne à l’article 3 du présent règlement commet une infraction et est passible d’une amende dont le montant est, dans le cas d’une personne physique, d’un minimum de 150 $ et d’un maximum de 1 000 $ et, dans le cas d’une personne morale, d’un minimum de 300 $ et d’un maximum de 2 000 $.

Il est accessible sur http://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/reglements_permis/...

Suggestions pour ceux qui sont tannés: imprimez et distribuez de petites cartes aux boucaneux...

2010.03.10

pétition - commerce de l'ivoire

resized_1936_Ele%2010.jpgSource: Avaaz

Ce week-end (le 13 mars), 2 gouvernements africains vont tenter de faire lever l'interdiction du commerce international de l'ivoire -- une décision qui pourrait décimer des populations entières d'éléphants et conduire à terme à l'extinction de ces animaux exceptionnels.

La Tanzanie et la Zambie font pression sur les Nations-Unies pour obtenir une exemption de cette interdiction, mais ce serait envoyer un signal clair aux trafiquants d'ivoire leur indiquant que la protection internationale faiblit et leur laisse les mains libres pour perpétrer leurs crimes. Un autre groupe d'Etats africains a contre-attaqué en demandant une extension de l'interdiction mondiale pour 20 ans.

Pour sauver les éléphants encore vivant sur le continent, la meilleure option est d'agir avec les écologistes africains et obtenir leur protection. Il ne nous reste que 4 jours et l'organisme de l'ONU en charge des Espèces Menacées ne se réunit que tous les 3 ans. Cliquez ci-dessous et signez notre pétition urgente pour la protection des éléphants, puis diffusez largement ce message pour que nous puissions remettre des centaines de milliers de signatures au sommet de l'ONU à Doha.

Il y a plus de 20 ans, La Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées a adopté une interdiction du commerce international de l'ivoire. Le braconnage et les prix de l'ivoire ont alors chuté. Mais en raison d'une faible mise en oeuvre du texte et de 'ventes uniques expérimentales', similaires à ce que la Tanzanie et la Zambie sont en train de demander, le braconnage a repris et le commerce illégal est devenu une activité lucrative -- les braconniers peuvent blanchir leur ivoire obtenu illégalement en l'intégrant dans les stocks autorisés par la convention.

Aujourd'hui, malgré l'interdiction mondiale, plus de 30 000 éléphants sont abattus chaque année et leurs défenses découpées avec des haches et des tronçonneuses par les braconniers. Si la Tanzanie et la Zambie obtiennent leur dérogation, ce commerce criminel pourrait prendre encore plus d'ampleur.

Signer la pétition

2010.03.08

Chantal Hébert sur Jim Prentice

Chantal Hébert décortique délicieusement la médiocrité de Jim Prentice dans cette chronique de l'Actualité du 5 mars 2010:

Ministre fédéral des Ressources naturelles depuis le début de l’année, le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, est désormais responsable du développement de l’industrie énergétique canadienne au sens large. À ce titre, on ne l’imagine pas se rendre à la Chambre de commerce de Québec afin de prononcer un discours pour dénoncer les sables bitumineux de l’Alberta ou pour taxer le gouvernement de cette province de laxisme environnemental.

Mal lui en prendrait, d’ailleurs, car on peut croire qu’il serait congédié de la direction de son ministère sur-le-champ, voire du cabinet fédéral. Et cette sanction serait dans l’ordre des choses. En se livrant à une charge publique con­tre l’industrie pétrolière et l’Alberta sur une tribune québé­coise, Christian Paradis manquerait deux fois plutôt qu’une à son devoir ministériel.

Dans un premier temps, sa mission de responsable du portefeuille des richesses naturelles consiste à prêcher pour sa paroisse à la table du Cabinet et dans la vie publique. Ensuite, à titre de membre du cabinet fédéral, le ministre Paradis a le devoir, moral celui-là, de ne pas exacerber inutilement les rivalités, déjà multiples, et les préjugés, déjà nombreux, entre les diverses régions du Canada.

(...)
Ce double manquement, que le premier ministre Stephen Harper aurait raison de ne pas tolérer de la part de son lieutenant québécois, le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, l’a commis impunément quand il a prononcé à Calgary, le 1er février dernier, un discours dans lequel il qualifiait de sottise la nouvelle réglementation québécoise pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles.

De mémoire de correspondant parlementaire, le spectacle d’un ministre fédéral de l’Environnement s’attaquant de front aux efforts d’une province pour améliorer son bilan écologique est inédit.

(...)
Devant son public albertain, le ministre Prentice a nommément cité l’initiative québécoise comme un exemple de geste susceptible de nuire aux intérêts commerciaux du Canada.

[lire l'article au complet]

2010.03.03

Contrôle de l'information par le gouvernement conservateur (2)

On peut lire dans Le Devoir (Censure à Ottawa: trois ministres soupçonnés) qu'il y a maintenant trois enquêtes ouvertes au commissariat à l'information du Canada concernant l'ingérence de ministres dans l'accès à l'information. La commissaire n'a pu révéler quels ministres sont en causes dans ces trois enquêtes, jugées prioritaires. Récemment, une autre fuite révélait au Hill Times que le PM Harper met depuis longtemps de la pression sur les fonctionnaires pour retarder les demandes d'accès à l'information et permettre au PM de censurer ce qui est compromettant. Le cas de Christian Paradis, sorti au grand jour récemment, n'était donc pas isolé, et est le symptôme d'une stratégie plus large du gouvernement conservateur pour contrôler l'information. L'an dernier, on pouvait déjà lire dans la Presse que le conseil privé (le ministère du PM) les demandes d'accès à l'information exige des différentes institutions qu'elles lui transmettent les demandes d'accès à l'information. «Ça provoque un étranglement et l'information sort au compte-gouttes», selon l'avocat Michel Drapeau, spécialiste de l'accès à l'information.

En fait, le fonctionnaire qui a été pris à censurer le document pour Paradis ne faisait rien de différent de ce qui se fait dans les autres ministères, selon la source du Hill Times. Paraîtrait-il que Harper s'emporte et engueule les fonctionnaires quand la réponse d'une demande d'accès  à l'information sort en contenant davantage d'information qu'il ne voudrait qu'il y en ait.

Par exemple, on demanderait à l'entourage du ministre de trouver une façon d'exiger des fonctionnaires que le document soit révisé par le Conseil privé, le ministère du premier ministre, ce qui permettrait d'allonger les délais et donnerait plus de latitude pour censurer les documents.

Il s'agirait d'une directive verbale en place depuis 2006, lorsque le gouvernement Harper a pris le pouvoir. Rappelons que cette loi est appliquée par les fonctionnaires et est normalement à l'abri des ingérences politiques. (Le Devoir)


Le problème ne serait pas nouveau, seulement il empire. "Over the decades, governments have gotten much smarter about ways in which the act can be circumvented or subverted … and successive governments have become more sophisticated at finding the loopholes. (...) Right now there is no penalty, essentially, for failing to obey the Access to Information Act: Government breaks the law almost every day, and yet there are no real consequences," (The Hill Times)

Une chance qu'on a une commissaire à l'information pour faire son travail, tandis que le gouvernement lui met les bâtons dans les roues:

En avril dernier, la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, a demandé au gouvernement d'obtenir un budget spécial pour lancer une enquête systémique sur les agissements de certains ministères qui ne respectent pas les délais de réponse obligatoires contenus dans la Loi sur l'accès à l'information.

Le gouvernement a refusé la demande de financement du Commissariat à l'information. Toutefois, lors d'une entrevue accordée au Devoir, Mme Legault a expliqué qu'elle a réussi à remanier son budget pour dégager des ressources à l'interne et ainsi lancer son enquête sans avoir besoin d'un financement accru.
(,,,)
La commissaire veut notamment savoir si le système parallèle mis en place depuis quelques années ralentit le traitement des demandes. Les requêtes des citoyens en vertu de la loi sont traitées plus rapidement et sont moins surveillées que les demandes en provenance des médias, qui prennent un chemin plus politique. Le Bureau de l'accès à l'information doit alors prévenir le bureau du ministre qu'un document sera remis à un journaliste. Ce document est souvent révisé par l'entourage du ministre.  (Le Devoir)

Certains qui font régulièrement usage de la loi à l'accès à l'information se sont mis à combattre l'ingérence politique sur leur requêtes en remplissant des demandes d'accès à l'information sur comment leurs propres demandes d'accès sont traitées! C'est ainsi que l'histoire de Christian Paradis a pu être révélée, selon le Hill Times.

2010.03.01

500 000 signatures contre le projet de loi ougandais "Kill the gays"

La pétition mondiale contre le projet de loi ougandais "Kill the gays" a été déposé au parlement Ougandais, avec plus de 500 000 signatures. Le président aurait assuré qu'une attention sérieuse sera accordée à la demande.

Petition against Anti-Gay Bill Delivered to Ugandan Parliament

Alisha Ryu,  Nairobi, Voice of America News, 2010.03.01

Critics say bill's passage could set precedent for other African countries, which have criminalized homosexuality, homosexual behavior in recent years

Homosexuality is already illegal in Uganda, a crime punishable by as long as 14 years in prison.  But Uganda's parliamentary committee is now reviewing a bill that contains provisions for the death penalty for some homosexual acts, fines and jail terms for some citizens who do not report homosexual activity, and 7-year prison terms for anyone who aids or abets homosexual activities, including HIV/AIDS service workers.

Homosexuality is illegal in more than 30 African countries, and international human rights activists say gays, lesbians, and bisexual people are under increasing attack in many parts of the continent, often on religious grounds.