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2012.03.28

La nouvelle géopolitique canadienne

Excellent article du MacLeans qui décrit la géopolitique canadienne et son impact sur l'économie.

How Ottawa runs on oil
Suddenly Western money and influence are driving everything that happens in the nation’s capital
Paul Wells and Tamsin McMahon, with Alex Ballingall

James Moore, retard extraordinaire

Les conservateurs se comportent comme des bullies au parlement.

2011.12.18

Garbage warrior

2011.12.17

Roger Doiron's subversive plot

TEDxDirigo - Roger Doiron - A Subversive Plot: How to Grow a Revolution in Your Own Backyard

2011.12.13

Hans Rosling sur les tendances de développement et GapMinder

une présentation excellente qui parle de statistiques et de développement: Hans Rosling qui présente des stats animatées avec l'incroyable outil gapminder.org

"Hans Rosling shows the best stats you've ever seen"

23:03 Publié dans Économie, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ted | |  Facebook

2011.10.22

Mathieu Roy à tout le monde en parle

On parle des vraies affaires à tout le monde en parle!

2011.07.20

Chine-Canada: Y'en finissent pu de pelleter de la marde.

La chine exploite notre pétrole sale pour faire du plastique pour faire des cochonneries qu'on leurs achète qu'on consomme et qu'on enfouira dans des dépottoirs. Le circuit linéaire du gaspillage des ressources, du sous-sol canadien au sol canadien en passant par les sweat shop chinoises, en détruisant notre environnement au passage. Le tout pour satisfaire l'idéologie qui dit créer de la richesse, prospérité économique et god bless Canada. ça doit être ça la liberté économique, la liberté de se faire exploiter ses ressources par une dictature pour que les affairistes fassent plus de cash. Je comprendrai jamais le monde qui sont à l'argent.
Bientôt on va pouvoir leur acheter des chars et on va pouvoir s'acheter plus de chars et faire plus de parking, le gaspillage étant l'aboutissement de l'existence humaine pour la religion consumériste dans laquelle nous vivons.

Sables bitumineux : la Chinoise CNOOC achète OPTI Canada

Sables
        bitumineux

La compagnie pétrolière chinoise CNOOC a abouti à une entente pour l'achat d'OPTI Canada de Calgary moyennant 2,1 milliards de dollars.

Les membres du conseil d'administration d'OPTI Canada ont voté à l'unanimité pour l'offre d'achat de la firme chinoise, expliquant qu'elle était dans le meilleur intérêt de la compagnie albertaine.

OPTI Canada, qui a été créée en 1999, oeuvre dans l'exploitation des sables bitumineux. Pour sa part, CNOOC est l'une des trois sociétés d'État chinoises du domaine du pétrole et du gaz naturel. Elle figure aussi parmi les plus importantes firmes indépendantes du monde dans les domaines de l'exploration et de la production de pétrole et de gaz.

...

C'est à la fois une société d'état chinoise, et une firme indépendante?



Baird constate un réchauffement des relations sino-canadiennes

Le ministre
      des Affaires étrangères canadien, John Baird, et son homologue
      chinois, Yang Jiechi, le 18 juillet 2011

Le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird (...) achève sa première visite officielle en Chine, où il a discuté avec son homologue chinois, Yang Jiechi, de commerce, d'investissement et de droits de la personne et a rencontré de hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise. Dans une téléconférence depuis Shanghai, le ministre a estimé qu'au cours des dernières années, une nouvelle ère s'est ouverte pour les relations entre les deux pays. Il a dit vouloir construire à partir de ces nouvelles bases. M. Baird a souligné que la Chine constitue pour le Canada un partenaire stratégique dans les domaines de l'énergie, des ressources naturelles et des affaires internationales. Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.

La chine veut des ressources naturelles.
Les conservateurs en ont à vendre.
Tout le monde est content.

"Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.": Je sais même plus à quoi ils font référence.
Le Canada est de moins en moins démocratique et pacifiste, son gouvernement contrôle de plus en plus l'accès à l'information, brutalise ses opposants et fait de la propagande partisane à même les fonds publics et avec ses stratégies politiques bientôt on pourra peut-être s'inquiéter de s'en aller vers le parti unique...


Déversement de pétrole dans le nord de l'Alberta

Carte Swan Hills

La Commission de contrôle des ressources énergétiques de l'Alberta enquête sur une fuite de pétrole survenue dans un pipeline appartenant à la pétrolière Pembina à plus de 200 km au nord-ouest d'Edmonton.

Selon un responsable de la compagnie basée à Calgary, l'équivalent de 1300 barils de pétrole se seraient échappés mardi du pipeline Moosehorn, situé près de Swan Hills. Le pipeline a été fermé et une enquête est en cours.

La fuite serait survenue dans une zone où se trouvent des marécages et un ruisseau. Selon la compagnie, la fuite a été contenue et des équipes sont sur place afin de procéder au nettoyage de la zone contaminée.

Le président de Pembina, Bob Michaleski, affirme que la pétrolière prendra les mesures nécessaires pour minimiser l'impact du déversement sur les terres et les voies navigables.

C'est pas grave on va continuer de faire tous nos déplacements en char pis de s'acheter de l'eau embouteillée pis plein de cochonneries jetables et de façon générale baser notre mode de vie sur consommer des trucs inutiles parce que consommer de façon responsable c'est juste un concept d'"écolos-gauchistes-bien-pensants" pis "ça donne rien de pas faire ça c'est ça que tout le monde fait"...

J'en ai marre, ça dort au gaz pis c'est vrai dans ce pays là.

2011.07.09

Effet des changements climatiques au Québec

Voir cette présentation bien synthétisée de Claude Villeneuve:

2011.04.13

Le coût de l'eau à Québec

Je viens d'avoir cette info de la ville sur les coûts de l'eau:

Traitement des eaux usées: 60¢ / m³
Traitement de l'eau potable: 52¢ / m³
Somme: 0,112¢ / L

Quelques indices réels à partir d'info disponible sur Environnement Canada:

Le coût à Québec est inférieur à la moyenne canadienne, estimée à 1,62$ en 2004

1 flush (±17L) = 2¢
1 douche de 10min (20L/min) = ±25¢
1 lavage (±225L) = ±25¢

Il est estimé que la consommation moyenne à fins domestique est de 329 L/jour (même source), si on applique cette moyenne aux habitants de Québec, l'utilisation de l'eau coûte donc 37¢ par personne par jour.


J'imagine que ça varie de la moitié au double selon le type d'utilisateur qu'on est...

2011.01.13

l'écophobie expliquée

Voir mon ancien post sur l'écophobie

Être responsable est un besoin de la nature humaine parce que cet état nous permet d'être sujets de plein droit et de nous actualiser comme être humains. Le fait que nous nous sachions responsables de nos actes joue un rôle fondamental dans notre fonctionnement psychique en venant renforcer ou affaiblir notre image de nous-mêmes, c'est-à-dire notre ego. Notre ego a besoin de responsabilité pour s'affirmer, c'est  pourquoi son réflexe sera de la rejetter si elle vient l'humilier de quelque manière que ce soit.
Ne pas consentir à ses obligations équivaut à ne pas consentir à la loi de la gravité. Nous serions alors condamnés à l'échec dans toutes nos tentatives de fonder une culture proprement humaine, comme dans celle de nous libérer de l'attraction terrestre. Notre époque n'aime pas beaucoup le mot "obligation". On lui donne très souvent une connotation péjorative. Il évoque, à notre esprit, la contrainte, alors que toute notre civilisation exalte la liberté, une liberté où le relativisme des valeurs personnelles fait obstacle au consensus social et à toute direction collective.

 

 

Tiré du podcast:

Par 4 chemins - La nature et la vie 2010.12.11

Responsabilité, liberté et création du monde : Réflexions pour une éthique contemporaine. Christian Lamontagne. Éd. Liber « Ce livre s'interroge sur ce que signifie être responsable. Non pas de manière abstraite, mais sous l'angle du rapport intime que chacun de nous entretient avec les autres et avec le monde. C'est une sorte de méditation où toute expérience, toute situation et tout phénomène sont considérés sous l'angle de la responsabilité. »

 

2011.01.10

What you need to know about shale gas production

Une autre excellente présentation sur l'impact de l'exploitation des gaz de shale:

What you need to know about natural gas production. Theo         Colborn, Ph.D.

2010.12.02

300 years of fossil fuels

2010.06.19

The Permaculture Way

Un livre qui vaut vraiment la peine d'être lu: The Permaculture Way de Graham Bell.

Au Canada on peut l'acheter pour 25$ de Chelsea Green publishing, en Europe pour 15£ sur Permanent publications.

L'intro dans le livre:

Ce livre est à propos de prendre le contrôle de sa vie. C'est aussi à propos de créer de la richesse sans dommage environnemental, en utilisant une approche systématique appelée Permaculture.

La permaculture est une façon d'organiser sa vie pour qu'elle soit heureuse et abondante. On peut combler ses propres besoin sans rendre la vie de quelqu'un d'autre moins plaisante. Les habitats humains peuvent être rendus hautement productifs avec beaucoup moins de travail que ce qui est pris pour les rendre destrictifs dans les systèmes actuels. En prenant des décisions conscientes et en designant nos vies, on peut bien gérer nos ressources, et réduire la gaspillage.

2010.06.16

Gestion du traffic à Stockholm

Le fonctionnement du système est expliqué sur le site d'IBM

2010.05.29

Un transit efficace

Eux autes ils ont compris comment avoir un système de transport efficace, propre et sécuritaire! Ils éliminent les chars

2010.03.19

Le développement de l'industrie des agrocarburants

Entre panacée et poudre aux yeux

agrocarburants5.jpg

Des groupes environnementalistes faisaient jadis la promotion des biocarburants, comme étant une source d'énergie renouvelable pouvant réduire la dépendance au pétrole et être bénéfique pour l'environnement. Plus récemment, on se rend compte que leur développement a des effets secondaires socio-économiques importants, et un bilan environnemental mitigé. Le gouvernement annonce fièrement ses investissements dans cette filière comme si elle était une panacée pour l'énergie verte et le développement durable. Il y a toute une marge entre ces étiquettes et celles de ses opposants qui la qualifient de désastre écologique et humanitaire. Dans quelle mesure les agrocarburants peuvent-ils contribuer à réduire notre dépendance énergétique? Quels bénéfices pour l'environnement, le secteur agricole, et les consommateurs? Leur développement est-il imputable au capitalisme sauvage, à l'intervention étatique électoraliste, ou à un savant mélange des deux? Cet article tentera de faire la lumière sur ces questions.

Des distinctions technologiques

Il y a une distinction importante à faire entre les biocarburants de première génération et ceux de seconde génération. Les premiers font référence à la transformation de matériau simple, comme les glucides, de l'huile végétale ou du gras animal, en carburant, par des technologies conventionnelles. Ces biocarburants sont souvent fait à partir de biomasse expressément produite pour cet usage.

Ceux de deuxième génération transforment des matières résiduelles, ou des cultures non-alimentaires, en carburant, et font appel à des technologies plus avancées. Elles promettent de mettre beaucoup moins de pression sur la demande des aliments et des terres agricoles, et de pouvoir valoriser des matières qui sont autrement des polluants. Les usines de biométhanisation, qui commencent à faire les manchettes, ainsi que la production d'éthanol à partir de résidus forestier ou de panic érigé, sont des exemples de technologie à biocarburant de deuxième génération.

Les biocarburants de troisième génération n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements de recherche fondamentale. Ce sont des procédés utilisant une technologie avancée, qui promettent un retour sur l'investissement énergétique beaucoup plus élevés. Il peut s'agir par exemple d'algues productrices d'huile à haut rendement, d'algues produisant directement de l'éthanol, ou de cultures qui sont conçues de sorte que leurs propriétés se conforment aux besoins du processus de conversion, comme la production d'un maïs contenant de la cellulase (l'enzyme qui dégrade la cellulose, facilitant sa transformation en éthanol). Chose certaine, leur production de masse n'est pas près de voir le jour.

Nous verrons dans cet article que le développement des biocarburants est surtout propulsé par les investissements gouvernementaux aux objectifs discutables, et est axé sur les biocarburants de première génération, avec les limites que tout cela implique.

Les fonds publics au développement des agrocarburants

Le 2 mars dernier était annoncé un nouvel investissement de 80 millions $ dans une usine d'agrocarburant. La subvention à GreenField Ethanol pour augmenter sa production de 120 à 145 millions de litres par an peut paraître généreuse comparé au 18 millions dont l'entreprise a bénéficié pour la construction initiale de cette usine qui a commencé ses opérations début 2007. Ce n'est qu'en avril 2008 que le programme fédéral écoÉnergie pour les biocarburants est entré en vigueur. Le programme, disposant de 1,5 Milliards $ sur 9 ans pour les agrocarburants de première génération, vise à stimuler la production de biocarburants pour répondre à la demande créée artificiellement par le gouvernement avec ses norme de E5 (essence à 5% éthanol) et de B2 (diesel à 2% de biodiesel) pour 2010. Depuis, plusieurs usines de transformation ont bénéficié des investissements de ce programme. Le Ministère des ressources naturelles qui administre le programme a tôt fait de distribuer les subventions, telles que compilées dans le tableau 1.

 

Tableau 1: Investissements du programme écoÉnergie pour les biocarburants

Date

Montant

Province

Ville

Type

Compagnie

10-02-10

79 750 000 $

Québec

Varennes

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-12-17

8 400 000 $

Saskatchewan

Lanigan

usine éthanol

Pound-Maker

09-11-10

77 750 000 $

Saskatchewan

Belle Plaine

usine éthanol

Terra Grain Fuels

09-10-02

110 000 000 $

Ontario

Mooretown

usine éthanol

Suncor

09-09-25

70 000 000 $

Saskatchewan

Lloydminster

usine éthanol

Husky

09-09-25

5 400 000 $

Ontario

mississauga

usine biodiesel

Methes Energies

09-08-31

13 720 000 $

Saskatchewan

Weyburn

usine éthanol

NorAmera Bio Energy

09-08-24

72 800 000 $

Manitoba

Minnedosa

usine éthanol

Husky

09-08-21

72 400 000 $

Ontario

Hamilton

usine biodiesel

BIOX

09-06-19

117 500 000 $

Ontario

Johnstown

usine éthanol

Greenfield Ethanol

09-05-29

19 900 000 $

Alberta

High River

usine biodiesel

Western Biodiesel

09-05-20

84 760 000 $

Ontario

Aylmer

usine éthanol

Integrated Grain Processers

09-04-17

72 800 000 $

Ontario

Chatham

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-15

14 000 000 $

Ontario

Tiverton

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-08

23 200 000 $

Alberta

Red Deer

usine éthanol

Permolex Ltd

Total

842 380 000 $

 

 

 

 

source: Ressources Naturelles Canada, http://www.nrcan.gc.ca/media/archives-eng.php

 

Le gouvernement ne cachait pas que l'intention derrière ce programme était à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec ses normes en contenu de carburant (E5 en 2010 et B2 en 2012), et créer des « débouchés économiques exceptionnels pour les 61 000 producteurs de grain et de graines oléagineuses du pays1 ».

Les promesses vertes

Selon les données du gouvernement, le gain environnemental de la conversion aux biocarburants est fort important: en tenant compte du cycle de vie complet de l'éthanol, celui-ci générerait 40% moins de GES que son substitut fossile. Cependant, une analyse de cycle de vie réalisée en 2007 a obtenu des résultats franchement différents. Les chercheurs ont calculé le coût énergétique de chaque intrant de la production de maïs, par hectare. Ceux-ci incluent l'amortissement de machinerie, le carburant, la fabrication d'engrais et de pesticides, et le transport moyen. Les coûts énergétiques totaux pour la production de 1 ha de maïs s'élèvent donc à 7 543 kcal. Le rendement de maïs moyen par hectare étant de 8 781 kg, son potentiel énergétique est de 31 612 kcal, un ratio positif de 4,2:1. C'est quand on inclut le coût énergétique de la transformation que ça se corse. Avec l'amortissement de l'usine, l'eau et la vapeur utilisées, l'électricité, et les transports, le coût total par 1000 L d'éthanol est de 7 333 kcal. Or, la valeur énergétique de 1000 L d'éthanol est de 5 130 kcal. Ainsi, 43% plus d'énergie serait dépensée pour produire l'éthanol, que ce qui peut être fournit par la même quantitée.2 On y note au passage que chaque litre d'éthanol produit implique le rejet par l'usine de 12 litres d'eaux usées.

 

Tableau 2: Rendement énergétique de l'éthanol de maïs (kcal)

 

Coût énergétique

Valeur énergétique

Ratio coût:retour

Culture seulement, 1 ha

7 543

31 612

4,2:1

Transformation, 1000 L

7 333

5 130

0,7:1

source: Pimentel, 2004

 

Une autre étude américaine obtient des résultats moins « pessimistes », mais tout de même peu encourageants dans une perspective de développement durable. Selon leurs chiffres, l'éthanol fournit 25% plus d'énergie que ce qui est investi dans sa production. Dans le cas du biodiesel, ce chiffre est de 93%, un ratio de retour d'énergie sur l'énergie investie tout de même inférieur à 2:1. Les auteurs relativisent aussi le potentiel comme substitut au pétrole: selon eux, dédier la totalité de la production américaine de maïs et de soja à la production de biocarburants ne comblerait que 12% et 6% de la demande, respectivement3. Si on fait la même estimation pour le Québec, 20% des besoins en essence seraient comblés par la totalité des superficies de maïs4.

En fait, si l'industrie des biocarburants de première génération se développe autant malgré ce piètre potentiel économique, c'est grâce aux subventions massives octroyées par les gouvernements en manque de réalisations environnementales. Si le gouvernment est prêt à investir pour créer des jobs et améliorer le bilan environnemental, pourquoi ne pas le faire dans des secteurs plus judicieux? Peut-être est-ce l'influence du lobby des producteurs de grains et des raffineurs. Ou encore, peut-être que la logique conservatrice préfère dépenser pour créer une industrie de toute pièce, et laisser les industries déjà en place tranquilles, plutôt que de dépenser dans des actions qui auraient pour effet de limiter les industries jugées importantes. Ça expliquerait pourquoi on développe les agrocarburants au lieu d'investir dans l'efficacité énergétique et de modifier les pratiques de l'industrie pétrolière, et et pourquoi on subventionne les constructeurs automobiles au lieu des transports en commun.

Un des éléments clefs dans cette affaire, c'est que pour développer les biocarburants, le fédéral investit presque uniquement dans la construction d'usines de transformation. Cette industrie comme celle des pétrocarburants, connaît le phénomène d'imbrication des marchés. C'est à dire que le produit final, l'éthanol, n'est pas le même que le produit de départ, la céréale, et l'intermédiaire, le raffineur, a une grande influence. L'instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et les investissements directs dans des usines de transformation ont comme effet d'augmenter fortement la demande de céréales et oléagineux. Même si les mêmes variétés ne sont pas utilisées pour l'alimentation humaine, leur production exploitent la même ressource, la terre agricole, qui, elle est en quantité limitée. L'augmentation de la demande dans un marché où l'offre peut difficilement augmenter résulte en une forte augmentation du prix du produit. Les investissement qui stimulent la demande sans stimuler l'offre des céréales et des terres agricoles mettent une pression à la hausse sur leur prix. Cet effet secondaire du développement des agrocarburants est fortement controversé.

Une critique acerbe

Oxfam International a produit en 2008 un document d'information assez accablant sur les agrocarburants. L'auteur, Robert Bailey, juge que les politiques des pays industrialisés visant à stimuler cette industrie ne font pas partie de la solution pour la crise énergétique, ni la crise climatique, et qu'elle contribue plutôt à la crise alimentaire. On y cite une analyse parue dans Science, qui estime que les émissions de GES indirectes résultant des changements d'affectation des terres confèrent un bilan carbone négatif aux vastes programmes de biocarburants. En effet, les écosystèmes naturels tels que forêts, tourbières, pâturages, zones marécageuses, stockent généralement davantage de carbone que les agroécosystèmes, dans les sols et la végétation. Les grandes monocultures de plantes annuelles ne stockent pas de carbone dans la matière ligneuse, et la travail du sol nuit à sa biomasse et cause l'échappement du carbone. Oxfam suggère qu'il serait beaucoup plus efficcace d'améliorer l'efficience des véhicules pour réduire les GES. L'auteur réitère la futilité d'essayer de remplacer de façon significative la consommation du pétrocarburant par des agrocarburants. Il recommande de retirer les subventions aux agrocarburants de première génération, et d'investir à la place dans la recherche pour les biocarburants de seconde génération, qui n'encouragerait pas la monoculture et ne menacerait pas la sécurité alimentaire. Ils recommande de miser plutôt sur l'efficacité des transport par l'investissement dans le transport en commun, de meilleures politiques de vitesse et de meilleurs standards d'efficience des véhicules. Les technologies de seconde génération devraient être rendues accessibles aux pays en voie de développement (PVD) et le bilan environnemental des bioénergies devraient être évalués rigoureusement par des analyses de cycle de vie.5

La situation chez nous

En 2008, on dénombrait une quinzaine d'usines d'éthanol en opération au Canada, ayant une capacité de production de 1,6 milliards de L par année. Sept sont situées dans les prairies font l'éthanol à partir de blé, et 7 autres en Ontario, transformant le maïs. Au Québec, il n'y aurait que l'usine de Varennes, avec une future capacité de production de 145 millions de L.6

Il existe peu de mesures propres au Québec pour le soutien du secteur, à part des crédits de taxes et impôts. Depuis mars 2006, le gouvernement du Québec rembourse la taxe payée sur les achats de plus de 3 000 litres de B1007. Des crédits d'impôts sont accordés aux (à l') usines d'éthanol lorsque le prix du baril de pétrole est inférieur à 65 $US. À ce jour, la seule usine d'éthanol au Québec est celle de Greenfield, et le marché du pétrole ne lui a jamais permis de profiter de ce crédit.

Bien entendu, les normes fédérales en matière de teneur en biocarburants s'appliquent au Québec. Dans le cas de la norme B2, la demande grimperait à 120 millions de litres de bioediésel, soit 85 millions de plus que la capacité actuelle. La norme E5, fera grimper le besoin en éthanol à 420 millions de L (5% des 8,4 milliards consommés annuellement).

Toutefois, il est reconnu que la monoculture intensive et les intrants chimiques comporte des risques environnementaux, notamment au niveau de la dégradation des sols et de la contamination des cours d'eau. Ces impacts éventuels, ainsi que les bilans énergétiques et carboniques mitiés, retiendraient le gouvernement provincial d'investir dans ce secteur de façon plus importante. 8

La production de biodiesel pour l'autoconsommation offre un potentiel intéressant. Plusieurs ensembles sont vendus sur internet pour effectuer à petite échelle la transestérification, la transformation délicate de l'huile en biodiésel. Cependant, au-delà de la complexité de l'opération même, la production artisanale de biodiesel annule la garantie des fabricants de voitures et de l'équipement agricole.

Ce qui est certain, c'est que le secteur ne se développerait pas par lui-même sans intervention gouvernementale. Même avec les incitatifs actuels, les transformateurs peinent à faire leur place, surtout dans le biodiesel puisque nous sommes encore à deux ans de l'application de la norme B2. La faillite récente de Bio-Diésel Québec, qui blâme la faiblesse des prix sur le marché, en témoigne9.

Un potentiel plus intéressant?

Il existe toutefois des produits et technologies plus prometteurs que l'éthanol de maïs et le biodiesel de canola. L'éthanol cellulosique est une voie qui pourrait avoir de l'avenir à moyen terme. Cette technologie permet de produire de l'éthanol à partir de cellulose, ce qui fait qu'on peut valoriser des résidus agricoles, forestiers et ménagers, ainsi que certaines cultures non alimentaires comme le panic érigé, le saule, et le peuplier hybride.

Toutefois, il existe peu d'incitatifs pour développer ce secteur qui fait face à des défis technologiques importants. Le programme fédéral ÉcoÉnergie a octroyé 500 millions $ au Fonds de biocarburants ProGenMC, administré par la fondation Technologies du développement durable Canada (TDDC),pour la construction d'infrastructures de seconde génération10. En 2007, le gouvernement du Québec a créé la Chaire de recherche industrielle sur l'éthanol cellulosique à l'Université de Sherbrooke. Deux usines de démonstration d'éthanol cellulosique ont également reçu un soutien gouvernemental: Enerkem (Westbury) et CRB Innovation (Bromptonville).11 Ces usines devraient faciliter l'éventuelle implantation d'usines de taille commerciale.

Une des difficultés avec l'éthanol cellulosique est que, bien que sa matière première soit peu dispendieuse, elle est très dispersée, ce qui pose des défis logistiques énormes (comme dans toute l'histoire de la gestion des matières résiduelles). De plus, le processus de l'hydrolyse enzymatique, qui décompose la cellulose, est lent et coûteux, empêchant la rentabilité de l'opération. Des bactéries et enzymes spécifiques plus performantes devront être développées. Il serait possible aussi diminuer le coût de la fermentation en développant des bactéries pour remplacer les levures, qui accéléreraient cette opération et fourniraient un meilleur rendement.12

Des plantes ayant un meilleur potentiel énergétique que le maîs pourraient éventuellement être cultivées pour la production énergétique. Des plantes ligneuses, comme le saule et le peuplier, ainsi que des plantes herbacées comme l'alpiste roseau, le miscanthus géant et le panic érigé ont une croissance rapide, un haut rendement en biomasse et une valeur énergétique élevée, faisant d'eux de bons candidats13.

Le panic érigé est l'exemple d'herbacée à usage énergétique le plus connu. Multifonctionnel, il a le potentiel d'être transformé en granules pour le chauffage, en biogaz, en litière pour animaux, en pâte à papier ou en isolant de maison. Une usine de transformation devrait bientôt ouvrir à Bedford, en Montérégie. Le panic érigé peut être cultivé dans des terres marginales, contaminées ou laissées à l'abandon, et peut même être utilisé dans des bandes riveraines, ce qui signifie qu'elle ferait moins de compétition à la production alimentaire. C'est une plante vivace, donc sa culture ne requiert pas de travail du sol. Son rendement prend deux ou trois ans à démarrer mais peut produire pendant 10 à 15 ans. Son rendement énergétique, à la culture est de 14:1. Il serait beaucoup exporté présentement car la capacité de transformation locale est faible.14 Ses propriétés agronomiques sont également interessantes: elle résiste bien à l'excès ou au manque d'eau, requiert peu d'herbicides, est récolté par la même machinerie que les fourrages, et offre un rendement annuel de 8 à 12 tonnes de matière sèche par hectare, similaire au maïs.15

Le recherche est toujours en cours pour évaluer le potentiel de ces productions énergétiques au Québec. Leur coût énergétique moindre en fait d'éventuels compétiteurs du maïs pour la biomasse à biocarburant. La disponibilité pour les producteurs de l'information et de l'expertise est un enjeu certain dans le développement de ces production, tout comme le besoin, dans le cas de certaines productions, d'avoir recours à une machinerie spécialisée. Par ailleurs, la production de ces cultures ne disposent pas de soutien de l'état, contrairement aux maïs, soya, canola. Cependant, les usines qui transforment l'éthanol à base de maïs ne peuvent être converties de façon économique à la production d'éthanol cellulosique16. Elles ne viendront pas remplacer la production actuelle d'éthanol-maïs, elles peuvent tout au mieux se substituer à son expansion éventuelle.

Conclusion

Le bénéfice net associé au développement rapide des agrocarburants, surtout de première génération est très incertain. Des pays industrialisés, dont le Canada, se sont lancés rapidement, peut-être en réponse à des lobbys envrionnementaux, industriels et agricoles, dans le développement de la capacité de transformation des biocarburants de première génération. Selon les chiffres mis de l'avant ici, le bilan énergétique de ce qui est fait actuellement est loin d'être excellent, tout comme son bilan environnemental global. La capacité de cette filière à éventuellement remplacer le pétrole comme sources principale énergétique est fort improbable. Les biocarburants de deuxième et troisième génération offrent un certain potentiel, mais seulement à long terme, et en supposant que les technologies connaissent des avancées formidables. Il serait peut-être plus judicieux que les investissements dans le secteur aillent davantage au développement de ces technologies plus prometteuses, plutôt que vers l'industrie de agrocarburants de première génération, qui engendre des problèmes socio-économiques et sera éventuellement obsolète. En attendant, il faudrait peut-être mettre en place des règles solides ou des incitatifs au niveau de l'utilisation des terres pour que les cultures énergétiques ne viennent pas compétitioner l'offre alimentaire.

Références

1 Le nouveau plan du gouvernement sur les biocarburants fait deux gagnants : l’environnement et les agriculteurs. 2007. http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?category=1&id=1731

2 Pimentel, D., Patzek, T. et Cecil, G. 2004. Ethanol Production: Energy, Economic, and Environmental Losses. Reviews of Environmental Contamination and Toxicology. 2007;189:25-41.

3 Hill, J. et collab. 2006. Environmental, economic, and energetic costs and benefits of biodiesel and ethanol biofuels. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, Epub 2006 Jul 12.

4 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC029.pdf

5 Bailey, R. Another inconvenient truth. Oxfam International.

6 CRAAQ, 2008. La production d'éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

7 CRAAQ, 2008. La production de biodiesel à partir de cultures oléagineuses [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC031.pdf

8 CRAAQ, 2008, La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

11 Renaud, R. Nouvelle Chaire de recherche industrielle en éthanol cellulosique. Liaison, vol.41 No.19 [en ligne] http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html

12 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC030.pdf

13 Ibid.

14 Chauvette, Sam. Chronique radio du 28 janvier 2008. Rotation de cultures: les biocarburants. [en ligne] www.chyz.ca/emissions/le-brunch/

15 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique

16 Ibid.

2010.02.22

Modulation des frais de scolarité

François Blais - Professeur au département de science politique de l'Université Laval 22 février 2010 (Le Devoir)


Les universités québécoises traversent en ce moment une période difficile sur le plan budgétaire, et de multiples propositions se font entendre pour leur venir en aide. Une d'entre elles, défendue entre autres par le président du Conseil du patronat, des économistes en vue et certains dirigeants d'universités, est de leur permettre de moduler leurs droits de scolarité pour augmenter leurs revenus.

Cette modulation, théoriquement, pourrait se faire sur la base de différents critères (durée des études, revenu personnel ou revenu des parents, résultats scolaires, etc.). Ce que l'on défend davantage pour le moment est une modulation qui tiendrait compte soit des coûts réels de la formation (la contribution de l'étudiant devrait être proportionnelle à ce que son programme coûte), soit du revenu sur le marché du travail une fois la formation achevée (revenu prévu). Ces deux idées peuvent bien être séduisantes, elles reposent toutefois soit sur une simplification de la réalité, soit sur l'incapacité de plus en plus courante de comprendre l'enjeu d'un système d'éducation universitaire accessible.

L'argument de l'accessibilité aux études postsecondaires est probablement le plus simple à expliquer. L'éducation demeurant un puissant vecteur d'égalité, il importe d'examiner les options offertes aux plus défavorisés de la société. Sur ce point, les deux formes de modulation proposées plus haut échouent au test sur toute la ligne. L'expérience montre que la modulation des droits de scolarité dans des programmes comme le droit, la médecine ou l'administration a un impact direct sur le taux de participation des étudiants provenant de milieux défavorisés (les plus favorisés, au contraire, adorent et ils en redemandent!)

En fait, ils disparaissent de la carte, et assez rapidement. Une modulation équivalente du système des prêts et bourses ne change rien à ce constat. Notre système de prêts et bourses, comme tous les systèmes exigeant un contrôle préalable des ressources, demeure un obstacle administratif pour les jeunes des milieux défavorisés. Le bonifier pour certains domaines d'études ne contribue pas à changer la préoccupation de l'endettement des jeunes de milieux défavorisés qui n'ont pas autour d'eux de modèles d'universitaires accomplis, comme c'est le cas des fils et filles à papa.

N'est-il pas injuste, se demande-t-on en outre, d'avoir une politique de tarification identique alors que, dans les faits, il existe des disparités énormes entre les coûts de formation d'un sociologue et d'un médecin, sans parler des revenus que l'un et l'autre peuvent attendre un jour de leur formation? Pas vraiment. Notre système fiscal permet de récupérer les investissements en matière d'éducation, mais aussi toutes les autres formes de «dons privés» ou «d'investissement social», volontaires ou non, dont tirent profit nos concitoyens tout au long de leur existence. Il le fait de plus en respectant leur choix de vie et leur liberté personnelle de vouloir s'enrichir ou non.

Il n'est pas vrai que tous les médecins et les avocats seront riches un jour. Il existe encore aujourd'hui parmi ces professionnels des individus qui ont d'autres valeurs que l'enrichissement personnel et qui choisiront, par exemple, d'être avocat pour une organisation sans but lucratif, de travailler pour le contentieux d'un ministère ou encore d'être un médecin rattaché à un programme de santé publique. Il est hasardeux de préjuger à l'avance des revenus futurs des diplômés.

Cela nourrit bêtement l'élitisme de certaines professions et crée une pression supplémentaire sur les salaires puisque des finissants plus endettés qu'aujourd'hui à la fin de leurs études rechercheront inévitablement un meilleur retour sur leur investissement. S'il y a une chose dont nous pouvons socialement nous passer, c'est d'une accessibilité à des services de santé ou des services juridiques encore plus restreinte qu'aujourd'hui, et ce, à cause de l'insatiabilité grandissante des professionnels qui y oeuvrent!

De plus, les formations les plus coûteuses se situent généralement dans le domaine des sciences, du génie et des sciences de la santé, où l'on manque d'étudiants. Faire payer une proportion plus grande aux étudiants dans ces domaines nous causerait collectivement plus d'ennuis que d'avantages. Cela est d'autant plus vrai qu'il est plutôt incertain que l'État reconduira en totalité sa contribution aux universités dans les circonstances où il leur permet de toucher de nouveaux revenus.

La force de l'argumentation en faveur de la modulation des doits de scolarité vient à mon avis de simplifications dans les exemples utilisés (toujours les mêmes) et du désir de certaines universités de pouvoir vendre sur leur marché respectif certains programmes plus lucratifs ou même carrément élitistes. C'est le cas de l'Université McGill qui aimerait, facturer 30 000 $ pour son MBA. Cela a très peu à voir avec l'enjeu de la qualité de la formation. Un MBA est une formation qui coûte relativement peu cher à offrir, mais pour laquelle il existe un marché de positionnement important surtout quand, paradoxalement, le prix est élevé. Ce que McGill recherche en ce moment, c'est la possibilité d'offrir un produit sur de nouveaux marchés afin d'améliorer son positionnement international puisque toutes les grandes universités du monde offrent en ce moment des produits de luxe du genre.

Il existe une lecture tout individualiste de l'éducation qui conduit à la considérer comme un bien individuel, un service que le citoyen devrait pouvoir payer en bonne partie puisqu'il en est le premier bénéficiaire. Je ne rejette pas cette interprétation économique des choses, mais encore faut-il la subordonner à une vision plus large: ce bien qu'est l'éducation, nous devons aussi nous assurer qu'il soit le mieux réparti possible et je ne vois aucunement comment la modulation des droits de scolarité pourrait être plus efficace que le système actuel pour rendre ce bien encore plus accessible, notamment pour ceux et celles, et ils sont encore très nombreux, qui restent encore aujourd'hui à l'écart de notre système d'éducation universitaire.

S'il faut absolument augmenter les droits des universités québécoises, il existe des façons de le faire plus simples et plus équitables pour l'ensemble des universités que la modulation par programme.

***

François Blais - Professeur au département de science politique de l'Université Laval

2010.02.19

Lavage vert?

Quand l'environnement est au service du marketing...

Article écrit pour le magazine Bio-Bullesevens-sins-of-greenwashing.gif

Il fut un temps où seules des entreprises marginales fabriquaient des produits « écolos » distribués dans des réseaux spécialisés. Mais maintenant que la préoccupation environnementale cogne aux portes des masses, des produits se vantant d'être écologiques colonisent les tablettes des grandes surfaces. Certains sont des descendants des produits véritablement alternatifs. Certains sont légèrement moins pire que les produits « conventionnels » contre lesquels ils se positionnent en alternative. D'autres sont carrément les mêmes produits, mais avec l'étiquetage vert. Coup d'œil sur la récupération fallacieuse de l'environnement...

L'écomarketing

Greenwashing, écoblanchiment, mascarade écologique, verdissement d'image, désinformation verte... Différentes expressions sont nées pour faire référence à ce phénomène qui a pris une ampleur épatante dans les dernières années. Cette pratique aux méthodes douteuse consiste pour une entreprise (ou un parti politique!) à jouer la carte environnementale pour mousser son image auprès des consommateurs, et leur faire croire qu'un produit (ou l'organisation elle-même) est plus « vert » qu'il ne l'est en réalité. On exagère des prétentions, on déforme les faits, on manipule l'information et le consommateur n'y voit que du feu. L'écoblanchiment, c'est quand une entreprise ou un produit réussit à se donner une image verte, respectueuse de l'environnement, qui n'est que de la poudre aux yeux. Certains définissent l'écoblanchiment de façon plus précise comme étant quand une entreprise investit davantage dans le marketing de son image verte que dans de véritables actions favorisant l'environnement. De façon générale, le greenwashing est quand la publicité insiste sur des vertus écologiques qui ne sont pas réellement en lien avec la réalité.
Du point de vue du marketing, le vert peut être un critère qui joue sur le risque perçu par rapport à l'achat d'un produit. Le consommateur évalue le risque physique qui découle de l'achat du produit, par exemple au niveau de dommages à l'environnement ou nuisance pour sa santé. Puis il y a le risque psychosocial: l'estime de soi du consommateur, qui doit rester intègre si la protection de l'environnement fait partie de ses valeurs, et son image, si le consommateur veut éviter de passer pour quelqu'un qui néglige l'environnement. Quelqu'un qui se préoccupe des conséquences réelles de sa consommation sur sa santé et l'environnement se questionnera davantage à savoir si les produits qu'il achète sont réellement plus inoffensifs, tandis que pour quelqu'un qui le fait pour son image ou sa bonne conscience, les prétentions d'un produit risquent d'être suffisantes. Dans cette optique, l'écomarketing joue un rôle de rassureur: il déculpabilise le consommateur afin de la faire passer plus rapidement en consonance cognitive, état indispensable à la décision d'achat.
Ainsi, pour aller chercher une partie du segment de marché de consommateurs pour qui l'environnement est un critère, un produit n'a pas besoin d'être vert, il a seulement besoin d'en avoir l'air! L'écologique est une clef identitaire qui permet, quand les marque concurrentes n'y ont pas déjà recours, de se démarquer. Pour le consommateur qui est un peu sensible à l'impact environnemental de ses choix, le choix entre deux produits de marque prestigieuse à prix similaire peut pencher facilement sur celui qui a, à premier vue, une empreinte écologique plus modeste. L'entreprise peut utiliser l'image verte pour aller chercher un segment de marché supplémentaire.

Les tromperies rencontrées

La firme de marketing environnemental TerraChoice a étudié les prétentions environnementales de produits de grandes marques destinés à la distribution de masse. L'objectif était de décrire, comprendre et quantifier la croissance de l'écoblanchiment. Le premier rapport, en 2007, a relevé six patterns ou formes de prétentions, qui sont confondantes, impertinentes ou carrément mensongères, et les a identifiés comme les six péchés de l'écoblanchiment1. 98% des produits examinés ont été trouvés coupables de l'une ou l'autre de ces formes de tromperie. Cette étude a donné suite à un deuxième en 2009, qui a analysé encore plus de produits (2219 au total), dégagé des nouvelles tendances et identifié un septième péché, celui de l'étiquette mensongère. TerraChoice donne une mise en garde à propos des produits de nettoyage, l'une des trois catégories où les prétentions vertes sont les plus répandues.

Des sept types de tromperies écologiques, trois sont particulièrement importantes et concernent 80% des prétentions trompeuses. La première en importance dans les produits d'entretien est l'imprécision, trouvée dans 31% des cas. Ce « péché » est commis quand une prétention est vague, mal définie, ou peut prêter le consommateur à mauvaise interprétation. Il peut s'agir par exemple d'un produit qui porte la mention « naturel » ou « vert ». Plus subtilement, des produits déclarent être « fait avec des ressources renouvelables », ou « fait avec des huiles essentielles à 100% ». Quelle proportion des matériaux du produit sont de sources renouvelables? Est-ce que ça inclut l'énergie de la fabrication? Le produit contient peut-être des huiles qui sont essentielles à 100% mais l'essentiel du produit repose sur la même recette synthétique.

Le compromis caché représente 23% des péchés de mascarade écologique débusqués par la firme de marketing environnemental. Cela fait référence à une prétention écologique d'un produit, basée sur un critères ou quelques critères peu significatifs qui, même si ils sont vrais, font oublier le bilan global du produit. Par exemple, un détersif peut se vanter d'être concentré (« une plus petite quantité suffit! ») et sans parfum, alors qu'il contient du chlore ou des phosphates et que son contenant n'est pas fait de matière recyclée ni recyclable. Ce n’est pas parce qu’un produit est biodégradable qu’il est «écologique», puisqu’il peut quand même être toxique et nocif durant le processus de dégradation. 

Une autre faute souvent commise dans l'écomarketing est l'absence de preuve (23% des tromperies). Beaucoup de prétentions ne sont pas soutenues par une tierce partie certificatrice et ne peuvent être vérifiées. Beaucoup de produits nettoyants se vantent d'être biodégradables. Certains spécifient que la biodégradabilité a été vérifiée par le test OCDE 301D, mais beaucoup n'indiquent rien pour appuyer leur déclaration.
Des caractéristiques intrinsèques d'un produit peuvent être mises en évidence comme prétexte pour qualifier le produit d'écologique. Par exemple, un savon peut se targuer d'être sans phosphate alors qu'il est pourtant identique aux autres, puisque tous les savons à vaisselle sont sans phosphates. TerraChoice qualifie cette tromperie de non-pertinence. Une perle d'impertinence: cette publicité française d'un détachant « écologique » qui se vante d'être « conditionné dans un emballage recyclable, garanti sans phtalate, sans enzyme, ni colorant, respecte la quantité d'allergène fixée par le Règlement Européen2 ». Sans plomb et sans OGM, avec ça?

La prise en charge tarde à venir...

En un sens, la prolifération des produits aux allégations écologiques peut être vu comme un signe que les industries reconnaissent l'existence de la demande pour des produits plus écologiques. Ça devient problématique quand, au lieu de réduire leur empreinte écologique, les entreprises se contentent de verdir leur image. Sans nécessairement détenir les produits parfaits, il est possible pour les fabricants de produits de fournir davantage de preuves scientifiques, et manifester davantage d'honnêteté et de transparence, au lieu de peindre leurs produits en vert en espérant que les consommateurs n'y voient que du feu.
Le Bureau des normes canadiennes de la publicité recevrait de plus en plus de plaintes à propos d'allégations environnementales. Curieusement, les plaintes proviennent davantage d'entreprises concurrentes que de consommateurs! Comme quoi la surveillance entre concurrent pourrait avoir un effet de modération. À mesure que le phénomène de greenwashing est de plus en plus reconnu, et des coupables justement discrédités, les entreprises se montreront plus prudentes dans les prétentions environnementales et, espérons le, plus sérieuses dans leurs efforts de développement durable. Dans son rapport de 2009, TerraChoice a conclu que « l'éco-étiquettage honnête augmente », étant deux fois plus répandu qu'au moment de la première étude deux ans plus tôt.

En 2008, l'Association canadienne de la normalisation, en association avec le Bureau canadien de la concurrence, a publié le Guide des déclarations environnementales pour l'industrie et les publicitaires3. Le document assez complet d'une soixantaine de pages fait des recommandations quant aux allégations relatives à l'environnement. Cependant, ce ne sont que des recommandations et non des règles, le document n'ayant pas force de loi. Comme pour beaucoup de questions environnementales, il semblerait que le gouvernement a une approche plutôt volontariste!

Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a développé un guide semblable destiné aux publicitaires pour que leurs prétentions ne trompent pas les consommateurs. Tout comme au Canada, il n'y a que des recommandations et il ne semble pas y avoir de règlementation spécifique aux allégations écologiques. En France, l'Autorité de régulation Professionnelle de la Publicité s'est fixé des règles déontologiques encadrant l'utilisation d'arguments écologiques dans sa « Charte pour une publicité éco-responsable4 ». Le nombre de pubs abusives serait à la baisse depuis, mais il n'y a toujours pas de sanctions pour les contrevenants, ce que plusieurs déplorent. Le Conseil Paritaire de la Publicité fait pression auprès de l'ARPP pour le renforcement des principes de la Recommandation afin que l'encadrement soit plus efficace5. Paraitrait-il qu'en Norvège, l’Ombudsman des consommateurs aurait déposé un avis limitant l'utilisation de l’environnement dans les publicités automobiles.6

Au niveau international, depuis 1999 existe la norme ISO 14021 sur les autodéclarations environnementales. « Elle pose des exigences générales pour toute déclaration environnementale, visant à en assurer la pertinence et la sincérité et à réduire la confusion actuelle et donne la définition et les exigences liées à 12 déclarations usuelles.7 » Cependant, elle ne semble pas faire fureur chez les fabricants des produits qu'on trouve dans nos commerces.

Des stratégies pour s'en sortir

Pour agir contre l'écoblanchiment, les consommateurs peuvent essayer de donner du feedback aux entreprises abusives. Normalement, les gestionnaires devraient se préoccuper de l'image de leur entreprise, et il est possible qu'il réagissent si assez de consommateurs leur font savoir qu'ils ne se laissent pas prendre pour des valises. Ils peuvent aussi déposer une plainte au Bureau de la concurrence du Canada8. Ce dernier est supposé examiner au cas par cas les entreprises accusées de contrevenir aux lois sur la concurrence, sur l'emballage et l'étiquetage. Des pénalités allant jusqu'à 100 000$ d'amande et le retrait de produits peuvent en théorie être appliquées9, quoi qu'il ne semble pas en avoir d'historique.

Faire des choix économiques en s'efforçant de réduire le plus possible ses externalités, ou son empreinte écologique, n'est pas toujours évident, puisqu'il y a beaucoup de choses à considérer et que nous ne détenons pas l'information parfaite. Il est probablement plus écologique de retourner au magasin d'aliments naturels remplir sa bouteille de savon à vaisselle générique en vrac que d'acheter une nouvelle bouteille de marque écolo. Par contre, si cet achat implique un déplacement en voiture pour aller au commerce spécialisé qui aurait pu être évité si on fait l'achat ailleurs... vous voyez. Si on veut que nos décisions fassent une différence, il faut regarder l'ensemble des implications de nos différentes options.

Conséquemment, avoir des connaissances les plus vastes possibles contribue à faire des choix éclairés. Connaitre les certifications fiables, connaître les matériaux qui entrent dans la fabrication des produits et leurs conséquences environnementales, savoir quantifier des consommations énergétiques, et savoir reconnaître les manipulations d'information sont des compétences pertinentes à détenir et utiliser dans ses prises de décisions. L'article « Comment trouver un produit nettoyant vert » dans cette édition-ci de Bio-Bulle est un bon point de départ sur les certifications fiables et les alternatives.
C'est en s'intéressant à ces enjeux, en s'informant et en utilisant notre esprit critique pour faire les choix les plus justes possibles que nous progresserons vers un monde plus sain.

Des sites webs pour approfondir

The Seven Sins of Greenwashing
L'observatoire de la publicité
Futerra Greenwash guide
EnviroMedia Social Merketing & University of Oregon
Greenpeace | Greenwashing
Carrefour de consommation responsable


1. http://sinsofgreenwashing.org
2. http://observatoiredelapublicite.fr/2009/09/16/k2r-ecolog...
3. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/eic/site/cb-bc.nsf...
4. http://www.arpp-pub.org/Charte-pour-une-publicite-eco.html
5. http://www.cpp-pub.org/Avis-publicite-eco-responsable.html
6. Cardinal, F. « Du vert partout, partout, partout... » La Presse, lundi 17 mars 2008, p.A16
7. http://observatoiredelapublicite.fr/la-norme-iso140211999...
8. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/
9. http://www.csa.ca/cm/ca/fr/recherche/article/seek-greater...

2010.02.12

Le coût d'opportunité des J.O.: le TGV

Excellent article de Claude Lafleur dans le Devoir sur les retombées des Jeux olympiques. Selon son analyse, les jeux olympiques de Vancouver risque d'être un gouffre financier puisqu'avec les dépassements de coûts, ils coûteront 2,5  $ au lieu du 1,3 G$ prévus initialement... pour des retombées estimées de 1 à 2 G$!

Bien sûr, les véritables retombées surviennent sur le long terme, en augmentant la notoriété de la ville et en faisant profiter son développement des investissements dans les infrastructures. Dans le cas de Barcelone et Athène, les JO auraient été particulièrement structurants. Mais les retombées attendues des JO de Montréal en 1976 n'ont pas été au rendez-vous.Le stade olympique, quel investissement structurant pour Montréal! Si on regarde l'expérience des derniers JO d'hiver nordaméricains, Calgary aurait connu une augmentation notable du tourisme depuis ses jeux en 1988. Dans le cas de Salt Lake City, les jeux de 2002 auraient rapporté 100 M$ à la collectivité. Mais ce seraient les entreprises qui profitent des jeux, pas tant la collectivité en général. Et une grosse part de l'argent récolté sert à l'entretient des infrastructures sportives excédentaires.

L'auteur développe aussi sur le très pertinent coût d'opportunité des JO. Les sommes faramineuses investies dans le culte de la compétition sportive pourraient être mises sur des projets davantage pertinents et structurants, par exemple un TGV Qc-Mtl-Otw-Tnto-NY..., ou des événements récurrants qui emmènent des revenus plus durables.

[Lire l'article original sur le Devoir.com]

(Cela dit, si les olympiques stimulent l'intérêt de la populace pour l'activité physique, tant mieux! Mais au coût de milliards en fonds publics, avec comme résultat de renforcir l'obsession pathologique de notre civilisation pour mesurer les personnes entre elles et vouer un culte aux célébrités, n'y aurait-il pas de moyens plus efficient d'atteindre cet objectif?)

Chose certaine, le TGV est devenu plus que nécessaire, et si certains estiment que présentement ce serait trop coûteux pour les retombées immédiates, on ne peut nier qu'à moyen terme, il deviendra une nécessité. Les corridors NY-TO-QC ne connaîtront qu'un achalandage croissant puisque la croissance démographique n'est pas prête de s'arrêter, et qu'elle se manifeste surtout dans les villes. "Ces bassins de population représenteront des pôles démographiques majeurs et il n'y a aucun doute que ces régions devront se tourner vers de nouveaux modes de transports pour permettre les déplacements", pouvait-on lire dans une lettre parue dans Le Devoir cet automne. D'autant plus qu'avec le vieillissement de la population, de plus en plus de citoyens ne pourront pas conduire, et les infrastructures de transport devront s'y adapter et répondre aux nouveaux besoins.

Tgv-icon.pngUn TGV répondrait mieux au besoin de déplacement interurbains des populations de ces grands centre. Selon Éric Champagne, "Pour maintenir et améliorer son niveau de développement, le Canada devra s'appuyer de manière prépondérante sur une économie du savoir. Pour ce faire, le « libre échange » des cerveaux entre les agglomérations urbaines est fondamental."  Il est grand temps de profiter de la densité de ces populations pour réaliser des économies d'échelles dans les transports et diminuer les externalités globales. Et, comme l'a bien dit un commentateur du premier article, le Québec devrait commencer à se pencher là-dessus et travailler pour que la liaison à NY se fasse de Montréal, et non pas de Toronto.


Avec l'inévitable croissance à moyen et long terme des coûts du pétrole, ressource non-renouvelable se raréfiant, il est impératif de moderniser notre économie là où les gains d'efficience peuvent être faits. D'autant plus que, le construction et la haute technologie étant largement tributaires du pétrole, plus on attend pour construire cette infrastructure, plus les coûts seront élevés.


Si on est prêts à investir des milliards pour recevoir le plus gros concours de médailles du monde, sous prétexte de retombées économiques, je pense que la réflexion ne peut que nous mener à conclure que nous sommes fins prêts à investir une somme similaire pour moderniser notre infrastructure de transport. Une opportunité pertinente à saisir, quand on sait qu'aux States, le projet de TGV de 1,2 G$ reliant les grandes villes de l'Est (Washington, Pittsburg, NY, Boston, Buffalo et Montréal) est déjà sur la planche à dessin.

 

2010.02.11

Clotaire Rapaille et sa passion pour le Québec

Faut voir le Bullshitomètre Infoman qui scan la prétention de Clotaire Rapaille, le nouveau marketer vedette engagé par LaBeaume pour faire le rebranding de Québec.

Le gars dit qu'il a une passion de longue date pour le Québec, qui remonte à la Guerre quand il était tout petit et sa mère lui chantait des chansons de Félix Leclerc. Or, les chansons de Félix Leclerc n'étaient même pas connues au Québec à cette époque.

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Crédit: Serge Chapeleau, La Presse

2010.02.09

Incitatifs, motivation et résultats

Très intéressant: une présentation sympathique et dynamique de Dan Pink à TED Talk. Il y présente des études qui suggèrent que l'incitatif monétaire a ses limites à servir de motivateur efficace pour tout travail qui nécessite de la créativité. Il y oppose plutôt l'autonomie, le goût du défi et le "sense of purpose", tout en donnant des exemples intéressants d'entreprises qui intègrent cette vision dans leur modèle d'affaires.

2009.12.13

Nouvel encadrement des travailleurs immigrants

Pour une fois que le gouvernement fédéral semble faire dequoi qui a de l'allure:

En 2008, le Canada a admis 12 878 aides familiaux résidants. Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, modifie la réglementation sur les domestiques immigrants, pour leur faciliter l'accès à la citoyenneté. Ce qui a probablement comme effet secondaire de faciliter à la main d'oeuvre bon marché pour les riches. Mais si ces gens travaillent ici, et veulent obtenir leur citoyenneté, et que le changement de réglement leur facilite l'accès je pense que c'est tant mieux pour eux?

Dans le cadre des modifications fédérales, les nourrices par exemple profiteront d'une période de quatre ans pour compléter l'équivalent de deux ans de travail, avant de demander le statut d'immigrant.

Aussi, les aides familiaux résidants n'auront plus besoin de se soumettre à un deuxième examen médical avant de présenter leur requête. Il s'agit d'une modification que préconisait feue Juana Tejada.

Selon une autre modification proposée, les aides familiaux qui font des heures supplémentaires pourront présenter une demande de résidence permanente plus tôt.

En ce moment, les aides familiaux résidants doivent travailler durant deux ans au cours des trois premières années suivant leur admission au Programme, avant de pouvoir présenter une demande de résidence permanente au Canada. Certaines domestiques n'ont pas réussi à atteindre l'objectif de deux ans de travail parce qu'elles étaient tombées enceintes ou avaient perdu leur emploi.

Grâce à la nouvelle disposition, elles pourront demander la résidence permanente après 3 900 heures de travail. C'est l'équivalent de deux années de travail avec un horaire normal.

Selon les nouveaux règlements proposés, les employeurs d'aides familiaux devront payer:

  • les frais de déplacement vers le Canada des aides familiaux
  • l'assurance médicale des aides familiaux jusqu'à ce que ceux-ci soient admissibles à la couverture médicale provinciale
  • l'assurance contre les accidents de travail des aides familiaux et, s'il y a lieu, les frais de recrutement imposés par des tiers

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.04.17

La crise financière visuelle


The Crisis of Credit Visualized from Jonathan Jarvis on Vimeo.

2009.04.09

le scandale des mines au québec

"au cours des dernières années, les minières ont extrait pas moins de 17 milliards de dollars du sous-sol québécois en or et en métaux. Là-dessus, ces compagnies n'ont payé que 260 millions en redevances, soit un maigre 1,5 %. C'est dix fois moins qu'un pourboire au restaurant! Plus scandaleux encore, 11 des 14 compagnies minières en place ont même poussé l'audace jusqu'à ne verser aucune redevance en 2007-08. Clairement, on se rit de nous. On est loin, très loin du 12 % de leurs profits exigé par la loi. Ce sont pourtant des bénéfices gigantesques pour des compagnies qui exploitent les richesses de notre nation, parfois même aux frais des contribuables. À titre d'exemple, les contribuables québécois devront débourser 12 millions pour aménager à Malartic un site pour les résidus miniers de la mine d'or Osisko» - Amir Khadir

 

«Le rapport démontre, que les contribuables québécois se font flouer par une industrie qui ne s'acquitte pas de ses obligations minimales sur le plan fiscal. Et c'est pire du côté environnemental. Les dépôts pour la restauration des sites miniers totalisent 109 millions sur une facture évaluée à plus de 350 millions: les deux tiers seront donc refilés aux contribuables quand les minières auront empoché les milliards. On constate aussi que 56 % des inspections ne font l'objet d'aucun rapport et encore moins de poursuites. De plus, le ministère des Ressources naturelles ignore les avis [du ministère] de l'Environnement et il n'évalue même pas la solvabilité des tiers auxquels les mines confient la responsabilité de restaurer leurs sites. Les Ressources naturelles libèrent les minières de leurs obligations sans respecter des critères rigoureux et uniformes. On est en face d'un laxisme généralisé et la conservation, une mission étatique qui relève pourtant aussi des Ressources naturelles, est complètement bafouée par ce ministère, de l'avis même du vérificateur général, encore là». » - Christian Simard, de Nature-Québec

 

source: http://www.ledevoir.com/2009/04/03/243518.html

voir aussi: http://www.ledevoir.com/2009/04/04/243781.html

ENQUÊTE a fait un bon reportage sur la question

2009.03.23

Le mythe des guerres de l'eau

Excellent article dans le Devoir, j'en fais un petit résumé mais je recommende d'aller le lire:

Le mythe des guerres de l'eau

Frédéric Julien, Doctorant en science politique et membre du Laboratoire d'études et de recherches en sciences sociales sur l'eau (LERSS-eau) à l'Université d'Ottawa

La Journée mondiale de l'eau (hier, 22 mars) était cette année consacrée aux «eaux transfrontalières», soit les sources d'eau douce communes à deux ou plusieurs pays -- le bassin du Saint-Laurent et des Grands Lacs, par exemple. Il s'agit là d'une occasion de revenir sur l'idée reçue voulant que le XXIe siècle voie se multiplier les guerres pour le contrôle de ces eaux partagées.

Le mythe des guerres de l'eau repose sur la crainte de pénuries résultant d'une surexploitation de la ressource. (...)

Il convient à ce point de préciser que la satisfaction des besoins individuels de base (boisson, cuisine et hygiène personnelle) ne représente qu'une petite fraction de l'utilisation que font les sociétés de l'eau. Virtuellement partout où s'est établi l'humain se trouve suffisamment d'eau pour couvrir ses besoins primaires. La soif est donc généralement un problème plus politique que physique. Si l'on appréhende des pénuries en certains endroits, il s'agit essentiellement de craintes liées aux usages agricoles et industriels de l'eau. Ainsi, à l'échelle mondiale, l'agriculture à elle seule serait responsable d'environ trois quarts des prélèvements. Or, comparativement à l'impérieuse soif individuelle, image sur laquelle se fonde le discours des guerres de l'eau, les besoins hydriques «secondaires» d'une société sont largement modulables. Le cas d'Israël en atteste de manière éclatante: cet État pilote une économie riche et diversifiée avec des réserves d'eau douce qui passeraient pour largement insuffisantes au Canada et aux États-Unis, deux pays où les prélèvements hydriques par personne sont parmi les plus élevés au monde et largement supérieurs à la moyenne occidentale.

En supposant l'impossibilité de puiser davantage d'eau dans la nature pour des raisons géopolitiques ou écologiques, et sans même parler de la possibilité de «créer» de l'eau douce par dessalement ou recyclage, une société inquiète eu égard à son approvisionnement peut d'abord mettre en place des politiques visant à améliorer l'efficience de ses usages de la ressource. Les économies d'eau à espérer peuvent être considérables. Deuxièmement, cette même société a l'option d'aller plus loin encore en modifiant l'allocation des ressources hydriques entre ses différents usages en faveur des plus productifs d'entre eux. Le but est ici de créer davantage de valeur économique par volume d'eau utilisé, générant ainsi des revenus mobilisables pour l'importation des denrées dont la production gourmande en eau a dû être diminuée. Un troisième niveau d'adaptation renvoie à une réorganisation plus fondamentale du rapport social à l'eau par la remise en question du bon sens de certaines utilisations de la ressource.

Évidemment, un tel processus est producteur de stress social. Il est clair que tout mouvement de rationnement et de réaffectation des ressources, en faisant des «gagnants» et des «perdants», est porteur de tensions et de conflits. De plus, toutes les sociétés n'ont pas la même capacité d'adaptation. Le sens de la présente réflexion n'est donc pas d'ignorer les graves conflits internes que risquent d'apporter un peu partout dans le monde d'éventuelles réformes en matière de gouvernance de l'eau, les meilleures comme les pires. L'analyse, par ailleurs fortement majoritaire dans la littérature scientifique, est plutôt qu'il est relativement peu probable que les gouvernements qui feront face au stress hydrique attendu dans le futur préféreront la guerre, une entreprise horriblement coûteuse et incertaine, à la conservation et à l'innovation technologique comme mode d'adaptation. L'eau n'est tout simplement pas le nouveau pétrole. Elle n'est pas au coeur du système capitaliste mondial et n'aide en rien à se positionner dans le système international. (...)

En définitive, s'il convient de garder à l'esprit que l'hydro-futurologie s'accommode mal des certitudes en période de changements climatiques, des émeutes de l'eau sont néanmoins bien plus à craindre que de véritables guerres de l'eau. Selon toute vraisemblance, davantage qu'à une crise de l'eau per se, l'humanité fait plutôt face à de graves problèmes de gouvernance: en maints endroits, la demande hydrique croît sans contrôle; en d'autres, on échoue à rendre disponible aux populations une eau pourtant abondante; et un peu partout, on pollue et gaspille l'eau douce de manière éhontée. Ce sont donc ces problèmes concrets et immédiats qui devraient mobiliser nos énergies, et non le ressassement d'improbables scénarios guerriers.

15:03 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, économie, guerre | |  Facebook

2009.03.22

Avertissement du UK chief scientist

http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk/7951838.stm

Global crisis 'to strike by 2030' 
By Christine McGourty 
Science correspondent, BBC News 

Water shortages are predicted across large parts of Africa, Europe and Asia
Growing world population will cause a "perfect storm" of food, energy and water shortages by 2030, the UK government chief scientist has warned.

By 2030 the demand for resources will create a crisis with dire consequences, Prof John Beddington said. 

Demand for food and energy will jump 50% by 2030 and for fresh water by 30%, as the population tops 8.3 billion, he told a conference in London. 

Climate change will exacerbate matters in unpredictable ways, he added.

 

Le reste de l'article est disponible avec une entrevue vidéo

2009.03.02

Des bourses exclusives aux étudiants en affaires

Le fédéral annoncait dernièrement que le financement des bourses d'études en sciences humaines (pour le deuxième cycle) allait devenir exclusif aux recherches liées au monde des affaires. Plutôt que de laisser les bourses aller aux meilleurs candidats et aux besoins en recherche, elles vont maintenant aux étudiants en business.

Or, la députée Niki Ashton (Thompson, NPD) a parti une pétition pour demander à ce que la clause exigeant que toutes les nouvelles bourses en sciences humaines soient exclusives aux étudiants en affaires soit enlevée.

On peut la signer en ligne à l'adresse suivante:

http://nikiashton.ndp.ca/sshrc


Pour plus d'info:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/educat...

http://www.ledevoir.com/2009/02/17/234302.html

Des bourses d'études supérieures branchées sur le monde des affaires
Alexandre Shields
Le Devoir, Édition du mardi 17 février 2009
Les conservateurs sont critiqués pour cibler les diplômes liés à l'entreprise

Miser à fond sur les étudiants qui optent pour des diplômes «liés aux affaires». C'est ce que les conservateurs ont décidé de faire dans leur dernier budget en leur réservant tous les fonds supplémentaires qui seront distribués sous forme de bourses d'études supérieures par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

(...)

Des propos qui font bondir le titulaire de la Chaire de recherche en études cinématographiques de l'Université Concordia, Martin Lefebvre, qui a entrepris de mobiliser d'autres universitaires afin de contester la décision des conservateurs. «Il s'agit d'une intervention de l'État dans la recherche digne du plus pur stalinisme, affirme-t-il. Dans une société qui traverse une crise des valeurs qui est loin de n'être que financière, qui peut sérieusement envisager que c'est le monde des affaires -- en passant, celui-là même qui est responsable de la débâcle financière du moment! -- qui sera le mieux en mesure de penser l'avenir, et ce, au détriment de l'ensemble de toutes les autres sciences humaines?»

(...)

«Cet argent aurait dû être donné aux organismes subventionnaires qui l'auraient accordé en fonction des besoins, sans égard aux intérêts partisans du gouvernement, ajoutait la chef de la formation, Elizabeth May. Le gouvernement n'est pas là pour dicter ses priorités à nos conseils de recherche.»

Le phénomène n'est toutefois pas nouveau, explique M. Gagné, puisqu'il s'inscrit dans une volonté de plus en plus affirmée de «brancher l'université sur le marché du travail», ce qui facilite «le développement de partenariats avec l'entreprise privée», notamment pour la recherche. Or, cette tendance lourde risque fort de «déformer la recherche universitaire». «On se prive d'un regard désintéressé, estime le sociologue. Mais quand on dit ça, on a l'air niaiseux, parce que tout le monde est convaincu que la véritable connaissance, c'est celle qui permet de faire marcher la société à très court terme.»

En même temps, déplore-t-il, on évacue progressivement les «humanités» de la sphère de la recherche, dont l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, l'histoire, la philosophie et les études littéraires.

2009.02.24

Effacement de la dette du Burundi

tiré du journal le Figaro:

Burundi : annulation de 92% de la dette
AFP
30/01/2009
Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) ont accordé au Burundi une remise de dette d'1,4 milliard de dollars (1,09 milliard d'euros), correspondant à "92% de la dette extérieure" du pays, a annoncé aujourd'hui le gouvernement burundais.

"Les 28 et du 29 janvier 2009 sont des dates qui resteront gravées dans la mémoire des Burundais parce que c'est le moment où nous avons obtenu de la BM et du FMI une remise de la dette multilatérale qui correspond environ à 1,4 milliard de dollars, ce qui représente 92% de la dette extérieure du Burundi", a annoncé la ministre burundaise des Finances, Clotilde Nizigama, lors d'une conférence de presse à Bujumbura.

L'allégement de la dette est accordée dans le cadre de l'initiative "PPTE" (Pays Pauvres Très Endettés) du FMI. Pour y être élligible, un pays doit "donner la preuve qu'il a engagé des réformes et mené une politique économique avisée dans le cadre des programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale et avoir formulé un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) basé sur un vaste processus participatif. Lorsqu'un pays a accompli des progrès suffisants vers la satisfaction des critères retenus ou y a satisfait, les Conseils d'administration respectifs du FMI et de l'IDA décident officiellement de son admissibilité à l'allégement et la communauté internationale s'engage à ramener la dette au seuil de viabilité convenu."

L'effacement de la dette est particulièrement pertinente et légitime, il est cependant malheureux qu'elle serve de carotte pour que ces "PPTE" appliquent à la lettre des "réformes" dictées par le FMI. Ces réformes sont-elles vraiment dans l'intérêt de leurs peuples? Aideront-elles aux problèmes de sous-développement et de corruption ou vont-elles davantage ouvrir les frontières afin de donner aux pays riches l'accès sans entraves aux à leurs ressources?

2009.02.10

Les changements climatiques engendrent le chaos en Australie

Le climat de l'Australie dérape par Louis-Gilles Francoeur, le Devoir, 10 février 2009

La sécheresse endémique rend les feux incontrôlables

Les incendies qui ravagent le sud de l'Australie masquent une sécheresse de plus de dix ans, que ce pays, de plus en plus assoiffé et qui refusait jusqu'à l'an dernier de se lier au protocole de Kyoto, attribue désormais ouvertement au réchauffement du climat.

Les feux qui dévorent l'Australie avaient tué hier 173 personnes. Ces incendies sont désormais considérés comme les plus meurtriers de l'histoire de ce pays. (...)

Les milliers de bénévoles, professionnels et militaires combattent nuit et jour jusqu'à l'épuisement ces feux au parcours imprévisible, qui se moquent des coupe-feu et rasent hameaux et villages. Hier, de nouvelles victimes ont été découvertes au nord-est de Melbourne, deuxième ville d'Australie et capitale de la province de Victoria. Dans sa banlieue, plus de 750 maisons ont été rasées jusqu'ici et plusieurs citoyens, brûlés vifs par des feux. (...)

Jusqu'ici, ces incendies ont rasé plus de 3000 km2 dans le sud de l'Australie en raison des effets combinés d'une sécheresse endémique, du vent et de la pire canicule enregistrée depuis un siècle en cette fin d'été australe, laquelle est généralement considérée comme le début de la «saison des incendies».

La canicule en cours multiplie en réalité la virulence des incendies parce qu'elle assèche la végétation à des niveaux inconnus jusqu'ici. À Melbourne, en fin de semaine, le thermomètre a grimpé à 46,7 °C.

À Melbourne, la semaine dernière, des rails de chemin de fer se dilataient au point de se tordre et d'interrompre le trafic ferroviaire. La demande en électricité, multipliée par les climatiseurs, faisait flancher un poste de distribution, privant un demi-million de personnes d'électricité, bloquant des gens dans les ascenseurs surchauffés et provoquant d'importants embouteillages faute de feux de circulation. À Melbourne, les parcs couverts de gazon brun, sont en train de perdre leurs 60 000 arbres, dont les feuilles tombent au sol en plein été. À Adélaïde, on a déploré une vingtaine de décès à cause de la chaleur. Les gens ont commencé à mettre leurs vêtements au réfrigérateur et se mettent au lit avec des bouteilles d'eau congelée.

Pour la ministre du Changement climatique et de l'Eau, Penny Wong, «tout cela est conforme avec les scénarios de changements climatiques et avec ce que les experts nous ont prédit».

Ce pays a la réputation d'être un des plus secs de la planète. Selon une étude récente d'un organisme industriel de ce pays, il serait «l'un des plus fragiles» et pourrait devenir la première victime majeure des changements climatiques.

Le désert de Simpson, situé au centre de l'Australie, est un des plus chauds de la planète avec des pointes estivales de 58 °C.
(...)
Mais pendant que les régions du sud flambent comme des fétus de paille, celles du nord sont victimes d'inondations. En plus de noyer une dizaine de villes, ces eaux gonflées posent des risques inusités aux personnes isolées, désormais aux prises avec des alligators et des serpents.
(...)
En mai 2005, on interdisait déjà dans le Queensland l'arrosage des gazons, le lavage des autos et le remplissage des piscines. En 2007, à cause des canicules, le Queensland demandait à sa population de réduire de 300 à 140 litres d'eau par jour sa consommation moyenne avec des moyens très simples: limiter les douches à quatre minutes, fermer les robinets en se brossant les dents, ne pas tirer la chasse d'eau inutilement, etc. En deux semaines, la consommation moyenne est passée de 300 à 120 litres par jour et se maintient depuis à 140 litres.

Voyez, on a qu'à attendre l'apocalypse avant de faire des efforts. Pourquoi assumer les coûts inutiles de la prévention?