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2012.01.15

L'énergie du Thorium

At TEDxYYC Kirk Sorensen shows us the liquid fuel thorium reactor -- a way to produce energy that is safer, cleaner and more efficient than current nuclear power.

17:58 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2011.12.18

Garbage warrior

2011.12.10

Écoconduite

Loin d’être une simple philosophie, l’écoconduite est un ensemble de techniques visant à réduire sa consommation de carburant. Selon le ministère des Ressources naturelles et de la Faune – Efficacité énergétique, l’écoconduite peut permettre de faire des économies d’au moins 10 %.

Les grands principes de l’écoconduite sont les suivants:

  • Maintenir une vitesse constante afin d’éviter les accélérations et les freinages inutiles. Cela s’applique surtout en ville, où 60 % de votre consommation de carburant est due aux accélérations nécessaires pour relancer votre véhicule dans la circulation.
  • Rouler moins vite. Plus vous roulez vite, plus la résistance de l’air augmente votre consommation de carburant. En réduisant votre vitesse de 10 km/h sur l’autoroute, vous dépenserez 10 % de moins en carburant: vous économiserez ainsi sur votre plein d’essence tout en réduisant vos émissions de gaz à effet de serre.
  • Conserver un régime-moteur raisonnable. Évitez que l’aiguille du compte-tours (ou tachymètre) aille dans le rouge. À cette fin, dosez vos accélérations, car au-delà de 3 000 tours/minute, votre moteur devient très énergivore. Il vaut donc mieux toujours passer rapidement à un rapport supérieur. En effet, plus le rapport de vitesse est élevé, moins grande est la consommation de carburant.
  • Les propriétaires de véhicules à boîte de vitesses manuelle devraient donc changer de rapport le plus vite possible lorsqu’ils accélèrent. D’ailleurs, la plupart des transmissions automatiques contemporaines sont programmées pour faire la même chose, et les véhicules ainsi programmés ont souvent une cote de consommation moindre que les mêmes véhicules dotés d’une boîte manuelle.
  • Éviter la marche au ralenti du moteur. Ne laissez pas tourner votre moteur un quart d’heure pour le réchauffer. En hiver, 30 secondes suffisent pour permettre à l’huile de lubrifier adéquatement le moteur. Celui-ci se réchauffe plus vite à basse vitesse qu’à l’arrêt: roulez doucement sur quelques kilomètres afin de le réchauffer progressivement, ainsi que toutes les pièces mobiles.
  • À l’arrêt. Laisser un moteur tourner à l’arrêt pendant plus de 10 secondes consomme plus de carburant et produit plus de gaz à effet de serre que de l’arrêter et de le redémarrer.

2011.07.20

Chine-Canada: Y'en finissent pu de pelleter de la marde.

La chine exploite notre pétrole sale pour faire du plastique pour faire des cochonneries qu'on leurs achète qu'on consomme et qu'on enfouira dans des dépottoirs. Le circuit linéaire du gaspillage des ressources, du sous-sol canadien au sol canadien en passant par les sweat shop chinoises, en détruisant notre environnement au passage. Le tout pour satisfaire l'idéologie qui dit créer de la richesse, prospérité économique et god bless Canada. ça doit être ça la liberté économique, la liberté de se faire exploiter ses ressources par une dictature pour que les affairistes fassent plus de cash. Je comprendrai jamais le monde qui sont à l'argent.
Bientôt on va pouvoir leur acheter des chars et on va pouvoir s'acheter plus de chars et faire plus de parking, le gaspillage étant l'aboutissement de l'existence humaine pour la religion consumériste dans laquelle nous vivons.

Sables bitumineux : la Chinoise CNOOC achète OPTI Canada

Sables
        bitumineux

La compagnie pétrolière chinoise CNOOC a abouti à une entente pour l'achat d'OPTI Canada de Calgary moyennant 2,1 milliards de dollars.

Les membres du conseil d'administration d'OPTI Canada ont voté à l'unanimité pour l'offre d'achat de la firme chinoise, expliquant qu'elle était dans le meilleur intérêt de la compagnie albertaine.

OPTI Canada, qui a été créée en 1999, oeuvre dans l'exploitation des sables bitumineux. Pour sa part, CNOOC est l'une des trois sociétés d'État chinoises du domaine du pétrole et du gaz naturel. Elle figure aussi parmi les plus importantes firmes indépendantes du monde dans les domaines de l'exploration et de la production de pétrole et de gaz.

...

C'est à la fois une société d'état chinoise, et une firme indépendante?



Baird constate un réchauffement des relations sino-canadiennes

Le ministre
      des Affaires étrangères canadien, John Baird, et son homologue
      chinois, Yang Jiechi, le 18 juillet 2011

Le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird (...) achève sa première visite officielle en Chine, où il a discuté avec son homologue chinois, Yang Jiechi, de commerce, d'investissement et de droits de la personne et a rencontré de hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise. Dans une téléconférence depuis Shanghai, le ministre a estimé qu'au cours des dernières années, une nouvelle ère s'est ouverte pour les relations entre les deux pays. Il a dit vouloir construire à partir de ces nouvelles bases. M. Baird a souligné que la Chine constitue pour le Canada un partenaire stratégique dans les domaines de l'énergie, des ressources naturelles et des affaires internationales. Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.

La chine veut des ressources naturelles.
Les conservateurs en ont à vendre.
Tout le monde est content.

"Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.": Je sais même plus à quoi ils font référence.
Le Canada est de moins en moins démocratique et pacifiste, son gouvernement contrôle de plus en plus l'accès à l'information, brutalise ses opposants et fait de la propagande partisane à même les fonds publics et avec ses stratégies politiques bientôt on pourra peut-être s'inquiéter de s'en aller vers le parti unique...


Déversement de pétrole dans le nord de l'Alberta

Carte Swan Hills

La Commission de contrôle des ressources énergétiques de l'Alberta enquête sur une fuite de pétrole survenue dans un pipeline appartenant à la pétrolière Pembina à plus de 200 km au nord-ouest d'Edmonton.

Selon un responsable de la compagnie basée à Calgary, l'équivalent de 1300 barils de pétrole se seraient échappés mardi du pipeline Moosehorn, situé près de Swan Hills. Le pipeline a été fermé et une enquête est en cours.

La fuite serait survenue dans une zone où se trouvent des marécages et un ruisseau. Selon la compagnie, la fuite a été contenue et des équipes sont sur place afin de procéder au nettoyage de la zone contaminée.

Le président de Pembina, Bob Michaleski, affirme que la pétrolière prendra les mesures nécessaires pour minimiser l'impact du déversement sur les terres et les voies navigables.

C'est pas grave on va continuer de faire tous nos déplacements en char pis de s'acheter de l'eau embouteillée pis plein de cochonneries jetables et de façon générale baser notre mode de vie sur consommer des trucs inutiles parce que consommer de façon responsable c'est juste un concept d'"écolos-gauchistes-bien-pensants" pis "ça donne rien de pas faire ça c'est ça que tout le monde fait"...

J'en ai marre, ça dort au gaz pis c'est vrai dans ce pays là.

2011.05.21

TED: Angela Belcher: Using nature to grow batteries

20:33 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ted | |  Facebook

2011.05.02

gaspillage

"Si chaque conducteur d'un véhicule léger arrêtait son moteur au lieu de le laisser tourner au ralenti trois minutes par jour, les Canadiens économiseraient ensemble 630 millions de litres de carburant, 630 millions de dollars en carburant et ils réduiraient les émissions de GES de plus de 1,4 million de tonnes par année (en admettant que le coût du carburant est de 1 $ le litre)."
source: Ressource naturelle Canada

2011.02.26

Jean Dion -"Ça commence à faire"

tellement excellent, fallait que j'le mette ici:

Ça commence à faire

Un citoyen/contribuable/consommateur qui s'était initialement réjoui du mouvement de protestation gagnant une partie du monde trouve que ça commence un peu à faire, si vous voulez son avis.

«Je vais vous donner mon avis, j'en ai le droit puisque nous vivons dans un pays libre», a-t-il déclaré. «C'est que j'ai constaté que, par un phénomène que je ne comprends pas tout à fait, des troubles dans certaines régions peuvent entraîner une hausse du prix de l'essence. Et je trouve qu'on paie déjà assez cher comme ça à la pompe sans qu'on vienne en rajouter sous prétexte qu'il y a des pays mal organisés.»

«Ne vous y trompez pas, je crois à la démocratie, même si je ne vote pas parce que ça ne sert à rien», a poursuivi le citoyen/contribuable/consommateur. «Mais si vous voulez mon avis, le droit des uns de lutter contre la dictature et l'oppression s'arrête là où commence le droit des autres, dont le mien, de gazer à un coût raisonnable. On est déjà assez taxés comme ça.»

Il a conclu en affirmant que certains peuples devraient faire preuve d'un peu plus de respect pour les autres, surtout ceux qui comptent «des citoyens/contribuables/consommateurs pognés à la gorge par des gouvernements qui vont trop loin».

2011.01.10

What you need to know about shale gas production

Une autre excellente présentation sur l'impact de l'exploitation des gaz de shale:

What you need to know about natural gas production. Theo         Colborn, Ph.D.

2011.01.08

Gaz de shale: les problèmes du drilling et de la fracturation

Une excellente présentation du chimiste Ron Bishop sur le drilling et la fracturation hydraulique, des processus nécessaires à l'exploitation des gaz de shale.

2011.01.07

Reportage radio sur le gaz de shale

Voici une série de reportage très intéressants de l'émission de RadioCan, les Années Lumières, sur l'exploitation des gaz de shale. Plusieurs invités experts pertinents; une approche scientifique et objective.

 

Dans la même veine, il faut entendre Michel Pépin et Josée Boileau sur les liens étroits entre le PLQ et l'industrie:

Voici la liste des noms qu'ils mentionnent au début:

  • Stéphane Gosselin, passé en une fin de semaine de directeur de cabinet du ministre du développement économique à directeur général de l'Association pétrolière et gazière;
  • Martin Daraîche, ancien adjoint de la ministre des ressources naturelles, fait maintenant des relations publiques pour l'APGQ
  • Lisa Lavoie, anciennement directrice adjointe au ministère de l'environnement, travaille maintenant sur les gaz de schiste chez National
  • Daniel Bernier directeur de cabinet du ministre du Tourisme, qui fait maintenant du PR pour Talisman
  • Raymond Savoie ancien ministre Libéral, au conseil exécutif de l'APGQ
  • André Ryan avocat de Jean Charest, a préparé l'incorporation de l'APGQ
  • un autre ancien libéral pas encore nommé au moment de l'émission

Par ailleurs, cet article du Devoir rapportait:

  • François Pilote, ancien conseiller et son organisateur politique de JC, fait maintenant du lobbying pour l'APGQ;
  • Sylvie Paradis, ancienne membre du cabinet de Charest et consultante pour le PLQ, vice-présidente de la direction de GVM, travaille maintenant auprès de François Pilote

Un article nommant les mêmes noms a paru dans notre journal national de propagande patronale.

Comme ça, deux quotes de Natalie Normandeau:

  • "Notre gouvernement a une prétention, l'ambition profonde qu'il est possible pour notre société de créer de la richesse"
  • "Je ne vais pas perdre mon temps avec les Greenpeace de ce monde"
  • "...les gens se demandent si on cause un préjudice aux nappes phréatiques lorsqu'on fait un forage. La réponse est non. Est-ce que les substances auxquelles on a recours pour forer sont polluantes? La réponse est non." (Le Devoir)
  • le gouvernement a «la responsabilité» de «mettre en valeur un pareil potentiel» (Le Devoir)

2010.12.02

300 years of fossil fuels

2010.06.06

In Transition

Documentaire pas trop long qui vaut la peine:

In Transition 1.0 from Transition Towns on Vimeo.

Quelques liens sur la transition:

2010.05.29

Un transit efficace

Eux autes ils ont compris comment avoir un système de transport efficace, propre et sécuritaire! Ils éliminent les chars

2010.04.08

Steven Cowley: Fusion is energy's future

Physicist Steven Cowley is certain that nuclear fusion is the only truly sustainable solution to the fuel crisis. He explains why fusion will work -- and details the projects that he and many others have devoted their lives to, working against the clock to create a new source of energy.

21:51 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science, énergie, fusion, ted | |  Facebook

2010.03.19

Le développement de l'industrie des agrocarburants

Entre panacée et poudre aux yeux

agrocarburants5.jpg

Des groupes environnementalistes faisaient jadis la promotion des biocarburants, comme étant une source d'énergie renouvelable pouvant réduire la dépendance au pétrole et être bénéfique pour l'environnement. Plus récemment, on se rend compte que leur développement a des effets secondaires socio-économiques importants, et un bilan environnemental mitigé. Le gouvernement annonce fièrement ses investissements dans cette filière comme si elle était une panacée pour l'énergie verte et le développement durable. Il y a toute une marge entre ces étiquettes et celles de ses opposants qui la qualifient de désastre écologique et humanitaire. Dans quelle mesure les agrocarburants peuvent-ils contribuer à réduire notre dépendance énergétique? Quels bénéfices pour l'environnement, le secteur agricole, et les consommateurs? Leur développement est-il imputable au capitalisme sauvage, à l'intervention étatique électoraliste, ou à un savant mélange des deux? Cet article tentera de faire la lumière sur ces questions.

Des distinctions technologiques

Il y a une distinction importante à faire entre les biocarburants de première génération et ceux de seconde génération. Les premiers font référence à la transformation de matériau simple, comme les glucides, de l'huile végétale ou du gras animal, en carburant, par des technologies conventionnelles. Ces biocarburants sont souvent fait à partir de biomasse expressément produite pour cet usage.

Ceux de deuxième génération transforment des matières résiduelles, ou des cultures non-alimentaires, en carburant, et font appel à des technologies plus avancées. Elles promettent de mettre beaucoup moins de pression sur la demande des aliments et des terres agricoles, et de pouvoir valoriser des matières qui sont autrement des polluants. Les usines de biométhanisation, qui commencent à faire les manchettes, ainsi que la production d'éthanol à partir de résidus forestier ou de panic érigé, sont des exemples de technologie à biocarburant de deuxième génération.

Les biocarburants de troisième génération n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements de recherche fondamentale. Ce sont des procédés utilisant une technologie avancée, qui promettent un retour sur l'investissement énergétique beaucoup plus élevés. Il peut s'agir par exemple d'algues productrices d'huile à haut rendement, d'algues produisant directement de l'éthanol, ou de cultures qui sont conçues de sorte que leurs propriétés se conforment aux besoins du processus de conversion, comme la production d'un maïs contenant de la cellulase (l'enzyme qui dégrade la cellulose, facilitant sa transformation en éthanol). Chose certaine, leur production de masse n'est pas près de voir le jour.

Nous verrons dans cet article que le développement des biocarburants est surtout propulsé par les investissements gouvernementaux aux objectifs discutables, et est axé sur les biocarburants de première génération, avec les limites que tout cela implique.

Les fonds publics au développement des agrocarburants

Le 2 mars dernier était annoncé un nouvel investissement de 80 millions $ dans une usine d'agrocarburant. La subvention à GreenField Ethanol pour augmenter sa production de 120 à 145 millions de litres par an peut paraître généreuse comparé au 18 millions dont l'entreprise a bénéficié pour la construction initiale de cette usine qui a commencé ses opérations début 2007. Ce n'est qu'en avril 2008 que le programme fédéral écoÉnergie pour les biocarburants est entré en vigueur. Le programme, disposant de 1,5 Milliards $ sur 9 ans pour les agrocarburants de première génération, vise à stimuler la production de biocarburants pour répondre à la demande créée artificiellement par le gouvernement avec ses norme de E5 (essence à 5% éthanol) et de B2 (diesel à 2% de biodiesel) pour 2010. Depuis, plusieurs usines de transformation ont bénéficié des investissements de ce programme. Le Ministère des ressources naturelles qui administre le programme a tôt fait de distribuer les subventions, telles que compilées dans le tableau 1.

 

Tableau 1: Investissements du programme écoÉnergie pour les biocarburants

Date

Montant

Province

Ville

Type

Compagnie

10-02-10

79 750 000 $

Québec

Varennes

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-12-17

8 400 000 $

Saskatchewan

Lanigan

usine éthanol

Pound-Maker

09-11-10

77 750 000 $

Saskatchewan

Belle Plaine

usine éthanol

Terra Grain Fuels

09-10-02

110 000 000 $

Ontario

Mooretown

usine éthanol

Suncor

09-09-25

70 000 000 $

Saskatchewan

Lloydminster

usine éthanol

Husky

09-09-25

5 400 000 $

Ontario

mississauga

usine biodiesel

Methes Energies

09-08-31

13 720 000 $

Saskatchewan

Weyburn

usine éthanol

NorAmera Bio Energy

09-08-24

72 800 000 $

Manitoba

Minnedosa

usine éthanol

Husky

09-08-21

72 400 000 $

Ontario

Hamilton

usine biodiesel

BIOX

09-06-19

117 500 000 $

Ontario

Johnstown

usine éthanol

Greenfield Ethanol

09-05-29

19 900 000 $

Alberta

High River

usine biodiesel

Western Biodiesel

09-05-20

84 760 000 $

Ontario

Aylmer

usine éthanol

Integrated Grain Processers

09-04-17

72 800 000 $

Ontario

Chatham

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-15

14 000 000 $

Ontario

Tiverton

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-08

23 200 000 $

Alberta

Red Deer

usine éthanol

Permolex Ltd

Total

842 380 000 $

 

 

 

 

source: Ressources Naturelles Canada, http://www.nrcan.gc.ca/media/archives-eng.php

 

Le gouvernement ne cachait pas que l'intention derrière ce programme était à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec ses normes en contenu de carburant (E5 en 2010 et B2 en 2012), et créer des « débouchés économiques exceptionnels pour les 61 000 producteurs de grain et de graines oléagineuses du pays1 ».

Les promesses vertes

Selon les données du gouvernement, le gain environnemental de la conversion aux biocarburants est fort important: en tenant compte du cycle de vie complet de l'éthanol, celui-ci générerait 40% moins de GES que son substitut fossile. Cependant, une analyse de cycle de vie réalisée en 2007 a obtenu des résultats franchement différents. Les chercheurs ont calculé le coût énergétique de chaque intrant de la production de maïs, par hectare. Ceux-ci incluent l'amortissement de machinerie, le carburant, la fabrication d'engrais et de pesticides, et le transport moyen. Les coûts énergétiques totaux pour la production de 1 ha de maïs s'élèvent donc à 7 543 kcal. Le rendement de maïs moyen par hectare étant de 8 781 kg, son potentiel énergétique est de 31 612 kcal, un ratio positif de 4,2:1. C'est quand on inclut le coût énergétique de la transformation que ça se corse. Avec l'amortissement de l'usine, l'eau et la vapeur utilisées, l'électricité, et les transports, le coût total par 1000 L d'éthanol est de 7 333 kcal. Or, la valeur énergétique de 1000 L d'éthanol est de 5 130 kcal. Ainsi, 43% plus d'énergie serait dépensée pour produire l'éthanol, que ce qui peut être fournit par la même quantitée.2 On y note au passage que chaque litre d'éthanol produit implique le rejet par l'usine de 12 litres d'eaux usées.

 

Tableau 2: Rendement énergétique de l'éthanol de maïs (kcal)

 

Coût énergétique

Valeur énergétique

Ratio coût:retour

Culture seulement, 1 ha

7 543

31 612

4,2:1

Transformation, 1000 L

7 333

5 130

0,7:1

source: Pimentel, 2004

 

Une autre étude américaine obtient des résultats moins « pessimistes », mais tout de même peu encourageants dans une perspective de développement durable. Selon leurs chiffres, l'éthanol fournit 25% plus d'énergie que ce qui est investi dans sa production. Dans le cas du biodiesel, ce chiffre est de 93%, un ratio de retour d'énergie sur l'énergie investie tout de même inférieur à 2:1. Les auteurs relativisent aussi le potentiel comme substitut au pétrole: selon eux, dédier la totalité de la production américaine de maïs et de soja à la production de biocarburants ne comblerait que 12% et 6% de la demande, respectivement3. Si on fait la même estimation pour le Québec, 20% des besoins en essence seraient comblés par la totalité des superficies de maïs4.

En fait, si l'industrie des biocarburants de première génération se développe autant malgré ce piètre potentiel économique, c'est grâce aux subventions massives octroyées par les gouvernements en manque de réalisations environnementales. Si le gouvernment est prêt à investir pour créer des jobs et améliorer le bilan environnemental, pourquoi ne pas le faire dans des secteurs plus judicieux? Peut-être est-ce l'influence du lobby des producteurs de grains et des raffineurs. Ou encore, peut-être que la logique conservatrice préfère dépenser pour créer une industrie de toute pièce, et laisser les industries déjà en place tranquilles, plutôt que de dépenser dans des actions qui auraient pour effet de limiter les industries jugées importantes. Ça expliquerait pourquoi on développe les agrocarburants au lieu d'investir dans l'efficacité énergétique et de modifier les pratiques de l'industrie pétrolière, et et pourquoi on subventionne les constructeurs automobiles au lieu des transports en commun.

Un des éléments clefs dans cette affaire, c'est que pour développer les biocarburants, le fédéral investit presque uniquement dans la construction d'usines de transformation. Cette industrie comme celle des pétrocarburants, connaît le phénomène d'imbrication des marchés. C'est à dire que le produit final, l'éthanol, n'est pas le même que le produit de départ, la céréale, et l'intermédiaire, le raffineur, a une grande influence. L'instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et les investissements directs dans des usines de transformation ont comme effet d'augmenter fortement la demande de céréales et oléagineux. Même si les mêmes variétés ne sont pas utilisées pour l'alimentation humaine, leur production exploitent la même ressource, la terre agricole, qui, elle est en quantité limitée. L'augmentation de la demande dans un marché où l'offre peut difficilement augmenter résulte en une forte augmentation du prix du produit. Les investissement qui stimulent la demande sans stimuler l'offre des céréales et des terres agricoles mettent une pression à la hausse sur leur prix. Cet effet secondaire du développement des agrocarburants est fortement controversé.

Une critique acerbe

Oxfam International a produit en 2008 un document d'information assez accablant sur les agrocarburants. L'auteur, Robert Bailey, juge que les politiques des pays industrialisés visant à stimuler cette industrie ne font pas partie de la solution pour la crise énergétique, ni la crise climatique, et qu'elle contribue plutôt à la crise alimentaire. On y cite une analyse parue dans Science, qui estime que les émissions de GES indirectes résultant des changements d'affectation des terres confèrent un bilan carbone négatif aux vastes programmes de biocarburants. En effet, les écosystèmes naturels tels que forêts, tourbières, pâturages, zones marécageuses, stockent généralement davantage de carbone que les agroécosystèmes, dans les sols et la végétation. Les grandes monocultures de plantes annuelles ne stockent pas de carbone dans la matière ligneuse, et la travail du sol nuit à sa biomasse et cause l'échappement du carbone. Oxfam suggère qu'il serait beaucoup plus efficcace d'améliorer l'efficience des véhicules pour réduire les GES. L'auteur réitère la futilité d'essayer de remplacer de façon significative la consommation du pétrocarburant par des agrocarburants. Il recommande de retirer les subventions aux agrocarburants de première génération, et d'investir à la place dans la recherche pour les biocarburants de seconde génération, qui n'encouragerait pas la monoculture et ne menacerait pas la sécurité alimentaire. Ils recommande de miser plutôt sur l'efficacité des transport par l'investissement dans le transport en commun, de meilleures politiques de vitesse et de meilleurs standards d'efficience des véhicules. Les technologies de seconde génération devraient être rendues accessibles aux pays en voie de développement (PVD) et le bilan environnemental des bioénergies devraient être évalués rigoureusement par des analyses de cycle de vie.5

La situation chez nous

En 2008, on dénombrait une quinzaine d'usines d'éthanol en opération au Canada, ayant une capacité de production de 1,6 milliards de L par année. Sept sont situées dans les prairies font l'éthanol à partir de blé, et 7 autres en Ontario, transformant le maïs. Au Québec, il n'y aurait que l'usine de Varennes, avec une future capacité de production de 145 millions de L.6

Il existe peu de mesures propres au Québec pour le soutien du secteur, à part des crédits de taxes et impôts. Depuis mars 2006, le gouvernement du Québec rembourse la taxe payée sur les achats de plus de 3 000 litres de B1007. Des crédits d'impôts sont accordés aux (à l') usines d'éthanol lorsque le prix du baril de pétrole est inférieur à 65 $US. À ce jour, la seule usine d'éthanol au Québec est celle de Greenfield, et le marché du pétrole ne lui a jamais permis de profiter de ce crédit.

Bien entendu, les normes fédérales en matière de teneur en biocarburants s'appliquent au Québec. Dans le cas de la norme B2, la demande grimperait à 120 millions de litres de bioediésel, soit 85 millions de plus que la capacité actuelle. La norme E5, fera grimper le besoin en éthanol à 420 millions de L (5% des 8,4 milliards consommés annuellement).

Toutefois, il est reconnu que la monoculture intensive et les intrants chimiques comporte des risques environnementaux, notamment au niveau de la dégradation des sols et de la contamination des cours d'eau. Ces impacts éventuels, ainsi que les bilans énergétiques et carboniques mitiés, retiendraient le gouvernement provincial d'investir dans ce secteur de façon plus importante. 8

La production de biodiesel pour l'autoconsommation offre un potentiel intéressant. Plusieurs ensembles sont vendus sur internet pour effectuer à petite échelle la transestérification, la transformation délicate de l'huile en biodiésel. Cependant, au-delà de la complexité de l'opération même, la production artisanale de biodiesel annule la garantie des fabricants de voitures et de l'équipement agricole.

Ce qui est certain, c'est que le secteur ne se développerait pas par lui-même sans intervention gouvernementale. Même avec les incitatifs actuels, les transformateurs peinent à faire leur place, surtout dans le biodiesel puisque nous sommes encore à deux ans de l'application de la norme B2. La faillite récente de Bio-Diésel Québec, qui blâme la faiblesse des prix sur le marché, en témoigne9.

Un potentiel plus intéressant?

Il existe toutefois des produits et technologies plus prometteurs que l'éthanol de maïs et le biodiesel de canola. L'éthanol cellulosique est une voie qui pourrait avoir de l'avenir à moyen terme. Cette technologie permet de produire de l'éthanol à partir de cellulose, ce qui fait qu'on peut valoriser des résidus agricoles, forestiers et ménagers, ainsi que certaines cultures non alimentaires comme le panic érigé, le saule, et le peuplier hybride.

Toutefois, il existe peu d'incitatifs pour développer ce secteur qui fait face à des défis technologiques importants. Le programme fédéral ÉcoÉnergie a octroyé 500 millions $ au Fonds de biocarburants ProGenMC, administré par la fondation Technologies du développement durable Canada (TDDC),pour la construction d'infrastructures de seconde génération10. En 2007, le gouvernement du Québec a créé la Chaire de recherche industrielle sur l'éthanol cellulosique à l'Université de Sherbrooke. Deux usines de démonstration d'éthanol cellulosique ont également reçu un soutien gouvernemental: Enerkem (Westbury) et CRB Innovation (Bromptonville).11 Ces usines devraient faciliter l'éventuelle implantation d'usines de taille commerciale.

Une des difficultés avec l'éthanol cellulosique est que, bien que sa matière première soit peu dispendieuse, elle est très dispersée, ce qui pose des défis logistiques énormes (comme dans toute l'histoire de la gestion des matières résiduelles). De plus, le processus de l'hydrolyse enzymatique, qui décompose la cellulose, est lent et coûteux, empêchant la rentabilité de l'opération. Des bactéries et enzymes spécifiques plus performantes devront être développées. Il serait possible aussi diminuer le coût de la fermentation en développant des bactéries pour remplacer les levures, qui accéléreraient cette opération et fourniraient un meilleur rendement.12

Des plantes ayant un meilleur potentiel énergétique que le maîs pourraient éventuellement être cultivées pour la production énergétique. Des plantes ligneuses, comme le saule et le peuplier, ainsi que des plantes herbacées comme l'alpiste roseau, le miscanthus géant et le panic érigé ont une croissance rapide, un haut rendement en biomasse et une valeur énergétique élevée, faisant d'eux de bons candidats13.

Le panic érigé est l'exemple d'herbacée à usage énergétique le plus connu. Multifonctionnel, il a le potentiel d'être transformé en granules pour le chauffage, en biogaz, en litière pour animaux, en pâte à papier ou en isolant de maison. Une usine de transformation devrait bientôt ouvrir à Bedford, en Montérégie. Le panic érigé peut être cultivé dans des terres marginales, contaminées ou laissées à l'abandon, et peut même être utilisé dans des bandes riveraines, ce qui signifie qu'elle ferait moins de compétition à la production alimentaire. C'est une plante vivace, donc sa culture ne requiert pas de travail du sol. Son rendement prend deux ou trois ans à démarrer mais peut produire pendant 10 à 15 ans. Son rendement énergétique, à la culture est de 14:1. Il serait beaucoup exporté présentement car la capacité de transformation locale est faible.14 Ses propriétés agronomiques sont également interessantes: elle résiste bien à l'excès ou au manque d'eau, requiert peu d'herbicides, est récolté par la même machinerie que les fourrages, et offre un rendement annuel de 8 à 12 tonnes de matière sèche par hectare, similaire au maïs.15

Le recherche est toujours en cours pour évaluer le potentiel de ces productions énergétiques au Québec. Leur coût énergétique moindre en fait d'éventuels compétiteurs du maïs pour la biomasse à biocarburant. La disponibilité pour les producteurs de l'information et de l'expertise est un enjeu certain dans le développement de ces production, tout comme le besoin, dans le cas de certaines productions, d'avoir recours à une machinerie spécialisée. Par ailleurs, la production de ces cultures ne disposent pas de soutien de l'état, contrairement aux maïs, soya, canola. Cependant, les usines qui transforment l'éthanol à base de maïs ne peuvent être converties de façon économique à la production d'éthanol cellulosique16. Elles ne viendront pas remplacer la production actuelle d'éthanol-maïs, elles peuvent tout au mieux se substituer à son expansion éventuelle.

Conclusion

Le bénéfice net associé au développement rapide des agrocarburants, surtout de première génération est très incertain. Des pays industrialisés, dont le Canada, se sont lancés rapidement, peut-être en réponse à des lobbys envrionnementaux, industriels et agricoles, dans le développement de la capacité de transformation des biocarburants de première génération. Selon les chiffres mis de l'avant ici, le bilan énergétique de ce qui est fait actuellement est loin d'être excellent, tout comme son bilan environnemental global. La capacité de cette filière à éventuellement remplacer le pétrole comme sources principale énergétique est fort improbable. Les biocarburants de deuxième et troisième génération offrent un certain potentiel, mais seulement à long terme, et en supposant que les technologies connaissent des avancées formidables. Il serait peut-être plus judicieux que les investissements dans le secteur aillent davantage au développement de ces technologies plus prometteuses, plutôt que vers l'industrie de agrocarburants de première génération, qui engendre des problèmes socio-économiques et sera éventuellement obsolète. En attendant, il faudrait peut-être mettre en place des règles solides ou des incitatifs au niveau de l'utilisation des terres pour que les cultures énergétiques ne viennent pas compétitioner l'offre alimentaire.

Références

1 Le nouveau plan du gouvernement sur les biocarburants fait deux gagnants : l’environnement et les agriculteurs. 2007. http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?category=1&id=1731

2 Pimentel, D., Patzek, T. et Cecil, G. 2004. Ethanol Production: Energy, Economic, and Environmental Losses. Reviews of Environmental Contamination and Toxicology. 2007;189:25-41.

3 Hill, J. et collab. 2006. Environmental, economic, and energetic costs and benefits of biodiesel and ethanol biofuels. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, Epub 2006 Jul 12.

4 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC029.pdf

5 Bailey, R. Another inconvenient truth. Oxfam International.

6 CRAAQ, 2008. La production d'éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

7 CRAAQ, 2008. La production de biodiesel à partir de cultures oléagineuses [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC031.pdf

8 CRAAQ, 2008, La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

11 Renaud, R. Nouvelle Chaire de recherche industrielle en éthanol cellulosique. Liaison, vol.41 No.19 [en ligne] http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html

12 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC030.pdf

13 Ibid.

14 Chauvette, Sam. Chronique radio du 28 janvier 2008. Rotation de cultures: les biocarburants. [en ligne] www.chyz.ca/emissions/le-brunch/

15 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique

16 Ibid.

2010.02.12

Le coût d'opportunité des J.O.: le TGV

Excellent article de Claude Lafleur dans le Devoir sur les retombées des Jeux olympiques. Selon son analyse, les jeux olympiques de Vancouver risque d'être un gouffre financier puisqu'avec les dépassements de coûts, ils coûteront 2,5  $ au lieu du 1,3 G$ prévus initialement... pour des retombées estimées de 1 à 2 G$!

Bien sûr, les véritables retombées surviennent sur le long terme, en augmentant la notoriété de la ville et en faisant profiter son développement des investissements dans les infrastructures. Dans le cas de Barcelone et Athène, les JO auraient été particulièrement structurants. Mais les retombées attendues des JO de Montréal en 1976 n'ont pas été au rendez-vous.Le stade olympique, quel investissement structurant pour Montréal! Si on regarde l'expérience des derniers JO d'hiver nordaméricains, Calgary aurait connu une augmentation notable du tourisme depuis ses jeux en 1988. Dans le cas de Salt Lake City, les jeux de 2002 auraient rapporté 100 M$ à la collectivité. Mais ce seraient les entreprises qui profitent des jeux, pas tant la collectivité en général. Et une grosse part de l'argent récolté sert à l'entretient des infrastructures sportives excédentaires.

L'auteur développe aussi sur le très pertinent coût d'opportunité des JO. Les sommes faramineuses investies dans le culte de la compétition sportive pourraient être mises sur des projets davantage pertinents et structurants, par exemple un TGV Qc-Mtl-Otw-Tnto-NY..., ou des événements récurrants qui emmènent des revenus plus durables.

[Lire l'article original sur le Devoir.com]

(Cela dit, si les olympiques stimulent l'intérêt de la populace pour l'activité physique, tant mieux! Mais au coût de milliards en fonds publics, avec comme résultat de renforcir l'obsession pathologique de notre civilisation pour mesurer les personnes entre elles et vouer un culte aux célébrités, n'y aurait-il pas de moyens plus efficient d'atteindre cet objectif?)

Chose certaine, le TGV est devenu plus que nécessaire, et si certains estiment que présentement ce serait trop coûteux pour les retombées immédiates, on ne peut nier qu'à moyen terme, il deviendra une nécessité. Les corridors NY-TO-QC ne connaîtront qu'un achalandage croissant puisque la croissance démographique n'est pas prête de s'arrêter, et qu'elle se manifeste surtout dans les villes. "Ces bassins de population représenteront des pôles démographiques majeurs et il n'y a aucun doute que ces régions devront se tourner vers de nouveaux modes de transports pour permettre les déplacements", pouvait-on lire dans une lettre parue dans Le Devoir cet automne. D'autant plus qu'avec le vieillissement de la population, de plus en plus de citoyens ne pourront pas conduire, et les infrastructures de transport devront s'y adapter et répondre aux nouveaux besoins.

Tgv-icon.pngUn TGV répondrait mieux au besoin de déplacement interurbains des populations de ces grands centre. Selon Éric Champagne, "Pour maintenir et améliorer son niveau de développement, le Canada devra s'appuyer de manière prépondérante sur une économie du savoir. Pour ce faire, le « libre échange » des cerveaux entre les agglomérations urbaines est fondamental."  Il est grand temps de profiter de la densité de ces populations pour réaliser des économies d'échelles dans les transports et diminuer les externalités globales. Et, comme l'a bien dit un commentateur du premier article, le Québec devrait commencer à se pencher là-dessus et travailler pour que la liaison à NY se fasse de Montréal, et non pas de Toronto.


Avec l'inévitable croissance à moyen et long terme des coûts du pétrole, ressource non-renouvelable se raréfiant, il est impératif de moderniser notre économie là où les gains d'efficience peuvent être faits. D'autant plus que, le construction et la haute technologie étant largement tributaires du pétrole, plus on attend pour construire cette infrastructure, plus les coûts seront élevés.


Si on est prêts à investir des milliards pour recevoir le plus gros concours de médailles du monde, sous prétexte de retombées économiques, je pense que la réflexion ne peut que nous mener à conclure que nous sommes fins prêts à investir une somme similaire pour moderniser notre infrastructure de transport. Une opportunité pertinente à saisir, quand on sait qu'aux States, le projet de TGV de 1,2 G$ reliant les grandes villes de l'Est (Washington, Pittsburg, NY, Boston, Buffalo et Montréal) est déjà sur la planche à dessin.

 

2010.02.03

Appel au civisme des automobilistes abusifs

Je fais appel à votre plus profond sens de la courtoisie, du civisme, de coopération et de respect des autres, en vous demandant si vous pourriez pas, s'il vous plait, diminuer l'abus du moteur au ralenti. À ce temps ci de l'année, c'est assez pénible de circuler en ville. L'air est deux fois plus dégueulasse parce qu'il y a plein de chars parkés, vides, qui boucanent. Ces gens se rendent-ils compte de ce qu'ils font et ce qui se passe autour d'eux? Je ne comprend pas cette obstination obsessive qu'ont certains automobilistes à laisser tourner leur moteur quand ils sont stationnés. L'autre jour, quelqu'un a failli tuer toute sa famille parce qu'il a laissé le char tourner dans le garage. Quand vous allez à la caisse ou au dépanneur, ça prend jamais en bas de deux minutes et ça peut en prendre jusqu'à 10 mais surtout vous le savez pas en sortant du char. Mais le char est prêt à partir en 30 secondes! Qu'est-ce qui est le pire? revenir après 30 secondes et redémarrer pour rien ou revenir après 5 minutes et avoir boucané 5 minutes pour rien?

char.jpeg

Est-ce qu'il est si important que ça le plaisir supplémentaire que vous tirez que votre char soit à 25 degrés quand vous rentrez dedans par rapport à si il était à 20? Et puis les démarreurs à distance... vous êtes pas obligés de les partir au lever du lit! Ça prend pas une demi-heure chauffer un char, ça prend pas 10 minutes, ça en prend même pas 5 si t'es un douillet et qu'il te faut absolument qu'elle soit bien tiède... Les 3 minutes à endurer un char froid que ça vous sauve, trouvez-vous vraiment que ça vaut 20 minutes d'emboucaner les voisins et les passants? Vous êtes pas tout seuls à vous déplacer sur les voies publics et dans les stationnements!

Votre boucane émise inutilement, contient du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote, du dioxyde de souffre, de l'ozone et du benzène. Tout ça c'est pas bon pour le corps humain, imginez vous donc! Une estimation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique au Québec par l'Institut de santé publique a évalué les conséquences de la pollution atmosphérique à presque 2000 décès prématurés, 400 visites à l'urgence pour problèmes respiratoires et 246 000 journées de symptomes d'asthme. Pourriez vous arrêtez de faire exprès? Question de savoir vivre!

C'est ben le fun le capitalisme, pis votre droit individuel au confort absolu, mais il y a un problème d'injustice dans votre système: les piétons et cyclistes autour de vous ne peuvent pas être compensés pour ces externalités là que vous leurs faites subir, ni s'en prémunir en déboursant! L'utilité que vous tirez au coût 15 minutes à faire tourner votre char stationné est inférieure à celle que vous faites perdre à plusieurs personnes en les incommodant. Autrement dit, le confort que vous gagnez est sacrément moins grand que celui que vous faites perdre aux autres. Je vous demande donc si par gentillesse vous voudriez pas modérer un peu votre consommation. Étant donné que les droits de propriétés de l'air ne sont pas parfaitement définis, on peut peut-être s'entendre par civisme au lieu d'attendre que l'état intervienne sauvagement? Et si vous saviez pas, dans le règlement municipal R.A.V.Q. 337, le temps de moteur au ralenti maximum est de 3 minutes. Pourriez-vous svp nous épargner les poumons? Ça serait peut-être mieux que de continuer d'ambitionner comme vous le faites jusqu'à ce que la ville profite de la densité du idling pour renflouer ses coffres à coups de contraventions. Si les gens étaient juste davantage courtois, ils abuseraient moins du moteur au ralenti par respect pour les autres, et on en serait pas rendus là! Les lois arrivent quand le monde ambitionnent trop!no_idle.jpg

Nous, piétons et cycistes, on emboucane pas personne, on prend pas de place, on circule pas mal plus fluidement, on cause pas de traffic, on est moins dangereux pour notre entourage... on aimerait ça, pas avoir à subir l'inhalation de votre pétrole que vous gaspillez comme si c'était votre raison de vivre. Donc je répète ma requête polie, pourriez-vous faire preuve de civisme et arrêter d'abuser de votre droit de polluer en arrêtant de faire tourner votre moteur pour rien? On se sentirait un peu moins méprisés.

no idling children breathing.png

2010.01.29

Indice de performance environnementale: le Canada fait piètre figure

L'Université de Yale vient de sortir le classement 2010 de son indice de performance environnementale. Sans surprise, le la république pétrolière canadadienne est passée du 8e rang au 46e en 4 ans, avec un score de 66,4. Loin derrière Cuba (9e), la Slovaquie (13e), la Mauritanie (6e), la République Tchèque (22e)...
Aux premiers rangs: Islande (93,5), Suisse (89,1), Costa Rica (86,4) et Suède (86).


Ces résultats, et en particulier la dégringolade du Canada, ne sont guère surprenants, a commenté hier le professeur de science politique à l'Université Laval et spécialiste des politiques environnementales Jean Mercier. «Il y a d'autres classements environnementales récent où le Canada n'a pas fait bonne figure.» Un point faible, selon lui, est le secteur des transports, où «il y a des bonnes initiatives qui sont prises, mais en bout de ligne, on se ramasse toujours avec un nombre grandissant de voitures, donc le bilan se dégrade.
(Jean-François Cliche, Le Soleil)

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2010.01.18

belles images

Faut voir ce site, ne serait-ce que pour l'inspiration des photos:

 


 

Ce site ci aussi:

 

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2010.01.17

Affranchissons nous de l'automobile

smogcar.jpgL'automobile pourrait symboliser à elle seule la culture de l'excès et l'allocation inefficiente des ressources. Nos déplacements en zones urbaines et périurbaines sont beaucoup trop dépendants de ce véhicule, et nous gagnerions fortement à réaménager nos réseaux routiers, réorienter le développement de nos infrastructures, et faire des efforts individuels afin de s'affranchir de cette dépendance malsaine. Il paraît que le Québécois moyen est soumis à 32 heures par année de publicité vantant l'automobile. On nous fait miroiter qu'elle représente la liberté et le prestige. Elle nous permet d'aller où on veut, rapidement, et elle est le reflet de notre « classe sociale ». Certes, dans bien des situations, il est difficile de la remplacer. Mais est-elle vraiment si efficace et indispensable? Quel est le coût réel de cette liberté, qui justifie chez les automobilistes son recours systématique pour tous les déplacements? Sommes nous gagnants, collectivement, de l'utiliser autant? Je trouve que cette dépendance à l'automobile pose plusieurs problèmes.

L'automobile est incompaptible avec le développement durable, car elle est fortement associée à l'étalement urbain, consomme intensivement des ressources non-renouvelables, et engendre beaucoup de problèmes environnementaux. Le secteur des transports est responsable du tiers des émissions de gaz à effet de serre au Québec. Par ailleurs, les ressources nécessaires pour que chacun ait son véhicule d'une tonne sont très importantes, et l'allocation des ressources pourrait être beaucoup plus optimale.

L'utilisation massive de l'automobile dans les centres urbains pose un problème d'équité. Son usage génère énormément d'externalités. Une externalité est un coût ou une conséquence subie par un agent économique, provenant de la production ou la consommation d'un autre, sans qu'il n'y ait compensation. Or, la flotte automobile génère des conséquences négatives sur la qualité de vie et la santé publiques, par sa pollution (atmosphérique, visuelle et sonore) et ses accidents. En 2008, la SAAQ comptait plus de 5 300 cyclistes ou piétons victimes d'accidents de la route au Québec. La congestion créée par la flotte automobile nuit aux autres usagers du réseau routier. De plus, beaucoup d'espace urbain est sacrifié pour des stationnements et des voies de circulation doubles ou triples, alors que les autres formes de transports, plus efficients, souffrent souvent d'une insuffisance de réseaux routiers. Ainsi, le coût social, c'est-à-dire l'ensemble des coûts, incluant les externalités, de l'automobile, est supérieur au coût individuel assumé par ses usagers. L'automobile est un moyen de transport profondément individualiste, qui isole les usagers de la route les uns des autres et les positionne en compétition pour l'espace routier.

La surutilisation de l'automobile pose également des problèmes de santé publique. L'institut national de santé publique estime le coût annuel de la pollution atmosphérique à près de 2000 décès prématurés, plus de 400 visites à l'urgence pour des problèmes respiratoires, et près de 250 000 journées de symptômes d'asthme. En plus des problèmes de pollution, la congestion, le bruit et le danger générés par la flotte automobile est source de stress pour les citadins. Enfin, la voiture remplace des moyens de transports actifs comme la marche et le vélo, qui ont des effets bénéfiques sur la santé.

La dépendance à l'automobile pose des problèmes d'inefficacité économique. Des centaines de milliers de déplacements se font chaque jour en automobile dans chacune de nos grandes villes. Tirer une masse de une à deux tonnes pour déplacer une personne de 50 à 100 kg, soit environ 5% du poids total transporté, est inefficient énergétiquement. De plus, passé un certain seuil de densité automobile, il est impossible d'avoir une circulation fluide, les besoins en stationnement sont de plus en plus important, et les coûts deviennent de plus en plus élevé: c'est le phénomène économique des rendements décroissants. La solution réside dans la modification des infrastructures, de sorte à diminuer le coût unitaire (en espace et en énergie) et obtenir ainsi des économies d'échelle.

Une dépendance aussi forte à l'automobile que celle que nous connaissons est une impasse sociale, économique et écologique. Dans les régions urbaines et périurbaines, il est possible de répondre à nos besoins de déplacement de façon plus efficiente, avec moins de ressources, en utilisant une combinaison optimale de transports collectifs et de transports actifs. Cela libérerait des ressources qui pourraient être investies dans des activités économiques davantage utiles, et les habitants de nos villes s'en porteraient mieux grâce à une meilleure qualité de vie et un mode de vie plus actif.

 

 

2010.01.14

actualité énergie & CC

Quelques nouvelles attiré mon attention dans l'actu sur l'énergie et les changements climatiques:

Fusion is energy's future (présentation de Steven Cowley à TED Talk)
Physicist Steven Cowley is certain that nuclear fusion is the only truly sustainable solution to the fuel crisis. He explains why fusion will work -- and details the projects that he and many others have devoted their lives to, working against the clock to create a new source of energy.

Why energy efficiency means higher consumption (Jeff Rubin , Globe and Mail)
Disons qu'il parle de l'effet rebond et l'effet revenu dans un langage commun

A massive public investment in obsolescence
(Jeff Rubin , Globe and Mail)
As North American taxpayers take a look at the gleaming new models on display at Detroit’s auto show this week, they might well ask themselves just why they poured billions of dollars into saving GM and Chrysler when no one else would.

GES: les automobilistes sont aussi à blâmer (Lauren Krugel, la Presse)
Le Conference Board du Canada estime que l'exploitation des sables bitumineux en Alberta ne devrait pas être clouée au pilori pour la pauvre performance du Canada en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES).

GES: les normes de Québec en vigueur à la mi-janvier
(Lise Millette, La Presse)
À compter du 14 janvier 2010, les constructeurs automobiles devront se conformer à un nouveau règlement détaillant des normes plus contraignantes en matière d'émissions de gaz à effet de serre (GES).

Sarkozy présentera une nouvelle taxe carbone (Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir)
La Suède fixe le prix de sa propre taxe à 162 $ la tonne

Climat: l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays pauvres (AFP, La Presse)
Les pays de l'Union européenne ont décidé vendredi de verser une aide de 7,2 milliards d'euros sur trois ans aux pays pauvres pour les aider à faire face à l'impact du réchauffement climatique, dans l'espoir de favoriser un accord à la conférence de Copenhague.

2009.12.15

changer d'ère pour changer d'air

Excellente série d'articles pertinents d'Éric Moreault sur la problématique des transports à Québec... Mieux, sur les solutions!

2009.10.26 Un tramway nommé D'Estimauville
2009.12.09 Mobilité durable: le citoyen d'abord
2009.12.14 Une ville à repenser


Il est temps que nous donnions une meilleure chance aux transports viables en développant les transports en commun et en créant un réseau cyclable digne de ce nom, avec quelques rues rservées aux cyclistes. Il est grand temps de réduire la surdépendance à l'automobile qui rend nos villes malades. Changer d'ère pour changer d'air!

Les automobiles engendrent des coûts énormes pour nos sociétés: en ressources pour leur fabrication, en énergie pour leur utilisation, en dégradation de la santé publique par leur pollution, en temps public par leur congestion, en espace urbain pour leur stationnement et en dépenses publiques pour l'entretien des rues. Tous ces coûts ne sont pas assumés (subis) par les seuls utilisateurs des automobiles mais par la société au grand complet. Les automobiles mobilisent les rues de nos villes, ou plutôt les immobilisent, au seul bénéfice de leurs conducteurs et au détriment (ralentissement, intoxication) de tous les autres usagers du système de transports: piétons, cyclistes, utilisateurs collectifs. Pourtant, ceux là font une utilisation plus efficace de nos voies et réduisent le nombre d'automobiles en circulation, au bénéfice de tous. Et dire qu'il y en a encore pour se plaindre que leurs taxes contribuent à financer le transport en commun!

Par la réduction de la présence de la voiture, la qualité de vie de nos villes sera décuplée. Moins de bruit, moins de stress, moins de danger, on pourra se déplacer rapidement sans attendre dans le traffic. Le transport cycliste pourra prendre en ampleur avec des pistes cyclables efficaces logistiquement, pour un gain supplémentaire en santé publique.

Le gouvernement du Québec a récemment annoncé des cibles de réductions de GES que certains qualifient d'ambitieuses. Tant mieux! Mais étant donné la proéminence de notre hydroélectricité peu émettrice, ce n'est que par une révolution des systèmes de transports que nous pourrons atteindre cet objectif. Trainer une tonne de métal avec un moteur 10 cylindres pour déplacer une personne de 60kg, c'est aberrant!

Un réseau de transport un commun efficace complémenté par un vaste réseau cyclable utilitaire! Voilà un exemple de vraie richesse collective que nous pourrions créer si on s'en donnait les moyens. Engagez les logisticiens et les urbanistes, qu'il se mettent au travail pour réaliser ce progrès important dans l'aménagement de nos collectivités et la gestion de nos déplacements. Nous devons investir dans une nouvelle économie efficiente et durable.

Évoluons au-delà de cette culture du plein-la-vue et d'effort moins-que-minimum, où il faut que nous ayons chacun notre gros char pour ne pas marcher et "bien paraître". Mettons fin au gaspillage de ressources et au fatalisme qui nous fait dire que « les choses sont ainsi parce que c'est comme ça que ça marche, et ça serait trop compliqué de changer ». Utilisons notre potentiel pour faire mieux.

 

Et, parlant de solutions de transport viable, saviez-vous qu'il y a un atelier de réparation de vélo communautaire à Québec? Visitez le site web de Vélocentrix pour en savoir plus!

 

image_preview

 

 

2009.12.02

Tar Sands blow!

Beau vidéo, démagogique mais bien fait et drôle:

Et il y a une pétition à signer

14:50 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2009.11.08

Énergie solaire: l'Ontario passe à la vitesse de la lumière

Tiré du Protégez-vous du 04 novembre 2009

Par Stéphan Dussault

L'Ontario appuie la pédale au plancher en matière d'énergie solaire: depuis octobre, les citoyens qui ajoutent des panneaux solaires sur leur toit pourront revendre au gouvernement ontarien chaque kilowattheure (kWh) 80,2 ¢...

C'est huit fois plus que le tarif de base de l'hydroélectricité dans cette province.

Lire la suite...

15:21 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.07.14

Implications de la notion de durabilité

En réponse à une relative prise de conscience aux conséquences écologiques de l'économie, la durabilité est un concept devenant de plus en plus mainstream. Parrallèlement, en réponse à l'apparition dans le paysage de la culture de masse de l'intérêt pour l'environnement, les marketers y voient l'ouverture d'un nouveau marché cible. Si bien que les termes environnement et développement durable se hissent de plus en plus haut dans les énoncés de priorités de la plupart des compagnies, institutions, gouvernements et partis politiques de ce monde, la plupart du temps utilisant comme excuse de bien maigres changements pour rendre leurs pratiques légèrement moins sales.

Face it: c'est pas parce qu'on gaspille ou pollue un tout petit peu moins (ex: les sacs jetables biodégradables) que l'on est pour autant devenu "vert" ou "durable". Je ne veux pas me lancer dans une couverture du greenwashing mais plutôt discuter de ce qu'implique la notion de durabilité.

Le contenu que je présenterai ici est inspiré d'un essai intitulé "Five axioms of sustainability" du prolifique auteur Richard Heinberg, qui a une vision selon moi assez complète et lucide de l'économie des ressources.

Le concept de soutenabilité a d'abord vu le jour en occident pour s'appliquer dans des situations d'exploitation de ressources renouvelables à petite échelle, à des moments où on s'est rendu compte que pour que l'exploitation ait une continuité soutenable, il fallait ajuster le rythme d'extraction à celui du renouvellement.

La notion de durabilité s'est ensuite largement répendue avec le rapport Brundtland de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement. Ce rapport a défini le concept de développement durable comme "du développement qui répond aux besoin de la génération présente sans compromettre l'habilité des générations futures de répondre à leurs propres besoins". À noter que la première partie de cette définition fait référence à une réponse adéquate aux besoins actuels, de sorte que le développement durable défini ainsi implique un certain niveau de bien-être, d'équité et de justice dans la société d'aujourd'hui! Cette définition, quoique habile, est quand même vague et inquantifiable. Par exemple, on peut comprendre qu'avec une croissance actuelle de la consommation des ressources non renouvelables de la planète ainsi qu'une croissance démographique ne pourront pas être maintenues indéfiniment.

Le concept d'empreinte écologique est venue en 1992 avec l'écologiste canadien William Rees. Il fait référence à la superficie de terre et d'eau dont une population (ou même une personne) aurait hypothétiquement besoin pour fournir les ressources nécessaires à son support et à l'absorption de ses extrants, en fonction de la technologie en vigueur. En d'autres termes, c'est la quantité théorique d'espace planétaire utilisée par un ou des humains, dépendamment de leur niveau de consommation et de technologie. Cela implique que pour que l'économie de humanité soit durable, son empreinte écologique doit être égale ou inférieure à ce qui est disponible sur la planète. Le réseau Footprint Network calcule que l'empreinte écologique de l'humanité est en ce moment 23% plus grand que ce que la planète est capable de regénérer. Comment peut-on consommer plus que ce qui est disponible sur la planète? Direz-vous... Il ne faut pas oublier que la notion d'empreinte écologique implique la production soutenue (maintenue dans le temps) par la superficie donnée, ainsi que l'absorption des déchets et polluants. C'est donc dire qu'en ce moment, nous extractons les ressources de la planète plus rapidement qu'elles ne peuvent se renouveler, et nous accumulons les polluants beaucoup plus rapidement qu'ils sont absorbés.

Richard Heinberg a fait un travail remarquable d'essayer de clarifier la notion de soutenabilité, ou du moins d'en suggérer des critères, sous forme de cinq axiomes. Il a fait l'effort de tenir compte des définitions précédentes de la soutenabilité, ainsi que de leurs critiques. En outre, ses critères sont les suivants:

  • Être vérifiable par la méthodologie de la science;
  • Minimaliser les axiomes et éviter les redondances;
  • Que les axiomes soient suffisants et qu'ils ne laissent pas de "trous";
  • Qu'ils soient énoncés en termes simples, clairs et compréhensibles

Axiome 1: La croissance démographique et la croissance du niveau de consommation des ressources ne peuvent pas être soutenues indéfiniment.
La croissance a été soutenue jusqu'à maintenant. Pendant combien de temps encore pourrait-elle l'être? Même le plus petit taux de croissance, avec le temps, se traduit en taille astronomique de croissance et de population. Une croissance démographique annuelle de 1% équivaut à un dédoublement de la population chaque 70 ans, de sorte qu'on serait plus de 13,5 milliards en 2075, 27 milliards en 2150 et en 3000 nous serions 130 000 millions. 50 ans plus tard, il y aurait en moyenne un être humain par mêtre carré de la surface terrestre, incluant les montagnes et les déserts.

Axiome 2: Une société qui continue d'utiliser des ressources critiques de façon insoutenable va tôt ou tard s'effondrer.
L'exception à ça est qu'une société peut éviter l'effondrement en trouvant des ressources de remplacement.
Mais il y a une limite à l'exception dans un monde fini (aux ressources limitées), le nombre de remplacements possibles est aussi limité
Dans The collapse of complex societies, Joseph Tainter argumente que l'effondrement est une fatalité fréquente des sociétés complexes. L'effondrement est directement relié à la diminution des retours sur les efforts mis à supporter la croissance avec de l'énergie extrasomatique. D'autres auteurs étudiant les sociétés passées font état de ce que l'effondrement est le résultat commun des sociétés qui ignorent les contraintes de ressources.
Certains croient que les ressources sont substituables à l'infini, et qu'on n'aurait jamais à faire face à un épuisement, même en maintenant une croissance du niveau de consommation!
Les sociétés tendent à utiliser d'abord les substituts qui sont de valeurs supérieure et faciles à récolter, et au fur et à mesure qu'elles passent au travers, doivent dépendre de substituts de plus en plus inférieurs et difficiles à récolter.

Axiome 3: Pour être soutenable, l'extraction des ressources renouvelables doivent être ajustée à un niveau égal ou inférieur à celui du renouvellement naturel (ou assisté). En d'autres mots, consommer les ressources moins vite qu'elles ne se regénèrent. Le taux de regénération naturel n'est peut-être pas évident à déterminer, mais quand le stock de base diminue, on peut être certain que sa consommation est trop élevée. Même si le stock en question baisse à cause de facteurs naturels, le maintient de la pérénnité de cette ressource nécessite que l'on en laisse assez pour que sa destruction-consommation soit balancée avec sa regénération.

Ce que ça implique, c'est que pour avoir un maximum de ressources disponibles pour "créer les richesses" à long terme, il faut atteindre un niveau optimum d'extraction soutenable des écosystèmes productifs (forêts, stocks de poissons, terres agricoles) Pour avoir le meilleur possible taux d'extraction soutenable, il faut donc avoir le meilleur taux de regénération possible des ressources naturelles, et pour ce faire il faut maximiser le capital naturel, c'est à dire maintenir les stocks les plus gros possibles d'écosystèmes productifs, exploités de façon soutenable, c'est à dire "pas plus vite qu'ils ne se regénèrent". Voilà pourquoi le façon d'optimiser la prospérité à long terme de la civilisation est d'ajuster radicalement et immédiatement notre niveau de consommation des ressources et se mettre en mode soutenable. L'autre chose que nous avons à notre disposition est la regénération assistée des écosystèmes. En prenant soins et en faisant un aménagement intelligent de nos écosystèmes productifs, nous maximiserons la création de richesses, et c'est la solution proposée par la permaculture.

Axiome 4: Pour être soutebable, la consommation d'une ressource non-renouvelables doit être en décroissance constante (soutenue), et leur taux de décroissance doit être égal au taux d'épuisement de la ressources. C'est le seul moyen d'éviter indéfiniment de se retrouver à bout de ressources, ou en période de crise d'approvisionnement parce que les sources sont de moins en moins facilement et économiquement récoltables.

Maintenant, du moment que l'on adopte ce protocole de maintient de ressource renouvelable, celà signifie que le taux de décroissance de l'extraction de ressource devrait en principe rester constant: si on ajuste la quantité extraite à la même proportion que l'extraction a affecté la ressource, l'extraction au cycle suivant affectera l'épuisement dans la même proportion. De sorte que pour rendre le tout plus facile, encore une fois le meilleur moyen est d'adopter immédiatement un protocole de consommation soutenable, parce que pour bénéficier d'un taux de décroissance de l'extraction le plus bas possible, il faut partir avec un stock de ressource le plus haut possible. Plus on attend, et plus le taux de croissance que nous devrons nous imposer pour maintenir nos ressources.

Axiome 5: La soutenabilité nécessite que les extrants (polluants) introduits adns l'environnement par les activités humaines soient minimisés et rendus inoffensifs aux fonctions de la biosphère. Autrement dit, diminuer la pollution jusqu'à la capacité d'absorption, qui est à l'équilibre quand il n'y a pas de dommage.

Dans les cas où la pollution dûe à l'extraction d'une ressource non-renouvelable qui a connu une grosse croissance pendant un certain temps menace la viabilité d'écosystèmes, la réduction dans les taux d'extraction et la consommation de ces ressources peut devoir être supérieure au taux d'épuisement. Normalement, si la consommation d'une ressource est faite au taux soutenable, sa pollution devrait également être en décroissance. Cependant, quand le niveau de pollution est tel qu'il détruit les écosystèmes de façon chronique, les mesures à prendre doivent être radicales puisque nous épuisons trop rapidement ces autres ressources. Cette réalité s'applique particulièrement dans le cas du charbon. Puisque ses réserves connues sont encore énormes, ajuster la décroissance de l'extraction au taux d'épuisement entraînerait quand même probablement une catastrophe climatique. Si l'on veut éviter les conséquences menaçant nos écosystèmes, la réduction des émissions du charbon doivent être importante, de sorte qu'il serait peut-être nécessaire que les réductions annuelles de l'extraction du charbon soient également plus importantes.

En conclusion: des empires se sont effondrés. L'empire actuel de corporatocratie mondialisée ne porte aucune attention sérieuse à ses contraintes de ressources: elle abuse, gaspille, pille, . Plus que jamais, l'infrastructure économique entière de cet empire est dépendante d'une abondance temporaire d'énergie fossile. Le mieux qu'on peut faire ce ne serait pas d'essayer de raisonner l'empire, ralentir le crash, et se préparer à faire la transition vers le prochain paradigme de l'humanité?

2009.05.26

Japon photovoltaïque

Article fort intéressant dans le dernier Protégez-Vous:

Japon: au pays du soleil photovoltaïque, Stéphane Dussault

On y apprend que le Japon est de loin le leader mondial de l'énergie solaire. 1% de l'énergie consommée mondialement est de source photovoltaïque, et le Japon est responsable du quart de cette quantité. 400 000 maisons japonaises sont branchées à des panneaux solaires photovoltaïques.

En 1994, le gouvernement japonais décidait d’assumer la moitié des frais encourus pour l’installation de panneaux solaires sur le toit d’une résidence. Cette année-là, 70 000 Japonais ont profité de la subvention. Cela a permis aux fabricants de produire un million de panneaux solaires et les prix ont graduellement chuté de moitié.

Les résidents peuvent vendre les surplus de production au réseau électrique.

Grâce aux tarifs variables, certains résidants ne paient plus un yen d’électricité. Cette autonomie est d’ailleurs l’argument massue de plusieurs constructeurs de maisons.

Inconnu ailleurs dans le monde, Sekisui Heim est considéré comme un constructeur d’exception au Japon, en plus d’être un très gros acteur: en 2007, il a érigé 15 000 maisons, l’équivalent de l’ensemble des résidences unifamiliales construites au Québec cette année-là. La moitié de ses habitations étaient dotées de panneaux solaires sur le toit!

La recette? «Toute notre promotion est axée sur les panneaux, répond Toshiya Nomura, l’un des directeurs de l’usine ultramoderne de maisons préfabriquées d’Hasuda, une banlieue de Tokyo, que Protégez-Vous a visitée. Et la mentalité des Japonais a beaucoup évolué; ils hésitent beaucoup moins aujourd’hui devant les coûts élevés.»

Cette réussite n’émeut pas certains experts japonais, qui trouvent que le pays n’en fait pas assez. «Si nous avions un système de subventions comparable à celui des Allemands, beaucoup plus de ménages japonais installeraient des panneaux solaires sur leur toit», explique Yamashita Noriaki, de l’Institute for Sustainable Energy Policies, rencontré à Tokyo.

Le programme allemand est probablement le plus généreux de la planète. En 2004, Berlin a mis en place une structure permettant aux citoyens producteurs d’énergie solaire de vendre la leur de trois à quatre fois plus cher que l’électricité distribuée sur le réseau public. «En Allemagne, l’achat de panneaux photovoltaïques est un investissement, pas une dépense!»

Et on ne parle pas des milliards promis par le président des États-Unis Barack Obama, lors de son investiture en janvier 2009. Déjà que, dans certains États américains, les subventions et crédits d’impôt peuvent réduire de moitié la facture reliée à l’achat de panneaux.remarque M. Noriaki.

Au Québec, les fabricants de panneaux solaires désespèrent. Centennial Solar, une entreprise montréalaise, dit avoir vendu pour plus de deux millions de dollars de panneaux l’an dernier. Mais environ 95 % de la production est écoulée à l’extérieur de la province.

«Le gouvernement n’offre aucun encouragement financier», explique Sam Myles, directeur de Centennial. «La priorité sera accordée au développement des biocarburants, ainsi qu’à la promotion de la géothermie et de l’énergie solaire», avait pourtant promis en 2006 le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, dans le document L’énergie du Québec de demain, qui jette les bases de la stratégie énergétique de la province de 2006 à 2015.

La grande mesure mise en place en trois ans? Permettre de retourner sur le réseau l’électricité produite, comme le fait le Japon depuis 15 ans. Or, depuis 2006, la mesure a attiré... sept propriétaires de maisons solaires!

«Nous avons pris du retard. C’est décevant», concède Pascal Lê-Huu, responsable des questions solaires à l’Agence de l’efficacité énergétique (AEE). «Il va falloir commencer par le début et mieux utiliser le solaire passif», ajoute son collègue Carl Jobin.

Or, orienter vers le sud les maisons des nouveaux quartiers ou disposer les fenêtres et les pièces de la maison en fonction du soleil ne sont pas encore des réflexes fréquents des urbanistes des villes ni des constructeurs.

En calculant la durée de vie utile et l’efficacité d’un panneau photovoltaïque, on estime son coût au kWh à environ 50 ¢. Or, il faut avoir toute une fibre écologique pour préférer le solaire à l’hydroélectricité, qui revient à moins de 8 ¢ le kWh. Sans aide publique, point de salut. «Il faut absolument que le gouvernement s’implique», résume Pascal Lê-Huu.

Au Japon, le prix élevé de l’électricité, le coût des panneaux un peu plus abordable ainsi que les tarifs distincts le jour et la nuit rendent la technologie plus attrayante. C’est pourquoi le citoyen japonais peut aujourd’hui espérer rentabiliser ses panneaux solaires en moins de 15 ans. Sans aide financière, l’amortissement au Québec est d’environ 120 ans!

En 2007, le gouvernement ontarien a décidé d’investir plus de 15 milliards de dollars d’ici à 2025 pour ajouter 8000 mégawatts (MW) issus de la géothermie et des énergies solaire et éolienne. Par comparaison, la puissance éolienne du Québec devrait se situer à 4000 MW en 2015.

«C’est bien beau de favoriser l’énergie éolienne, mais mettre en place des mesures incitatives pour promouvoir le solaire ne serait pas très compliqué», soutient Benoît Perron, président de l’organisme Énergie solaire Québec.

Comment convainc-t-on les citoyens ontariens de passer au solaire? En copiant le programme allemand!

Ainsi, chaque kWh produit par les panneaux photovoltaïques d’un Ontarien est renvoyé sur le réseau public, qui le lui rachète à 42 ¢, tandis qu’un kWh coûte environ 10 ¢.

Depuis 2007, l’Ontario Power Authority a reçu des demandes pour installer des systèmes solaires d’une puissance de 525 MW, assez pour suffire aux besoins énergétiques de 25 000 maisons.

Le hic: pour l’instant, les panneaux solaires réellement mis en place ne génèrent que 1,6 MW de puissance, l’équivalent de la consommation de 80 maisons.

«Devant la situation économique actuelle, il s’agit d’un investissement très important», explique Sarah Simmons, analyste pour le programme ontarien. Même avec l’aide ontarienne, les panneaux devraient prendre une vingtaine d’années à se payer; c’est pourquoi la province revoit actuellement son programme.

Pourquoi ce soudain sentiment d’urgence de l’Ontario? La province tente de se débarrasser de ses sources d’énergie polluantes, notamment ses quatre centrales au charbon qu’elle entend fermer en 2014.

Le Japon a le même problème: plus de 80 % de son énergie provient de centrales au gaz naturel ou au charbon ou de ses 55 centrales nucléaires.

Au Québec, plus de 70 % des maisons sont chauffées grâce à l’hydroélectricité. Le mazout et le gaz naturel comptent pour moins de 20 % de la consommation. C’est ce qui explique en partie pourquoi le Québec n’a pas encore instauré une tarification différente le jour et la nuit, comme au Japon, qu’il ne rachète pas l’énergie solaire à plus fort prix, comme en Ontario, ou qu’il n’accorde pas de crédits d’impôt, comme aux États-Unis.

Pour sa part, l’Agence a diffusé au début de 2008 le document Mettre toutes nos énergies à agir efficacement dans lequel les intentions ne sont guère plus précises qu’elles ne l’étaient deux ans plus tôt.

L’AEE convient qu’«un des obstacles à une utilisation plus extensive de l’énergie solaire est le coût d’achat [...] et le temps d’amortissement», mais aucune mesure d’aide concrète n’a encore été annoncée, mis à part un projet pilote qui subventionnera l’achat d’un millier de chauffe-eau solaires.

Cela dit, le temps semble jouer en faveur des gouvernements puisque le prix des panneaux solaires risque de baisser au cours des prochaines années. D’abord parce que la Chine, devenue récemment le deuxième producteur de panneaux solaires en importance, n’a pas la réputation de faire grimper les prix. Et aussi parce que la recherche permettra bientôt de commercialiser des panneaux qui génèrent plus d’électricité.

En attendant, une poignée d’irréductibles en installent chez eux à grands frais. Comme Yves Poissant, l’un des experts les plus réputés au pays sur les questions d’énergie renouvelable, qui vient de débourser 15 000 $ pour placer sur le toit de sa nouvelle maison des panneaux photovoltaïques d’une puissance modeste de 1,5 kW. C’est cher payé pour abaisser sa facture annuelle d’électricité d’environ 8 %, soit moins de 200 $.

Au fil des ans, l’environnement et l’économie ont développé une relation amour-haine pas banale.

En novembre 2008, le ministre canadien de l’Environnement, Jim Prentice, soutenait que «jamais nous n’aggraverons une économie déjà défavorable au nom des progrès environnementaux».

Tout à l’opposé, le président américain Barack Obama soulignait en décembre que la reprise économique passait par «la création de millions d’emplois dans la fabrication de parcs éoliens, de panneaux solaires et d’automobiles moins énergivores». En janvier, il rajoute: «Nous [...] améliorerons l’efficacité énergétique de deux millions de foyers américains, faisant ainsi économiser des milliards aux consommateurs et aux contribuables.»

Dans un Japon au profil plus bas, on parle moins, mais on agit depuis longtemps. En 15 ans, le pays a injecté des milliards de dollars en subventions et programmes de recherche pour stimuler l’industrie solaire. Le gouvernement récolte aujourd’hui les fruits de ses investissements.

En 2007, les entreprises japonaises Sharp, Kyocera, Sanyo et Mitsubishi ont vendu pour plus de cinq milliards de dollars de panneaux solaires dans le monde. Cinq milliards, c’est le quart de la production mondiale. Et pour le gouvernement japonais, c’est beaucoup d’impôt!

Ce ne serait qu’un début, disent non pas des groupes environnementaux, mais de puissantes banques d’investissements comme Morgan Stanley, qui y voit de belles occasions d’affaires.

Le groupe financier croit que les panneaux solaires généreront 11 % de l’électricité dans le monde en 2030 comparativement à moins de 1 % actuellement. Un rapport du groupe de recherche WorldWatch Institute publié en septembre dernier prévoit que les ventes de panneaux solaires vont plus que tripler d’ici à 2016, pour atteindre des ventes de 69 milliards de dollars.

 

Le gouvernement du Québec subventionne bien notre électricité en forcant Hydro de nous la vendre à perte, il pourrait au moins encourager un peu les autres formes d'énergie...

07:48 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2009.03.30

Robert Newman "history of oil"

Faut voir le show de Robert Newman, "history of oil"

http://video.google.ca/videoplay?docid=-52676408657418781...

Un standup comic, il fait l'historique des guerres et de la géopolitique entourant le contrôle du pétrole, en commencant par le début du XXe siècle. Il est assisté par des passages télévisés grâce à une cyclogénératrice.

11:36 Publié dans Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

2009.03.03

La honte

Île d’Orléans et Lévis, le 16 février 2009

Deux événements récents, soient l’incendie d’un méthanier suite à une collision au large de Dubaï et la prise de contrôle par des pirates somaliens d’un méthanier allemand dans le golfe d’Aden, mettent à rude épreuve l’analyse faite par la commission Samak suite à la tenue d’audiences publiques sur le projet Rabaska. Les commissaires n’ont-ils pas en effet affirmé dans leur rapport qu’«aucun méthanier n’a subi de pertes significatives de cargaison ou défaillance de dispositifs de confinement» et que «les caractéristiques structurales […] des méthaniers, ainsi que les mesures de sécurité qui leur sont propres les rendent peu vulnérables comme cibles aux groupes terroristes et moins susceptibles d’offrir les conséquences habituellement recherchées en matière de dommages, de visibilité et de retombées sociopolitiques». 

Quand on sait que le gouvernement du Québec et le MDDEP se sont solidement amarrés au rapport Samak pour justifier le décret d’autorisation du projet, l’inquiétude nous gagne à propos d’éventuels accidents de méthaniers pouvant survenir non pas en pleine mer mais sur le St-Laurent, particulièrement là où ces navires vont longer de près des zones habitées, et on ose à peine en imaginer les conséquences sur les populations de l’Île d’Orléans, de Lévis et de Beaumont.

Ces événements, hautement improbables selon les tenants du projet, montrent clairement l’écart vertigineux entre les conclusions des commissaires du BAPE-Rabaska et la réalité des faits. Ces commissaires qui, soit dit en passant, ont manqué à leur devoir de vérification et de prudence en ne s’appuyant que sur les scénarios jovialistes des études d’impact du promoteur, sans les valider et en balayant nombre de rapports d’experts indépendants qui les réfutaient.  

De plus en plus Rabaska est une source d’embarras pour les gouvernements provincial et fédéral tant il apparaît pour ce qu’il a toujours été : injustifié, dangereux et mal localisé! Par ailleurs, l’entêtement de Gaz métro à maintenir le projet ne provient-il pas de cette gêne d’avoir déjà englouti plusieurs millions de dollars dans ce projet insensé?


Jacques Levasseur, porte-parole

Normand Gagnon, coordonnateur (418-828-9395)

Pour le Collectif Stop au méthanier