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2012.03.28

La nouvelle géopolitique canadienne

Excellent article du MacLeans qui décrit la géopolitique canadienne et son impact sur l'économie.

How Ottawa runs on oil
Suddenly Western money and influence are driving everything that happens in the nation’s capital
Paul Wells and Tamsin McMahon, with Alex Ballingall

James Moore, retard extraordinaire

Les conservateurs se comportent comme des bullies au parlement.

2012.03.26

La hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest, 2012

Courriel d'un professeur de droit constitutionnel à ses étudiants :

Bonsoir à tous et toutes,

J'espère que vous avez écouté le ministre des Finances à Tout le monde en parle plutôt que StarAcadémie ce soir.
... J'espère que vous avez compris son message. Monsieur Bachand (ministre des Finances du Québec) a clairement exprimé la philosophie de son gouvernement: on calcule le pourcentage d'étudiants en grève, et si on n'atteint pas 50%, cela signifie que, démocratiquement parlant, la hausse des frais de scolarité est endossée par la majorité. Get the message?

Je vous rappelle qu'en 1968, la décision avait été prise d'atteindre la gratuité scolaire progressivement, en instaurant un gel des frais de scolarité. Cela répond aux engagements internationaux du Canada qui a ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui prévoit à l'article 13:

«13 c) L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité;»

On ne parle pas ici d'une obscure république de bananes, mais bien de la communauté internationale. La majorité des pays de l'OCDE ont emboité le pas. Le Canada est en retard. Les États-Unis sont des cancres en la matière, de même que les autres provinces canadiennes.

On veut faire partie des leaders ou des cancres?

Encore une semaine ou deux de grève et le gouvernement devra reculer.

Les chargé-e-s de cours sont derrière vous. En ce qui me concerne, je respecte les décisions que vous avez prises et que vous prendrez de façon démocratique, peu importe lesquelles, contrairement au ministre Bachand qui a affirmé ce soir que «le problème, avec la démocratie, c'est qu'il faut consulter beaucoup». Nous trouverons moyen ensemble de faire en sorte que personne ne soit pénalisé par des moyens de pression.


Si la grève se poursuit, les étudiants sont assurés de gagner
Philippe Dumesnil
L'auteur est professeur de philosophie au collège de Valleyfield.
Cyberpresse
La grève engendre des problèmes organisationnels graves et coûteux dans chacune des institutions scolaires qu'elle touche, notamment au cégep lorsqu'elle excède cinq semaines.

Car passé ce délai, la reprise des cours dépasse la mi-juin, moment où les professeurs partent en vacances. Différentes options, toutes problématiques et coûteuses, s'offrent alors aux directions: demander à reprendre des cours le samedi, déplacer les vacances des professeurs, arrêter la session à la mi-juin et la poursuivre à la mi-août, payer les professeurs en temps supplémentaire, réduire le nombre de journées de cours, etc.

Dans tous les cas, cela nécessite des ententes difficiles avec les syndicats locaux, nuit à la qualité de la formation et demande de reporter le début de la prochaine session de quelques semaines, engendrant alors les mêmes problèmes pour la fin de la session d'automne.

Dans les universités, il suffit de penser au fait que la majorité des facultés touchées devront renégocier les contrats des chargés de cours pour voir l'ampleur des problèmes que la grève leur pose.

Si on ajoute à cela tout le blocage administratif et les difficultés que poseront les horaires des employés de soutien, il saute aux yeux que le gouvernement devra un jour négocier.

Le manque de main-d'oeuvre

La grève fait par ailleurs retarder l'arrivée de plusieurs finissants sur le marché du travail. On l'oublie souvent, la plupart des programmes techniques des cégeps offrent des taux de placement d'au moins 90%. Les entreprises et services publics qui embauchent ces finissants ont un besoin quasi absolu de cette main-d'oeuvre. Personne ne le dit, mais ce sont les propriétaires et directeurs de ces entreprises et services qui doivent actuellement en appeler le plus au gouvernement pour savoir quand cette grève va finir.

Le même phénomène s'applique aux nombreux emplois d'été commençant fin mai, début juin, qui ne pourront être comblés parce que les étudiants seront en classe.

Il ne faut pas voir là le problème des étudiants, qui perdront en salaire, mais bien leur moyen de pression sur le gouvernement. Car ce dernier, en laissant la grève se prolonger, nuit au recrutement dans les entreprises et les municipalités, handicape la qualité de la formation, retarde l'arrivée de nombreux étudiants à l'université, crée de graves problèmes organisationnels dans les établissements scolaires et engendre des coûts sans cesse grandissants pour la reprise des cours.

Cela sans compter le prix que doivent payer les administrations municipales pour les services de la police lors des manifestations, occupations, blocages de ponts et autres « set-in », ni le fait que la grève est à se répandre dans certaines écoles secondaires.

Il viendra un temps où le prix que le gouvernement (c'est-à-dire nous, les contribuables) paiera pour ces problèmes sera plus élevé que les gains obtenus par la hausse.

L'impossibilité d'annuler la session

Mais si le gouvernement ne cède toujours pas et que la grève se poursuit, la possibilité d'annuler la session sera alors évoquée. Or, cette possibilité est en vérité... impossible. Il suffit de penser aux problèmes logistiques que poseraient l'offre des cours et l'arrivée des nouveaux étudiants alors que les anciens ne sont pas partis, aux poursuites que pourraient entamer des étudiants, au manque imposant et soudain de main-d'oeuvre dans les entreprises et services publics, pour comprendre que les conséquences d'une annulation de la session sont ingérables pour le gouvernement.

En fait, l'impossibilité d'annuler la session doit être comprise comme l'arme ultime des étudiants, celle faisant en sorte que le gouvernement, si la grève se poursuit, sera obligé de revoir la hausse à la baisse, voire l'annuler.

Il n'en est pas d'une grève étudiante comme d'une grève dans la fonction publique. Le gouvernement ne peut pas imposer des amendes ou une loi spéciale aux associations grévistes.

À la question « Que peut faire le gouvernement pour que les étudiants retournent en classe? », la réponse est... rien, sauf négocier. Il en est ainsi de tout temps, dans tous les pays : lorsque les étudiants font la grève, restent solidaires et sortent dans la rue, le gouvernement est impuissant face à leur contestation, à moins d'envoyer l'armée. Mais il n'y a pas de Place Tien An Men au Québec.

Le gouvernement a donc pieds et poings liés, il ne peut qu'espérer que le mouvement s'essouffle. C'est le pari qu'il fait actuellement.

Il est donc convenu d'entendre les Charest, Bachand et Beauchamp affirmer : « la décision est prise », « nous ne reculerons pas ». Le contraire aurait été étonnant. Ils cherchent à décourager les grévistes mal informés de leur pouvoir de pression. Mais encore trois ou quatre semaines de grève d'un nombre significatif d'étudiants, jumelées à une ou deux autres manifestations nationales, et le gouvernement devra lâcher du lousse.

La question en suspens est donc de savoir si le mouvement de grève pourra durer encore un mois.

Les points qu'emmènent M.Dumesnil sur l'argument fondamental que les sessions ne peuvent pas être annulée. Les problèmes qu'a évoqués l'enseignant sont réels, mais sont-ils suffisants pour rendre cette option impossible? La seule voie de contournement qu'aurait le gouvernement est d'annuler la session des étudiants.

La tension est extrêmement élevée, la pression sur le gouvernement monte chaque fois qu'une nouvelle manifestation monopolise la métropole. L'enjeu des frais de scolarité bénéficie d'une couverture médiatique exceptionnelle actuellement. Le gouvernement refuse toujours de négocier, mais les étudiants ne lâchent pas leur bout. Qu'arrivera-t-il? Le gouvernement peut-il se permettre de payer la grosse facture pour prolonger les sessions à l'été? Peut-il se permettre d'annuler une session et ainsi perdre bon nombre de diplômés? Qu'est-ce qui arrivera sur le marché de l'emploi si toute une cohorte de finissants n'obtiennent pas leur diplôme à cause de la décision gouvernementale? Et l'engorgement du système d'éducation l'année suivante, où les étudiants de l'année d'avant venant reprendre les cours font doubler le nombre d'inscriptions?

Plus le nombre d'associations étudiantes participent à la grève, plus la pression monte pour le gouvernement et plus ça devient ingérable, ce qui crée un incitatif important à négocier. Ainsi, les étudiants pourraient négocier une augmentation plus acceptable des frais de scolarité. Si l'on reconnaît l'importance de l'accessibilité aux études universitaires, il me semble qu'il faut améliorer les termes de la hausse de frais commanée par le gouvernement libéral. Que ce soit en améliorant l'accès aux prêts et bourses, en modérant le niveau de la hausse, ou en modulant les frais selon les coûts du programme d'études, par exemple. Mais entre une augmentation de 75% en 5 ans et la gratuité scolaire, il y a une marge dans laquel il peut y avoir un compromis.

2011.12.20

Articles

Quelques articles qui font bien état de la situation fédérale
Be very afraid: Stephen Harper is inventing a new Canada. Gerald Caplan, The Globe and Mail.
Canada’s message: The world and its climate be damned. Jeffrey Simpson, The Globe And Mail
Why Aren't More of Us Losing it Like Trudeau? Matt Price, The Huffington Post
Les faux jetons. Manon Cornellier, Le Devoir
Gouvernement Harper - Incontrôlable. Josée Boileau, Le Devoir

14:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcc | |  Facebook

2011.12.13

La CAQ avale l'ADQ

Il y a 6 mois, Legault lance la Coalition pour l'avenir du Québec. "Pas question de fonder un parti politique", dit-il alors. 5 mois plus tard, il lance le parti Coalition Avenir Québec, en soutenant qu'il était pas question de fusionner avec l'ADQ...

Faut voir cet infoman pas mal drôle:

Ceci dit, ça fait du bien entendre un parti qui veut qu'on parle d'autre chose que la souveraineté... mais comment un parti peut parler d'avenir sans avoir aucune plate-forme environnementale? Ça me dépasse...

2011.07.26

Anders Breivik "pas plus fou qu'il est coupable"

Anders Breivik ne va jamais plaider qu'il est fou. Il veut prouver son point, qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il a juste abattu des animaux marxistes, qu'il ne considère pas comme des personnes. Dans sa cosmologie il n'a donc pas commis de crime, et c'est pourquoi il a plaidé non coupable. S'il disait qu'il est fou pour se sauver quelques années de prison, il aurait fait tout ça pour rien. Il est résigné à faire comme son héros Adolf en prison, il va écrire des livres et préparer la phase 3 de sa révolution des néotempliers. Il a déjà fait un malheur, c'est le mot, avec son manifeste du guerrier purificateur en croisade pour quelconque révolution nationaliste droitoconservatrice. Ses mèmes se répendent maintenant à travers l'internet comme tant d'autres atrocités intellectuelles. Il aura amplement l'opportunité de continuer son travail puisqu'en Norvège il n'y a ni prison à vie, ni peine de mort...

2011.07.20

Chine-Canada: Y'en finissent pu de pelleter de la marde.

La chine exploite notre pétrole sale pour faire du plastique pour faire des cochonneries qu'on leurs achète qu'on consomme et qu'on enfouira dans des dépottoirs. Le circuit linéaire du gaspillage des ressources, du sous-sol canadien au sol canadien en passant par les sweat shop chinoises, en détruisant notre environnement au passage. Le tout pour satisfaire l'idéologie qui dit créer de la richesse, prospérité économique et god bless Canada. ça doit être ça la liberté économique, la liberté de se faire exploiter ses ressources par une dictature pour que les affairistes fassent plus de cash. Je comprendrai jamais le monde qui sont à l'argent.
Bientôt on va pouvoir leur acheter des chars et on va pouvoir s'acheter plus de chars et faire plus de parking, le gaspillage étant l'aboutissement de l'existence humaine pour la religion consumériste dans laquelle nous vivons.

Sables bitumineux : la Chinoise CNOOC achète OPTI Canada

Sables
        bitumineux

La compagnie pétrolière chinoise CNOOC a abouti à une entente pour l'achat d'OPTI Canada de Calgary moyennant 2,1 milliards de dollars.

Les membres du conseil d'administration d'OPTI Canada ont voté à l'unanimité pour l'offre d'achat de la firme chinoise, expliquant qu'elle était dans le meilleur intérêt de la compagnie albertaine.

OPTI Canada, qui a été créée en 1999, oeuvre dans l'exploitation des sables bitumineux. Pour sa part, CNOOC est l'une des trois sociétés d'État chinoises du domaine du pétrole et du gaz naturel. Elle figure aussi parmi les plus importantes firmes indépendantes du monde dans les domaines de l'exploration et de la production de pétrole et de gaz.

...

C'est à la fois une société d'état chinoise, et une firme indépendante?



Baird constate un réchauffement des relations sino-canadiennes

Le ministre
      des Affaires étrangères canadien, John Baird, et son homologue
      chinois, Yang Jiechi, le 18 juillet 2011

Le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird (...) achève sa première visite officielle en Chine, où il a discuté avec son homologue chinois, Yang Jiechi, de commerce, d'investissement et de droits de la personne et a rencontré de hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise. Dans une téléconférence depuis Shanghai, le ministre a estimé qu'au cours des dernières années, une nouvelle ère s'est ouverte pour les relations entre les deux pays. Il a dit vouloir construire à partir de ces nouvelles bases. M. Baird a souligné que la Chine constitue pour le Canada un partenaire stratégique dans les domaines de l'énergie, des ressources naturelles et des affaires internationales. Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.

La chine veut des ressources naturelles.
Les conservateurs en ont à vendre.
Tout le monde est content.

"Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.": Je sais même plus à quoi ils font référence.
Le Canada est de moins en moins démocratique et pacifiste, son gouvernement contrôle de plus en plus l'accès à l'information, brutalise ses opposants et fait de la propagande partisane à même les fonds publics et avec ses stratégies politiques bientôt on pourra peut-être s'inquiéter de s'en aller vers le parti unique...


Déversement de pétrole dans le nord de l'Alberta

Carte Swan Hills

La Commission de contrôle des ressources énergétiques de l'Alberta enquête sur une fuite de pétrole survenue dans un pipeline appartenant à la pétrolière Pembina à plus de 200 km au nord-ouest d'Edmonton.

Selon un responsable de la compagnie basée à Calgary, l'équivalent de 1300 barils de pétrole se seraient échappés mardi du pipeline Moosehorn, situé près de Swan Hills. Le pipeline a été fermé et une enquête est en cours.

La fuite serait survenue dans une zone où se trouvent des marécages et un ruisseau. Selon la compagnie, la fuite a été contenue et des équipes sont sur place afin de procéder au nettoyage de la zone contaminée.

Le président de Pembina, Bob Michaleski, affirme que la pétrolière prendra les mesures nécessaires pour minimiser l'impact du déversement sur les terres et les voies navigables.

C'est pas grave on va continuer de faire tous nos déplacements en char pis de s'acheter de l'eau embouteillée pis plein de cochonneries jetables et de façon générale baser notre mode de vie sur consommer des trucs inutiles parce que consommer de façon responsable c'est juste un concept d'"écolos-gauchistes-bien-pensants" pis "ça donne rien de pas faire ça c'est ça que tout le monde fait"...

J'en ai marre, ça dort au gaz pis c'est vrai dans ce pays là.

2011.05.28

JF Mercier fait de la politique

Ordre chronologique.

Remarquez la joke à 400 000 $ à 3:50

Jean-François Mercier, Élections 2011

2011.04.07

Albertosaurus

Les dinosaures tyranniques et ambitieux pullulent dans la contrée riche en fossiles de l'Alberta. Ce spécimen de Conservatosaurus Rex est particulièrement friand de combustibles fossiles.

01:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcc, stephen harper | |  Facebook

2011.04.02

Avec Harper, on a rendez-vous avec la Préhistoire

Science in retreat | Nature

Canada has been scientifically healthy. Not so its government.

Comparisons of nations' scientific outputs over the years have shown that Canada's researchers have plenty to be proud of, consistently maintaining their country's position among the world's top ten (see, for example, Nature 430, 311–316; 2004). Alas, their government's track record is dismal by comparison.

When the Canadian government announced earlier this year that it was closing the office of the national science adviser, few in the country's science community were surprised. Science has long faced an uphill battle for recognition in Canada, but the slope became steeper when the Conservative government was elected in 2006.

The decision in 2004 by the then prime minister Paul Martin to appoint a scientist for independent, non-partisan advice on science and technology was a good one — in principle. Arthur Carty, the chemist who secured the position, duly relinquished his post as president of the National Research Council Canada, which he had revitalized.

But his new office was destined to fail. The budget was abysmal and the mandate was vague at best. After winning power from the Liberals, the Conservatives moved Carty's office away from the prime minister's offices to Industry Canada. In 2007, the government formed the 18-member Science, Technology and Innovation Council (STIC). Told that the government would no longer need a science adviser, Carty offered his resignation. From March, the STIC will provide policy advice and report on Canada's science and technology performance. It can be expected to be markedly less independent: although it is stocked with first-class scientists and entrepreneurs, several government administrators also hold seats.

Concerns can only be enhanced by the government's manifest disregard for science. Since prime minister Stephen Harper came to power, his government has been sceptical of the science on climate change and has backed away from Canada's Kyoto commitment. In January, it muzzled Environment Canada's scientists, ordering them to route all media enquires through Ottawa to control the agency's media message. Last week, the prime minister and members of the cabinet failed to attend a ceremony to honour the Canadian scientists who contributed to the international climate-change report that won a share of the 2007 Nobel Peace Prize.

Harper sees himself as the leader of a 'global energy powerhouse' and is committing Canada to a fossil-fuel economy. More than 40 companies have a stake in mining and upgrading the bitumen from the oil sands in Alberta and churning out 1.2 million barrels a day. This activity generates three times as much greenhouse gas as conventional oil drilling. Emissions from Canada's oil and gas industry have risen by 42% since 1990.

There are deeper and more chronic problems for Canadian science. On the surface, funding for university-based research seems strong. The annual budgets for the Canadian Institutes of Health Research (CIHR) and the National Sciences and Engineering Research Council tripled and doubled, respectively, between 2000 and 2005. The government has also supported new science projects through government-created corporations such as Genome Canada and the Canada Foundation for Innovation, and has recruited and retained promising young scientists through the Canada Research Chairs programme.

But Genome Canada funds only half of the cost of a research project — scientists must seek the remaining cash from elsewhere. Last year, the CIHR was able to fund only 16% of the applications it received, and cut the budgets of successful applicants by a quarter, on average. And earlier this month, the country's top scientists and university officials warned that they were short of funds to operate multimillion-dollar big-science projects such as the Canadian Light Source synchrotron.

What's to be done? Canada has made good investments in its science infrastructure and its future research leaders. The present government might be dissolved after a vote of confidence next month, which could in itself lead to a change for the better. But in any circumstances, Canada's leading scientists can be public advocates, pointing to the examples of other countries in urging the government of the day to boost their country into a position of leadership rather than reluctant follower.

Canada watches its democracy erode

Ramesh Thakur | The Australian

ON Friday, the minority Stephen Harper government fell on a confidence motion by a 156-145 vote. Speaking to the motion, Opposition Leader Michael Ignatieff attacked the government for disrespecting Canadian democracy and treating parliament with contempt.

The myth of Canada being dull is captured in the apocryphal story that in an international competition for the most boring news headline of the year, the winning entry was "Yet another worthy Canadian initiative".

Edmund Burke noted that all that was necessary for evil to triumph was for good men to do nothing. Canadians are certainly good and worthy folks, but they suffer an excess of civil obedience, politeness and lack of civic rage that could be harnessed to combat political atrophy. At a time when Arabs risk life and limb for political freedoms, Canadians seem largely apathetic about the erosion of their democracy.

The centralisation of power in the hands of the prime minister and political staffers - with the resulting diminution of the role and status of cabinet, parliaments and parliamentarians - is common to Anglo-Saxon democracies in Australia, Britain, Canada and the US, but the extent to which constitutional conventions, parliamentary etiquette and civil institutions of good governance have been worn away in Canada is cause for concern.

A minister told parliament she did not know who had altered a document that cut funding to a foreign aid group. Later, she admitted to ordering the changes, but did not know who had carried out the order. Lying to parliament, a cardinal sin of Westminster-style democracy, has become a political tactic.

Following rulings by Speaker Peter Milliken, for the first time in Canadian history, the government and a minister have been found to be in contempt of parliament for withholding information and misleading the house.

The Integrity Commissioner was so inept that she failed to uphold a single one of more than 200 whistle-blowing complaints.

Forced out of office by the ensuing public outcry, she was awarded a $C500,000 severance package on condition that neither she nor the government talk about it.

That is, a public servant paid by the taxpayer was financially gagged by yet more taxpayer money to stop taxpayers finding out what was going on.

When a foreign service officer blew the whistle on the Canadian military handing over detainees to Afghan security forces, in likely violation of international humanitarian law, the government tried to destroy him and refused to give documents to a parliamentary inquiry. The Speaker reminded the government parliament controlled cabinet, not the other way round.

After the last elections, when the opposition parties were close to agreement on a coalition majority government, rather than face the house in a vote of confidence, Harper talked the governor-general into shuttering parliament for a month until he shored up his own support.

When the time came to choose a new governor-general, Harper opted for someone who had carefully drawn up terms of an inquiry commission to exclude the potentially most damaging aspects of a scandal involving a former conservative prime minister.

Four conservatives have been charged with exceeding campaign spending limits in the 2006 election that put Harper into power. A minister used public office and material to pursue party-political goals of courting ethnic vote banks for the conservatives.

Having come into office on campaign promises of greater transparency and accountability, Harper has silenced civil servants and diplomats, cynically published guidelines on how to disrupt hostile parliamentary committees, and suppressed research that contradicts ideologically-driven policy, for example data that show crime rates to be falling.

Judges who rule against the pet causes of the government's ideological base are not immune to attacks from cabinet ministers.

Civil society groups that criticise any government policy or ideology risk loss of funding and hostile takeovers by boards stacked with pro-government ciphers.

Little wonder Globe and Mail columnist Lawrence Martin describes the government's "arc of duplicity" as "remarkable to behold". What remains unclear is whether this adds up to an indictment of Canadians' indifference to democratic rights being curtailed or of the opposition parties, which have failed to harness the silent majority's outrage.

As Canadians head for the polls in early May, it remains to be seen whether Liberal Party charges of the Harper government being obsessed with secrecy, control, spin and attack ads will resonate with voters. Until then, Oh Canada, we cry our hearts for thee.

Ramesh Thakur is professor of political science at the University of Waterloo and adjunct professor, Institute of Governance, Ethics and Law, Griffith University

22:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pcc, stephen harper | |  Facebook

2011.04.01

Découverte - la voiture électrique d'Hydro-Québec

2011.02.26

Jean Dion -"Ça commence à faire"

tellement excellent, fallait que j'le mette ici:

Ça commence à faire

Un citoyen/contribuable/consommateur qui s'était initialement réjoui du mouvement de protestation gagnant une partie du monde trouve que ça commence un peu à faire, si vous voulez son avis.

«Je vais vous donner mon avis, j'en ai le droit puisque nous vivons dans un pays libre», a-t-il déclaré. «C'est que j'ai constaté que, par un phénomène que je ne comprends pas tout à fait, des troubles dans certaines régions peuvent entraîner une hausse du prix de l'essence. Et je trouve qu'on paie déjà assez cher comme ça à la pompe sans qu'on vienne en rajouter sous prétexte qu'il y a des pays mal organisés.»

«Ne vous y trompez pas, je crois à la démocratie, même si je ne vote pas parce que ça ne sert à rien», a poursuivi le citoyen/contribuable/consommateur. «Mais si vous voulez mon avis, le droit des uns de lutter contre la dictature et l'oppression s'arrête là où commence le droit des autres, dont le mien, de gazer à un coût raisonnable. On est déjà assez taxés comme ça.»

Il a conclu en affirmant que certains peuples devraient faire preuve d'un peu plus de respect pour les autres, surtout ceux qui comptent «des citoyens/contribuables/consommateurs pognés à la gorge par des gouvernements qui vont trop loin».

2011.02.04

Wikileaks vs facebook

 

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2011.01.07

Reportage radio sur le gaz de shale

Voici une série de reportage très intéressants de l'émission de RadioCan, les Années Lumières, sur l'exploitation des gaz de shale. Plusieurs invités experts pertinents; une approche scientifique et objective.

 

Dans la même veine, il faut entendre Michel Pépin et Josée Boileau sur les liens étroits entre le PLQ et l'industrie:

Voici la liste des noms qu'ils mentionnent au début:

  • Stéphane Gosselin, passé en une fin de semaine de directeur de cabinet du ministre du développement économique à directeur général de l'Association pétrolière et gazière;
  • Martin Daraîche, ancien adjoint de la ministre des ressources naturelles, fait maintenant des relations publiques pour l'APGQ
  • Lisa Lavoie, anciennement directrice adjointe au ministère de l'environnement, travaille maintenant sur les gaz de schiste chez National
  • Daniel Bernier directeur de cabinet du ministre du Tourisme, qui fait maintenant du PR pour Talisman
  • Raymond Savoie ancien ministre Libéral, au conseil exécutif de l'APGQ
  • André Ryan avocat de Jean Charest, a préparé l'incorporation de l'APGQ
  • un autre ancien libéral pas encore nommé au moment de l'émission

Par ailleurs, cet article du Devoir rapportait:

  • François Pilote, ancien conseiller et son organisateur politique de JC, fait maintenant du lobbying pour l'APGQ;
  • Sylvie Paradis, ancienne membre du cabinet de Charest et consultante pour le PLQ, vice-présidente de la direction de GVM, travaille maintenant auprès de François Pilote

Un article nommant les mêmes noms a paru dans notre journal national de propagande patronale.

Comme ça, deux quotes de Natalie Normandeau:

  • "Notre gouvernement a une prétention, l'ambition profonde qu'il est possible pour notre société de créer de la richesse"
  • "Je ne vais pas perdre mon temps avec les Greenpeace de ce monde"
  • "...les gens se demandent si on cause un préjudice aux nappes phréatiques lorsqu'on fait un forage. La réponse est non. Est-ce que les substances auxquelles on a recours pour forer sont polluantes? La réponse est non." (Le Devoir)
  • le gouvernement a «la responsabilité» de «mettre en valeur un pareil potentiel» (Le Devoir)

2010.06.12

Le contrôle de l'information des Conservateurs (4)

Lettre pertinente à lire dans le Devoir:L'information sous Stephen Harper - De la transparence à la propagande

Je la copie pas ici parce qu'elle est pas mal longue, mais elle est pertinente à lire au complet.

Intéressant commentaire d'un lecteur:

Avant de prendre ma retraite du gouvernement fédéral, j'étais là quand les Conservateurs ont pris le pouvoir et les changements aux relations avec les médias ont été assez soudains et du jour au lendemain nous, les fonctionnaires qui avions été formés pour parler aux médias et répondre aux entrevues, ont été sommés de ne plus rien dire et de référer le tout à « Ottawa ».

2010.03.16

Le contrôle de l'information des Conservateurs (3)

Articles choc cette semaine dans le Devoir:

Scientifiques muselés - Prentice nie une directive spéciale

Ottawa — À l'Environnement comme partout ailleurs. Le ministre Jim Prentice a laissé entendre hier en Chambre que le protocole qui interdit aux scientifiques de son ministère de répondre directement aux questions des journalistes n'a rien d'unique et représente plutôt la norme dans le gouvernement.

«Environnement Canada a la même politique de relations publiques que tous les autres ministères au gouvernement du Canada», a lancé M. Prentice durant la période de questions. Il a qualifié «d'allégation grotesque» une question du député libéral David McGuinty faisant état d'un rapport interne d'Environnement Canada où l'on déplore que les scientifiques du ministère ne puissent plus s'exprimer librement dans les médias.

Dévoilé dans certains journaux hier, le rapport indique que le gouvernement a implanté un protocole de relations avec les médias très serré pour les scientifiques. Ceux-ci doivent renvoyer tous les appels directs de journalistes au service des communications, et faire rapport de l'appel à leur supérieur et à leur conseiller en communication. S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les scientifiques doivent aussi aviser le service des communications.

Si on leur permet de parler à un représentant des médias, les scientifiques doivent indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront et rédiger un rapport après l'entrevue. Le rapport montre que la politique a l'effet escompté: les médias font de moins en moins appel à ces scientifiques qui n'arrivent pas à répondre aux questions dans les délais de la presse.

Environnement Canada a calculé que la couverture médiatique de la science des changements climatiques a diminué de 80 % depuis l'entrée en vigueur de la directive, en février 2008. Avec les nouvelles règles, quatre de ses scientifiques renommés ont pratiquement disparu des écrans radars des médias. Cités dans 99 articles pour les neuf premiers mois de 2007, ils n'ont plus été demandés que pour 12 articles durant la même période en 2008.

Environnement Canada - Aucun scientifique n'a été muselé, assure Jim Prentice

Le Bloc accuse le Ministère de vouloir diriger la recherche

Guillaume Bourgault-Côté 17 mars 2010

Ottawa — Tout va bien avec les scientifiques d'Environnement Canada (EC), estime le ministre Jim Prentice. Ce dernier dément que quiconque ait été muselé dans son ministère, au moment où le Bloc québécois dénonce le fait que les communications écrites des scientifiques sont elles aussi soumises à un contrôle strict.

Devant le Comité parlementaire de l'environnement, M. Prentice est revenu hier sur la polémique des scientifiques pour réitérer qu'il s'agit là d'un faux débat. «Nous avons des chercheurs qui travaillent à Environnement Canada, nous accordons de la valeur à leur travail et à la recherche scientifique en général, a indiqué le ministre de l'Environnement. Depuis que je suis au ministère, il n'y a pas eu de plaintes [de scientifiques mécontents]. Les chercheurs ne s'estiment pas muselés.»

M. Prentice a répété que la politique de communication qui a cours à EC est la même que partout ailleurs au gouvernement. «Les règles s'appliquent à tous les employés, ce sont les mêmes partout.»

Un rapport interne d'EC dévoilé lundi a fait état de la colère des scientifiques du ministère, contraints par une nouvelle politique de communication adoptée en 2008. Celle-ci interdit notamment aux scientifiques de répondre directement aux appels des journalistes. Ils doivent plutôt renvoyer leurs demandes au service des communications en plus de faire rapport de l'appel à leur supérieur.

S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les chercheurs doivent aviser le service des communications. Et si celui-ci autorise une entrevue, les scientifiques devront indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront. Le rapport montre que la politique a eu pour effet de diminuer considérablement la présence de ces spécialistes dans les médias.

Mais il y a plus, estime le Bloc québécois. En prenant appui sur un autre document — la norme d'EC concernant les publications scientifiques et techniques —, le critique du Bloc en matière d'environnement, Bernard Bigras, s'est demandé hier si le gouvernement ne cherchait pas à imposer aussi un «guide du bon scientifique».

M. Bigras s'est insurgé d'un passage qui précise que tout auteur d'une publication scientifique publiée par EC doit se demander si la publication «est importante et pertinente [en regard des] politiques, priorités et réglementations principales du gouvernement». «C'est une ingérence dans le contenu, estime le député. Le ministère tente de diriger la recherche et le contenu scientifiques.»

Jim Prentice a rétorqué qu'il «faut que les recherches soient intègres, que les résultats soient exacts, que la méthodologie soit fiable. Nous avons publié un guide qui pose des questions opportunes», sans imposer de conclusions, dit-il.

2010.03.08

Chantal Hébert sur Jim Prentice

Chantal Hébert décortique délicieusement la médiocrité de Jim Prentice dans cette chronique de l'Actualité du 5 mars 2010:

Ministre fédéral des Ressources naturelles depuis le début de l’année, le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, est désormais responsable du développement de l’industrie énergétique canadienne au sens large. À ce titre, on ne l’imagine pas se rendre à la Chambre de commerce de Québec afin de prononcer un discours pour dénoncer les sables bitumineux de l’Alberta ou pour taxer le gouvernement de cette province de laxisme environnemental.

Mal lui en prendrait, d’ailleurs, car on peut croire qu’il serait congédié de la direction de son ministère sur-le-champ, voire du cabinet fédéral. Et cette sanction serait dans l’ordre des choses. En se livrant à une charge publique con­tre l’industrie pétrolière et l’Alberta sur une tribune québé­coise, Christian Paradis manquerait deux fois plutôt qu’une à son devoir ministériel.

Dans un premier temps, sa mission de responsable du portefeuille des richesses naturelles consiste à prêcher pour sa paroisse à la table du Cabinet et dans la vie publique. Ensuite, à titre de membre du cabinet fédéral, le ministre Paradis a le devoir, moral celui-là, de ne pas exacerber inutilement les rivalités, déjà multiples, et les préjugés, déjà nombreux, entre les diverses régions du Canada.

(...)
Ce double manquement, que le premier ministre Stephen Harper aurait raison de ne pas tolérer de la part de son lieutenant québécois, le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, l’a commis impunément quand il a prononcé à Calgary, le 1er février dernier, un discours dans lequel il qualifiait de sottise la nouvelle réglementation québécoise pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles.

De mémoire de correspondant parlementaire, le spectacle d’un ministre fédéral de l’Environnement s’attaquant de front aux efforts d’une province pour améliorer son bilan écologique est inédit.

(...)
Devant son public albertain, le ministre Prentice a nommément cité l’initiative québécoise comme un exemple de geste susceptible de nuire aux intérêts commerciaux du Canada.

[lire l'article au complet]

2010.03.03

Contrôle de l'information par le gouvernement conservateur (2)

On peut lire dans Le Devoir (Censure à Ottawa: trois ministres soupçonnés) qu'il y a maintenant trois enquêtes ouvertes au commissariat à l'information du Canada concernant l'ingérence de ministres dans l'accès à l'information. La commissaire n'a pu révéler quels ministres sont en causes dans ces trois enquêtes, jugées prioritaires. Récemment, une autre fuite révélait au Hill Times que le PM Harper met depuis longtemps de la pression sur les fonctionnaires pour retarder les demandes d'accès à l'information et permettre au PM de censurer ce qui est compromettant. Le cas de Christian Paradis, sorti au grand jour récemment, n'était donc pas isolé, et est le symptôme d'une stratégie plus large du gouvernement conservateur pour contrôler l'information. L'an dernier, on pouvait déjà lire dans la Presse que le conseil privé (le ministère du PM) les demandes d'accès à l'information exige des différentes institutions qu'elles lui transmettent les demandes d'accès à l'information. «Ça provoque un étranglement et l'information sort au compte-gouttes», selon l'avocat Michel Drapeau, spécialiste de l'accès à l'information.

En fait, le fonctionnaire qui a été pris à censurer le document pour Paradis ne faisait rien de différent de ce qui se fait dans les autres ministères, selon la source du Hill Times. Paraîtrait-il que Harper s'emporte et engueule les fonctionnaires quand la réponse d'une demande d'accès  à l'information sort en contenant davantage d'information qu'il ne voudrait qu'il y en ait.

Par exemple, on demanderait à l'entourage du ministre de trouver une façon d'exiger des fonctionnaires que le document soit révisé par le Conseil privé, le ministère du premier ministre, ce qui permettrait d'allonger les délais et donnerait plus de latitude pour censurer les documents.

Il s'agirait d'une directive verbale en place depuis 2006, lorsque le gouvernement Harper a pris le pouvoir. Rappelons que cette loi est appliquée par les fonctionnaires et est normalement à l'abri des ingérences politiques. (Le Devoir)


Le problème ne serait pas nouveau, seulement il empire. "Over the decades, governments have gotten much smarter about ways in which the act can be circumvented or subverted … and successive governments have become more sophisticated at finding the loopholes. (...) Right now there is no penalty, essentially, for failing to obey the Access to Information Act: Government breaks the law almost every day, and yet there are no real consequences," (The Hill Times)

Une chance qu'on a une commissaire à l'information pour faire son travail, tandis que le gouvernement lui met les bâtons dans les roues:

En avril dernier, la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, a demandé au gouvernement d'obtenir un budget spécial pour lancer une enquête systémique sur les agissements de certains ministères qui ne respectent pas les délais de réponse obligatoires contenus dans la Loi sur l'accès à l'information.

Le gouvernement a refusé la demande de financement du Commissariat à l'information. Toutefois, lors d'une entrevue accordée au Devoir, Mme Legault a expliqué qu'elle a réussi à remanier son budget pour dégager des ressources à l'interne et ainsi lancer son enquête sans avoir besoin d'un financement accru.
(,,,)
La commissaire veut notamment savoir si le système parallèle mis en place depuis quelques années ralentit le traitement des demandes. Les requêtes des citoyens en vertu de la loi sont traitées plus rapidement et sont moins surveillées que les demandes en provenance des médias, qui prennent un chemin plus politique. Le Bureau de l'accès à l'information doit alors prévenir le bureau du ministre qu'un document sera remis à un journaliste. Ce document est souvent révisé par l'entourage du ministre.  (Le Devoir)

Certains qui font régulièrement usage de la loi à l'accès à l'information se sont mis à combattre l'ingérence politique sur leur requêtes en remplissant des demandes d'accès à l'information sur comment leurs propres demandes d'accès sont traitées! C'est ainsi que l'histoire de Christian Paradis a pu être révélée, selon le Hill Times.

2010.02.15

Manifeste pour un Québec morbide

Je viens de tomber sur l'hilarant Manifeste pour un Québec morbide, spoof démagogique assez futé du manifeste pour un québec "lucide"... Ça vaut la lecture! (Surtout pour ceux qui sont tannés du discours affairiste qui nous casse les oreilles avec leurs plaintes que les impôts, la faiblesse du niveau de consommation et la faiblesse de la procréation sont les pires problèmes du Québec.) Voici quelques extraits qui m'ont bien fait rire:

Depuis 25 ans, le Québec a connu une régression sans précédent:

  • En 2005 la préoccupation principale du Québécois moyen est l’argent ; son but dans la vie est de travailler, de payer son char et de reproduire en tout un modèle social voué à la faillite et la destruction de la planète ;
  • Le jeune Québécois entre aujourd’hui au collégial dans le plus grand désarroi politique, étant incapable de faire la différence élémentaire entre la gauche et la droite ; ce qui le laisse à la merci de sa culture première, celle de la banlieue épaisse et de droite ;
  • Une clique de politiciens finis, économistes et journaleux est encore capable de faire passer pour un manifeste un torchon néo-libéral, et de se faire applaudir par le gouvernement en place, lequel est trop couillon pour se revendiquer comme tel, ce qui lui aurait probablement coûté sa place anyway.
Mais il reste du chemin à faire pour vivre et penser comme des porcs, comme dans le reste de ce continent à l’aune duquel on nous somme aujourd’hui de nous mesurer.

Au plan du niveau de vie, notamment, le Québec a toujours moins de téléphones cellulaires et de VUS que les Amaricains.

Aussi tôt qu’en 2012, il y a aura de plus en plus de boomers à la retraite, on vous laisse imaginer le cauchemar. Cela voudra dire un peuple plus gros, plus épais, et qui consomme plus. Pendant que le Québec subira ce freinage moral, les VUS d’Amérique augmenteront à un rythme rapide, de sorte que dans 40 ans, on ne saura plus qui des chars ou des anciens premiers ministres nous pomperont plus d’air

À l'heure actuelle, le discours social québécois est dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont le patronat, qui a monopolisé le label "lucide" pour mieux imposer la continuité de sa domination.

Il aussi développer une saine méfiance envers le secteur privé. La naissance d'une telle attitude est vitale. Pendant des années, on a déploré le fait que l'économie du Québec soit contrôlée par des gens d'affaires de langue anglaise; on a appelé « révolution tranquille » le processus qui a mené à se faire fourrer dans sa langue maternelle.


Somme toute, sans être d'accord avec tout, je trouve que c'est un discours un peu chaotique et malhabile, mais relativement insightful et qui a au moins le mérite de faire rire...

2010.02.09

La propagande conservatrice toujours payée à même les fonds publics

Je reçois constamment de la propagande conservatrice dans la malle. La semaine passée, j'écris à Élections Canada:

Malgré que j'ait écrit en rouge "PAS DE PROPAGANDE" sur ma boite aux lettres, je reçois souvent de la propagande conservatrice qui semble payée par les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoit. Or je ne suis même pas dans sa circonscription.

Leur dernier pamphlet est particulièrement insultant, il prétend qu'il y a plein de pédophiles partout et que le gouvernement conservateur protège nos enfants des pédophiles parce qu'ils veulent des peines plus sévères, contrairement au bloc québécois qui lui cautionne la pédophilie avec ses positions laxistes.

J'imagine qu'il est illégal que des députés utilisent les fonds publics pour faire leur propagande partisane, et mensongère de surcroît. Sinon, on a un sacré problème. J'espère que quelque chose sera fait contre ça.

On me répond:

 

DOSSIER: 296266
Nous vous remercions pour votre courriel du 6 février 2010.
Élections Canada est une institution indépendante établie par le Parlement chargé de la conduite des élections et des référendums fédéraux. Le sujet abordé dans votre message dépasse les limites de notre mandat. Conséquemment, nous vous invitons à communiquer avec le Service de renseignements du Parlement du Canada.  L’information contact est la suivante :
Service de renseignements
Parlement du Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0A9
1 (866) 599-4999 Sans frais (Canada)
1 (613) 992-4793
ATS: 1 (613) 995-2266

 

Je renvois donc la même missive au Parlement. Réponse:
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courriel envoyé le 8 février 2010 au Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement.
Le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement offre des renseignements de nature générale sur l'histoire, le rôle, et les activités du Sénat, de la Chambre des communes et de la Bibliothèque du Parlement.
En réponse à votre courriel, les députés détiennent le droit d’envois collectifs et peuvent envoyer du courrier en franchise. Ce privilège signifie que les députés de la Chambre des communes peuvent apposer leur signature à un envoi postal adressé qui sera ensuite livré, en franchise, n’importe où au pays.
Pour de plus amples renseignements concernant le courrier en franchise, nous vous suggérons de contacter votre député fédéral. Vous pouvez identifier votre député à partir du site web du Parlement (http://www.parl.gc.ca) en entrant votre code postal dans la case «Parlementaires actuels». Vous obtiendrez ainsi ses coordonnées à Ottawa et dans votre circonscription.
N'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement pour toute autre question concernant le Parlement du Canada.
Veuillez agréer l'expression de nos sentiments les meilleurs.
K.C.
Information Service / Service de renseignements
Library of Parliament / Bibliothèque du Parlement
Ottawa, Canada, K1A 0A9
Telephone / Téléphone:
-Toll-free / Appel sans-frais:  1-866-599-4999
On dirait bien que tous les bureaucrates s'en lavent les mains, les conservateux peuvent envoyer autant de marde malhonnête pour vendre leur parti qu'ils le veulent, c'est dans les règles! J'écris donc à ma députée:

Je reçois constamment de la propagande conservatrice mensongère par la poste, manifestement payée à même les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoît (j'habite dans Montcalm). Je pense qu'il s'agit du même phénomène qui a fait l'objet d'un article dans le Devoir en novembre dernier: http://www.ledevoir.com/politique/canada/277423/la-propag...

Je me suis plaint à Élections Canada, ils m'ont dit de m'adresser au Parlement, qui m'a dit de m'adresser à mon député. C'est insultant et scandaleux, tout ça. Ils se servent de l'argent de nos taxes pour distribuer massivement de la bullshit pour vendre leur parti de pétrolières, et tous les bureaucrates supposés servir la "démocratie" s'en lavent les mains.

Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre ça?

Réponse de Christiane Gagnon:

J’ai bien reçu votre courriel dans lequel vous dénoncez l’abus d’envois de ces dépliants que les députés peuvent envoyer aux frais de la Chambre des communes. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me faire part de vos préoccupations à ce sujet.

Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la facture totale des envois des députés a plus que doublé, atteignant désormais 10 millions de dollars. Le Parti conservateur, à lui seul, a généré des frais d’impression et d’envoi de 6,3 millions de dollars.

C’est pourquoi nous, les élus du Bloc Québécois, proposerons au retour de la Chambre de restreindre le recours à ces envois de dépliants. Ces restrictions feront en sorte qu’il ne serait plus possible pour un député de faire un envoi dans une circonscription autre que la sienne et qu’il ne pourrait pas faire plus d’un seul envoi par jour. Les envois regroupés (permettant à plusieurs députés de combiner leurs envois afin d’en imprimer un plus grand nombre d’exemplaires) seraient limités à un par mois. Le contenu de tout envoi devrait être approuvé par le parti politique.

Pour que nos propositions entrent en vigueur, les quatre partis politiques doivent les approuver à l’unanimité.

Ainsi, nous partageons vos préoccupations quant à l’utilisation abusive des envois de ces dépliants. Soyez assuré que nous ferons tout ce qui est en notre possible afin que cette pratique, qui donne lieu à des excès de propagande par certains partis, soit davantage encadrée.

Il paraît que le bureau interne de la chambre des communes examine la question, comme l'indique l'article du Devoir:

«Beaucoup de gens n'aiment pas cela», confirme la porte-parole de la Chambre des communes, Colette Déry. «Les députés, mais aussi les commettants qui reçoivent des envois de députés d'une autre circonscription, qui n'en sont pas ravis et nous le font savoir.» Les plaintes n'ont pas encore été traitées, et d'ici à ce que le bureau de régie interne de la Chambre tranche la question, les règles resteront inchangées.

Ce serait 6,3 M $ que la propagande conservatrice a ainsi drainé en fonds publics. Les partisants conservateux vont dire que c'est "légal" et que tous les partis le font. Je sais pas, mais j'ai jamais reçu de propagande bloquiste ou libérale par la poste, et il y a une limite à la rhétorique mensongère et à l'abus de fonds publics! Pour la comparaison entre les partis, ces chiffres sont évoquateurs:

Alors que les députés de l'opposition ont en moyenne réclamé 17 977 $ chacun en frais d'impression, les députés conservateurs ont réclamé plus que le double: 38 337 $ en moyenne chacun. À eux seuls, donc, les 164 députés conservateurs ont imposé à la Chambre des communes un fardeau de 6,3 millions de dollars à ce chapitre. Celui des 210 députés de l'opposition s'élève à 3,8 millions. (Notons que l'élection de 2008 a provoqué un roulement de députés portant leur total à au-delà de 308.)

Pour ce qui est de la légalité, je comprend bien que les esprits conservateurs sont peu habitués aux exercices de réflexion débordant du cadre étroit balisés par le système, mais il me semble évident que, même si il n'y a pas de loi interdisant la propagande mensongère, payée par les contribuables de surcroît, ça ne veut pas dire que c'est acceptable dans un système qui se prétend démocratique.

Apparemment, mes efforts de lobbying ont porté fruit:

Envois postaux des députés - Ottawa prié d'y mettre un terme

Hélène Buzzetti 17 mars 2010

Ottawa - Les députés fédéraux ont décidé hier de restreindre le nombre de leurs envois postaux. La Chambre des communes a en effet adopté une motion réclamant que cesse la pratique dite des «10 %», ces envois postaux, souvent très partisans, que font parvenir les élus aux commettants de leurs adversaires.

Par la marque très serrée de 140 voix contre 137, les députés ont appuyé une motion du Parti libéral demandant de retirer aux députés le droit d'envoyer, aussi souvent qu'ils le désirent, des dépliants n'importe où au pays aux frais de la Chambre des communes. Selon le Parti libéral, le Parlement économiserait ainsi approximativement 20 millions de dollars par année.

Hier, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont appuyé la motion libérale, tandis que le Parti conservateur s'y est opposé. Si le résultat a été si serré, c'est qu'une douzaine de libéraux, y compris le chef Michael Ignatieff, étaient absents. Le premier ministre Stephen Harper n'était pas présent non plus.

Le Devoir avait révélé cet automne que le Parti conservateur était passé maître dans l'utilisation des «10 %». Les élus de M. Harper ont engendré en moyenne des dépenses de 38 337 $ chacun en 2008, soit le double des députés de l'opposition (17 977 $). Au total, ces envois des conservateurs ont coûté au trésor public 6,3 millions de dollars.

C'est par l'entremise de ce mécanisme que les conservateurs ont pu inonder le pays de dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion à quelques jours du déclenchement des élections, en 2008. Le gouvernement n'est pas obligé de mettre en application la motion adoptée hier.

 

2010.01.29

citations

Il est agréable d'être important mais il est plus important d'être agréable.

Il est plus facile de patauger dans la merde lorsque on est habitués à l'odeur.

« People demand freedom of speech to make up with the freedom of thought, which they avoid.» -Soren Kierkegaard

« La politique est quelque chose de trop sérieux pour être laissé aux mains des politiciens » -Charles De Gaule

« It is one of the great mysteries of existence how the smallest drop of understanding can cleanse a see of mistrust and hate. » -Brad Markowitz, The Outer Limits

« Les difficultés ne sont pas faites pour abattre, mais pour être abattues » -Compte de Montalembert

« Accueillez le fou avec plaisir: il a peut-être raison. » -Holbrook Jackson

« Fais que chaque heure de ta vie soit belle. Le moindre geste est un souvenir futur. » -Claude Aveline

« The earth has a skin and that skin has diseases: one of its diseases is called man. » -Friedrich Wilhelm Nietzsche

« Rien en soi n'est ni bon ni mauvais; tout dépend de ce qu'on en pense. » -William Shakespeare

While you are only young once, you can be immature forever.

« On pense toujours que ça arrive juste aux autres de penser que ça arrive juste aux autres, mais non. » -Pierre Légaré

« Tordez l'esprit, les boyaux suivront. Et c'est bon pour la santé. » -Pierre Légaré

« Imagination. Elle ne peut rendre sage les fous, mais elle les rend heureux. » -Blaise Pascal

Make it idiot proof and someone will make a better idiot.

No matter how long you have gone on the wrong road, it is never too late to turn back.

« It is never too late to be what you might have been » -George Elliot

« We've all heard that a million monkeys banging on a million typewriters will eventually reproduce the works of Shakespeare. Now, thanks to the Internet, we know this is not true. » Arthur C. Clarke

« Luckily, I've discovered that sexual performance anxiety can be 100% cured by not having sex at all. » -Christian Rudder

« I wish stupidity hurt, cause maybe then, some of you people will go get some help » -Anton LaVey

« Fashion is a form of ugliness so intolerable that we have to alter it every six months. » -Oscar Wilde

« Si quelqu'un te fait du mal, ne cherche pas à te venger. Assis toi au bord de la rivière et bientôt tu y verras passer son cadavre. » -Lao Tseu

« A common mistake that people make when trying to design something completely foolproof is to underestimate the ingenuity of complete fools » -Douglas Adams

People are more interested in being right than in the truth.

« Nombreux sont ceux qui sont persuadés de penser, alors qu'ils se contentent de réaménager leurs préjugés. » -Willam James

« L'intégrité, c'est de ne pas se mentir à soi-même; l'honnêteté, c'est de ne pas mentir aux autres » -Spencer Johnson

« Essaie de ne rien accepter des mains que tu n'aurais aucun plaisir à serrer si elles ne t'offraient rien. » -Jules Renard

« Qui a peur de souffrir? Il souffre déjà de ce qu'il craint! » -Montesquieu

« La joie est en tout, il faut savoir l'extraire. » -Confucius

« Success in almost any field depends more on energy and drive than it does on intelligence. This explains why we have so many stupid leaders. » -Sloan Wilson

« Although life is full of suffering, it is full also of the overcoming of it. »-Helen Keller

Health is just the slowest possible rate of dying.

« Don't take life too seriously. You'll never escape it alive anyway. » -Elbert Hubbard

« The whole problem with the world is that fools and fanatics are always so certain of themselves, but wiser people so full of doubts. » -Bertrand Russel

« It seems to me that survival of the fittest has become a justification of irresponsibility rather than a basic premise of evolutionary theory. » -Les U.Knight

« Do not worry about your problems with mathematics, I assure you mine are far greater." -Albert Einstein

« If we knew what it was we were doing, it would not be called research, would it? » -Albert Einstein

« I never think of the future. It comes soon enough. » -Albert Einstein

« La nature a créé l'individu au service de l'espèce. L'homme a inventé quelques individus mettant l'espèce à leur service. » -Le cyberCON

« Penser, c'est comme grimper à une échelle : plus on s'élève, plus on voit loin. Il y a trop de gens qui grimpent à des échelles couchées sur le sol. »

« Comprendre, accepter, surmonter ses instincts en les utilisant sans les subir, aborder les problèmes par ce qu'ils sont et non par leurs effets, voilà la seule philosophie qui permettrait aux hommes de dire : "Nous sommes différents des animaux ordinaires ! » -Le cyberCON

2010.01.11

Verts vs altermondialistes

On a eu droit à un torchon de greenbashing vraiment insultant dans le devoir d'aujourd'hui:
"Les verts fossoyeurs de l'altermondialisme" par Denis Blondin

En voici un extrait:
"les Partis verts n'ont qu'un seul et unique programme: c'est la verdure. Comme les questions sociales, économiques et politiques sont trop compliquées, ils évitent de s'en mêler pour ne pas perdre de votes. Le pire, c'est qu'ils ont l'impression d'être bien partis, sous prétexte qu'ils recueillent un pourcentage croissant de votes parmi les mécontents des vieux partis. En fait, ils réussissent surtout à freiner l'essor des véritables partis alternatifs."

Cette affirmation fallacieuse ne fait que trahir son ignorance crasse des programmes des partis verts, qui se battent depuis toujours contre ce préjugé. J'imagine que, à l'instar des journalistes à l'origine de ce mème, M. Blondin ne connait des partis verts que le nom. Quand on porte des accusations aussi lourdes sur des mouvements sociaux, il ne suffit pas de répéter le folklore populaire, on a un devoir d'être renseigné un minimum.

Au contraire, de ce que prétend ce monsieur, les partis Verts offrent des plateformes politiques très complètes, proposant des solutions réfléchies dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, du développement international, de la démocratie, de l'éducation et de la santé, de l'économie et de la fiscalité. Ce sont des véritables partis alternatifs: contrairement aux partis de gauches (ceux que M. Blondin considère commes les vrais partis alternatifs, j'imagine), ils sont pragmatiques et non pas aveuglés par une idéologie, et c'est pourquoi plusieurs ne se réclament ni de la gauche ni de la droite. Ce qu'ils veulent, c'est obtenir du changement. Les partis verts sont généralement fortement préoccupés par les questions de justice sociale, d'égalité des sexes, de non-violence et de liberté civile, généralement aussi associées à l'altermondialisme.

Ces accusations malhonnêtes ne font que perpétuer le mythe inventé par les médias comme quoi les partis verts ne se préoccuperaient que d'environnement. Renseignez-vous sur ces partis, et vous verrez qu'il n'en est rien.

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.05.26

The Story of Stuff

Excellent vidéo à voir: The Story of Stuff. Un peu démago, mais largement réaliste.

Par ailleurs, leur site web est très bien fait et leur liste de lecture recommandée est excellente.

 

2009.04.29

Charest autorise les conflits d'intérêts

Éthique: Charest assouplit les règles

Robert Dutrisac
Le Devoir, mercredi 29 avril 2009

Un ministre pourra posséder une entreprise transigeant avec son propre ministère

Québec -- Le premier ministre Jean Charest a assoupli ses directives visant les conflits d'intérêts afin de permettre à un ministre de posséder une entreprise qui obtient des contrats du gouvernement, et même du ministère qu'il dirige. Auparavant, les membres du conseil des ministres devaient se débarrasser de leurs actions de sociétés fermées qui faisaient affaire avec le gouvernement dans les 60 jours qui suivent leur nomination.

Selon les nouvelles directives signées le 4 mars et remises à l'opposition lors de l'étude des crédits du conseil exécutif lundi, Jean Charest permet à un ministre de demeurer propriétaire, en tout ou en partie, d'une entreprise qui obtient des contrats du gouvernement. Mais le premier ministre, à sa discrétion, peut ordonner à ce ministre de prendre «les mesures jugées suffisantes [...] pour éviter tout conflit d'intérêts, collusion ou influence indue».

(...)

C'est la troisième fois que Jean Charest modifie ses directives aux ministres quant aux conflits d'intérêts, chaque fois pour autoriser des situations qui violaient les règles.

En 2003, Jean Charest autorisait l'entreprise de la conjointe d'un ministre à continuer d'obtenir des contrats du gouvernement alors que c'était interdit. La conjointe du ministre Sam Hamad a pu ainsi continuer à offrir au gouvernement les services de son entreprise de traiteur.

En 2007, Jean Charest a modifié une autre fois les règles pour permettre au ministre David Whissell de conserver un intérêt majoritaire dans une société qui possédait une participation minoritaire dans une entreprise de pavage. Cette entreprise, Rive-Nord inc., comptait le ministère des Transports comme bon client.

2009.03.30

L'explosion des salaires de la gang à Charest

Radio-Canada nous apprend aujourd'hui les salaires exhorbitants que se versent les profiteurs aux rênes du gouvernement provincial.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/03/29...

La masse salariale explose
Radio-Canada
lundi 30 mars 2009

Pendant que le discours officiel prêche l'austérité en ces temps de difficultés économiques, des informations font état d'une explosion des dépenses du gouvernement depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir à Québec.

Selon des données obtenues par La Presse canadienne avec la Loi d'accès à l'information, la masse salariale totale consentie aux cabinets ministériels a augmenté de près de 30 % en six ans.

En 2003, les salaires du personnel politique du gouvernement libéral coûtaient aux contribuables 18,9 millions de dollars, contre 26,4 millions actuellement.

Et rien ne semble indiquer que la crise économique a eu un effet sur la réduction de ces dépenses, bien au contraire. En décembre dernier, au lendemain de sa réélection, Jean Charest a élargi son conseil des ministres en y ajoutant huit nouveaux membres, soit un total de 26.

Les salaires de tout le personnel politique de ces nouveaux ministres se chiffrent à 3,8 millions de dollars.

D'après les données recueillies par La Presse canadienne, en moins de deux ans, la masse salariale du gouvernement, pour ce qui est du niveau politique, a augmenté de 15 %, passant de 22,5 millions à 26,4 millions.

Ces sommes n'incluent pas les primes dont bénéficient les députés appelés à siéger au conseil des ministres. Promus ministres, les huit nouveaux venus ont vu leur salaire de base passer de 83 714 $ à 145 500 $. À partir du 1er avril, leur salaire passera à 149 429 $.

Au total, ce sont 467 directeurs de cabinet, attachés politiques, attachés de presse et autres employés qui travaillent à faire passer le message politique du gouvernement Charest. Ce personnel est souvent issu des rangs du Parti libéral.

Et c'est pas fini. On apprend en outre que Jean Charest reçoit 175 000 $ par année, (en plus d'avoir probablement toutes ses dépenses payées) pour le privilège d'imposer ses 4 volontés au Québec.

2009.03.17

à lire absolument

http://www.gaiapresse.ca/fr/analyses/index.php?id=94

Sortir l’écologie des mouvements écologiques et environnementaux! De l’écologie à l’écoumène

09 mars 2009

Par Roméo Bouchard
Coordonnateur de la Coalition pour un Québec des Régions

 

On est écologiste ou environnementaliste comme on est féministe, nationaliste, créationniste ou gauchiste! C’est à dire rêveur, marginal, sectaire ou unilatéral. C’est bien sûr le jeu de ceux qui préfèrent distribuer des étiquettes plutôt que remettre en question leur pratique. Mais c’est aussi la faute des militants environnementalistes qui continuent encore trop souvent à dissocier les problèmes écologiques des problèmes économiques, sociaux et démocratiques.


La crise, une opportunité de repositionner l’écologie

La crise financière et économique actuelle nous fournit peut-être l’occasion de rompre cet isolement qui mine la crédibilité du mouvement écologique et l’empêche de contribuer au changement comme il le pourrait et le devrait.

En effet, le système financier et économique qui s’effondre n’est rien d’autre qu’une vaste entreprise de colonisation de la planète par une poignée de multinationales visant à piller ses ressources par-delà les frontières et les peuples pour enrichir le plus rapidement possible une poignée de grands actionnaires anonymes. Comment les riches détruisent la planète, écrit si justement Hervé Kempf. 

Ce système colonial repose sur trois axes complémentaires qui ont tous un lien direct avec l’équilibre des écosystèmes et la gestion de l’écoumène, notre « maison commune », la petite planète Terre.


Trois dogmes destructeurs

Le premier axe, le dogme de la croissance illimitée, implique un pillage sans précédent de l’ensemble des ressources et des peuples de la planète, sans égard pour leur caractère limité, pour répondre aux besoins vitaux de populations de plus en plus nombreuses et évoluées. C’est une économie irresponsable et suicidaire pour la planète et l’espèce humaine.

Le second axe, le dogme de la productivité, s’établit sur la concentration des opérations, une délocalisation systématique de la production et une standardisation non moins systématique de la consommation, sans égard pour le rapport vital et souverain des collectivités à leur territoire. Le cercle infernal de cette économie apatride, qui va de la production au plus bas prix aux dividendes les plus élevés, en passant par la consommation maximale stimulée par une publicité débridée et un crédit illimité, conduit inexorablement au saccage des territoires et de l’identité des peuples.

Le troisième axe, le dogme de la privatisation et du libre marché, s’appuie sur le transfert systématique du pouvoir de l’État et du citoyen aux dirigeants économiques et au marché libre, seuls capables d’assurer la richesse collective, sans égard pour la souveraineté du peuple et son droit absolu de se gouverner et de contrôler son milieu de vie. Le marché et le consommateur se substituent ainsi à la démocratie, au citoyen et au bien commun.


Réformer le système

De Nicolas Sarkozy à Barack Obama, le discours est le même : il faut réformer le système financier et s’attaquer aux causes qui ont provoqué la crise de façon à en éviter la répétition. Hervé Kempf va plus loin : pour sauver la planète, sortez du capitalisme. Les écologistes en profitent pour rappliquer avec leur programme habituel : pour sortir de la crise, investir dans les énergies vertes, les transports en commun, les habitations vertes, la bourse du carbone. Québec solidaire va un peu plus loin : investir dans l’économie sociale.

Comme si la crise n’était qu’un accident de parcours et si la vie allait reprendre son cours normal à plus ou moins court terme. Comme si l’impasse écologique et sociale n’existeront plus si jamais on arrive à rescaper le système financier. Comme si l’écologie ne devait pas être au cœur d’une incontournable redéfinition de l’économie elle-même, de la gestion des territoires et de la restauration de la démocratie.

En fait, c’est toute notre société qu’il faut rebâtir  sur des bases démocratiques, écologiques et sociales.


Éco-logie et  éco-nomie

Économie et écologie, étymologiquement, réfèrent tous deux à la gestion de la « maison commune » (oixos), l’écoumène, la terre habitée, notre habitat commun et unique, cette petite planète bleue qui nous est apparue si fragile et improbable du haut de l’espace. Comment assurer notre survie et notre épanouissement à tous en utilisant ses ressources, sans mettre en danger l’équilibre fragile de ses écosystèmes? En ce sens, économie et écologie ne devraient pas s’opposer mais se fondre. Un développement économique qui va à l’encontre de l’écologie ne peut conduire qu’à une impasse, et une action écologique qui ne passe pas par l’économie est condamnée à demeurer une croisade morale et à rester marginale.

Il faut redéfinir l’économie en fonction des possibilités de notre planète, des équilibres de ses écosystèmes et des besoins vitaux de tous les peuples, ce qui signifie privilégier un nouveau mode de vie et un nouvel ordre politique mondial. Ce nouvel ordre mondial va bien au-delà de ce que les écologistes définissent comme économie verte, et surtout, de ce que les dirigeants économiques et politiques appellent le « développement durable », en prenant bien soin de préciser qu’il s’agit, selon eux,  d’un « équilibre » entre la croissance économique, la paix sociale et la protection de l’environnement, ce qui est une autre façon d’assurer la « durabilité de leurs entreprises et de leurs profits », sans remettre en question le dogme de la croissance illimitée et de la compétition sauvage qu’elle entraîne.  Il s’agit, au contraire, d’assujettir l’efficacité et la « croissance » économique au respect inconditionnel de la capacité de support des écosystèmes et à la satisfaction des besoins essentiel de tous. En d’autres mots, une économie et un développement responsable, responsable de l’écoumène.

L’objectif de la révolution économique qu’exige la crise actuelle va donc bien au-delà d’une révision des règles du marché. En plus de rétablir la juridiction du politique sur l’économie, il faut redéfinir les finalités même de l’économie.

 

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2009.02.27

Harper redirige l'aide au développement pour ses intérêts mercantiles

Aide au développement: perpétuer l'erreur
Guy Taillefer
Le Devoir, vendredi 27 février 2009

Nouveau recentrage conservateur à saveur affairiste. Le gouvernement Harper vient d'annoncer qu'il fera dorénavant porter la part du lion de son aide publique au développement (APD) sur une fourchette réduite de 20 pays prioritaires. L'Afrique subsaharienne, épicentre de la pauvreté, y perd au change: huit pays ne représenteront plus une «priorité» pour le gouvernement canadien. Sont par contre invités au banquet, pour la première fois, le Pérou et la Colombie, deux pays après tout moins mal en point avec lesquels Ottawa a conclu l'année dernière des accords de libre-échange.


Comme en tout ce qu'ils touchent, les conservateurs ne quittent pas des yeux leurs objectifs d'efficacité et de rendement commercial. On ne nie pas que l'aide internationale souffre de problèmes de cohérence et que les gouvernements africains auraient intérêt à se responsabiliser. Toutefois, cet argumentaire est extrêmement incomplet. Sans compter qu'il n'y a guère, par les temps qui courent, de pays donateurs qui puissent évoquer la «bonne gouvernance» sans faire rire de leur impuissance en matière de gestion financière. Notre opinion à ce sujet est la suivante: les injonctions d'efficacité qu'on s'est mis à lancer au continent africain sont un masque dont les pays riches se couvrent le visage pour ne pas avoir à admettre leur démission devant la pauvreté.

La Banque mondiale évalue à 1,4 milliard le nombre de personnes dans le monde qui survivent dans un état de pauvreté extrême. Le nombre de celles qui se meurent de faim est de près de un milliard, indiquent les chiffres de l'ONU les plus frais. Or, la fixation que les riches se sont mis à faire sur l'efficacité (et la rentabilité) de l'aide fait l'impasse sur le fait que les pays industrialisés ont, dans l'ensemble, réduit leurs efforts en matière d'APD depuis 2000. Plus catastrophique encore, cette fixation s'est accompagnée, au cours des dernières décennies, d'une réduction radicale de la part des budgets d'aide au développement consacrés par les pays du Nord au développement agricole du Sud.

Il coule pourtant de source que la lutte contre la pauvreté passe par le développement de l'autonomie alimentaire des pays pauvres. C'est tout le contraire qui s'est produit. Faites le calcul: il y a 450 millions de petits agriculteurs en Afrique, en Asie et en Amérique latine dont la production soutient deux milliards de personnes. La chute de l'APD, le dumping et le protectionnisme agricole du Nord, avec changements climatiques à la clé, ont laminé l'agriculture du Sud. Il a fallu les émeutes de la faim survenues l'année dernière pour prendre conscience de l'ampleur du désastre.

Plutôt que d'arrimer sa politique d'aide à ses stratégies d'appropriation commerciales, Stephen Harper aurait pu réparer -- il faut bien rêver -- l'erreur que les libéraux et d'autres conservateurs avant lui ont commise. Il a choisi de s'y enfoncer.

L'excellent commentaire de Serge Charbonneau:

Aide ou ingérence internationale ?

Juste à voir la liste des pays "aidés", ceux délaissés et ceux nouvellement d'intérêt, on constate des enjeux politiques.

L'ACDI est de plus en plus un organisme d'ingérence politique semblable à la NED ou la USAID états-unienne.

La "nomination du Pérou et de la Colombie en est une preuve éclatante.
Le Pérou d'Alan Garcia et la Colombie d'Alvaro Uribe, sont les deux seuls gouvernements laquais des États-Unis. Il faut envoyer des fonds camouflés en "aide" internationale pour s'assurer que ces pays ne basculeront pas du côté du socialisme.
Ces fonds serviront à financer le parti au pouvoir et serviront à alimenter tout groupe pouvant contrecarrer les mouvements d'opposition.
L'Amérique latine dans sa presque totalité a dit non au libre échange et à tout ce qui s'apparente au néolibéralisme.
Le Pérou et la Colombie deviennent alors prioritaires.

Pour l'Afrique, «l'aide» est accordée aux pays où l'on doit reprendre le contrôle politique.

Les pays où la population souffre de pauvreté, mais où le gouvernement en place assure la bonne marche du néolibéralisme (exploitation sans contrainte des richesses par les «investisseurs» étrangers), ont été lestés.
Le Niger de Mamadou Tandja, qui a pris le pouvoir suite à l'assassinat du général Baré en avril 1999 offre des garanties de stabilité et de libéralisme économique.
Malgré que le Niger soit un des pays les plus pauvres du monde, l'aide canadienne a été abandonnée. Grâce à Mamadou Tandja, on peut exploiter l'endroit sans frais.

Le Rwanda, sous un subtil contrôle britannique est aussi un autre pays de misère où l'exploitation des ressources est disponible aux «investisseurs» étrangers. Donc inutile d'y dépenser de l'argent.

Pour ce qui est du Burkina Faso de Blaise Compaoré, cet assassin au pouvoir depuis l'assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, le pays correspond au type de pays que les «investisseurs» étrangers aiment. L'exploitation des richesses est facile et assurée, donc, aucune utilité d'y envoyer de l'argent.
M. l'assassin Compaoré fait la grosse vie, reçoit même notre Réjean Tremblay à l'occasion et tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais il faudrait voir dans quelle condition vit la population.

Classé 172e sur 174 sur la base de l'indicateur de développement humain (IDH = 0,304 en 1997) le Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres du monde. Le produit intérieur brut par habitant est de 220 dollars par an (250 dollars au Mali, 330 au Togo, 380 au Bénin, 390 au Ghana et 700 en Côte d'Ivoire).
En 2004 le revenu national brut par habitant est de 210 dollars US.
( http://www.chronicpoverty.org/pubfiles/IED_Pauvrete_Burkinafaso_rfs.pdf )

Selon le Canada, la population du Burkina Faso se débrouille bien, il n'y a qu'à voir son président.

Il y a aussi le Bénin qui est maintenant exclu de «l'aide» de l'ACDI.
Encore un pays ayant les mêmes caractéristiques, c'est-à-dire, un territoire où l'on peut exploiter les ressources sans contraintes.
Le Président Thomas Yayi Boni déclare vouloir agir sur le développement du secteur privé (« faire du Bénin le Hong-Kong de l'Afrique »), alors...


Les «agences d'aide (sic) internationale» sont de plus en plus des agences d'ingérence internationale.

L'aide internationale est un leurre. Il n'y a pas d'aide, il y a de l'ingérence et de l'investissement dans le but non pas d'aider mais bien de profiter.

La pauvreté chronique et croissante en est la preuve absolue.

Serge Charbonneau
Québec

2009.01.31

"tirer le meilleur parti de chaque dollar"...

L'Afrique en classe affaires pour les cadres de l'ACDI

La présidente de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et deux cadres supérieurs ont dépensé près de 40 000 $, juste en billets d'avion, pour assister à une conférence sur l'efficacité de l'aide à l'Afrique de l'Ouest.

Selon un communiqué de presse, les participants à ce forum international, qui avait lieu à Accra, au Ghana, ont discuté de la façon de tirer le meilleur parti de chaque dollar d'aide financière. Mais un examen des dossiers déposés par l'ACDI concernant les frais de déplacement et d'hébergement révèle que des membres haut placés du personnel préfèrent voyager en classe affaires, à des prix plusieurs fois plus élevés que les tarifs des vols en classe économique.

Les vols en première classe sont la norme en vertu des directives du Conseil du trésor pour les voyages de neuf heu-res ou plus.

Mais les dépenses fédérales seront scrutées à la loupe, alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper s'apprête à annoncer dans son budget, demain, l'adoption d'un ensemble de mesures de lutte contre la récession économique, qui entraînera un déficit totalisant 64 milliards en deux ans.

Le billet d'avion de la présidente, Margaret Biggs, pour la rencontre de septembre dernier au Ghana a coûté 13 856,46 $. Son hébergement a coûté 1750,92 $. D'après les dossiers, Mme Biggs est restée au Ghana du 28 août au 5 septembre pour une rencontre se tenant du 2 au 4 septembre. Elle a également visité des projets sur le terrain, selon un courriel de la porte-parole de l'ACDI, Jo-Ann Purcell.

Tous les voyages d'employés de l'ACDI respectent les normes du Conseil du trésor pour les vols de longue durée, a dit Mme Purcell. Le voyage de la présidente était de 21 heures pour l'aller seulement.

Des recherches sur Internet indiquent que le même vol, en classe économie, coûte environ 1400 $ (aller-retour), y compris les taxes et autres frais.

Les billets d'avion de Stephen Wallace, qui a présidé la conférence, et de Christine Hogan, ont coûté respectivement 10 496,26 $ et 15 117,69 $.

Kevin Gaudet, de la Fédération canadienne des contribuables, a qualifié les vols en classe affaires de «dépense ridicule».

2009.01.26

Le système Canadien

Une trentaine d'experts juristes et politologues signent un texte extrêmement pertinent dans le Devoir d'aujourd'hui: Le parlement est roi!

... une très grande proportion des Québécois et autres Canadiens connaissent mal les règles de notre démocratie constitutionnelle. [...] 70 % des Québécois croient erronément que les citoyens élisent directement le premier ministre. Nous avons donc cru qu'il serait utile de clarifier pour le public les règles régissant le choix des membres du gouvernement dans notre système politique actuel.

Le premier ministre n'est pas élu directement. La gouverneure générale, à la suite d'élections, demandera normalement au chef du parti ayant obtenu une majorité de sièges à la Chambre des communes de devenir premier ministre. Par la suite, le premier ministre choisira habituellement les membres de son cabinet (les ministres) parmi les députés de son parti. En vertu du principe de gouvernement responsable, le premier ministre et son cabinet ne peuvent gouverner légitimement sans jouir en tout temps de la «confiance» (l'appui d'une majorité des députés) de la Chambre des communes. Puisque notre Constitution ne prévoit pas l'élection directe du premier ministre et de son cabinet, ceux-ci doivent en tout temps pouvoir s'appuyer sur une majorité des députés élus à la Chambre des communes. Dans notre système parlementaire, c'est précisément cet appui qui donne au gouvernement sa légitimité démocratique; sans cet appui, le gouvernement n'en a aucune puisque lui-même n'est pas élu.

Lorsqu'aucun parti ne réussit à faire élire une majorité de députés à la suite d'une élection générale, la gouverneure générale devra alors nommer au poste de premier ministre un député capable d'attirer suffisamment d'appuis pour obtenir et maintenir la confiance de la Chambre des communes pour une période raisonnable de temps. [...]

Dans une situation de minorité, le gouvernement ne peut pas prétendre avoir «gagné» le droit de gouverner. Au mieux, le premier ministre peut prétendre avoir le droit d'essayer de maintenir la confiance de la Chambre.

Quand un gouvernement minoritaire perd la confiance de la Chambre, la gouverneure générale n'est plus liée par les avis et conseils du premier ministre. La gouverneure générale doit alors exercer ses «prérogatives personnelles». Elle peut dissoudre le Parlement et ainsi déclencher de nouvelles élections ou, si des élections ont eu lieu relativement récemment (les avis varient entre six et neuf mois), elle peut inviter le chef d'un autre parti à tenter de former un gouvernement qui saura jouir de la confiance de la Chambre des communes. Il en va de même dans l'hypothèse où le premier ministre d'un gouvernement minoritaire demanderait la dissolution du Parlement peu de temps après des élections générales. [...]

Ces règles visent en particulier à éviter que des gouvernements minoritaires ne nous plongent dans des élections répétitives jusqu'à ce qu'un parti obtienne une majorité des sièges au Parlement. [...]

Lorsque la gouverneure générale exerce ses prérogatives personnelles et décide si elle dissoudra le Parlement ou si elle invitera un ou plusieurs partis à former un nouveau gouvernement, elle doit agir de manière quasi judiciaire, dans l'impartialité la plus totale. Dans de telles circonstances, elle doit être guidée par son devoir de protéger la Constitution et, en particulier, les principes de démocratie et de gouvernement responsable.

Nous sommes d'avis que s'il y avait un vote de censure ou si une demande de dissolution du Parlement était présentée au terme d'une session parlementaire n'ayant duré que quelque 13 jours, il serait judicieux pour la gouverneure générale d'inviter les partis d'opposition à tenter de former un gouvernement.