Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2011.12.14

beau message

"Et si nous pensions autrement ...."

Dylan Ratigan pète sa coche

2011.12.03

Intimidation à l'école: symptôme d'une société violente

La tragédie survenue à cause de l'intimidation chez les jeunes n'est que la pointe de l'iceberg de la tragédie beaucoup plus grande dans laquelle est plongée l'humanité. On parle des jeunes un peu comme si ils formaient une société à part, comme si c'était des animaux au zoo qu'il suffisait de surveiller. Or, il font réellement partie de notre société: est-il nécessaire de rappeller que chacun de nous, adultes, avons passé par là? Comme d'innombrables personnes de ma génération, je me suis fait écoeurer à l'école par des abrutis qui se mettent en groupe pour attaquer un individu. Ces "bullies" qui cherchent à se valoriser en descendant les autres, que deviennent-ils? Ils continuent leur petit bonhomme de chemin, certains évoluent et changent éventuellement d'attitude, d'autres non. Adulte, j'ai aussi vécu les insultes en groupe en milieu de travail. Jusqu'alors, je ne croyais pas que cette attitude dégénérée pouvait survivre à l'âge adulte mais il semblerait bien que oui. D'ailleurs, il suffit d'écouter certaines radios "d'opinion" pour constater que profaner des insultes à qui mieux mieux, rabaisser les autres et faire de la démagogie continue d'épater la gallerie. Qu'il s'agissent de baveux du secondaire, de radio poubelle, ou de méchanceté sur les médias sociaux, la violence envers les uns pour valoriser les autres n'a pas d'âge, et elle est encouragée par la complicité silencieuse de ceux qui se laissent divertir, passifs, par ces spectacles.

La violence se manifestant par l'inimidation à l'école n'est que le symptôme d'un mode d'action qui paraît profondément encré dans beaucoup d'invididus. Dans ce monde où le but de la vie est devenu d'accumuler plus de richesses que le voisin, on se fait constamment violence, au nom de la liberté et de son confort personnel. Regardez les mesquineries que se font entre eux nos politiciens, ces dirigeants sensés nous représenter, dans le seul but de gagner le pouvoir. Remarquez comment notre gouvernement répond à la violence par la violence, en voulant durcir les peines, construire plus de prisons et grossir l'armée. On fait violence aux autres peuples de ce monde avec notre système économique injuste qui laisse la moitié des humains dans la misère pendant que l'autre se vautre dans le luxe. On fait violence aux générations futures en dilapidant les ressources limitées, pour du superflu à court terme. On se fait violence à nous-mêmes en adoptant des modes de vies malsains qui nous font mourrir à petit feu, par l'obésité, le diabète, les maladies du coeur et le cancer du poumon. On se fait violence en détruisant le milieu de vie que nous partageons avec 7 milliards d'êtres humains et 6 milliards d'autres espèces d'êtres vivants, à qui nous ne laissons aucune chance. Les uns méprisent la dignité humaine et la vie sur terre. Les autres contemplent dans l'indifférrence totale. Et ceux qui essaient de changer les choses se font taxer de bien-pensants qui veulent contrôler les autres, et s'attirent davantage de mépris.

Voilà la société dans laquelle on vit: une société égoïste, violente, qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez et qui ne veut pas changer. À quoi bon dire à nos enfants de respecter les autres, et les punir quand ils ne le font pas, quand collectivement nous nous comportons comme des inconscients? Les jeunes absorbent les valeurs que portent leurs parents, pas celles qu'on leur dit d'adopter. Monkey see, monkey do! Au lieu de dire aux enfants quoi ne pas faire, pourquoi ne pas leur montrer ce qu'on peut faire? Il est dans le devoir de chacun de prêcher par l'exemple en adoptant une attitude juste et en faisant sa part, dans ses choix de tous les jours et dans son mode de vie. Pour que les jeunes veulent participer à une société meilleure, il faut leur montrer qu'elle est possible, et pour ça, il faut que les adultes commencent à se comporter, eux-mêmes, décemment.

EDIT:

Brillante lettre de Nestor Turcotte dans Le Devoir:

Lettres - L'intimidation généralisée Nestor Turcotte - Matane, le 30 novembre 2011 2 décembre 2011 Actualités en société Le timide souffre d'un manque d'assurance dans ses rapports avec les autres. Le timide est souvent gauche, embarrassé, indécis, incapable de s'imposer. Le timide est souvent victime de manoeuvres, de gestes, de paroles, de pressions, de menaces visant à l'enfermer davantage dans sa coquille. Il n'ose plus; il se referme sur lui-même; il se forge une carapace jusqu'au jour où, démuni, désarmé, brisé psychologiquement, il décide de sortir de sa cage et de chercher dans la mort la solution à son problème. À l'école, certains jeunes prennent souvent un plaisir diabolique à écraser, à détruire, à humilier celui qui est déjà à terre. Ils le piétinent, l'affublent de tous les mots, le provoquent, l'intimident, surtout lors des moments de récréation. Ils utilisent un langage vulgaire, destructeur, démoralisateur, et leur mépris, leur sourire narquois, leurs gestes répétitifs ne font que masquer leur immaturité, leur soif de dominer, d'écraser, de détruire, de faire c... le plus faible, le plus incapable de se défendre. Alors, le timide se glisse entre les groupes, s'isole, arrive à s'esquiver jusqu'au moment où, fatigué, déboussolé, il se fait à nouveau harceler par un autre groupe qui reproduit le même scénario. Il se décourage et ne sait plus trop quelle direction prendre. Le timide est souvent marqué par un tic, une allure hors du commun, des antécédents sociaux et familiaux. Il ne s'intègre pas: tout le monde cherche à le désintégrer. Que faut-il faire? L'éducateur et les parents doivent dépister rapidement l'enfant timide. Les jeunes qui le côtoient doivent savoir que le plus faible dans un groupe n'a que faire de la moquerie, de l'intimidation, de la domination effrénée de la gang. L'éducateur et l'enseignant ont comme mission d'être le berger de l'être affaibli, désarçonné, incapable de se défendre lui-même. Ils ne doivent jamais abdiquer devant leur mission, celle qui doit amener le jeune à s'épanouir et à se forger une personnalité équilibrée. En regardant les nouvelles le soir, à la télé, j'ai l'impression que l'intimidation se pratique à un très haut niveau. Pas étonnant que, dans la cour d'école, certains jeunes transposent avec éclat ce qu'ils aperçoivent dans le monde adulte. Dois-je vous dire que ce type de société me désole, me fait honte et me porte à m'interroger sur notre degré de civilité? *** Nestor Turcotte - Matane, le 30 novembre 2011

2011.07.26

Anders Breivik "pas plus fou qu'il est coupable"

Anders Breivik ne va jamais plaider qu'il est fou. Il veut prouver son point, qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il a juste abattu des animaux marxistes, qu'il ne considère pas comme des personnes. Dans sa cosmologie il n'a donc pas commis de crime, et c'est pourquoi il a plaidé non coupable. S'il disait qu'il est fou pour se sauver quelques années de prison, il aurait fait tout ça pour rien. Il est résigné à faire comme son héros Adolf en prison, il va écrire des livres et préparer la phase 3 de sa révolution des néotempliers. Il a déjà fait un malheur, c'est le mot, avec son manifeste du guerrier purificateur en croisade pour quelconque révolution nationaliste droitoconservatrice. Ses mèmes se répendent maintenant à travers l'internet comme tant d'autres atrocités intellectuelles. Il aura amplement l'opportunité de continuer son travail puisqu'en Norvège il n'y a ni prison à vie, ni peine de mort...

2011.01.13

l'écophobie expliquée

Voir mon ancien post sur l'écophobie

Être responsable est un besoin de la nature humaine parce que cet état nous permet d'être sujets de plein droit et de nous actualiser comme être humains. Le fait que nous nous sachions responsables de nos actes joue un rôle fondamental dans notre fonctionnement psychique en venant renforcer ou affaiblir notre image de nous-mêmes, c'est-à-dire notre ego. Notre ego a besoin de responsabilité pour s'affirmer, c'est  pourquoi son réflexe sera de la rejetter si elle vient l'humilier de quelque manière que ce soit.
Ne pas consentir à ses obligations équivaut à ne pas consentir à la loi de la gravité. Nous serions alors condamnés à l'échec dans toutes nos tentatives de fonder une culture proprement humaine, comme dans celle de nous libérer de l'attraction terrestre. Notre époque n'aime pas beaucoup le mot "obligation". On lui donne très souvent une connotation péjorative. Il évoque, à notre esprit, la contrainte, alors que toute notre civilisation exalte la liberté, une liberté où le relativisme des valeurs personnelles fait obstacle au consensus social et à toute direction collective.

 

 

Tiré du podcast:

Par 4 chemins - La nature et la vie 2010.12.11

Responsabilité, liberté et création du monde : Réflexions pour une éthique contemporaine. Christian Lamontagne. Éd. Liber « Ce livre s'interroge sur ce que signifie être responsable. Non pas de manière abstraite, mais sous l'angle du rapport intime que chacun de nous entretient avec les autres et avec le monde. C'est une sorte de méditation où toute expérience, toute situation et tout phénomène sont considérés sous l'angle de la responsabilité. »

 

2011.01.06

TED: Barry Schwartz on practical wisdom

14:28 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ted, sagesse | |  Facebook

2010.06.19

The Permaculture Way

Un livre qui vaut vraiment la peine d'être lu: The Permaculture Way de Graham Bell.

Au Canada on peut l'acheter pour 25$ de Chelsea Green publishing, en Europe pour 15£ sur Permanent publications.

L'intro dans le livre:

Ce livre est à propos de prendre le contrôle de sa vie. C'est aussi à propos de créer de la richesse sans dommage environnemental, en utilisant une approche systématique appelée Permaculture.

La permaculture est une façon d'organiser sa vie pour qu'elle soit heureuse et abondante. On peut combler ses propres besoin sans rendre la vie de quelqu'un d'autre moins plaisante. Les habitats humains peuvent être rendus hautement productifs avec beaucoup moins de travail que ce qui est pris pour les rendre destrictifs dans les systèmes actuels. En prenant des décisions conscientes et en designant nos vies, on peut bien gérer nos ressources, et réduire la gaspillage.

2009.11.03

L'évolution de la compassion par Robert Wright

Robert Wright utilise la biologie évolutionniste et la théorie des jeux pour démontrer comment l'altruisme est  inhérent à la nature humaine et pourquoi nous l'ignorons souvent.

Selon Robert Wright, la compassion est génétiquement programmée, et est apparue longtemps avant les humains. La compassion, l'amour et la sympathie se son inscrite dans les gènes par le principe de "kin selection" (sélection de parentèle selon wikipedia). Si un animal ressent de la compassion pour un pair, et que cette compassion permet à l'animal d'aider l'autre, la compassion permet aux gènes de souligner la compassion. La compassion devient donc un moyen par lequel le gène s'aide lui-même. (La capacité d'entraîne devient un avantage évolutif).
La bonne nouvelle est donc que la compassion est naturelle, la mauvaise: elle est seulement ressentie naturellement pour la famille de l'individu.
Au-delà, la compassion peut inciter à aider les autres surtout dans la mesure où la faveur peut être retournée. Un altruisme réciproque, en quelque sorte.
L'idée qu'une bonne action mérite une récompense et qu'une mauvaise mérite une punition est fortement encrée intuitivement, puisqu'elle est présente dans toutes les cultures de la terre, même celles qui ne sont pas exposées à aucune religion.
La règle d'or, traite autrui comme tu veux être traité, serait présente intuitivement chez l'humain.
Nous avons la capacité de punir sévèrement les autres en rationnalisant avec l'idée que c'est mérité. On est capable de faire des choses terribles aux autres en les considérant dans une catégorie à part, de personne inférieure ou qui mérite le malheur.

Il y a énormément de situations où les individus ont intérêt à coopérer. Si les gens n'y arrivent pas, c'est parce que l'altruisme, qui nous permet de se mettre à la place des autres, est appliqué sélectivement. Pourtant, s'efforcer de comprendre les autres aide évidemment à dealer avec.

Je tourne les coins ronds, ça vaut vraiment la peine de regarder la présentation, qui est un peu technique mais fascinante.

2009.01.31

Épicure et la complexité volontaire

l'amusant Devoir de philo d'aujourd'hui écrit par Normand François:

«Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien», dit Épicure

Nous sommes depuis un bout de temps dans l'univers-magasin, dans cette incessante parade des objets et des moi-objets. (...) L'idée n'est pas de posséder tout ce qui est disponible, mais, comme Épicure l'écrit, il suffit d'avoir peu pour avoir tout: «Ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid; celui qui dispose de cela, et a l'espoir d'en disposer à l'avenir, peut lutter comme il arrive, et coulera des jours heureux.»
Simplicité épicurienne. Quelle complexité dans l'application, en revanche. (...)
Il suffit de se promener dans un de ces horribles centres commerciaux géants pour se rendre compte que tout le monde recherche du plaisir mais que personne ne voit que la plupart des plaisirs sont une fuite, une perte de temps, une aliénation digne des grandes répressions spirituelles; le plaisir n'est qu'une supercherie de plus dans cet univers de consommation. Pourquoi? Parce que «certains plaisirs apportent plus de peine que de jouissance.» C'est là qu'il faut du discernement. (...)
Que les humains consomment comme des tarés, je le vois. Qu'ils consomment tellement qu'ils n'arrivent plus à jouir me semble évident. Qu'ils ne jouissent même plus à consommer car la consommation prend tout le temps est assez facile à démontrer. Nous serions donc en présence, par ces quelques remarques, d'un antihédonisme. Nous ne sommes plus capables de jouir car nous consommons avec outrance, et nous le faisons sans délicatesse, sans discernement, sans raffinement. Ce geste est absolument antiépicurien, antihédoniste. Alors que ces philosophes et ces sociologues qui nous accablent de leur bêtise en disant que nous sommes à l'ère d'une société hédoniste aillent voir dehors un peu.
On peut se poser la question suivante: qu'est-ce qu'un hédoniste épicurien? C'est avant tout quelqu'un qui pense que «le dernier degré de bonheur est l'absence de tout mal.» Le plaisir n'est pas défini par l'acquisition d'un bien quelconque mais par l'absence d'un mal, d'une douleur, d'un trouble. C'est la fameuse ataraxie: avoir l'âme en paix et un corps qui ne souffre pas. Et si nous finissons par désirer quelque chose, «il faut se poser cette question: quel avantage en résultera-t-il si je ne le satisfais pas?» Est-ce à dire que nous ne devons plus désirer et prendre plaisir? Non, mais «parmi les désirs, les uns sont naturels et nécessaires, les autres naturels et non nécessaires, et les autres ni naturels ni nécessaires, mais l'effet d'opinions creuses.» Et Dieu sait que nous vivons une période creuse.
Le consommateur est pris dans les filets d'une mécanique très simple et très rudimentaire: la mécanique pavlovienne. L'humain reçoit des stimuli, il répond par un geste. La pub lui montre des objets et l'humain achète par réflexe. Parce qu'on lui dit que c'est bon, il achète. C'est justement là que le pouvoir de l'image est impressionnant. Beaucoup plus un réflexe qu'un désir, la consommation est une manipulation de l'image envers les individus. La mécanique de l'image, voilà le roman à écrire. La consommation, comme nouvelle servitude volontaire, se définit par un aveuglement, une mécanique qui fonctionne toute seule; c'est une tentation d'en finir avec le désir, avec la littérature et la philosophie. C'est le nous qui veut consommer le je.
Cet humain du XXIe siècle n'est pas différent de celui de la fin du XXe. Il a besoin du concours de la pub (et non d'autrui) pour lui dire ce dont il a besoin. On se souvient que Kant voulait que l'humain devienne autonome. C'était aussi le but des penseurs du siècle des Lumières. Que l'humain n'ait plus besoin de son curé pour savoir quoi croire, qu'il n'ait plus besoin de son médecin pour savoir quoi manger, qu'il n'ait plus besoin de son comptable pour savoir quoi dépenser, bref que l'humain devienne autonome. Nous en sommes encore loin. (...)
Ce spectacle de consommation effrénée nous mène directement vers la seule porte de sortie: la dépression. (...)
Nous ne consommons plus pour acquérir certains biens pour nous rendre heureux, nous consommons parce que nous ne savons pas ce qui nous rendrait heureux. La consommation n'est plus un moyen d'arriver au bonheur, elle devient elle-même le bonheur. (...)
Comme l'a dit le philosophe universellement connu Anonyme: «Le bonheur ne se consomme pas, il se fabrique.» Et la fabrication du bonheur ne va pas sans son côté hédoniste. Qui pense, jouit bien.

Heureusement, il reste certains humains qui peuvent vivre par et dans les plaisirs, les joies, le bonheur. Comme le dit Épicure, «il ne faut pas tant regarder ce que l'on mange que celui avec lequel on mange.» Heureusement, il reste des personnes non consommées qui regardent la vie d'en haut en faisant un constat amiable d'un accident assez fatal. Tant qu'il restera de la place pour la jouissance (qui passe par un minimum de consommation, tout de même, des plaisirs nécessaires et naturels, non nécessaires et naturels, trouvez lesquels), il y aura de la place pour des réfractaires, des souches de résistance à la mondialisation de la dépression que procure une mauvaise gestion de ses propres désirs.