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2010.12.02

300 years of fossil fuels

2010.06.19

The Permaculture Way

Un livre qui vaut vraiment la peine d'être lu: The Permaculture Way de Graham Bell.

Au Canada on peut l'acheter pour 25$ de Chelsea Green publishing, en Europe pour 15£ sur Permanent publications.

L'intro dans le livre:

Ce livre est à propos de prendre le contrôle de sa vie. C'est aussi à propos de créer de la richesse sans dommage environnemental, en utilisant une approche systématique appelée Permaculture.

La permaculture est une façon d'organiser sa vie pour qu'elle soit heureuse et abondante. On peut combler ses propres besoin sans rendre la vie de quelqu'un d'autre moins plaisante. Les habitats humains peuvent être rendus hautement productifs avec beaucoup moins de travail que ce qui est pris pour les rendre destrictifs dans les systèmes actuels. En prenant des décisions conscientes et en designant nos vies, on peut bien gérer nos ressources, et réduire la gaspillage.

2010.02.22

Modulation des frais de scolarité

François Blais - Professeur au département de science politique de l'Université Laval 22 février 2010 (Le Devoir)


Les universités québécoises traversent en ce moment une période difficile sur le plan budgétaire, et de multiples propositions se font entendre pour leur venir en aide. Une d'entre elles, défendue entre autres par le président du Conseil du patronat, des économistes en vue et certains dirigeants d'universités, est de leur permettre de moduler leurs droits de scolarité pour augmenter leurs revenus.

Cette modulation, théoriquement, pourrait se faire sur la base de différents critères (durée des études, revenu personnel ou revenu des parents, résultats scolaires, etc.). Ce que l'on défend davantage pour le moment est une modulation qui tiendrait compte soit des coûts réels de la formation (la contribution de l'étudiant devrait être proportionnelle à ce que son programme coûte), soit du revenu sur le marché du travail une fois la formation achevée (revenu prévu). Ces deux idées peuvent bien être séduisantes, elles reposent toutefois soit sur une simplification de la réalité, soit sur l'incapacité de plus en plus courante de comprendre l'enjeu d'un système d'éducation universitaire accessible.

L'argument de l'accessibilité aux études postsecondaires est probablement le plus simple à expliquer. L'éducation demeurant un puissant vecteur d'égalité, il importe d'examiner les options offertes aux plus défavorisés de la société. Sur ce point, les deux formes de modulation proposées plus haut échouent au test sur toute la ligne. L'expérience montre que la modulation des droits de scolarité dans des programmes comme le droit, la médecine ou l'administration a un impact direct sur le taux de participation des étudiants provenant de milieux défavorisés (les plus favorisés, au contraire, adorent et ils en redemandent!)

En fait, ils disparaissent de la carte, et assez rapidement. Une modulation équivalente du système des prêts et bourses ne change rien à ce constat. Notre système de prêts et bourses, comme tous les systèmes exigeant un contrôle préalable des ressources, demeure un obstacle administratif pour les jeunes des milieux défavorisés. Le bonifier pour certains domaines d'études ne contribue pas à changer la préoccupation de l'endettement des jeunes de milieux défavorisés qui n'ont pas autour d'eux de modèles d'universitaires accomplis, comme c'est le cas des fils et filles à papa.

N'est-il pas injuste, se demande-t-on en outre, d'avoir une politique de tarification identique alors que, dans les faits, il existe des disparités énormes entre les coûts de formation d'un sociologue et d'un médecin, sans parler des revenus que l'un et l'autre peuvent attendre un jour de leur formation? Pas vraiment. Notre système fiscal permet de récupérer les investissements en matière d'éducation, mais aussi toutes les autres formes de «dons privés» ou «d'investissement social», volontaires ou non, dont tirent profit nos concitoyens tout au long de leur existence. Il le fait de plus en respectant leur choix de vie et leur liberté personnelle de vouloir s'enrichir ou non.

Il n'est pas vrai que tous les médecins et les avocats seront riches un jour. Il existe encore aujourd'hui parmi ces professionnels des individus qui ont d'autres valeurs que l'enrichissement personnel et qui choisiront, par exemple, d'être avocat pour une organisation sans but lucratif, de travailler pour le contentieux d'un ministère ou encore d'être un médecin rattaché à un programme de santé publique. Il est hasardeux de préjuger à l'avance des revenus futurs des diplômés.

Cela nourrit bêtement l'élitisme de certaines professions et crée une pression supplémentaire sur les salaires puisque des finissants plus endettés qu'aujourd'hui à la fin de leurs études rechercheront inévitablement un meilleur retour sur leur investissement. S'il y a une chose dont nous pouvons socialement nous passer, c'est d'une accessibilité à des services de santé ou des services juridiques encore plus restreinte qu'aujourd'hui, et ce, à cause de l'insatiabilité grandissante des professionnels qui y oeuvrent!

De plus, les formations les plus coûteuses se situent généralement dans le domaine des sciences, du génie et des sciences de la santé, où l'on manque d'étudiants. Faire payer une proportion plus grande aux étudiants dans ces domaines nous causerait collectivement plus d'ennuis que d'avantages. Cela est d'autant plus vrai qu'il est plutôt incertain que l'État reconduira en totalité sa contribution aux universités dans les circonstances où il leur permet de toucher de nouveaux revenus.

La force de l'argumentation en faveur de la modulation des doits de scolarité vient à mon avis de simplifications dans les exemples utilisés (toujours les mêmes) et du désir de certaines universités de pouvoir vendre sur leur marché respectif certains programmes plus lucratifs ou même carrément élitistes. C'est le cas de l'Université McGill qui aimerait, facturer 30 000 $ pour son MBA. Cela a très peu à voir avec l'enjeu de la qualité de la formation. Un MBA est une formation qui coûte relativement peu cher à offrir, mais pour laquelle il existe un marché de positionnement important surtout quand, paradoxalement, le prix est élevé. Ce que McGill recherche en ce moment, c'est la possibilité d'offrir un produit sur de nouveaux marchés afin d'améliorer son positionnement international puisque toutes les grandes universités du monde offrent en ce moment des produits de luxe du genre.

Il existe une lecture tout individualiste de l'éducation qui conduit à la considérer comme un bien individuel, un service que le citoyen devrait pouvoir payer en bonne partie puisqu'il en est le premier bénéficiaire. Je ne rejette pas cette interprétation économique des choses, mais encore faut-il la subordonner à une vision plus large: ce bien qu'est l'éducation, nous devons aussi nous assurer qu'il soit le mieux réparti possible et je ne vois aucunement comment la modulation des droits de scolarité pourrait être plus efficace que le système actuel pour rendre ce bien encore plus accessible, notamment pour ceux et celles, et ils sont encore très nombreux, qui restent encore aujourd'hui à l'écart de notre système d'éducation universitaire.

S'il faut absolument augmenter les droits des universités québécoises, il existe des façons de le faire plus simples et plus équitables pour l'ensemble des universités que la modulation par programme.

***

François Blais - Professeur au département de science politique de l'Université Laval

2010.02.19

Lavage vert?

Quand l'environnement est au service du marketing...

Article écrit pour le magazine Bio-Bullesevens-sins-of-greenwashing.gif

Il fut un temps où seules des entreprises marginales fabriquaient des produits « écolos » distribués dans des réseaux spécialisés. Mais maintenant que la préoccupation environnementale cogne aux portes des masses, des produits se vantant d'être écologiques colonisent les tablettes des grandes surfaces. Certains sont des descendants des produits véritablement alternatifs. Certains sont légèrement moins pire que les produits « conventionnels » contre lesquels ils se positionnent en alternative. D'autres sont carrément les mêmes produits, mais avec l'étiquetage vert. Coup d'œil sur la récupération fallacieuse de l'environnement...

L'écomarketing

Greenwashing, écoblanchiment, mascarade écologique, verdissement d'image, désinformation verte... Différentes expressions sont nées pour faire référence à ce phénomène qui a pris une ampleur épatante dans les dernières années. Cette pratique aux méthodes douteuse consiste pour une entreprise (ou un parti politique!) à jouer la carte environnementale pour mousser son image auprès des consommateurs, et leur faire croire qu'un produit (ou l'organisation elle-même) est plus « vert » qu'il ne l'est en réalité. On exagère des prétentions, on déforme les faits, on manipule l'information et le consommateur n'y voit que du feu. L'écoblanchiment, c'est quand une entreprise ou un produit réussit à se donner une image verte, respectueuse de l'environnement, qui n'est que de la poudre aux yeux. Certains définissent l'écoblanchiment de façon plus précise comme étant quand une entreprise investit davantage dans le marketing de son image verte que dans de véritables actions favorisant l'environnement. De façon générale, le greenwashing est quand la publicité insiste sur des vertus écologiques qui ne sont pas réellement en lien avec la réalité.
Du point de vue du marketing, le vert peut être un critère qui joue sur le risque perçu par rapport à l'achat d'un produit. Le consommateur évalue le risque physique qui découle de l'achat du produit, par exemple au niveau de dommages à l'environnement ou nuisance pour sa santé. Puis il y a le risque psychosocial: l'estime de soi du consommateur, qui doit rester intègre si la protection de l'environnement fait partie de ses valeurs, et son image, si le consommateur veut éviter de passer pour quelqu'un qui néglige l'environnement. Quelqu'un qui se préoccupe des conséquences réelles de sa consommation sur sa santé et l'environnement se questionnera davantage à savoir si les produits qu'il achète sont réellement plus inoffensifs, tandis que pour quelqu'un qui le fait pour son image ou sa bonne conscience, les prétentions d'un produit risquent d'être suffisantes. Dans cette optique, l'écomarketing joue un rôle de rassureur: il déculpabilise le consommateur afin de la faire passer plus rapidement en consonance cognitive, état indispensable à la décision d'achat.
Ainsi, pour aller chercher une partie du segment de marché de consommateurs pour qui l'environnement est un critère, un produit n'a pas besoin d'être vert, il a seulement besoin d'en avoir l'air! L'écologique est une clef identitaire qui permet, quand les marque concurrentes n'y ont pas déjà recours, de se démarquer. Pour le consommateur qui est un peu sensible à l'impact environnemental de ses choix, le choix entre deux produits de marque prestigieuse à prix similaire peut pencher facilement sur celui qui a, à premier vue, une empreinte écologique plus modeste. L'entreprise peut utiliser l'image verte pour aller chercher un segment de marché supplémentaire.

Les tromperies rencontrées

La firme de marketing environnemental TerraChoice a étudié les prétentions environnementales de produits de grandes marques destinés à la distribution de masse. L'objectif était de décrire, comprendre et quantifier la croissance de l'écoblanchiment. Le premier rapport, en 2007, a relevé six patterns ou formes de prétentions, qui sont confondantes, impertinentes ou carrément mensongères, et les a identifiés comme les six péchés de l'écoblanchiment1. 98% des produits examinés ont été trouvés coupables de l'une ou l'autre de ces formes de tromperie. Cette étude a donné suite à un deuxième en 2009, qui a analysé encore plus de produits (2219 au total), dégagé des nouvelles tendances et identifié un septième péché, celui de l'étiquette mensongère. TerraChoice donne une mise en garde à propos des produits de nettoyage, l'une des trois catégories où les prétentions vertes sont les plus répandues.

Des sept types de tromperies écologiques, trois sont particulièrement importantes et concernent 80% des prétentions trompeuses. La première en importance dans les produits d'entretien est l'imprécision, trouvée dans 31% des cas. Ce « péché » est commis quand une prétention est vague, mal définie, ou peut prêter le consommateur à mauvaise interprétation. Il peut s'agir par exemple d'un produit qui porte la mention « naturel » ou « vert ». Plus subtilement, des produits déclarent être « fait avec des ressources renouvelables », ou « fait avec des huiles essentielles à 100% ». Quelle proportion des matériaux du produit sont de sources renouvelables? Est-ce que ça inclut l'énergie de la fabrication? Le produit contient peut-être des huiles qui sont essentielles à 100% mais l'essentiel du produit repose sur la même recette synthétique.

Le compromis caché représente 23% des péchés de mascarade écologique débusqués par la firme de marketing environnemental. Cela fait référence à une prétention écologique d'un produit, basée sur un critères ou quelques critères peu significatifs qui, même si ils sont vrais, font oublier le bilan global du produit. Par exemple, un détersif peut se vanter d'être concentré (« une plus petite quantité suffit! ») et sans parfum, alors qu'il contient du chlore ou des phosphates et que son contenant n'est pas fait de matière recyclée ni recyclable. Ce n’est pas parce qu’un produit est biodégradable qu’il est «écologique», puisqu’il peut quand même être toxique et nocif durant le processus de dégradation. 

Une autre faute souvent commise dans l'écomarketing est l'absence de preuve (23% des tromperies). Beaucoup de prétentions ne sont pas soutenues par une tierce partie certificatrice et ne peuvent être vérifiées. Beaucoup de produits nettoyants se vantent d'être biodégradables. Certains spécifient que la biodégradabilité a été vérifiée par le test OCDE 301D, mais beaucoup n'indiquent rien pour appuyer leur déclaration.
Des caractéristiques intrinsèques d'un produit peuvent être mises en évidence comme prétexte pour qualifier le produit d'écologique. Par exemple, un savon peut se targuer d'être sans phosphate alors qu'il est pourtant identique aux autres, puisque tous les savons à vaisselle sont sans phosphates. TerraChoice qualifie cette tromperie de non-pertinence. Une perle d'impertinence: cette publicité française d'un détachant « écologique » qui se vante d'être « conditionné dans un emballage recyclable, garanti sans phtalate, sans enzyme, ni colorant, respecte la quantité d'allergène fixée par le Règlement Européen2 ». Sans plomb et sans OGM, avec ça?

La prise en charge tarde à venir...

En un sens, la prolifération des produits aux allégations écologiques peut être vu comme un signe que les industries reconnaissent l'existence de la demande pour des produits plus écologiques. Ça devient problématique quand, au lieu de réduire leur empreinte écologique, les entreprises se contentent de verdir leur image. Sans nécessairement détenir les produits parfaits, il est possible pour les fabricants de produits de fournir davantage de preuves scientifiques, et manifester davantage d'honnêteté et de transparence, au lieu de peindre leurs produits en vert en espérant que les consommateurs n'y voient que du feu.
Le Bureau des normes canadiennes de la publicité recevrait de plus en plus de plaintes à propos d'allégations environnementales. Curieusement, les plaintes proviennent davantage d'entreprises concurrentes que de consommateurs! Comme quoi la surveillance entre concurrent pourrait avoir un effet de modération. À mesure que le phénomène de greenwashing est de plus en plus reconnu, et des coupables justement discrédités, les entreprises se montreront plus prudentes dans les prétentions environnementales et, espérons le, plus sérieuses dans leurs efforts de développement durable. Dans son rapport de 2009, TerraChoice a conclu que « l'éco-étiquettage honnête augmente », étant deux fois plus répandu qu'au moment de la première étude deux ans plus tôt.

En 2008, l'Association canadienne de la normalisation, en association avec le Bureau canadien de la concurrence, a publié le Guide des déclarations environnementales pour l'industrie et les publicitaires3. Le document assez complet d'une soixantaine de pages fait des recommandations quant aux allégations relatives à l'environnement. Cependant, ce ne sont que des recommandations et non des règles, le document n'ayant pas force de loi. Comme pour beaucoup de questions environnementales, il semblerait que le gouvernement a une approche plutôt volontariste!

Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a développé un guide semblable destiné aux publicitaires pour que leurs prétentions ne trompent pas les consommateurs. Tout comme au Canada, il n'y a que des recommandations et il ne semble pas y avoir de règlementation spécifique aux allégations écologiques. En France, l'Autorité de régulation Professionnelle de la Publicité s'est fixé des règles déontologiques encadrant l'utilisation d'arguments écologiques dans sa « Charte pour une publicité éco-responsable4 ». Le nombre de pubs abusives serait à la baisse depuis, mais il n'y a toujours pas de sanctions pour les contrevenants, ce que plusieurs déplorent. Le Conseil Paritaire de la Publicité fait pression auprès de l'ARPP pour le renforcement des principes de la Recommandation afin que l'encadrement soit plus efficace5. Paraitrait-il qu'en Norvège, l’Ombudsman des consommateurs aurait déposé un avis limitant l'utilisation de l’environnement dans les publicités automobiles.6

Au niveau international, depuis 1999 existe la norme ISO 14021 sur les autodéclarations environnementales. « Elle pose des exigences générales pour toute déclaration environnementale, visant à en assurer la pertinence et la sincérité et à réduire la confusion actuelle et donne la définition et les exigences liées à 12 déclarations usuelles.7 » Cependant, elle ne semble pas faire fureur chez les fabricants des produits qu'on trouve dans nos commerces.

Des stratégies pour s'en sortir

Pour agir contre l'écoblanchiment, les consommateurs peuvent essayer de donner du feedback aux entreprises abusives. Normalement, les gestionnaires devraient se préoccuper de l'image de leur entreprise, et il est possible qu'il réagissent si assez de consommateurs leur font savoir qu'ils ne se laissent pas prendre pour des valises. Ils peuvent aussi déposer une plainte au Bureau de la concurrence du Canada8. Ce dernier est supposé examiner au cas par cas les entreprises accusées de contrevenir aux lois sur la concurrence, sur l'emballage et l'étiquetage. Des pénalités allant jusqu'à 100 000$ d'amande et le retrait de produits peuvent en théorie être appliquées9, quoi qu'il ne semble pas en avoir d'historique.

Faire des choix économiques en s'efforçant de réduire le plus possible ses externalités, ou son empreinte écologique, n'est pas toujours évident, puisqu'il y a beaucoup de choses à considérer et que nous ne détenons pas l'information parfaite. Il est probablement plus écologique de retourner au magasin d'aliments naturels remplir sa bouteille de savon à vaisselle générique en vrac que d'acheter une nouvelle bouteille de marque écolo. Par contre, si cet achat implique un déplacement en voiture pour aller au commerce spécialisé qui aurait pu être évité si on fait l'achat ailleurs... vous voyez. Si on veut que nos décisions fassent une différence, il faut regarder l'ensemble des implications de nos différentes options.

Conséquemment, avoir des connaissances les plus vastes possibles contribue à faire des choix éclairés. Connaitre les certifications fiables, connaître les matériaux qui entrent dans la fabrication des produits et leurs conséquences environnementales, savoir quantifier des consommations énergétiques, et savoir reconnaître les manipulations d'information sont des compétences pertinentes à détenir et utiliser dans ses prises de décisions. L'article « Comment trouver un produit nettoyant vert » dans cette édition-ci de Bio-Bulle est un bon point de départ sur les certifications fiables et les alternatives.
C'est en s'intéressant à ces enjeux, en s'informant et en utilisant notre esprit critique pour faire les choix les plus justes possibles que nous progresserons vers un monde plus sain.

Des sites webs pour approfondir

The Seven Sins of Greenwashing
L'observatoire de la publicité
Futerra Greenwash guide
EnviroMedia Social Merketing & University of Oregon
Greenpeace | Greenwashing
Carrefour de consommation responsable


1. http://sinsofgreenwashing.org
2. http://observatoiredelapublicite.fr/2009/09/16/k2r-ecolog...
3. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/eic/site/cb-bc.nsf...
4. http://www.arpp-pub.org/Charte-pour-une-publicite-eco.html
5. http://www.cpp-pub.org/Avis-publicite-eco-responsable.html
6. Cardinal, F. « Du vert partout, partout, partout... » La Presse, lundi 17 mars 2008, p.A16
7. http://observatoiredelapublicite.fr/la-norme-iso140211999...
8. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/
9. http://www.csa.ca/cm/ca/fr/recherche/article/seek-greater...

2010.02.15

Manifeste pour un Québec morbide

Je viens de tomber sur l'hilarant Manifeste pour un Québec morbide, spoof démagogique assez futé du manifeste pour un québec "lucide"... Ça vaut la lecture! (Surtout pour ceux qui sont tannés du discours affairiste qui nous casse les oreilles avec leurs plaintes que les impôts, la faiblesse du niveau de consommation et la faiblesse de la procréation sont les pires problèmes du Québec.) Voici quelques extraits qui m'ont bien fait rire:

Depuis 25 ans, le Québec a connu une régression sans précédent:

  • En 2005 la préoccupation principale du Québécois moyen est l’argent ; son but dans la vie est de travailler, de payer son char et de reproduire en tout un modèle social voué à la faillite et la destruction de la planète ;
  • Le jeune Québécois entre aujourd’hui au collégial dans le plus grand désarroi politique, étant incapable de faire la différence élémentaire entre la gauche et la droite ; ce qui le laisse à la merci de sa culture première, celle de la banlieue épaisse et de droite ;
  • Une clique de politiciens finis, économistes et journaleux est encore capable de faire passer pour un manifeste un torchon néo-libéral, et de se faire applaudir par le gouvernement en place, lequel est trop couillon pour se revendiquer comme tel, ce qui lui aurait probablement coûté sa place anyway.
Mais il reste du chemin à faire pour vivre et penser comme des porcs, comme dans le reste de ce continent à l’aune duquel on nous somme aujourd’hui de nous mesurer.

Au plan du niveau de vie, notamment, le Québec a toujours moins de téléphones cellulaires et de VUS que les Amaricains.

Aussi tôt qu’en 2012, il y a aura de plus en plus de boomers à la retraite, on vous laisse imaginer le cauchemar. Cela voudra dire un peuple plus gros, plus épais, et qui consomme plus. Pendant que le Québec subira ce freinage moral, les VUS d’Amérique augmenteront à un rythme rapide, de sorte que dans 40 ans, on ne saura plus qui des chars ou des anciens premiers ministres nous pomperont plus d’air

À l'heure actuelle, le discours social québécois est dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont le patronat, qui a monopolisé le label "lucide" pour mieux imposer la continuité de sa domination.

Il aussi développer une saine méfiance envers le secteur privé. La naissance d'une telle attitude est vitale. Pendant des années, on a déploré le fait que l'économie du Québec soit contrôlée par des gens d'affaires de langue anglaise; on a appelé « révolution tranquille » le processus qui a mené à se faire fourrer dans sa langue maternelle.


Somme toute, sans être d'accord avec tout, je trouve que c'est un discours un peu chaotique et malhabile, mais relativement insightful et qui a au moins le mérite de faire rire...

2010.02.12

Le coût d'opportunité des J.O.: le TGV

Excellent article de Claude Lafleur dans le Devoir sur les retombées des Jeux olympiques. Selon son analyse, les jeux olympiques de Vancouver risque d'être un gouffre financier puisqu'avec les dépassements de coûts, ils coûteront 2,5  $ au lieu du 1,3 G$ prévus initialement... pour des retombées estimées de 1 à 2 G$!

Bien sûr, les véritables retombées surviennent sur le long terme, en augmentant la notoriété de la ville et en faisant profiter son développement des investissements dans les infrastructures. Dans le cas de Barcelone et Athène, les JO auraient été particulièrement structurants. Mais les retombées attendues des JO de Montréal en 1976 n'ont pas été au rendez-vous.Le stade olympique, quel investissement structurant pour Montréal! Si on regarde l'expérience des derniers JO d'hiver nordaméricains, Calgary aurait connu une augmentation notable du tourisme depuis ses jeux en 1988. Dans le cas de Salt Lake City, les jeux de 2002 auraient rapporté 100 M$ à la collectivité. Mais ce seraient les entreprises qui profitent des jeux, pas tant la collectivité en général. Et une grosse part de l'argent récolté sert à l'entretient des infrastructures sportives excédentaires.

L'auteur développe aussi sur le très pertinent coût d'opportunité des JO. Les sommes faramineuses investies dans le culte de la compétition sportive pourraient être mises sur des projets davantage pertinents et structurants, par exemple un TGV Qc-Mtl-Otw-Tnto-NY..., ou des événements récurrants qui emmènent des revenus plus durables.

[Lire l'article original sur le Devoir.com]

(Cela dit, si les olympiques stimulent l'intérêt de la populace pour l'activité physique, tant mieux! Mais au coût de milliards en fonds publics, avec comme résultat de renforcir l'obsession pathologique de notre civilisation pour mesurer les personnes entre elles et vouer un culte aux célébrités, n'y aurait-il pas de moyens plus efficient d'atteindre cet objectif?)

Chose certaine, le TGV est devenu plus que nécessaire, et si certains estiment que présentement ce serait trop coûteux pour les retombées immédiates, on ne peut nier qu'à moyen terme, il deviendra une nécessité. Les corridors NY-TO-QC ne connaîtront qu'un achalandage croissant puisque la croissance démographique n'est pas prête de s'arrêter, et qu'elle se manifeste surtout dans les villes. "Ces bassins de population représenteront des pôles démographiques majeurs et il n'y a aucun doute que ces régions devront se tourner vers de nouveaux modes de transports pour permettre les déplacements", pouvait-on lire dans une lettre parue dans Le Devoir cet automne. D'autant plus qu'avec le vieillissement de la population, de plus en plus de citoyens ne pourront pas conduire, et les infrastructures de transport devront s'y adapter et répondre aux nouveaux besoins.

Tgv-icon.pngUn TGV répondrait mieux au besoin de déplacement interurbains des populations de ces grands centre. Selon Éric Champagne, "Pour maintenir et améliorer son niveau de développement, le Canada devra s'appuyer de manière prépondérante sur une économie du savoir. Pour ce faire, le « libre échange » des cerveaux entre les agglomérations urbaines est fondamental."  Il est grand temps de profiter de la densité de ces populations pour réaliser des économies d'échelles dans les transports et diminuer les externalités globales. Et, comme l'a bien dit un commentateur du premier article, le Québec devrait commencer à se pencher là-dessus et travailler pour que la liaison à NY se fasse de Montréal, et non pas de Toronto.


Avec l'inévitable croissance à moyen et long terme des coûts du pétrole, ressource non-renouvelable se raréfiant, il est impératif de moderniser notre économie là où les gains d'efficience peuvent être faits. D'autant plus que, le construction et la haute technologie étant largement tributaires du pétrole, plus on attend pour construire cette infrastructure, plus les coûts seront élevés.


Si on est prêts à investir des milliards pour recevoir le plus gros concours de médailles du monde, sous prétexte de retombées économiques, je pense que la réflexion ne peut que nous mener à conclure que nous sommes fins prêts à investir une somme similaire pour moderniser notre infrastructure de transport. Une opportunité pertinente à saisir, quand on sait qu'aux States, le projet de TGV de 1,2 G$ reliant les grandes villes de l'Est (Washington, Pittsburg, NY, Boston, Buffalo et Montréal) est déjà sur la planche à dessin.

 

2010.02.09

Incitatifs, motivation et résultats

Très intéressant: une présentation sympathique et dynamique de Dan Pink à TED Talk. Il y présente des études qui suggèrent que l'incitatif monétaire a ses limites à servir de motivateur efficace pour tout travail qui nécessite de la créativité. Il y oppose plutôt l'autonomie, le goût du défi et le "sense of purpose", tout en donnant des exemples intéressants d'entreprises qui intègrent cette vision dans leur modèle d'affaires.

2010.02.03

Appel au civisme des automobilistes abusifs

Je fais appel à votre plus profond sens de la courtoisie, du civisme, de coopération et de respect des autres, en vous demandant si vous pourriez pas, s'il vous plait, diminuer l'abus du moteur au ralenti. À ce temps ci de l'année, c'est assez pénible de circuler en ville. L'air est deux fois plus dégueulasse parce qu'il y a plein de chars parkés, vides, qui boucanent. Ces gens se rendent-ils compte de ce qu'ils font et ce qui se passe autour d'eux? Je ne comprend pas cette obstination obsessive qu'ont certains automobilistes à laisser tourner leur moteur quand ils sont stationnés. L'autre jour, quelqu'un a failli tuer toute sa famille parce qu'il a laissé le char tourner dans le garage. Quand vous allez à la caisse ou au dépanneur, ça prend jamais en bas de deux minutes et ça peut en prendre jusqu'à 10 mais surtout vous le savez pas en sortant du char. Mais le char est prêt à partir en 30 secondes! Qu'est-ce qui est le pire? revenir après 30 secondes et redémarrer pour rien ou revenir après 5 minutes et avoir boucané 5 minutes pour rien?

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Est-ce qu'il est si important que ça le plaisir supplémentaire que vous tirez que votre char soit à 25 degrés quand vous rentrez dedans par rapport à si il était à 20? Et puis les démarreurs à distance... vous êtes pas obligés de les partir au lever du lit! Ça prend pas une demi-heure chauffer un char, ça prend pas 10 minutes, ça en prend même pas 5 si t'es un douillet et qu'il te faut absolument qu'elle soit bien tiède... Les 3 minutes à endurer un char froid que ça vous sauve, trouvez-vous vraiment que ça vaut 20 minutes d'emboucaner les voisins et les passants? Vous êtes pas tout seuls à vous déplacer sur les voies publics et dans les stationnements!

Votre boucane émise inutilement, contient du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote, du dioxyde de souffre, de l'ozone et du benzène. Tout ça c'est pas bon pour le corps humain, imginez vous donc! Une estimation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique au Québec par l'Institut de santé publique a évalué les conséquences de la pollution atmosphérique à presque 2000 décès prématurés, 400 visites à l'urgence pour problèmes respiratoires et 246 000 journées de symptomes d'asthme. Pourriez vous arrêtez de faire exprès? Question de savoir vivre!

C'est ben le fun le capitalisme, pis votre droit individuel au confort absolu, mais il y a un problème d'injustice dans votre système: les piétons et cyclistes autour de vous ne peuvent pas être compensés pour ces externalités là que vous leurs faites subir, ni s'en prémunir en déboursant! L'utilité que vous tirez au coût 15 minutes à faire tourner votre char stationné est inférieure à celle que vous faites perdre à plusieurs personnes en les incommodant. Autrement dit, le confort que vous gagnez est sacrément moins grand que celui que vous faites perdre aux autres. Je vous demande donc si par gentillesse vous voudriez pas modérer un peu votre consommation. Étant donné que les droits de propriétés de l'air ne sont pas parfaitement définis, on peut peut-être s'entendre par civisme au lieu d'attendre que l'état intervienne sauvagement? Et si vous saviez pas, dans le règlement municipal R.A.V.Q. 337, le temps de moteur au ralenti maximum est de 3 minutes. Pourriez-vous svp nous épargner les poumons? Ça serait peut-être mieux que de continuer d'ambitionner comme vous le faites jusqu'à ce que la ville profite de la densité du idling pour renflouer ses coffres à coups de contraventions. Si les gens étaient juste davantage courtois, ils abuseraient moins du moteur au ralenti par respect pour les autres, et on en serait pas rendus là! Les lois arrivent quand le monde ambitionnent trop!no_idle.jpg

Nous, piétons et cycistes, on emboucane pas personne, on prend pas de place, on circule pas mal plus fluidement, on cause pas de traffic, on est moins dangereux pour notre entourage... on aimerait ça, pas avoir à subir l'inhalation de votre pétrole que vous gaspillez comme si c'était votre raison de vivre. Donc je répète ma requête polie, pourriez-vous faire preuve de civisme et arrêter d'abuser de votre droit de polluer en arrêtant de faire tourner votre moteur pour rien? On se sentirait un peu moins méprisés.

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2010.01.17

Affranchissons nous de l'automobile

smogcar.jpgL'automobile pourrait symboliser à elle seule la culture de l'excès et l'allocation inefficiente des ressources. Nos déplacements en zones urbaines et périurbaines sont beaucoup trop dépendants de ce véhicule, et nous gagnerions fortement à réaménager nos réseaux routiers, réorienter le développement de nos infrastructures, et faire des efforts individuels afin de s'affranchir de cette dépendance malsaine. Il paraît que le Québécois moyen est soumis à 32 heures par année de publicité vantant l'automobile. On nous fait miroiter qu'elle représente la liberté et le prestige. Elle nous permet d'aller où on veut, rapidement, et elle est le reflet de notre « classe sociale ». Certes, dans bien des situations, il est difficile de la remplacer. Mais est-elle vraiment si efficace et indispensable? Quel est le coût réel de cette liberté, qui justifie chez les automobilistes son recours systématique pour tous les déplacements? Sommes nous gagnants, collectivement, de l'utiliser autant? Je trouve que cette dépendance à l'automobile pose plusieurs problèmes.

L'automobile est incompaptible avec le développement durable, car elle est fortement associée à l'étalement urbain, consomme intensivement des ressources non-renouvelables, et engendre beaucoup de problèmes environnementaux. Le secteur des transports est responsable du tiers des émissions de gaz à effet de serre au Québec. Par ailleurs, les ressources nécessaires pour que chacun ait son véhicule d'une tonne sont très importantes, et l'allocation des ressources pourrait être beaucoup plus optimale.

L'utilisation massive de l'automobile dans les centres urbains pose un problème d'équité. Son usage génère énormément d'externalités. Une externalité est un coût ou une conséquence subie par un agent économique, provenant de la production ou la consommation d'un autre, sans qu'il n'y ait compensation. Or, la flotte automobile génère des conséquences négatives sur la qualité de vie et la santé publiques, par sa pollution (atmosphérique, visuelle et sonore) et ses accidents. En 2008, la SAAQ comptait plus de 5 300 cyclistes ou piétons victimes d'accidents de la route au Québec. La congestion créée par la flotte automobile nuit aux autres usagers du réseau routier. De plus, beaucoup d'espace urbain est sacrifié pour des stationnements et des voies de circulation doubles ou triples, alors que les autres formes de transports, plus efficients, souffrent souvent d'une insuffisance de réseaux routiers. Ainsi, le coût social, c'est-à-dire l'ensemble des coûts, incluant les externalités, de l'automobile, est supérieur au coût individuel assumé par ses usagers. L'automobile est un moyen de transport profondément individualiste, qui isole les usagers de la route les uns des autres et les positionne en compétition pour l'espace routier.

La surutilisation de l'automobile pose également des problèmes de santé publique. L'institut national de santé publique estime le coût annuel de la pollution atmosphérique à près de 2000 décès prématurés, plus de 400 visites à l'urgence pour des problèmes respiratoires, et près de 250 000 journées de symptômes d'asthme. En plus des problèmes de pollution, la congestion, le bruit et le danger générés par la flotte automobile est source de stress pour les citadins. Enfin, la voiture remplace des moyens de transports actifs comme la marche et le vélo, qui ont des effets bénéfiques sur la santé.

La dépendance à l'automobile pose des problèmes d'inefficacité économique. Des centaines de milliers de déplacements se font chaque jour en automobile dans chacune de nos grandes villes. Tirer une masse de une à deux tonnes pour déplacer une personne de 50 à 100 kg, soit environ 5% du poids total transporté, est inefficient énergétiquement. De plus, passé un certain seuil de densité automobile, il est impossible d'avoir une circulation fluide, les besoins en stationnement sont de plus en plus important, et les coûts deviennent de plus en plus élevé: c'est le phénomène économique des rendements décroissants. La solution réside dans la modification des infrastructures, de sorte à diminuer le coût unitaire (en espace et en énergie) et obtenir ainsi des économies d'échelle.

Une dépendance aussi forte à l'automobile que celle que nous connaissons est une impasse sociale, économique et écologique. Dans les régions urbaines et périurbaines, il est possible de répondre à nos besoins de déplacement de façon plus efficiente, avec moins de ressources, en utilisant une combinaison optimale de transports collectifs et de transports actifs. Cela libérerait des ressources qui pourraient être investies dans des activités économiques davantage utiles, et les habitants de nos villes s'en porteraient mieux grâce à une meilleure qualité de vie et un mode de vie plus actif.

 

 

2009.10.19

Agriculture et changements climatiques

Les changements climatiques représentent un nouveau facteur s'ajoutant à la dynamique du secteur agricole, avec lequel nous devrons composer dans les années à venir. Ces changements sont principalement dûs à l'augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre (GES), augmentation due surtout aux émissions d'origine anthropique. Au niveau mondial, l'agriculture serait responsable d'environ 14% des émissions de GES, et les pays en développement pourrait connaître un déclin de 9 à 21% de leur productivité agricole potentielle à cause du réchauffement de la planète. (FAO, 2009)

Comment le mégaphénomène planétaire pourrait affecter l'agriculture québécoise? Le phénomène nous affecte à trois niveaux:

  • Les impacts: quelles sont les conséquences physiques sur nos vies et nos conditions de productions?
  • L'adaptation: quelles sont les façons de s'adapter à ces nouvelles conditions?
  • La mitigation: de quelles façons pouvons nous participer à limiter les futurs dégâts en limitant les émissions de GES responsables des changements climatiques?


Impacts
Bien qu'il est difficile d'attribuer chaque événement climatique inhabituel aux changements climatiques d'origine anthropique, on peut supposer que plusieurs conditions météorologiques extrêmes vécues récemment auront davantage de chances de se mutliplier à l'avenir.
Les degrés-jours de croissance auraient augmenté de 4% à 20% entre 1960 et 2003 dans l'ouest et le centre du Québec méridionale. (Bourque et Simonet, 2008). L'augmentation des indices thermiques et de la durée de la saison de croissance auraient un impact bénéfique pour le maïs, le soya, les céréales du printemps et les plantes fourragères, tandis que l'orge serait défavorisée. Toutefois, la probabilité de stress hydrique devrait être accrue puisque les températures généralement plus élevées devraient augmenter l'évaporation.
Les changements de régularité, d'intensité et de ratio pluie/neige des précipirations risquent de survenir. Les productions horicoles, quant à elles, étant particulièrement sensibles aux stress thermiques et hydriques seraient perdantes, et on peut supposer un impact négatif sur les productions animales: à titre d'exemple, 500 000 volailles furent tuées par une vague de chaleur en juillet 2002, malgré les systèmes de ventilation modernes. En dehors de la saison de croissance, une diminution de la couverture de neige et l'augmentation des pluies hivernales risquent notamment d'augmenter la mortalité  des plantes fourragères.
En contrepartie, des hivers généralement moins rudes pourraient diminuer les besoins de chauffage dans les poulaillers et porcheries. Des modifications au niveau des populations d'agents pathogènes, de plantes adventices et d'insectes sont probables.

Adaptation

"Des mesures d’adaptation seront éventuellement nécessaires pour atténuer les répercussions des changements climatiques sur les activités agricoles au Québec. Ces mesures pourraient notamment prendre la forme de stratégies visant à régler les pénuries d’eau, de même que l’introduction de nouvelles espèces et d’espèces hybrides, qui sont plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur. " (Québec, 2007) En outre, les dates des semis et des récoltes et les choix de cultivars devront être adaptées et les agronomes devront probablement apprendre à reconnaître  nouveaux ravageurs.

Le Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture (2003) recommande quelques stratégies d'adaptation, entre autres:

  • la diversification des variétés cultivées et des sources de revenus des fermes;
  • l'amélioration de la qualité des sols de façon à renforcir sa tolérance à la sécheresse;
  • l'amélioration des pratiques de travail du sol pour réduire l'érosion, améliorer la rétention d'humidité, et minimiser la compaction;
  • l'utilisation de systèmes d'irrigation plus efficients.

Les changements climatiques peuvent aussi offrir des nouvelles possibilités de développement de nouvelles cultures, non sans un certain risque dû à l'instabilité grandissante du climat.

Il est à noter que chez nous, peu de recherche ne semble être en cours en ce moment pour évaluer les possibilités d'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques. Le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation, auquel AAC réfère, a fermé son volet agriculture en 2007. Le centre Ouranos, principale organisation de recherche sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques au Québec, a un volet agriculture qui a comme objectif de "développer des outils d’analyse climatique afin de favoriser davantage l'intégration des concepts climatiques dans la gestion des risques en agriculture". (http://www.ouranos.ca/)
Généralement, faire usage des pratiques agronomiques les plus optimales devrait devenir de plus en plus essentiel ("timing", rotation de cultures, irrigation efficiente, conservation des sols, engrais verts et couvre-sols, amélioration génétique, bon choix de variété, etc), et le support financier, notamment en terme d'assurance météo, devrait être au rendez-vous.

Mitigation
Il est nécessaire pour limiter les dégâts d'entreprendre rapidement des efforts importants d'atténuation des changements climatiques. De façon générale, diverses stratégies en termes de politiques publiques sont à notre disposition pour réaliser des réductions d'émissions de GES: fiscalité verte, crédits compensatoires, et investissements publics.
La fiscalité verte consiste à imposer une taxe sur les externalités (l'externalité étant un impact généré par un agent économique qui est subi par d'autres). Par exemple, une taxe carbone vient créer un incitatif pour réduire la consommation d'énergies responsables des émissions. Économiquement, c'est une stratégie qui s'intègre bien au marché libre, car elle n'intervient pas autrement que comme incitatif. Pour éviter l'inflation, il suffit de rendre la taxe fiscalement neutre en réduisant les taxes sur les impôts du même ordre. La taxe carbone a alors comme résultat de rendre les alternatives moins fortement émetrices plus compétitives par rapport à la consommation d'hydrocarbures.
Le crédit compensatoire est un système à plus grande ingérence sur le marché. Elle consiste à fixer un plafond d'émission (surtout pour les industries) au delà duquel une compagnie est forcée d'acheter des crédits de carbones. Le plafond de réduction des industries est calculé en fonction de l'objectif global de réduction. Les crédits de carbone sont généré par d'autres industries qui n'utilisent pas tout leur quota, et par des activités de captage de carbone comme le reboisement, et les crédits s'échangent sur une bourse du carbone.
Les investissements publics est probablement la stratégie la plus simple pour les gouvernements (et la seule à avoir été utilisée chez nous). Elle consiste à dépenser l'argent de l'état pour financer directement des efforts de réduction, pour des programmes d'efficacité énergétique, pour la R&D dans les énergies vertes ou pour des projets de captage. Au Canada, beaucoup d'investissements "verts" vont dans la recherche au captage de carbone et aux usines d'éthanol (presque 1 milliard $ en 2009). Les agrocarburants *peuvent* devenir une voie intéressante de production d'énergie écologiquement saine, à condition que le retour sur l'investissement en énergie soit d'un niveau suffisament intéressant, ce qui n'est pas le cas avec le maïs. De plus, le type d'action que le gouvernement prend (instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et investissements directs dans des usines de transformation) a pour effet d'augmenter la demande sur les grandes cultures, sans qu'il y ait une augmentation de l'offre, ayant comme conséquence une augmentation des prix pour augmenter la quantité offerte, ce qui contribue à la "crise alimentaire". Pour contrer cet effet, il faudrait que l'offre totale augmente, et pas seulement la quantité offerte. Pour ce faire, des changements structurels doivent avoir lieu comme des économies d'échelle ou des nouvelles technologies.
Selon Agriculture Canada,

Au Canada, le secteur agricole est responsable d'environ 10 % des émissions de GES, sans compter les émissions provenant de la consommation de carburant et de la production d'engrais (AAC, 2007). Ce ratio est de 7,5% pour le Québec. (Québec, 2009)
Les activités agricoles émettent ces GES: l'oxyde nitreux provenant de l'utilisation d'engrais et de fumier, le méthane, émis par la digestion du bétail, et le CO2 émis par le travail du sol (AAC, 2007). Diverses stratégies peuvent contribuer à réduire les émissions de GES ou à stocker du carbone:

  • Limiter la décomposition de la matière organique du sol. Le travail du sol entraînant une perte supérieure de matière organique du sol, les techniques à travail réduit comme le semis direct sont généralement un progrès dans ce domaine, en plus de contribuer à la qualité du sol.
  • Stocker le carbone. L'agroforesterie, l'utilisation de cultures couvre-sols, la culture intercalaire d'engrais verts, et l'utilisation de plantes fourragères vivaces peuvent y contribuer. Une gestion du fumier optimale permet également d'augmenter la quantité de matière organique dans le  sol.
  • Réduire les émissions d'oxyde nitreux. "L'application d'engrais aux bons moments, l'utilisation d'inhibiteurs de l'uréase et la réduction des pertes d'engrais par lessivage, ruissellement et érosion accroît l'assimilation d'engrais par les plantes et réduit les émissions d'oxyde nitreux." (AAC,2007). L'utilisation de la fixation biologique de l'azote peut aussi être davantage utilisée pour remplacer les fertilisants synthétiques.
  • Réduire les intrants énergétiques. Utiliser la machinerie appropriée, des technologies plus efficaces et les économies d'échelle devraient permettre de faire une utilisation plus optimale de la machinerie. De l'éducation peut aussi probablement être faite pour faire une utilisation plus raisonnée de la machinerie agricole. La réduction de la distance des transports dans la chaîne agroalimentaire pourrait également contribuer, en supposant que la consommation prenne un virage local significatif.
  • Des pratiques d’alimentation animale peuvent diminuer les émissions de GES. Par exemple, l'introduction de lin à l'alimentation du bétail comme source d'omega-3 permet de diminuer leurs émissions de méthane.


Mot de la fin
Il ne faut pas tomber dans le piège du mauvais calcul de risque en sous⁻estimant l'importance des changements climatiques sous prétexte qu'ils pourraient comporter certains avantages. Il faut éviter aussi l'impasse du cynisme en s'imaginant que ça arrivera de toute façon et que ça ne vaut pas la peine d'essayer de changer les choses. L'inaction des pays industrialisés, qui ont la responsabilité historique de la majeure partie des GES supplémentaire de l'atmosphère, est moralement indéfendable. Une attitude participative et coopérative est nécessaire de la part de tous pour relever le défi de notre génération. Et puisque chacun a des avantages financiers à court terme à ne pas investir pour "verdir" son économie, il est selon moi nécessaire qu'il y ait une coordination "top-down" qui vienne dicter les règles du jeux, n'en déplaise aux conspirationnistes. Ces  règles devront être équilibrées et équitables pour tous: permettre aux pays industriels d'être sainement concurrentiels, et permettre aux pays en développement de se développer.

Sources
FAO, 2009. "Climate change and bioenergy challenges for food and agriculture"
Bourque, A. et G. Simonet, 2008. « Québec », dans Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007, D.S. Lemmen, F.J. Warren, J. Lacroix et E. Bush (éditeurs), Gouvernement du Canada, Ottawa (Ontario), pp. 171-226.
The Center for International Earth Science Information Network, http://www.ciesin.org/TG/AG/AG-home.html
Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture, 2003. "Meeting the challenges of climate change"
Gouvernement du Québec, 2007. "Plan d'action concerté sur l'agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse". MAPAQ-MDDEP-UPA
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Changements climatiques". http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Pratiques de gestion bénéfiques pour l'air" http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Gouvernement du Québec, 2009. "Le Québec et les changements climatiques"

2009.07.14

Implications de la notion de durabilité

En réponse à une relative prise de conscience aux conséquences écologiques de l'économie, la durabilité est un concept devenant de plus en plus mainstream. Parrallèlement, en réponse à l'apparition dans le paysage de la culture de masse de l'intérêt pour l'environnement, les marketers y voient l'ouverture d'un nouveau marché cible. Si bien que les termes environnement et développement durable se hissent de plus en plus haut dans les énoncés de priorités de la plupart des compagnies, institutions, gouvernements et partis politiques de ce monde, la plupart du temps utilisant comme excuse de bien maigres changements pour rendre leurs pratiques légèrement moins sales.

Face it: c'est pas parce qu'on gaspille ou pollue un tout petit peu moins (ex: les sacs jetables biodégradables) que l'on est pour autant devenu "vert" ou "durable". Je ne veux pas me lancer dans une couverture du greenwashing mais plutôt discuter de ce qu'implique la notion de durabilité.

Le contenu que je présenterai ici est inspiré d'un essai intitulé "Five axioms of sustainability" du prolifique auteur Richard Heinberg, qui a une vision selon moi assez complète et lucide de l'économie des ressources.

Le concept de soutenabilité a d'abord vu le jour en occident pour s'appliquer dans des situations d'exploitation de ressources renouvelables à petite échelle, à des moments où on s'est rendu compte que pour que l'exploitation ait une continuité soutenable, il fallait ajuster le rythme d'extraction à celui du renouvellement.

La notion de durabilité s'est ensuite largement répendue avec le rapport Brundtland de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement. Ce rapport a défini le concept de développement durable comme "du développement qui répond aux besoin de la génération présente sans compromettre l'habilité des générations futures de répondre à leurs propres besoins". À noter que la première partie de cette définition fait référence à une réponse adéquate aux besoins actuels, de sorte que le développement durable défini ainsi implique un certain niveau de bien-être, d'équité et de justice dans la société d'aujourd'hui! Cette définition, quoique habile, est quand même vague et inquantifiable. Par exemple, on peut comprendre qu'avec une croissance actuelle de la consommation des ressources non renouvelables de la planète ainsi qu'une croissance démographique ne pourront pas être maintenues indéfiniment.

Le concept d'empreinte écologique est venue en 1992 avec l'écologiste canadien William Rees. Il fait référence à la superficie de terre et d'eau dont une population (ou même une personne) aurait hypothétiquement besoin pour fournir les ressources nécessaires à son support et à l'absorption de ses extrants, en fonction de la technologie en vigueur. En d'autres termes, c'est la quantité théorique d'espace planétaire utilisée par un ou des humains, dépendamment de leur niveau de consommation et de technologie. Cela implique que pour que l'économie de humanité soit durable, son empreinte écologique doit être égale ou inférieure à ce qui est disponible sur la planète. Le réseau Footprint Network calcule que l'empreinte écologique de l'humanité est en ce moment 23% plus grand que ce que la planète est capable de regénérer. Comment peut-on consommer plus que ce qui est disponible sur la planète? Direz-vous... Il ne faut pas oublier que la notion d'empreinte écologique implique la production soutenue (maintenue dans le temps) par la superficie donnée, ainsi que l'absorption des déchets et polluants. C'est donc dire qu'en ce moment, nous extractons les ressources de la planète plus rapidement qu'elles ne peuvent se renouveler, et nous accumulons les polluants beaucoup plus rapidement qu'ils sont absorbés.

Richard Heinberg a fait un travail remarquable d'essayer de clarifier la notion de soutenabilité, ou du moins d'en suggérer des critères, sous forme de cinq axiomes. Il a fait l'effort de tenir compte des définitions précédentes de la soutenabilité, ainsi que de leurs critiques. En outre, ses critères sont les suivants:

  • Être vérifiable par la méthodologie de la science;
  • Minimaliser les axiomes et éviter les redondances;
  • Que les axiomes soient suffisants et qu'ils ne laissent pas de "trous";
  • Qu'ils soient énoncés en termes simples, clairs et compréhensibles

Axiome 1: La croissance démographique et la croissance du niveau de consommation des ressources ne peuvent pas être soutenues indéfiniment.
La croissance a été soutenue jusqu'à maintenant. Pendant combien de temps encore pourrait-elle l'être? Même le plus petit taux de croissance, avec le temps, se traduit en taille astronomique de croissance et de population. Une croissance démographique annuelle de 1% équivaut à un dédoublement de la population chaque 70 ans, de sorte qu'on serait plus de 13,5 milliards en 2075, 27 milliards en 2150 et en 3000 nous serions 130 000 millions. 50 ans plus tard, il y aurait en moyenne un être humain par mêtre carré de la surface terrestre, incluant les montagnes et les déserts.

Axiome 2: Une société qui continue d'utiliser des ressources critiques de façon insoutenable va tôt ou tard s'effondrer.
L'exception à ça est qu'une société peut éviter l'effondrement en trouvant des ressources de remplacement.
Mais il y a une limite à l'exception dans un monde fini (aux ressources limitées), le nombre de remplacements possibles est aussi limité
Dans The collapse of complex societies, Joseph Tainter argumente que l'effondrement est une fatalité fréquente des sociétés complexes. L'effondrement est directement relié à la diminution des retours sur les efforts mis à supporter la croissance avec de l'énergie extrasomatique. D'autres auteurs étudiant les sociétés passées font état de ce que l'effondrement est le résultat commun des sociétés qui ignorent les contraintes de ressources.
Certains croient que les ressources sont substituables à l'infini, et qu'on n'aurait jamais à faire face à un épuisement, même en maintenant une croissance du niveau de consommation!
Les sociétés tendent à utiliser d'abord les substituts qui sont de valeurs supérieure et faciles à récolter, et au fur et à mesure qu'elles passent au travers, doivent dépendre de substituts de plus en plus inférieurs et difficiles à récolter.

Axiome 3: Pour être soutenable, l'extraction des ressources renouvelables doivent être ajustée à un niveau égal ou inférieur à celui du renouvellement naturel (ou assisté). En d'autres mots, consommer les ressources moins vite qu'elles ne se regénèrent. Le taux de regénération naturel n'est peut-être pas évident à déterminer, mais quand le stock de base diminue, on peut être certain que sa consommation est trop élevée. Même si le stock en question baisse à cause de facteurs naturels, le maintient de la pérénnité de cette ressource nécessite que l'on en laisse assez pour que sa destruction-consommation soit balancée avec sa regénération.

Ce que ça implique, c'est que pour avoir un maximum de ressources disponibles pour "créer les richesses" à long terme, il faut atteindre un niveau optimum d'extraction soutenable des écosystèmes productifs (forêts, stocks de poissons, terres agricoles) Pour avoir le meilleur possible taux d'extraction soutenable, il faut donc avoir le meilleur taux de regénération possible des ressources naturelles, et pour ce faire il faut maximiser le capital naturel, c'est à dire maintenir les stocks les plus gros possibles d'écosystèmes productifs, exploités de façon soutenable, c'est à dire "pas plus vite qu'ils ne se regénèrent". Voilà pourquoi le façon d'optimiser la prospérité à long terme de la civilisation est d'ajuster radicalement et immédiatement notre niveau de consommation des ressources et se mettre en mode soutenable. L'autre chose que nous avons à notre disposition est la regénération assistée des écosystèmes. En prenant soins et en faisant un aménagement intelligent de nos écosystèmes productifs, nous maximiserons la création de richesses, et c'est la solution proposée par la permaculture.

Axiome 4: Pour être soutebable, la consommation d'une ressource non-renouvelables doit être en décroissance constante (soutenue), et leur taux de décroissance doit être égal au taux d'épuisement de la ressources. C'est le seul moyen d'éviter indéfiniment de se retrouver à bout de ressources, ou en période de crise d'approvisionnement parce que les sources sont de moins en moins facilement et économiquement récoltables.

Maintenant, du moment que l'on adopte ce protocole de maintient de ressource renouvelable, celà signifie que le taux de décroissance de l'extraction de ressource devrait en principe rester constant: si on ajuste la quantité extraite à la même proportion que l'extraction a affecté la ressource, l'extraction au cycle suivant affectera l'épuisement dans la même proportion. De sorte que pour rendre le tout plus facile, encore une fois le meilleur moyen est d'adopter immédiatement un protocole de consommation soutenable, parce que pour bénéficier d'un taux de décroissance de l'extraction le plus bas possible, il faut partir avec un stock de ressource le plus haut possible. Plus on attend, et plus le taux de croissance que nous devrons nous imposer pour maintenir nos ressources.

Axiome 5: La soutenabilité nécessite que les extrants (polluants) introduits adns l'environnement par les activités humaines soient minimisés et rendus inoffensifs aux fonctions de la biosphère. Autrement dit, diminuer la pollution jusqu'à la capacité d'absorption, qui est à l'équilibre quand il n'y a pas de dommage.

Dans les cas où la pollution dûe à l'extraction d'une ressource non-renouvelable qui a connu une grosse croissance pendant un certain temps menace la viabilité d'écosystèmes, la réduction dans les taux d'extraction et la consommation de ces ressources peut devoir être supérieure au taux d'épuisement. Normalement, si la consommation d'une ressource est faite au taux soutenable, sa pollution devrait également être en décroissance. Cependant, quand le niveau de pollution est tel qu'il détruit les écosystèmes de façon chronique, les mesures à prendre doivent être radicales puisque nous épuisons trop rapidement ces autres ressources. Cette réalité s'applique particulièrement dans le cas du charbon. Puisque ses réserves connues sont encore énormes, ajuster la décroissance de l'extraction au taux d'épuisement entraînerait quand même probablement une catastrophe climatique. Si l'on veut éviter les conséquences menaçant nos écosystèmes, la réduction des émissions du charbon doivent être importante, de sorte qu'il serait peut-être nécessaire que les réductions annuelles de l'extraction du charbon soient également plus importantes.

En conclusion: des empires se sont effondrés. L'empire actuel de corporatocratie mondialisée ne porte aucune attention sérieuse à ses contraintes de ressources: elle abuse, gaspille, pille, . Plus que jamais, l'infrastructure économique entière de cet empire est dépendante d'une abondance temporaire d'énergie fossile. Le mieux qu'on peut faire ce ne serait pas d'essayer de raisonner l'empire, ralentir le crash, et se préparer à faire la transition vers le prochain paradigme de l'humanité?

2009.04.21

Le paradoxe du choix

Une présentation assez intéressante: Barry Schwartz: The paradox of choice

Le mieux est de l'écouter (20 min), mais j'en fais quand même ici un résumé:
Le dogme officiel des sociétés accidentales: pour maximiser le bien-être des citoyens, il faut maximiser la liberté individuelle. Les prémisses derrière sont que la liberté est bonne, essentielle à la vie humaine, et que c'est une condition préalable au libre-arbitre. La façon de maximiser la liberté est de maximiser le choix: plus il y a de choix, plus il y a de liberté et plus il y a de bien-être.
La responsabilité décisionnelle est de plus en plus reléguée au consommateur. La technologie nous donne de plus en plus de pouvoir et de plus en plus de choix. Partout où nous regardons, la vie est une question de choix.
La question est: est-ce une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle? la réponse est non.
Un de ces effets est que ça produit la paralysie plutôt que la libération.
Le deuxième effet est que même si on réussit à surmonter la paralysie et on fait un choix, on finit par être moins satisfait avec le résultat du choix que nous le serions si nous avions moins d'options. Parce qu'avec autant de choix, il est facile de s'imaginer que nous aurions pu faire un mauvais choix qui nous emmènerait plus de satisfaction.
Ensuite, plus il y a d'alternatives à considérer, plus le coût d'opportunité est élevé. Le coût d'opportunité enlève de la satisfaction aux choix financiers.
Troisièmement il y a l'escalade des attentes. Plus l'attente est élevée, plus la différence entre ce qu'on a et ce qu'on veut est élevée, augmentant l'insatisfaction.
Le secret au bonheur est: des attentes basses!
Une dernière conséquence est que, quand nous n'avons pas de choix, la responsabilité de l'insatisfaction incombe au Monde, tandis que quand l'insatisfaction est conséquente à un choix, la responsabilité incombe à la personne.

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2009.04.17

La crise financière visuelle


The Crisis of Credit Visualized from Jonathan Jarvis on Vimeo.

2009.04.09

le scandale des mines au québec

"au cours des dernières années, les minières ont extrait pas moins de 17 milliards de dollars du sous-sol québécois en or et en métaux. Là-dessus, ces compagnies n'ont payé que 260 millions en redevances, soit un maigre 1,5 %. C'est dix fois moins qu'un pourboire au restaurant! Plus scandaleux encore, 11 des 14 compagnies minières en place ont même poussé l'audace jusqu'à ne verser aucune redevance en 2007-08. Clairement, on se rit de nous. On est loin, très loin du 12 % de leurs profits exigé par la loi. Ce sont pourtant des bénéfices gigantesques pour des compagnies qui exploitent les richesses de notre nation, parfois même aux frais des contribuables. À titre d'exemple, les contribuables québécois devront débourser 12 millions pour aménager à Malartic un site pour les résidus miniers de la mine d'or Osisko» - Amir Khadir

 

«Le rapport démontre, que les contribuables québécois se font flouer par une industrie qui ne s'acquitte pas de ses obligations minimales sur le plan fiscal. Et c'est pire du côté environnemental. Les dépôts pour la restauration des sites miniers totalisent 109 millions sur une facture évaluée à plus de 350 millions: les deux tiers seront donc refilés aux contribuables quand les minières auront empoché les milliards. On constate aussi que 56 % des inspections ne font l'objet d'aucun rapport et encore moins de poursuites. De plus, le ministère des Ressources naturelles ignore les avis [du ministère] de l'Environnement et il n'évalue même pas la solvabilité des tiers auxquels les mines confient la responsabilité de restaurer leurs sites. Les Ressources naturelles libèrent les minières de leurs obligations sans respecter des critères rigoureux et uniformes. On est en face d'un laxisme généralisé et la conservation, une mission étatique qui relève pourtant aussi des Ressources naturelles, est complètement bafouée par ce ministère, de l'avis même du vérificateur général, encore là». » - Christian Simard, de Nature-Québec

 

source: http://www.ledevoir.com/2009/04/03/243518.html

voir aussi: http://www.ledevoir.com/2009/04/04/243781.html

ENQUÊTE a fait un bon reportage sur la question

2009.03.23

Le mythe des guerres de l'eau

Excellent article dans le Devoir, j'en fais un petit résumé mais je recommende d'aller le lire:

Le mythe des guerres de l'eau

Frédéric Julien, Doctorant en science politique et membre du Laboratoire d'études et de recherches en sciences sociales sur l'eau (LERSS-eau) à l'Université d'Ottawa

La Journée mondiale de l'eau (hier, 22 mars) était cette année consacrée aux «eaux transfrontalières», soit les sources d'eau douce communes à deux ou plusieurs pays -- le bassin du Saint-Laurent et des Grands Lacs, par exemple. Il s'agit là d'une occasion de revenir sur l'idée reçue voulant que le XXIe siècle voie se multiplier les guerres pour le contrôle de ces eaux partagées.

Le mythe des guerres de l'eau repose sur la crainte de pénuries résultant d'une surexploitation de la ressource. (...)

Il convient à ce point de préciser que la satisfaction des besoins individuels de base (boisson, cuisine et hygiène personnelle) ne représente qu'une petite fraction de l'utilisation que font les sociétés de l'eau. Virtuellement partout où s'est établi l'humain se trouve suffisamment d'eau pour couvrir ses besoins primaires. La soif est donc généralement un problème plus politique que physique. Si l'on appréhende des pénuries en certains endroits, il s'agit essentiellement de craintes liées aux usages agricoles et industriels de l'eau. Ainsi, à l'échelle mondiale, l'agriculture à elle seule serait responsable d'environ trois quarts des prélèvements. Or, comparativement à l'impérieuse soif individuelle, image sur laquelle se fonde le discours des guerres de l'eau, les besoins hydriques «secondaires» d'une société sont largement modulables. Le cas d'Israël en atteste de manière éclatante: cet État pilote une économie riche et diversifiée avec des réserves d'eau douce qui passeraient pour largement insuffisantes au Canada et aux États-Unis, deux pays où les prélèvements hydriques par personne sont parmi les plus élevés au monde et largement supérieurs à la moyenne occidentale.

En supposant l'impossibilité de puiser davantage d'eau dans la nature pour des raisons géopolitiques ou écologiques, et sans même parler de la possibilité de «créer» de l'eau douce par dessalement ou recyclage, une société inquiète eu égard à son approvisionnement peut d'abord mettre en place des politiques visant à améliorer l'efficience de ses usages de la ressource. Les économies d'eau à espérer peuvent être considérables. Deuxièmement, cette même société a l'option d'aller plus loin encore en modifiant l'allocation des ressources hydriques entre ses différents usages en faveur des plus productifs d'entre eux. Le but est ici de créer davantage de valeur économique par volume d'eau utilisé, générant ainsi des revenus mobilisables pour l'importation des denrées dont la production gourmande en eau a dû être diminuée. Un troisième niveau d'adaptation renvoie à une réorganisation plus fondamentale du rapport social à l'eau par la remise en question du bon sens de certaines utilisations de la ressource.

Évidemment, un tel processus est producteur de stress social. Il est clair que tout mouvement de rationnement et de réaffectation des ressources, en faisant des «gagnants» et des «perdants», est porteur de tensions et de conflits. De plus, toutes les sociétés n'ont pas la même capacité d'adaptation. Le sens de la présente réflexion n'est donc pas d'ignorer les graves conflits internes que risquent d'apporter un peu partout dans le monde d'éventuelles réformes en matière de gouvernance de l'eau, les meilleures comme les pires. L'analyse, par ailleurs fortement majoritaire dans la littérature scientifique, est plutôt qu'il est relativement peu probable que les gouvernements qui feront face au stress hydrique attendu dans le futur préféreront la guerre, une entreprise horriblement coûteuse et incertaine, à la conservation et à l'innovation technologique comme mode d'adaptation. L'eau n'est tout simplement pas le nouveau pétrole. Elle n'est pas au coeur du système capitaliste mondial et n'aide en rien à se positionner dans le système international. (...)

En définitive, s'il convient de garder à l'esprit que l'hydro-futurologie s'accommode mal des certitudes en période de changements climatiques, des émeutes de l'eau sont néanmoins bien plus à craindre que de véritables guerres de l'eau. Selon toute vraisemblance, davantage qu'à une crise de l'eau per se, l'humanité fait plutôt face à de graves problèmes de gouvernance: en maints endroits, la demande hydrique croît sans contrôle; en d'autres, on échoue à rendre disponible aux populations une eau pourtant abondante; et un peu partout, on pollue et gaspille l'eau douce de manière éhontée. Ce sont donc ces problèmes concrets et immédiats qui devraient mobiliser nos énergies, et non le ressassement d'improbables scénarios guerriers.

15:03 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, économie, guerre | |  Facebook

2009.03.22

Avertissement du UK chief scientist

http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk/7951838.stm

Global crisis 'to strike by 2030' 
By Christine McGourty 
Science correspondent, BBC News 

Water shortages are predicted across large parts of Africa, Europe and Asia
Growing world population will cause a "perfect storm" of food, energy and water shortages by 2030, the UK government chief scientist has warned.

By 2030 the demand for resources will create a crisis with dire consequences, Prof John Beddington said. 

Demand for food and energy will jump 50% by 2030 and for fresh water by 30%, as the population tops 8.3 billion, he told a conference in London. 

Climate change will exacerbate matters in unpredictable ways, he added.

 

Le reste de l'article est disponible avec une entrevue vidéo

2009.02.03

Vive la croissance!

Sites non conformes 
Risque de multiplication des dépotoirs clandestins
Agence QMI  
Dominique Salgado
03/02/2009 08h16  
© Corbis

Le problème de dépotoirs clandestins risque de s’aggraver au Québec puisque de nombreux sites d’enfouissement, désuets et polluants, ne répondent plus aux nouvelles normes environnementales. Seulement sur la Côte-Nord, on évalue à 400 le nombre de sites illégaux entre Tadoussac et Blanc-Sablon.

Ainsi, les municipalités du Québec avaient jusqu’au 19 janvier 2009 pour répondre aux nouvelles normes du Règlement sur l’enfouissement et l’incinération des matières résiduelles (REIMR) du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Cette réglementation oblige maintenant le traitement des eaux s’écoulant d’un dépotoir (le lixiviat) et le captage des gaz de décomposition des déchets (le biogaz). Ce sont d’ailleurs les deux principales façons dont les dépotoirs peuvent contaminer l’air et l’eau environnants.
L’inaction des municipalités 

«Depuis la mi-janvier, ici, huit sites d’enfouissement qui n’étaient pas conformes aux nouvelles normes ont été fermés, et ce, sur une douzaine. La problématique est importante puisque ceci incitera les citoyens à se départir de leurs déchets de façon illégale», indique Sébastien Caron, directeur du Conseil régional de l’environnement de la Côte-Nord qui dénonce l’inaction des municipalités dans ce dossier.
Dans un mémoire déposé en février 2008, RÉSEAU environnement (qui regroupe 400 entreprises et 200 municipalités) pointe du doigt Québec et indique que le gouvernement du Québec n’a pas mis assez d’efforts au niveau de la réduction à la source des matières résiduelles, alors qu’il en a la responsabilité. 

Bien qu’une certaine volonté avait été manifestée, certains environnementalistes déplorent que le gouvernement n’ait pas donné suite à ses engagements financiers sur dix ans. Ainsi, un peu plus de 22 M$ ont été investis en province alors que Québec prévoyait octroyer une centaine de millions de dollars dans le cadre de sa Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008.


source: http://www2.canoe.com/infos/environnement/archives/2009/02/20090203-081649.html

C'est drôle, c'est trop comme dans le vidéo de Stéphane Groleau, "La dompe"! J'le met directement ici pour votre bonheur à tous:

Crédit Stéphane Groleau, les Globules Verts

Agriculture urbaine industrielle

Un reportage vidéo vraiment intéressant de la semaine verte sur des visionnaires qui travaillent sur des projets de gratte-ciels agricoles.

C'est clair que des systèmes comme ça seraient incroyablement voraces en ressources: installations, énergie, main-d'oeuvre et matières premières (eau!).

Le site web du principal instigateur du concept, Dickson Despommiers: Vertical Farm

Il y a quelque chose dans cette approche qui me semble mal réfléchi. Dans le reportage et sur le site, on introduit l'idée en disant « En 2050, on sera 8 milliards sur la terre et 80% de ce monde là sera en ville. On aura pas assez de terre pour nourrir tout le monde ». Autrement dit, on va juste laisser notre population exploser comme des imbéciles et après ça on va développer des moyens monstrueux pour essayer de maintenir notre démesure? Ça serait pas plus sage et lucide de limiter la croissance de la population à la place?

Principe écologique de base: quand une population devient trop imposante pour ce que l'écosystème est capable de supporter, il s'ensuit un déclin de la population dû à:

  • une augmentation de la prédation et des parasites
  • des famines
  • l'entretuage des individus de l'espèce par compétition pour les ressources

lemmings.jpgToutes des choses en train d'arriver au monde humain, même si les peuples riches y échappent grâce au système économique qui leur garantit la victoire dans la guerre aux ressources. Mais c'est pas parce qu'on est supposément dotés d'intelligence et qu'on a des technologies qu'on va échapper aux lois de la nature. Est-ce qu'on a un minimum d'intelligence et de self-control pour modérer la course aux richesses, la croissance de nos populations et le gaspillage, ou est-ce qu'on va continuer à courir droit devant à l'aveugle comme des lemmings?

2009.01.31

Encore la société qui paie pour les automobilistes

Les transports illustrent mieux que tout l'absence de vision intégrée des conservateurs en matière d'économie, d'environnement et de climat.

Ainsi, le budget accorde 2,7 milliards pour la seule année 2009 aux constructeurs d'automobiles, mais seulement 200 millions par année sur cinq ans aux infrastructures vertes, soit aux transports en commun. C'est cinq fois moins que ce qui serait nécessaire pour rattraper l'avance des États-Unis dans ce domaine, a calculé Transport 2000 Québec. Les villes canadiennes ont pourtant établi qu'il leur faudrait entre 24 et 31 milliards sur cinq ans pour répondre à leurs besoins les plus criants.

Une étude de la Chambre de commerce de Montréal a par ailleurs démontré que les dépenses en transports collectifs génèrent deux fois plus de retombées économiques que dans le secteur de l'automobile. En plus, elles font épargner annuellement aux seuls Québécois 600 millions par année tout en assurant un retour de 45 % sur les investissements publics aux deux gouvernements et en réduisant la balance des paiements du pays. Un investissement massif dans les transports collectifs était d'autant plus impératif que les transports sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec et d'environ 25 % à l'échelle canadienne.

Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 31 janvier 2009

Harper continue de mettre tout en place pour vendre le plus possible de son pétrole albertain. Toute une vision!

2009.01.14

Richard Heinberg, peak oil et l'avenir de l'humanité


Party's over et Powerdown
Richard Heinberg est un de mes auteurs préférés. C'est en lisant son premier livre, The party's over: oil, war and the fate of industrial societies il y a 4 ans que j'ai commencé à m'intéresser à l'économie. C'est un ouvrage extrêmement lucide qui examine la situation actuelle de l'économie du pétrole, notre dépendance de la ressources, la géopolitique internationale autour de l'énergie, et les différentes prévisions quant à sa durabilité. Il couvre un terrain beaucoup plus vaste que la théorie du peak pétrolier.PARTYSOVER.jpg

Son deuxième livre, Powerdown: Options and Actions for a Post-Carbon World est un essai relativement dark. Ayant solidement établi dans le premier livre qu'il y a toutes les probabilités pour que d'ici une génération nous rencontrerons une pénurie de pétrole (peak oil), il extrapole maintenant sur les options qui se présentent à l'humanité. Selon lui, il y aurait 4 sortes de voies possibles: la compétition, le laisser-faire, la coopération, et la bouée de secours.

Si la voie de la compétition était choisie, ce sera l'escalade de la violence à l'échelle de plus en plus grande pour les ressources énergétiques en diminution. Si la voie empruntée est le laisser-faire, ce qui est à peu près la voie actuelle de l'humanité, les prix du pétrole commenceraient à devenir instable mais surtout à monter dangereusement, entraînant inflations, récessions et faillite des économies les moins fortes qui ne pourront plus se payer la ressource. Comme nous serons en retard pour faire toute la R&D et l'investissement en infrastructures nécessaires pour amorĉer une transition post-pétrole, cette transition sera beaucoup plus longue et difficile que si nous l'avions fait pendant que le pétrole cheap est encore disponible. Les économies plus dépendantes au pétrole mais faibles en technologie seront les plus touchées, et encore là avec la compétition pour une ressource en disparition grandira le chaos et la violence.

La coopération consiste en faire le choix raisonné et lucide d'amorcer dès maintenant une transition vers une économie post-pétrole pendant que nous avons les moyens de le faire confortablement, en partageant de façon juste la ressource énergétique. Choisir de lutter pour cette option, c'est se battre contre un énorme système en béton, bien encré dans son statu quo et ses paradigmes. C'est risquer de se battre pour rien et heurter un mur.

La bouée de secours (building lifeboats) est la démarche entreprise par les groupes de personnes lucides, conscientes de ce qui s'emmène, où on cherchera à se sortir de la dépendance du système, s'arranger pour vivre relativement en autarcie et être à l'abri d'un éventuel crash intense du système qui entraînerait la pauvreté et les guerres. C'est pratiquement une espèce de fuite, un abandon du combat, mais c'est peut-être le choix le plus lucide pour la self preservation.

The oil depletion protocol
La dépendance

Heinberg disait clairement à la fin de powerdown que pour lui, la solution résidait entre un mélange le plus sain possible de coopération et de bouée de sauvetage. Et The oil depletion protocol est la suite logique de la lutte pour faire adopter un plan lucide de coopération. Ici, l'écriture est beaucoup plus mature, le ton, le moins alarmant possible.

Comme dans powerdown, il commence par résumer la situation de l'économie du pétrole: c'est notre principale, plus puissante et plus omniprésente source d'énergie sur laquelle repose le système industriel en entier. Le transport est loin d'être la seule utilisation économique du pétrole, il sert de carburant pour beaucoup de machines, dont les machines servant à l'extraction des autres ressources naturelles, incluant la machinerie agricole qui permet les outputs que nous connaissons en agriculture industrielle. Le pétrole entre également dans la fabrication de nombreux pesticides. Le pétrole est également extrêmement important pour la production de produits chimiques dont les plastiques. Des produits chimiques de base qui ont d'innombrables usages dans les produits que la technologie fabrique chaque jour: éthylène, propylène, butadiène... ces trois produits à eux seuls entrent dans la confections de biens de consommation aussi divers que des désinfectants, des solvantes, des antigels, des réfrigérants, des lubrifiants, des vêtements et des matériaux plastiques. Le pétrole est également beaucoup utilisé pour le chauffage (huile à chauffage) et la production d'électricité. Sans les pétrochimiques, la science médicale, les technologies de l'information, l'architecture des villes modernes et d'innombrables autres aspect de la vie moderne n'existeraient pas tels qu'on les connaît. Devant l'importance révélée du pétrole dans le développement de technologies et la production de richesses pertinentes, l'absurdité de gaspiller du gaz pour (par exemple) déplacer des hummers dans un centre-ville (alors que 97% de l'énergie fournie par le carburant sert à bouger cette feraille) saute aux yeux.

Nous continuons de développer nos sociétés et construire nos infrastructures en assumant que nous pourrons avoir recours perpétuellement à ce système de transport, que la croissance démographique pourra être soutenue indéfiniment et que notre consommation d'énergie continuera toujours d'augmenter. Mais peu de choses sont aussi incertaines.
Le pétrole est une ressource non-renouvelable. La plupart des gens assument qu'une pénurie globale et permanente de pétrole serait seulement un problème seulement pour les générations futures, et qu'entre temps des alternatives au pétrole apparaîtraient. Mais les technologies de remplacement commencent à peine à apparaître, et les investissements à faire pour convertir une économie largement basée sur le pétrole à une économie basée sur des énergies renouvelables sont énormes. De plus, la transition se fera seulement en plusieurs années d'efforts et d'investissements soutenus.

Dans tous les cas, même si son épuisement ne survenait que dans plusieurs siècles, le pétrole est une ressource trop importante compte tenu des matériaux et produits utiles que l'on en tire, et il serait injuste pour les générations futures que nous le gaspillons pour des plaisirs aussi frivoles que se parader en jeep.

Énergies de remplacement

Dans the party's over, Heinberg passe en revue les différentes sources d'énergie "de remplacement potentiel", pour conclure évidemment qu'il n'y a aucune solution magique. Les énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique, marées) peuvent être utilisées pour produire de l'électricité. Avoir un système de transport entièrement électrique prendra des décénies d'adaptations et de remplacement de flotte. (Par contre, selon le Venus Project, la quantité d'énergie géothermique pouvant être extraite de la terre avec une technologie appropriée est gargantuesque, mais je doute qu'on puisse la considérer comme une énergie renouvelable)
Le nucléaire serait relativement à son maximum de capacité: l'extraction, la manipulation, la transformation et le traitement des matériaux nécessitent des dépenses énergétiques (principalement sous forme de pétrole) considérables; les constructions de centrales prennent des décennies, et les coûts marginaux de production d'électricité nucléaire vont en accroissant avec la diminution de la disponibilité de l'uranium.
Le développement fusion à froid, si elle est possible, est "decades away". Les technologies d'énergie libre sont impossible selon la science officiel (voir la première loi de la thermodynamique). Cette même loi fait en sorte que l'hydrogène n'est pas considéré comme une source d'énergie mais comme un conteneur d'énergie (au même titre qu'une pile): produire de l'hydrogène à partir de l'eau requiert au moins autant d'énergie que celle obtenue par combustion de la même quantité d'hydrogène.

Peak oil

L'extraction du pétrole, que ce soit pour une région donnée, un puit unique ou la terre entière, suit le pattern suivant: une croissance des découvertes, une croissance de l'extraction, un plafonnement et un déclin des découvertes, suivi d'un plafonnement et un déclin de l'extraction. Par exemple, les States ont connu leur peak de découvertes dans les années 30 (je crois) puis leur plafonnement d'extraction dans les années 70. À ce jour, la plupart des nations productrices ont déjà connu leur plafonnement d'extraction (peak oil), ce qui signifie que concrètement seules une pognée de nations peuvent encore augmenter leur production annuelle, entre autres, le Canada, le Vénézuela, l'Arabie Saoudite. En additionnant les productions et prévisions pour chacune des nations, on arrive à une très forte probabilité que peak oil arrive d'ici 2020. En fait, quand on regarde les statistiques des 3 dernières années (2008 sont pas sorties encore) on constate que la production semble à peu près stagner à 85 Mbarils par jour depuis 2006. On serait donc en présence d'un début de plafonnement. Peut-être qu'on ne va pas connaître un sommet (ascencion-descente abrupte) mais un plateau qui s'étire dans le temps. Mais la capacité de productions doit être développée constamment pour répondre à la demande et pour compenser les déclins des gisements actuellement en production.

« We believe, and intend to argue strongly, that leaders and policy makers in both government and industry would be making a fateful mistake by adopting a complacent attitude toward the inevitable world peak of oil production. We see two main reason for this view: first, that there is strong evidence for concluding that the global peak may occur sooner rather than later; and second, that many years of hard, expensive work will be required to prepare for the peak. Therefore, even if late-peak forecasts prove correct, efforts aimed at mitigating the impacts must begin immediately.
(...)
The global oil industry has been able to replace depleted reserves on a yearly basis until now, mostly by re-estimating the size of existing fields. The Royal Swedish Academy of Sciences, in a recent publication, "Statements on Energy", describes the situation this way:
« In the last 10-15 years, 2/3 of the increases in reserves of conventional oil have been based on increased estimates of recovery from existing fields and only one third on discovery of new fields. (...) 50% of the present oil production comes from giant fields and very few such fields have been found in recent years. »

à suivre...

la bonne gouvernance conservatrice

Alors que les scientifiques, les économistes, l'ONU et la société civile du monde entier se tuent à répéter qu'il faut prendre le virage du développement durable, nos amis les Conservateurs du Canada innovent dans la bonne gestion saine et à long terme. « Le gouvernement Harper s'apprête à adopter un règlement qui empêchera la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) de s'appliquer à tous les projets de moins de 10 millions apparaissant dans son plan de relance de l'économie. » (LeDevoir.com) Rien de moins. Je trouve navrant que Harper, qui aurait supposément étudié en économie, considère qu'il est souhaitable d'ignorer les externalités et la préservation du capital naturel.

2009.01.07

Pourquoi le prix du pétrole est aussi bas?

Le sommet d'à peu près 150$ le baril cet été n'était pas surprenant, étant donné la rareté croissante de la ressource. La production semble stagner à 85 millions de barils par jour depuis quelques années, on serait donc en début d'un peak pétrolier doux. En principe, on pourrait donc s'attendre à ce que le prix du pétrole augmente à peu près constamment, la rareté impliquant des coûts marginaux croissants.

Plusieurs personnes autour de moi se demandent pourquoi le prix du pétrole est aussi bas. Je crois que la réponse rapide, c'est que la récession entraîne une baisse de la demande qui fait chuter le prix. Pourtant, la demande du pétrole est relativement inélastique, étant donné son omniprésence dans chaque secteur économique (l'élasticité est la sensibilité à la variation de prix). La chute du prix me semble donc disproportionnée (de 150 à 40$ le baril!).

Un article sur the Oil Drum, Why are oil (and gasoline) prices so low? suggère des hypothèses. Je vous en fait un résumé:

1. Dans la chaîne d'approvisionnement, les vendeurs, devenus plus insécures, refusent de vendre à des acheteurs qui ont un mauvais crédit, ce qui enlève des agents (et de la demande) du système. Les transporteurs ayant également moins de crédit disponible, plusieurs tombent dans le rouge, entraînant une sous capacité de transport.

2. Les Hedge funds (fonds de couverture de risque) se retirent du pétrole depuis le début de la chute des prix

3. Les prix élevés ont multipliés les vendeurs sur le "marché des futurs"

4. La hausse de la valeur du $US (le pétrole étant importé de monnaies à plus faibles valeurs)

5. Trend Trading or Systematic Trading

Many investors use computerized programs that attempt to analyze an investment's momentum, either up or down. These programs are designed to buy more of an investment, when the price of the investment seems to be heading upward, and to sell the investment short, when it is heading downward. If a large number of hedge funds, pension funds, and other investors have computer models that do the same thing, the simultaneous buy and sell orders will tend to reinforce the upward or downward trend in prices. These programs may have contributed to the unusually high oil prices seen earlier this year, and the big drop in the past month.

6. Chute de la demande asiatique

7. La petite taille du marché du pétrole par rapport aux autres produits. Étant donné qu'il y a peu d'investisseurs dans le secteur du pétrole, le désangagement d'un petit nombre affecte beaucoup le prix du marché.

8. La volatilité est élevée quand l'offre est serrée. Puisque nous sommes en situation de peak pétrolier, les courbes de demande et (surtout) d'offre sont presque verticales, donc une faible variation de demande ou de l'offre entraîne une grande variation de prix.

Y'a un excellent article à lire aujourd'hui sur CBC: Oil outlook - OPEC's future blowin' in the wind

 

À propos, je suis tombé sur ce site web fortement intéressant au cours de mes recherches: Earth: a graphic look at the state of the world. Une analyse approfondie de la situation planétaire actuelle: condition humaine, des ressources, richesse, développement, énergie...

17:16 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, pétrole | |  Facebook

2009.01.03

Le scepticisme climatique

J'entend souvent parler des "sceptiques du climat", ces scientifiques qui s'opposent à la théorie selon laquelle les changements climatiques rapides que nous vivons sont dûs principalement aux activités industrielles, brandie par le GIEC. Le plus gros coup d'éclat récent de ces sceptiques est le rapport du comité sénatorial américain selon lequel 650 scientifiques s'opposent à la théorie de l'origine anthropique des changements climatiques.

Intéressé à connaître la vérité, j'ai porté une attention particulière à ces "sceptiques". D'abord, j'ai tenté de trouver quels étaient leurs arguments et quels sont leurs motifs pour s'opposer si farouchement à des organisation scientifiques majeures. Au niveau des arguments, ça se résume pas mal à « la science climatique est inexacte » et « le climat change naturellement de toute façon ». J'ai été déçu, j'aurais bien aimé que les négationnistes aient raison. Les motifs mis de l'avant (pour s'opposer au GIEC) sont principalement « la recherche de vérité » et « ça coûterait trop cher de réduire notre output de GES ». En regardant plus en détails, les scientifiques derrière ces affirmations ne sont pas tous climatologues ni météorologues, beaucoup sont ingénieurs ou ont quelconque formation scientifique non reliée au climat, j'ai donc fortement l'impression qu'ils gonflent leur nombre en recrutant des scientifiques dont l'expertise a peu de poids dans le débat. Et après avoir fouillé pas mal les sources sur le sujet, je trouve que les négationnistes sont plus marginals qu'il le laissent paraître. La page de wikipédia à ce sujet est assez informative.

J'aimerais bien croire que les "sceptiques" sont plus animés par une recherche de vérité qu'autre chose, mais plus je lis leurs articles et documents et moins je le crois. Une des organisation les plus imposantes est l'International Climate Science Coalition, évidemment fondée pour s'opposer au GIEC. En jetant un coup d'oeil sur leur site web, on constate que le contenu est plutôt une réthorique démagogique plutôt qu'un langage scientifique objectif (auquel je m'attendrais de la part d'une organisation scientifique sérieuse). On se croirait sur le site d'un parti politique en campagne. Ensuite, la montée des sceptiques a curieusement coïncidé avec des investissement massifs dans la campagne négationniste. Beaucoup d'instituts économiques conservateurs, d'associations d'industriels, et de think-thanks d'entreprises financent abondamment les scientifiques dissidents. On peut trouver une documentation abondante à ce sujet, le seul bookmark que j'ai gardé lors de mes recherches est celui de SourceWatch. J'ai bien trouvé quelques vrais climatologues sceptiques qui ne semblaient pas biaisés, mais ils sont très peu nombreux, surtout comparés au nombre écrasant de climatologues en accord avec la théorie "officielle".

Généralement, les opinions dissidentes semblent fortement correlées à la peur de l'action. Les négationnistes mènent me semblent carrément mener une campagne de peur pour mettre l'opinion publique à dos des mesures prises pour stabiliser le climat. Il est déjà assz difficile de faire adopter par les politiciens des mesures modestes (comme Kyoto) AVEC l'appui de l'opnion public, si il faut que l'opinion publique soit contre, il n'y a plus aucun espoir.

On entend souvent que des mesures cherchant à diminuer nos émissions de GES "endommageraient l'économie". L'économie serait-elle une entité réelle et dommageable? Curieusement, ça ne correspond pas du tout à la conception de l'économie qu'on nous enseigne dans des cours d'économique à l'université. En effet, selon mon prof d'économie, l'économique serait plutôt la recherche de la façon optimale de répondre à nos besoins infinis avec nos ressources limitées. C'est drôle de voir que, alors que l'économique admet l'existence de limites de ressources, beaucoup n'hésitent pas à mettre de l'avant un nébuleux concept de dommage à l'économie pour nous convaincre d'ignorer des contraintes pour limiter le dégat à l'environnement (notre habitat et l'ensemble de nos ressources) que nous recommendent fortement les scientifiques.

Je trouvais curieux le fait que les négationnistes s'attaquent continuellement au GIEC et autres, mais que les partisans de la théorie de l'origine anthropique ne font jamais référence à leurs détracteurs. J'ai donc cherché un peu pour trouver des documents qui font référence aux deux clans. J'ai trouvé plusieurs articles fortement intéressants.

The Scientific Consensus on Climate Change, Naomi Oreskes

L'auteur fait une analyse exhaustive du consensus et de la dissidence au sein de la communauté scientifique.

The 928 papers were divided into six categories: explicit endorsement of the consensus position, evaluation of impacts, mitigation proposals, methods, paleoclimate analysis, and rejection of the consensus position. Of all the papers, 75% fell into the first three categories, either explicitly or implicitly accepting the consensus view; 25% dealt with methods or paleoclimate, taking no position on current anthropogenic climate change. Remarkably, none of the papers disagreed with the consensus position.

Climate science: Sceptical about bias, Richard Black

Some claim science itself is weighted against sceptical views. Of all the accusations made by the vociferous community of climate sceptics, surely the most damaging is that science itself is biased against them.

We're All Global Warmers Now, Ronald Bailey
Reconciling temperature trends that are all over the place

Anyone still holding onto the idea that there is no global warming ought to hang it up. All data sets—satellite, surface, and balloon—have been pointing to rising global temperatures. In fact, they all have had upward pointing arrows for nearly a decade, but now all of the data sets are in closer agreement due to some adjustments being published in three new articles in Science today.

Et finalement, mes trois meilleures trouvailles:

RealClimate.org

RealClimate is a commentary site on climate science by working climate scientists for the interested public and journalists. We aim to provide a quick response to developing stories and provide the context sometimes missing in mainstream commentary. The discussion here is restricted to scientific topics and will not get involved in any political or economic implications of the science.

Skeptical Science: Examining the science behind global warming skepticism

Scientific skepticism is a healthy thing. Scientists should always challenge themselves to expand their knowledge, improve their understanding and refine their theories. Yet this isn't what happens in global warming skepticism. Skeptics vigorously criticise any evidence that supports anthropogenic global warming and yet eagerly, even blindly embrace any argument, op-ed piece, blog or study that refutes global warming.

So this website gets skeptical about global warming skepticism. Do their arguments have any scientific basis? What does the peer reviewed scientific literature say?

Winning and Losing the Global Warming Debate Roger A. Pielke, Jr. et Daniel Sarewitz

Je suis pas d'accord à 100% avec tout cet article, mais il emmène un point extrêmement pertinent: que les changements climatiques soient d'origine humaine ou non, nous savons qu'ils arrivent. Le débat entre les deux clans attirent toute l'attention sur "devons nous ou non prendre des mesures pour lutter contre ces changements", et très peu d'attention est portée sur comment on s'adapte aux changements climatiques.climate.2008.142-i1.jpg

From the standpoint of the impacts of climate on humans and the environment, we are all losers. The global-warming debate has missed one of the most important aspects of the problem: Climate changes. In fact, the phrase "climate change" is redundant. A changing climate is an unchanging attribute of a dynamic Earth. Human-caused or not, these changes are likely to have impacts on society and the environment. Natural disasters, human health, biodiversity, endangered species, water resources, international trade, financial services, transportation networks, agriculture — virtually any area of human experience is in some way affected by climate. These impacts are occurring today, and they hold the prospect of increasing in the future. And for the most part, we are doing too little in response.

We are all losers because the global warming debate has focused almost exclusively on preventing climate change. And it has addressed greenhouse-gas emissions as the sole cause. But climate is only part of the cause of impacts, and greenhouse gases are only one potential cause of changes in climate.

(...)

Some say that a focus on adaptation might result in "every country for itself." It need not. The U.N. Framework Convention provides a mechanism through which the world's climate "winners" can help boost the resilience of the climate "losers." When climate does change, the distribution of winners and losers might also change, but shared assistance would persist.

These steps defy conventional wisdom. They are unlikely to be popular, given that the status quo sustains Cassandras and Dorothies alike. Unfortunately, in spite of the high moral rhetoric from both sides, the debate itself stands in the way of further progress. We need a third way to confront climate change, even if it means moving beyond now-comfortable positions held fast for many years.

Climate changes. Let's deal with it.

J'ai récemment eu une conversation avec un collègue étudiant. Je lui ai exposé les arguments négationnistes, et il a tout de suite répondu: « Mais qu'est-ce que ça fout même si c'était pas vrai? Ça a pas plus d'allure de gaspiller notre énergie à toute attendre dans le traffic tout seul dans notre char! »

Je trouve que ça a une ceraine sagesse assez lucide. En effet, même si c'était pas vrai que la société industrielle déstabilise le climat planétaire, même si c'était pas vrai que la pollution nous rend malade, ça n'a pas de sens de gaspiller nos ressources énergétiques dans un système de transport innefficace et pour obtenir du luxe superflu, de consacrer la moitié de la superficie des villes à faire circuler et parker les chars, de chauffer nos maisons à 25°C l'hiver et les refroidir à 20° l'été, et de crisser aux vidanges des tonnes de plastique chaque année juste pour transporter nos denrées. On a un sérieux problème de durabilité dans notre système. Il y a pas assez de ressources sur la planète pour que sa population vive avec la moitié du "niveau de vie" (de consommation) que nous avons.

En quelque part, le développement durable, ce n'est plus une question de nature, c'est une question de santé publique, de justice et de niveau de vie à long terme.

2008.12.22

22 décembre en bref

Nouvelles qui ont attiré mon attention aujourd'hui:

le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé hier qu'il existait un projet d'assassinat de son homologue bolivien Evo Morales.

La poursuite des conservateurs contre Élections Canada a coûté jusqu'à maintenant 1,4 M $ de fonds publics.

L'australie s'oppose au braconnage de baleines perpétué par le Japon et n'exclut pas le tribunal

Et enfin, le plan de 4 milliards du gouvernement Harper pour "aider" l'industrie automobile. Et Buzz Hargrove est pas convaincu que ça va maintenir les emplois. Je m'intérroge vraiment sur la valeur réelle de toujours débourser les sommes faramineuses pour maintenir des industries en déperdition, de peur de perdre des emplois. Les milliards qu'on met pour la survie des industries forestière, automobile, de l'aluminium etc ne seraient-ils pas mieux investis autrement, par exemple dans des projets de développement durable? Au lieu de maintenir les emplois d'une industrie mourrante pour une année de plus, on ne pourrait pas investir pour des emplois permanents dans des industries émergentes et novatrices?

Je comprend mal qu'on veuille investir autant de fonds publics pour faire survivre une industrie archaïque, désuète, en retard sur ses compétiteurs, qui a échoué parce qu'elle n'a pas su répondre correctement aux besoin de notre société. Il me semble qu'il est temps de tourner la page: le transport automobile individuel est de moins en moins soutenable et nous aurions tout intérêt à faire plus tôt que tard la transition vers les transports collectifs et à énergie humaine. On n'a plus besoin d'autos et le marché est déjà saturé avec des constructeurs asiatiques ayant une avance certaine. On a besoin de vélos, de tramways, de métros, de trains suspendus, d'autobus...

Comment veut-on créer de la richesse collectivement, en modernisant notre réseau de transport et le rendant sécuritaire, efficace et accessible pour tous, on en donnant de l'argent public à une industrie en déclin pour continuer la vieille façon de faire?

À propos, une suggestion de lecture: "Rouler sans pétrole" de Pierre Langlois. Voyage au coeur des alternatives au pétrole et des nouvelles technologies du transport, le livre offre un visuel époustouflant. (C'est tout ce que je peux en dire, je l'ai pas lu, j'en seulement entendu l'auteur à radiocan).

2008.12.16

Terre-Neuve saisit AbitiBowater

Nouvelle intéressante aujourd'hui: Le gouvernement de Terre-Neuve-Labrador saisit les actifs d'Abitibi sur le territoire de la province (principalement des droits de coupe, une usine et des installations électriques) après que la compagnie est annoncé la fermeture de l'usine en 2009.

« M. Williams a déclaré que son gouvernement ne peut accepter qu'une entreprise qui n'est plus active dans la province exerce un droit sur les ressources naturelles. »

http://www.radio-canada.ca/regions/atlantique/2008/12/16/...

J'aimerais bien voir le gouvernement du Québec mettre autant sa culotte devant l'industrie forestière, qui demandait récemment que l'état assume lui-même les coûts d'aménagement et lui donne plus de lax pour couper. Collectiviser les coûts et privatiser les bénéfices, ça c'est une stratégie gagnante!

http://www.ledevoir.com/2008/10/30/213257.html

Le coût social de l'automobile

La production et la consommation génère des coûts privés et des coûts externes. Le coût externe est une conséquence négative assumée par quelqu'un d'autre (voire l'ensemble de la société) découlant de la production ou la consommation d'un bien. La somme des coûts privé et externe est le coût social.

Un coût externe peut être une perte de temps ou d'efficacité, une dégradation de l'environnement et de la santé d'autrui, l'épuisement d'une ressource, l'endommagement d'infrastructures, la perte de biodiversité, une baisse de la valeur de propriétés, etc. Il est souvent difficile d'exprimer un coût externe en argent. Puisque ces coûts externes ne sont pas naturellement inclus dans la détermination des prix du marché, ces prix ne réflètent pas adéquatement les coûts reliés à la production des richesses: le prix du bien est basé sur son coût privé et non pas de son coût social. Les biens sont vendus en deça de leur coût réel, déformant l'équilibre de marché: c'est l'efficacité économique.

C'est pourquoi l'intervention de l'état est nécessaire,pour tenter d'ajuster le prix de biens ou d'activités économiques de sorte qu'elles représentent davantage la réalité de leur bénéfices et coûts.

L'automobile a des coûts énormes, non seulement en ressources pour leur fabrication, mais aussi en énergie pour leur utilisation, en dégradation de la santé publique par leur pollution, en temps public pour la congestion, en espace urbain pour leur entreposage et en dépenses publiques pour l'entretien des rues. Tous ces coûts ne sont pas assumés (subis) par les seuls utilisateurs des automobiles mais par la société au grand complet. Les automobiles mobilisent les rues de nos villes, ou plutôt les immobilisent, au seul bénéfice de leurs conducteurs et au détriment (ralentissement, intoxication) de tous les autres usagers du système de transports: piétons, cyclistes, utilisateurs collectifs. Ces derniers, qui font une utilisation plus efficace de nos voies, réduisent le nombre d'automobiles en circulation, au bénéfice de tous. Et il y en a encore pour se plaindre que leurs taxes contribuent à financer le transport en commun.

Nous devons améliorer et rendre plus efficace notre économie. Nos transports sont innefficaces. Au Québec, nos deux principaux centres urbains, totalisant jusqu'à un bassin de 4 millions de personnes, sont répartis sur une bande de 200km qui abrite d'autres centre urbains important (Trois-Rivière, Shawinigain, Drummondville, etc).
Chaque jour des milliers de passagers voyagent ces distances seuls dans une auto. Le carburant coûte cher, la congestion rend les centre-villes difficilement accessibles, les stationnement coûtent cher, en plus d'être un gaspillage d'espace urbain. Un automobiliste pourrait avoir une surprise intéressante en faisant l'exercice suivant:

1. Compter la distance parcourue
2. Compter la somme totale investie dans l'automobile chaque année (essence, immobilisation/location, entretien). Multiplier ce total par son salaire horaire (h). 
3. Calculer le nombre d'heures consacrées aux déplacements en voiture, incluant le temps de trouver un stationnement, et le déneigement (h).
4. Additionner 1 et 2 pour obtenir le nombre d'heures totales consacrées à l'utilisation de l'automobile.
5. Diviser la distance parcourue par heures consacrées, cous obtenez la vitesse réelle que l'automobile vous procure.
6. Le curieux qui veut aller plus loin pourra s'aventurer à s'imaginer le résultat de ce calcul appliqué aux déplacements en transport collectif et en bicyclette.

Pour compenser les coûts et l'inefficacité de l'automobile, de plus en plus de gens pratiquent le covoiturage, ce qui est plus efficace mais insuffisant. Les autobus interurbains sont souvent pleins entre les grands centres, malgré leur lenteur et leurs tarifs prohibitifs. Je connais une multitude de gens qui font l'aller-retour Québec-Montréal de façon hebdomadaire. Le plupart se donnent le trouble de courir après les passagers et conduire tout le trajet, courir les conducteurs sur les réseaux de covoiturage ou de payer 80$ pour l'autobus qui prend 3 heures. Tout le monde est d'accord qu'il serait vraiment temps qu'on aie un TGV.BikeEnergyEfficiency.gif

Nous avons besoin d'un système de transport efficace: rapide et convivial pour tous, dans lequel nous n'aurons pas à mettre plusieurs milliers de $ par année chacun.

Un TGV reliant Québec, Trois-Rivières et Montréal épargnerait des milliers et des milliers de tonnes déplacements quotidiens de carrosseries vides et inefficaces. Le trajet se fera en une heure, ne coûtera pas une fortune et procurera aux gens du confort et l'occasion de passer leur temps plus utilement qu'à conduire une voiture vide.
Des systèmes d'autobus améliorés devront servir les villes, et Québec a imminement besoin d'un skytrain comme à Vancouver: rapide et efficace. Il pourra soutenir le développement de la grande région métropolitaine de Québec et augmentant grandement l'efficacité de transports, ainsi les banlieusards pourront faire leurs déplacements quotidiens rapidement, et en consacrant leur temps de transport à lire ou à pitonner.

Par la réduction de la présence de la voiture, la qualité de vie de nos villes sera décuplée. Moins de bruit, moins de stress, moins de danger, on pourra se déplacer rapidement sans attendre dans le traffic. Le transport cycliste pourra prendre en ampleur avec des pistes cyclables efficaces logistiquement, pour un gain supplémentaire en santé publique.
Le gouvernement est à la recherche de projets mobilisateurs, pour stimuler l'économie, la rendre plus durable et efficace.
Notre industrie automobile est en train de mourir à ne pas savoir répondre aux besoins de transport de notre société. Nous devons faire la conversion de notre système actuel lourd et gaspilleur pour un système efficace énergétiquement et logistiquement.
Nous devons consacrer notre espace urbain aux choses importantes pour ses habitants: des espaces publics, des logements, des commerces, des parcs. Pas des parkings.

Le chemin est pavé de solutions que nous pouvons entreprendre maintenant. Voilà un exemple de vraie richesse collective que nous pourrions créer en nous donnant les moyens. Engagez les logisticiens, les urbanistes et les économistes, mobilisez l'industrie des transports, qu'il se mettent au travail pour réaliser ce progrès important dans l'aménagement de nos collectivités et la gestion de nos déplacements. Nous devons investir dans une nouvelle économie efficace et durable.

J'ai hâte que nous évoluions au-delà de cette culture du plein-la-vue et d'effort moins-que-minimum, où il faut que nous ayons chacun notre gros char pour ne pas marcher et bien paraître. Que nous cherchions à mettre fin au gaspillage de ressources et au fatalisme de « on fait ça comme ça parce que c'est comme ça que ça marche, ça serait trop compliqué de changer ». Utilisons notre potentiel pour faire mieux.