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2009.12.09

Le vrai scandale climatique

 

2005-212C--global-warming.gifLes scientifiques s'efforcent de minimiser le scandale de climategate en focusant sur le fait qu'il n'y a pas grand chose qui remet en question la validité de la science. Mais le vrai scandale n'est pas l'archive de mails qui a été exposée, ni la façon dont elle a été volée. C'est plutôt l'évidence qui en émerge de la propagande internationnale , coordonnée pour harceler, intimider et menacer les climatologues,  pénétrer par effraction dans des laboratoires, et semer le doute et la confusion sur la climatologie. Derrière cette propagande, tout un réseau médiatique sophistiqué, incluant des "documentaires" douteux qui visent manifestement à rendre l'opinion publique défavorable aux négociations en cours sur le climat et miner la volonté politique nécessaire au changement. Il semblerait qu'une campagne criminelle, financée par des industriels et des think tanks de droite, s'organise de plus en plus, prète à aller toujours plus loin pour infiltrer des facultés de recherche et voler des données. Du moins, selon James Hoggen, l'auteur de Climate Cover-Up: The Crusade to Deny Global Warming, tel que rapporté dans le Huffington Post et dans le Guardian. Et je partage l'opinion.

Pour ceux qui doutent du consensus scientifique, voici des chiffres: une étude publiée en 2004 dans le magazine Science a analysé 928 recherches publiées dans des journaux scientifiques entre 1993 and 2003 dont le sujet se rapportait aux changements climatiques. Les 928 articles ont été divisé en 6 catégories: ceux qui endossaient explicitement le consensus, ceux qui évaluaient les impacts, ceux qui proposaient des méthodes de mitigation, ceux qui faisaient des analyses paléoclimatiques, et ceux qui rejetaient le consensus. De tous ces travaux, 75% tombaient dans les trois premières catégories, acceptant explicitement ou implicitement le consensus; 25% portaient sur les méthodes d'adaptation ou la paléoclimatologie, ne prenant pas de position sur les changements climatiques anthropogéniques. Aucun des papiers ne rejetait la position consensuelle. Par contre, en 2007, l'American Enterprise Institute offrait 10 000 $ à des scientifiques qui publierait des articles s'opposant aux recherches du GIEC.

Il y a même des sommets alternatifs à la conférence de Copenhague en cours: le Sommet populaire Klimaforum (grassroots) et les Alternativ Klimakonference et Copenhagen Climate Challenge (négationnistes) qui a fait l'objet d'un article dans le Daily Telegraph. On peut suivre un watch des activités de lobbying qui s'y font sur the center for public integrity.

Quant à la suite de climategate, une enquête est en cours. Les emails continuent d'être épluchés. Les négationnistes continuent de sortir leur shnoute et d'interpréter des phrases isolées (ils ont même leur TV), en voici deux bien organisés: Climate Audit de Steve McIntyre, ou le CFACT ($$). Du côté des sceptiques, le DeSmogBlog est une excellente référence, et ils viennent d'annoncer qu'ils ont fait le tour de tous les emails relâchés, et qu'ils vont publier beaucoup d'information là-dessus pour "contredire les prétentions de ceux qui les manipulent pour faire avancer leur propre agenda". D'ailleurs, ils viennent d'en sortir un aujourd'hui qui démontrent que les chercheurs, accusés de tribalisme, partagent volontiers leurs données avec d'autres chercheurs. D'autres blogues intéressants à suivre: Climate Debate Daily, Carbon Fixated, GreenFyre's, et ClimateScienceWatch, qui a fait plusieurs vidéos debunkant la junk science.

Le Huffington Post vient de sortir un article où il fait le lien entre le scandale de Watergate et Climategate, je trouve la conclusion assez inquiétante mais lucide:

An investigation into who is coordinating, funding, and leading a last-ditch effort to stall climate legislation through the use of criminal tactics and a well-funded and coordinated disinformation campaign seems to be beyond the capacity of the field of journalism. An industry so critically wounded by budget and staffing cuts that it is perhaps unable or unwilling to spend the resources or staff time to tackle serious investigative issues, even if the direction of a policy critical to the future development of the global economy depends on the outcome.


Je terminerai en rappellant une technique utile pour suivre les nouvelles beaucoup de sources différentes sans perdre de temps à visiter chaque site séparément: utiliser la syndication RSS.