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2010.05.06

Prioriser la bouffe bio qui fait une différence

http://sinsofgreenwashing.org/?dl_id=18

Not all organic products are considered equal. According to Sonya Lunder, a senior analyst at the research and advocacy organization Environmental Working Group, some fruits and vegetables absorb more pesticides than others.

Shoppers who can only afford to buy some organic food should splurge on the organic version of what she calls the "dirty dozen" in produce: peaches, apples, bell peppers, celery, nectarines, strawberries, cherries, kale, lettuce, imported grapes, carrots and pears. These fruits and vegetables absorb more chemicals than others. Onions, avocados, sweet corn and pineapples are among the Environmental Working Group's "Clean 15" fruits and vegetables, which absorb the least amount of pesticides. For shoppers who selectively buy organic, Lunder suggests splurging on organic meat, cheese, milk and baby food. "Chemicals accumulate in fat," she says. "So products like meat or cheese, which contain large portions of animal fat, may have accumulated antibiotics or pesticides." She also recommends buying organic baby food because

infants eat large amounts of a few types of food. What about products made with grapes and grains, such as wine, beer and bread products? Save your money. Organic pasta, oatmeal, bread and such are made from grains that have been grown without pesticides for three years. But the conventional versions don't have as many chemicals as, say, peaches, so cost-conscious consumers may not want to splurge on those. As for beverages, organic wines lack sulfites, which vintners use to prevent the wines from going sour. Wines without sulfites have a greater chance of spoilage, which may not outweigh whatever benefits come from avoiding the preservatives.

2010.03.19

Le développement de l'industrie des agrocarburants

Entre panacée et poudre aux yeux

agrocarburants5.jpg

Des groupes environnementalistes faisaient jadis la promotion des biocarburants, comme étant une source d'énergie renouvelable pouvant réduire la dépendance au pétrole et être bénéfique pour l'environnement. Plus récemment, on se rend compte que leur développement a des effets secondaires socio-économiques importants, et un bilan environnemental mitigé. Le gouvernement annonce fièrement ses investissements dans cette filière comme si elle était une panacée pour l'énergie verte et le développement durable. Il y a toute une marge entre ces étiquettes et celles de ses opposants qui la qualifient de désastre écologique et humanitaire. Dans quelle mesure les agrocarburants peuvent-ils contribuer à réduire notre dépendance énergétique? Quels bénéfices pour l'environnement, le secteur agricole, et les consommateurs? Leur développement est-il imputable au capitalisme sauvage, à l'intervention étatique électoraliste, ou à un savant mélange des deux? Cet article tentera de faire la lumière sur ces questions.

Des distinctions technologiques

Il y a une distinction importante à faire entre les biocarburants de première génération et ceux de seconde génération. Les premiers font référence à la transformation de matériau simple, comme les glucides, de l'huile végétale ou du gras animal, en carburant, par des technologies conventionnelles. Ces biocarburants sont souvent fait à partir de biomasse expressément produite pour cet usage.

Ceux de deuxième génération transforment des matières résiduelles, ou des cultures non-alimentaires, en carburant, et font appel à des technologies plus avancées. Elles promettent de mettre beaucoup moins de pression sur la demande des aliments et des terres agricoles, et de pouvoir valoriser des matières qui sont autrement des polluants. Les usines de biométhanisation, qui commencent à faire les manchettes, ainsi que la production d'éthanol à partir de résidus forestier ou de panic érigé, sont des exemples de technologie à biocarburant de deuxième génération.

Les biocarburants de troisième génération n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements de recherche fondamentale. Ce sont des procédés utilisant une technologie avancée, qui promettent un retour sur l'investissement énergétique beaucoup plus élevés. Il peut s'agir par exemple d'algues productrices d'huile à haut rendement, d'algues produisant directement de l'éthanol, ou de cultures qui sont conçues de sorte que leurs propriétés se conforment aux besoins du processus de conversion, comme la production d'un maïs contenant de la cellulase (l'enzyme qui dégrade la cellulose, facilitant sa transformation en éthanol). Chose certaine, leur production de masse n'est pas près de voir le jour.

Nous verrons dans cet article que le développement des biocarburants est surtout propulsé par les investissements gouvernementaux aux objectifs discutables, et est axé sur les biocarburants de première génération, avec les limites que tout cela implique.

Les fonds publics au développement des agrocarburants

Le 2 mars dernier était annoncé un nouvel investissement de 80 millions $ dans une usine d'agrocarburant. La subvention à GreenField Ethanol pour augmenter sa production de 120 à 145 millions de litres par an peut paraître généreuse comparé au 18 millions dont l'entreprise a bénéficié pour la construction initiale de cette usine qui a commencé ses opérations début 2007. Ce n'est qu'en avril 2008 que le programme fédéral écoÉnergie pour les biocarburants est entré en vigueur. Le programme, disposant de 1,5 Milliards $ sur 9 ans pour les agrocarburants de première génération, vise à stimuler la production de biocarburants pour répondre à la demande créée artificiellement par le gouvernement avec ses norme de E5 (essence à 5% éthanol) et de B2 (diesel à 2% de biodiesel) pour 2010. Depuis, plusieurs usines de transformation ont bénéficié des investissements de ce programme. Le Ministère des ressources naturelles qui administre le programme a tôt fait de distribuer les subventions, telles que compilées dans le tableau 1.

 

Tableau 1: Investissements du programme écoÉnergie pour les biocarburants

Date

Montant

Province

Ville

Type

Compagnie

10-02-10

79 750 000 $

Québec

Varennes

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-12-17

8 400 000 $

Saskatchewan

Lanigan

usine éthanol

Pound-Maker

09-11-10

77 750 000 $

Saskatchewan

Belle Plaine

usine éthanol

Terra Grain Fuels

09-10-02

110 000 000 $

Ontario

Mooretown

usine éthanol

Suncor

09-09-25

70 000 000 $

Saskatchewan

Lloydminster

usine éthanol

Husky

09-09-25

5 400 000 $

Ontario

mississauga

usine biodiesel

Methes Energies

09-08-31

13 720 000 $

Saskatchewan

Weyburn

usine éthanol

NorAmera Bio Energy

09-08-24

72 800 000 $

Manitoba

Minnedosa

usine éthanol

Husky

09-08-21

72 400 000 $

Ontario

Hamilton

usine biodiesel

BIOX

09-06-19

117 500 000 $

Ontario

Johnstown

usine éthanol

Greenfield Ethanol

09-05-29

19 900 000 $

Alberta

High River

usine biodiesel

Western Biodiesel

09-05-20

84 760 000 $

Ontario

Aylmer

usine éthanol

Integrated Grain Processers

09-04-17

72 800 000 $

Ontario

Chatham

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-15

14 000 000 $

Ontario

Tiverton

usine éthanol

GreenField Ethanol

09-04-08

23 200 000 $

Alberta

Red Deer

usine éthanol

Permolex Ltd

Total

842 380 000 $

 

 

 

 

source: Ressources Naturelles Canada, http://www.nrcan.gc.ca/media/archives-eng.php

 

Le gouvernement ne cachait pas que l'intention derrière ce programme était à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec ses normes en contenu de carburant (E5 en 2010 et B2 en 2012), et créer des « débouchés économiques exceptionnels pour les 61 000 producteurs de grain et de graines oléagineuses du pays1 ».

Les promesses vertes

Selon les données du gouvernement, le gain environnemental de la conversion aux biocarburants est fort important: en tenant compte du cycle de vie complet de l'éthanol, celui-ci générerait 40% moins de GES que son substitut fossile. Cependant, une analyse de cycle de vie réalisée en 2007 a obtenu des résultats franchement différents. Les chercheurs ont calculé le coût énergétique de chaque intrant de la production de maïs, par hectare. Ceux-ci incluent l'amortissement de machinerie, le carburant, la fabrication d'engrais et de pesticides, et le transport moyen. Les coûts énergétiques totaux pour la production de 1 ha de maïs s'élèvent donc à 7 543 kcal. Le rendement de maïs moyen par hectare étant de 8 781 kg, son potentiel énergétique est de 31 612 kcal, un ratio positif de 4,2:1. C'est quand on inclut le coût énergétique de la transformation que ça se corse. Avec l'amortissement de l'usine, l'eau et la vapeur utilisées, l'électricité, et les transports, le coût total par 1000 L d'éthanol est de 7 333 kcal. Or, la valeur énergétique de 1000 L d'éthanol est de 5 130 kcal. Ainsi, 43% plus d'énergie serait dépensée pour produire l'éthanol, que ce qui peut être fournit par la même quantitée.2 On y note au passage que chaque litre d'éthanol produit implique le rejet par l'usine de 12 litres d'eaux usées.

 

Tableau 2: Rendement énergétique de l'éthanol de maïs (kcal)

 

Coût énergétique

Valeur énergétique

Ratio coût:retour

Culture seulement, 1 ha

7 543

31 612

4,2:1

Transformation, 1000 L

7 333

5 130

0,7:1

source: Pimentel, 2004

 

Une autre étude américaine obtient des résultats moins « pessimistes », mais tout de même peu encourageants dans une perspective de développement durable. Selon leurs chiffres, l'éthanol fournit 25% plus d'énergie que ce qui est investi dans sa production. Dans le cas du biodiesel, ce chiffre est de 93%, un ratio de retour d'énergie sur l'énergie investie tout de même inférieur à 2:1. Les auteurs relativisent aussi le potentiel comme substitut au pétrole: selon eux, dédier la totalité de la production américaine de maïs et de soja à la production de biocarburants ne comblerait que 12% et 6% de la demande, respectivement3. Si on fait la même estimation pour le Québec, 20% des besoins en essence seraient comblés par la totalité des superficies de maïs4.

En fait, si l'industrie des biocarburants de première génération se développe autant malgré ce piètre potentiel économique, c'est grâce aux subventions massives octroyées par les gouvernements en manque de réalisations environnementales. Si le gouvernment est prêt à investir pour créer des jobs et améliorer le bilan environnemental, pourquoi ne pas le faire dans des secteurs plus judicieux? Peut-être est-ce l'influence du lobby des producteurs de grains et des raffineurs. Ou encore, peut-être que la logique conservatrice préfère dépenser pour créer une industrie de toute pièce, et laisser les industries déjà en place tranquilles, plutôt que de dépenser dans des actions qui auraient pour effet de limiter les industries jugées importantes. Ça expliquerait pourquoi on développe les agrocarburants au lieu d'investir dans l'efficacité énergétique et de modifier les pratiques de l'industrie pétrolière, et et pourquoi on subventionne les constructeurs automobiles au lieu des transports en commun.

Un des éléments clefs dans cette affaire, c'est que pour développer les biocarburants, le fédéral investit presque uniquement dans la construction d'usines de transformation. Cette industrie comme celle des pétrocarburants, connaît le phénomène d'imbrication des marchés. C'est à dire que le produit final, l'éthanol, n'est pas le même que le produit de départ, la céréale, et l'intermédiaire, le raffineur, a une grande influence. L'instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et les investissements directs dans des usines de transformation ont comme effet d'augmenter fortement la demande de céréales et oléagineux. Même si les mêmes variétés ne sont pas utilisées pour l'alimentation humaine, leur production exploitent la même ressource, la terre agricole, qui, elle est en quantité limitée. L'augmentation de la demande dans un marché où l'offre peut difficilement augmenter résulte en une forte augmentation du prix du produit. Les investissement qui stimulent la demande sans stimuler l'offre des céréales et des terres agricoles mettent une pression à la hausse sur leur prix. Cet effet secondaire du développement des agrocarburants est fortement controversé.

Une critique acerbe

Oxfam International a produit en 2008 un document d'information assez accablant sur les agrocarburants. L'auteur, Robert Bailey, juge que les politiques des pays industrialisés visant à stimuler cette industrie ne font pas partie de la solution pour la crise énergétique, ni la crise climatique, et qu'elle contribue plutôt à la crise alimentaire. On y cite une analyse parue dans Science, qui estime que les émissions de GES indirectes résultant des changements d'affectation des terres confèrent un bilan carbone négatif aux vastes programmes de biocarburants. En effet, les écosystèmes naturels tels que forêts, tourbières, pâturages, zones marécageuses, stockent généralement davantage de carbone que les agroécosystèmes, dans les sols et la végétation. Les grandes monocultures de plantes annuelles ne stockent pas de carbone dans la matière ligneuse, et la travail du sol nuit à sa biomasse et cause l'échappement du carbone. Oxfam suggère qu'il serait beaucoup plus efficcace d'améliorer l'efficience des véhicules pour réduire les GES. L'auteur réitère la futilité d'essayer de remplacer de façon significative la consommation du pétrocarburant par des agrocarburants. Il recommande de retirer les subventions aux agrocarburants de première génération, et d'investir à la place dans la recherche pour les biocarburants de seconde génération, qui n'encouragerait pas la monoculture et ne menacerait pas la sécurité alimentaire. Ils recommande de miser plutôt sur l'efficacité des transport par l'investissement dans le transport en commun, de meilleures politiques de vitesse et de meilleurs standards d'efficience des véhicules. Les technologies de seconde génération devraient être rendues accessibles aux pays en voie de développement (PVD) et le bilan environnemental des bioénergies devraient être évalués rigoureusement par des analyses de cycle de vie.5

La situation chez nous

En 2008, on dénombrait une quinzaine d'usines d'éthanol en opération au Canada, ayant une capacité de production de 1,6 milliards de L par année. Sept sont situées dans les prairies font l'éthanol à partir de blé, et 7 autres en Ontario, transformant le maïs. Au Québec, il n'y aurait que l'usine de Varennes, avec une future capacité de production de 145 millions de L.6

Il existe peu de mesures propres au Québec pour le soutien du secteur, à part des crédits de taxes et impôts. Depuis mars 2006, le gouvernement du Québec rembourse la taxe payée sur les achats de plus de 3 000 litres de B1007. Des crédits d'impôts sont accordés aux (à l') usines d'éthanol lorsque le prix du baril de pétrole est inférieur à 65 $US. À ce jour, la seule usine d'éthanol au Québec est celle de Greenfield, et le marché du pétrole ne lui a jamais permis de profiter de ce crédit.

Bien entendu, les normes fédérales en matière de teneur en biocarburants s'appliquent au Québec. Dans le cas de la norme B2, la demande grimperait à 120 millions de litres de bioediésel, soit 85 millions de plus que la capacité actuelle. La norme E5, fera grimper le besoin en éthanol à 420 millions de L (5% des 8,4 milliards consommés annuellement).

Toutefois, il est reconnu que la monoculture intensive et les intrants chimiques comporte des risques environnementaux, notamment au niveau de la dégradation des sols et de la contamination des cours d'eau. Ces impacts éventuels, ainsi que les bilans énergétiques et carboniques mitiés, retiendraient le gouvernement provincial d'investir dans ce secteur de façon plus importante. 8

La production de biodiesel pour l'autoconsommation offre un potentiel intéressant. Plusieurs ensembles sont vendus sur internet pour effectuer à petite échelle la transestérification, la transformation délicate de l'huile en biodiésel. Cependant, au-delà de la complexité de l'opération même, la production artisanale de biodiesel annule la garantie des fabricants de voitures et de l'équipement agricole.

Ce qui est certain, c'est que le secteur ne se développerait pas par lui-même sans intervention gouvernementale. Même avec les incitatifs actuels, les transformateurs peinent à faire leur place, surtout dans le biodiesel puisque nous sommes encore à deux ans de l'application de la norme B2. La faillite récente de Bio-Diésel Québec, qui blâme la faiblesse des prix sur le marché, en témoigne9.

Un potentiel plus intéressant?

Il existe toutefois des produits et technologies plus prometteurs que l'éthanol de maïs et le biodiesel de canola. L'éthanol cellulosique est une voie qui pourrait avoir de l'avenir à moyen terme. Cette technologie permet de produire de l'éthanol à partir de cellulose, ce qui fait qu'on peut valoriser des résidus agricoles, forestiers et ménagers, ainsi que certaines cultures non alimentaires comme le panic érigé, le saule, et le peuplier hybride.

Toutefois, il existe peu d'incitatifs pour développer ce secteur qui fait face à des défis technologiques importants. Le programme fédéral ÉcoÉnergie a octroyé 500 millions $ au Fonds de biocarburants ProGenMC, administré par la fondation Technologies du développement durable Canada (TDDC),pour la construction d'infrastructures de seconde génération10. En 2007, le gouvernement du Québec a créé la Chaire de recherche industrielle sur l'éthanol cellulosique à l'Université de Sherbrooke. Deux usines de démonstration d'éthanol cellulosique ont également reçu un soutien gouvernemental: Enerkem (Westbury) et CRB Innovation (Bromptonville).11 Ces usines devraient faciliter l'éventuelle implantation d'usines de taille commerciale.

Une des difficultés avec l'éthanol cellulosique est que, bien que sa matière première soit peu dispendieuse, elle est très dispersée, ce qui pose des défis logistiques énormes (comme dans toute l'histoire de la gestion des matières résiduelles). De plus, le processus de l'hydrolyse enzymatique, qui décompose la cellulose, est lent et coûteux, empêchant la rentabilité de l'opération. Des bactéries et enzymes spécifiques plus performantes devront être développées. Il serait possible aussi diminuer le coût de la fermentation en développant des bactéries pour remplacer les levures, qui accéléreraient cette opération et fourniraient un meilleur rendement.12

Des plantes ayant un meilleur potentiel énergétique que le maîs pourraient éventuellement être cultivées pour la production énergétique. Des plantes ligneuses, comme le saule et le peuplier, ainsi que des plantes herbacées comme l'alpiste roseau, le miscanthus géant et le panic érigé ont une croissance rapide, un haut rendement en biomasse et une valeur énergétique élevée, faisant d'eux de bons candidats13.

Le panic érigé est l'exemple d'herbacée à usage énergétique le plus connu. Multifonctionnel, il a le potentiel d'être transformé en granules pour le chauffage, en biogaz, en litière pour animaux, en pâte à papier ou en isolant de maison. Une usine de transformation devrait bientôt ouvrir à Bedford, en Montérégie. Le panic érigé peut être cultivé dans des terres marginales, contaminées ou laissées à l'abandon, et peut même être utilisé dans des bandes riveraines, ce qui signifie qu'elle ferait moins de compétition à la production alimentaire. C'est une plante vivace, donc sa culture ne requiert pas de travail du sol. Son rendement prend deux ou trois ans à démarrer mais peut produire pendant 10 à 15 ans. Son rendement énergétique, à la culture est de 14:1. Il serait beaucoup exporté présentement car la capacité de transformation locale est faible.14 Ses propriétés agronomiques sont également interessantes: elle résiste bien à l'excès ou au manque d'eau, requiert peu d'herbicides, est récolté par la même machinerie que les fourrages, et offre un rendement annuel de 8 à 12 tonnes de matière sèche par hectare, similaire au maïs.15

Le recherche est toujours en cours pour évaluer le potentiel de ces productions énergétiques au Québec. Leur coût énergétique moindre en fait d'éventuels compétiteurs du maïs pour la biomasse à biocarburant. La disponibilité pour les producteurs de l'information et de l'expertise est un enjeu certain dans le développement de ces production, tout comme le besoin, dans le cas de certaines productions, d'avoir recours à une machinerie spécialisée. Par ailleurs, la production de ces cultures ne disposent pas de soutien de l'état, contrairement aux maïs, soya, canola. Cependant, les usines qui transforment l'éthanol à base de maïs ne peuvent être converties de façon économique à la production d'éthanol cellulosique16. Elles ne viendront pas remplacer la production actuelle d'éthanol-maïs, elles peuvent tout au mieux se substituer à son expansion éventuelle.

Conclusion

Le bénéfice net associé au développement rapide des agrocarburants, surtout de première génération est très incertain. Des pays industrialisés, dont le Canada, se sont lancés rapidement, peut-être en réponse à des lobbys envrionnementaux, industriels et agricoles, dans le développement de la capacité de transformation des biocarburants de première génération. Selon les chiffres mis de l'avant ici, le bilan énergétique de ce qui est fait actuellement est loin d'être excellent, tout comme son bilan environnemental global. La capacité de cette filière à éventuellement remplacer le pétrole comme sources principale énergétique est fort improbable. Les biocarburants de deuxième et troisième génération offrent un certain potentiel, mais seulement à long terme, et en supposant que les technologies connaissent des avancées formidables. Il serait peut-être plus judicieux que les investissements dans le secteur aillent davantage au développement de ces technologies plus prometteuses, plutôt que vers l'industrie de agrocarburants de première génération, qui engendre des problèmes socio-économiques et sera éventuellement obsolète. En attendant, il faudrait peut-être mettre en place des règles solides ou des incitatifs au niveau de l'utilisation des terres pour que les cultures énergétiques ne viennent pas compétitioner l'offre alimentaire.

Références

1 Le nouveau plan du gouvernement sur les biocarburants fait deux gagnants : l’environnement et les agriculteurs. 2007. http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?category=1&id=1731

2 Pimentel, D., Patzek, T. et Cecil, G. 2004. Ethanol Production: Energy, Economic, and Environmental Losses. Reviews of Environmental Contamination and Toxicology. 2007;189:25-41.

3 Hill, J. et collab. 2006. Environmental, economic, and energetic costs and benefits of biodiesel and ethanol biofuels. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, Epub 2006 Jul 12.

4 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC029.pdf

5 Bailey, R. Another inconvenient truth. Oxfam International.

6 CRAAQ, 2008. La production d'éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

7 CRAAQ, 2008. La production de biodiesel à partir de cultures oléagineuses [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC031.pdf

8 CRAAQ, 2008, La production d’éthanol à partir de grains de maïs et de céréales

11 Renaud, R. Nouvelle Chaire de recherche industrielle en éthanol cellulosique. Liaison, vol.41 No.19 [en ligne] http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html

12 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique [en ligne] http://www.craaq.qc.ca/data/DOCUMENTS/EVC030.pdf

13 Ibid.

14 Chauvette, Sam. Chronique radio du 28 janvier 2008. Rotation de cultures: les biocarburants. [en ligne] www.chyz.ca/emissions/le-brunch/

15 CRAAQ, 2008. La production d’éthanol à partir de matière lignocellulosique

16 Ibid.

2009.02.03

Agriculture urbaine industrielle

Un reportage vidéo vraiment intéressant de la semaine verte sur des visionnaires qui travaillent sur des projets de gratte-ciels agricoles.

C'est clair que des systèmes comme ça seraient incroyablement voraces en ressources: installations, énergie, main-d'oeuvre et matières premières (eau!).

Le site web du principal instigateur du concept, Dickson Despommiers: Vertical Farm

Il y a quelque chose dans cette approche qui me semble mal réfléchi. Dans le reportage et sur le site, on introduit l'idée en disant « En 2050, on sera 8 milliards sur la terre et 80% de ce monde là sera en ville. On aura pas assez de terre pour nourrir tout le monde ». Autrement dit, on va juste laisser notre population exploser comme des imbéciles et après ça on va développer des moyens monstrueux pour essayer de maintenir notre démesure? Ça serait pas plus sage et lucide de limiter la croissance de la population à la place?

Principe écologique de base: quand une population devient trop imposante pour ce que l'écosystème est capable de supporter, il s'ensuit un déclin de la population dû à:

  • une augmentation de la prédation et des parasites
  • des famines
  • l'entretuage des individus de l'espèce par compétition pour les ressources

lemmings.jpgToutes des choses en train d'arriver au monde humain, même si les peuples riches y échappent grâce au système économique qui leur garantit la victoire dans la guerre aux ressources. Mais c'est pas parce qu'on est supposément dotés d'intelligence et qu'on a des technologies qu'on va échapper aux lois de la nature. Est-ce qu'on a un minimum d'intelligence et de self-control pour modérer la course aux richesses, la croissance de nos populations et le gaspillage, ou est-ce qu'on va continuer à courir droit devant à l'aveugle comme des lemmings?