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2010.02.20

hiver 2010 à Québec: comparaison avec la normale

 

L'hiver qu'on connaît à Québec étant exceptionnellement doux, j'ai fait la comparaison à partir des données d'envirocan entre les normales et les températures de cette année pour décembre et janvier.

Météo observée cet hiver comparée à la normale

Minimum quotidien
Moyenne Maximum quotidien
Neige cm
Pluie mm
Precipitation mm
Décembre normale
-13,4 -9,1 * -4,8 77,7
29,5
104,4
Janvier normale
-17,6 -12,8 * -7,9
72,9
26,1
89,8
Décembre 2009
-10,4 -7,2
-3,9
n/d
n/d 127,8
Janvier 2010
-11,3 -7,6 -3,9 n/d n/d 77,2

* l'écart type est de 3 et 2,7 respectivement  pour décembre et janvier

Ce qu'on peut observer empiriquement est que pour le mois de décembre on était entre 1 et 3 degrés au dessus de la normale, ce qui reste à l'intérieur de l'écart type, mais pour le mois de janvier, on est nettement au-dessus, de 4 à 6,3 degrés. Ça aurait été intéressant de connaître les précipitations en pluie/neige, mais les données n'étaient pas disponibles. On peut noter aussi que les hausses de températures affectent surtout les minimums, comme si y avait un tampon à froids extrêmes au lieu d'avoir une hausse uniforme. Évidemment, ce ne sont que des observations empiriques sur un seul endroit pour une petite période...

Un article récent sur cyberpresse faisait aussi état de l'anomalie météorologique sur la côte-nord.

2010.01.14

actualité énergie & CC

Quelques nouvelles attiré mon attention dans l'actu sur l'énergie et les changements climatiques:

Fusion is energy's future (présentation de Steven Cowley à TED Talk)
Physicist Steven Cowley is certain that nuclear fusion is the only truly sustainable solution to the fuel crisis. He explains why fusion will work -- and details the projects that he and many others have devoted their lives to, working against the clock to create a new source of energy.

Why energy efficiency means higher consumption (Jeff Rubin , Globe and Mail)
Disons qu'il parle de l'effet rebond et l'effet revenu dans un langage commun

A massive public investment in obsolescence
(Jeff Rubin , Globe and Mail)
As North American taxpayers take a look at the gleaming new models on display at Detroit’s auto show this week, they might well ask themselves just why they poured billions of dollars into saving GM and Chrysler when no one else would.

GES: les automobilistes sont aussi à blâmer (Lauren Krugel, la Presse)
Le Conference Board du Canada estime que l'exploitation des sables bitumineux en Alberta ne devrait pas être clouée au pilori pour la pauvre performance du Canada en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES).

GES: les normes de Québec en vigueur à la mi-janvier
(Lise Millette, La Presse)
À compter du 14 janvier 2010, les constructeurs automobiles devront se conformer à un nouveau règlement détaillant des normes plus contraignantes en matière d'émissions de gaz à effet de serre (GES).

Sarkozy présentera une nouvelle taxe carbone (Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir)
La Suède fixe le prix de sa propre taxe à 162 $ la tonne

Climat: l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays pauvres (AFP, La Presse)
Les pays de l'Union européenne ont décidé vendredi de verser une aide de 7,2 milliards d'euros sur trois ans aux pays pauvres pour les aider à faire face à l'impact du réchauffement climatique, dans l'espoir de favoriser un accord à la conférence de Copenhague.

2009.12.10

Un tampon à GES naturel

climate.2009.119-i1.jpgUn article dans Nature révèle qu'une masse de phytoplancton assez imposante s'est développé dans les surfaces libérées autour de l'Antarctique depuis 50 ans. Les chercheurs estiment que l'efflorescence capte 3,5 millions de tonnes de carbone par année, dont 700 000 t finissent entreposés dans le fond marin. Ce puit de carbone, permis grâce au retrait de la couverture glaciaire de l'arctique, fait donc office de tampon (buffer) à effet de serre, on peut également parler de feedback négatif. Bien qu'elle capte autant de carbone que 6 à 17 000 hectares de forêt tropicale humide, c'est tout de même insignifiant sur les quelques 8 milliards de tonnes / année rejetées annuellement par l'homme...

 

Source:

Nature Reports Climate Change
Published online: 19 November 2009 | doi:10.1038/climate.2009.119

New shores for sinks

Olive Heffernan

2009.12.09

Le vrai scandale climatique

 

2005-212C--global-warming.gifLes scientifiques s'efforcent de minimiser le scandale de climategate en focusant sur le fait qu'il n'y a pas grand chose qui remet en question la validité de la science. Mais le vrai scandale n'est pas l'archive de mails qui a été exposée, ni la façon dont elle a été volée. C'est plutôt l'évidence qui en émerge de la propagande internationnale , coordonnée pour harceler, intimider et menacer les climatologues,  pénétrer par effraction dans des laboratoires, et semer le doute et la confusion sur la climatologie. Derrière cette propagande, tout un réseau médiatique sophistiqué, incluant des "documentaires" douteux qui visent manifestement à rendre l'opinion publique défavorable aux négociations en cours sur le climat et miner la volonté politique nécessaire au changement. Il semblerait qu'une campagne criminelle, financée par des industriels et des think tanks de droite, s'organise de plus en plus, prète à aller toujours plus loin pour infiltrer des facultés de recherche et voler des données. Du moins, selon James Hoggen, l'auteur de Climate Cover-Up: The Crusade to Deny Global Warming, tel que rapporté dans le Huffington Post et dans le Guardian. Et je partage l'opinion.

Pour ceux qui doutent du consensus scientifique, voici des chiffres: une étude publiée en 2004 dans le magazine Science a analysé 928 recherches publiées dans des journaux scientifiques entre 1993 and 2003 dont le sujet se rapportait aux changements climatiques. Les 928 articles ont été divisé en 6 catégories: ceux qui endossaient explicitement le consensus, ceux qui évaluaient les impacts, ceux qui proposaient des méthodes de mitigation, ceux qui faisaient des analyses paléoclimatiques, et ceux qui rejetaient le consensus. De tous ces travaux, 75% tombaient dans les trois premières catégories, acceptant explicitement ou implicitement le consensus; 25% portaient sur les méthodes d'adaptation ou la paléoclimatologie, ne prenant pas de position sur les changements climatiques anthropogéniques. Aucun des papiers ne rejetait la position consensuelle. Par contre, en 2007, l'American Enterprise Institute offrait 10 000 $ à des scientifiques qui publierait des articles s'opposant aux recherches du GIEC.

Il y a même des sommets alternatifs à la conférence de Copenhague en cours: le Sommet populaire Klimaforum (grassroots) et les Alternativ Klimakonference et Copenhagen Climate Challenge (négationnistes) qui a fait l'objet d'un article dans le Daily Telegraph. On peut suivre un watch des activités de lobbying qui s'y font sur the center for public integrity.

Quant à la suite de climategate, une enquête est en cours. Les emails continuent d'être épluchés. Les négationnistes continuent de sortir leur shnoute et d'interpréter des phrases isolées (ils ont même leur TV), en voici deux bien organisés: Climate Audit de Steve McIntyre, ou le CFACT ($$). Du côté des sceptiques, le DeSmogBlog est une excellente référence, et ils viennent d'annoncer qu'ils ont fait le tour de tous les emails relâchés, et qu'ils vont publier beaucoup d'information là-dessus pour "contredire les prétentions de ceux qui les manipulent pour faire avancer leur propre agenda". D'ailleurs, ils viennent d'en sortir un aujourd'hui qui démontrent que les chercheurs, accusés de tribalisme, partagent volontiers leurs données avec d'autres chercheurs. D'autres blogues intéressants à suivre: Climate Debate Daily, Carbon Fixated, GreenFyre's, et ClimateScienceWatch, qui a fait plusieurs vidéos debunkant la junk science.

Le Huffington Post vient de sortir un article où il fait le lien entre le scandale de Watergate et Climategate, je trouve la conclusion assez inquiétante mais lucide:

An investigation into who is coordinating, funding, and leading a last-ditch effort to stall climate legislation through the use of criminal tactics and a well-funded and coordinated disinformation campaign seems to be beyond the capacity of the field of journalism. An industry so critically wounded by budget and staffing cuts that it is perhaps unable or unwilling to spend the resources or staff time to tackle serious investigative issues, even if the direction of a policy critical to the future development of the global economy depends on the outcome.


Je terminerai en rappellant une technique utile pour suivre les nouvelles beaucoup de sources différentes sans perdre de temps à visiter chaque site séparément: utiliser la syndication RSS.

2009.11.24

"Arnaque climatique": un peu de rigueur intellectuelle, tout le monde!

Les médias capotent à cause d'un email "compromettant" datant des années 90 où un climatologue fait référence à un "trick" pour "dissimuler le déclin de température", ce qui constitue pour les négationnistes climatiques une preuve solide que la science climatiques est biaisée.

La plupart des journalistes se contentent de rapporter les commentaires qui fusent à gauche et à droite, sans essayer de comprendre la texte à la source, ce qui a comme résultat de mettre dans la tête de tout le monde que la rigueur scientifique des climatologues est remise en question.

Le site web de climatologie realclimate.org a pourtant bien expliqué le contexte du email. Quand on fait une reconstitution des températures à partir des cernes d'arbres, on obtient une divergence entre les données observées dans la réalité depuis les années 60, qui indiquent un réchauffement, et les données obtenues par dendrochronologie, qui elles indiquent un déclin de températures. Donc pour que son modèle réflète davantage la réalité il a remplacé les données obtenues des cernes d'arbres (indiquant un déclin) par les données observées dans la réalité (qui indiquent un réchauffement) afin que le modèle travaille avec des chiffres plus fiables, qui réflètent davantage la réalité.
Donc on a "dissimulé" un déclin qui n'était pas réel mais était le résultats d'analyses spécifiques que les scientifiques savent n'être pas fiables, et on a remplacé ce déclin par les données observées, qui elles indiquent un réchauffement, ce qui est plus conforme à la réalité que les données des cernes d'arbres parce qu'observé directement.

 

De plus, personne ne pointe du doigt le problème plus grave, qui est que les négationistes n'hésitent plus à avoir recours à des activités criminelles (le piratage de serveurs) pour essayer de récupérer quoi que ce soit qui puissent les aider à faire passer leur propagande. Ils se servent de bouts de phrases isolées pour remettre en question la science et plonger le monde dans plus d'hésitation et d'immobilisme face aux enjeux importants. Pas étonnant que la plupart des autoproclamés "sceptiques" sont des conservateurs chrétiens, ça semble être bel et bien le retour en force de l'obscurantisme religieux.

2009.11.23

un gros coup

Les négationnistes viennent de réussir un gros coup, ils ont hacké le réseau d'une organisation de recherche sur le climat et ont "révélé" des emails qui prouveraient que la recherche sur le climat est falsifiée et que les climatologistes comploteraient pour museler les "sceptiques"...

déjà sur les sites conspirationnistes ils parlent juste de ça, évidemment en exagérant et déformant tout:
"The hacked documents and communications reveal how top scientists conspired to falsify data in the face of declining global temperatures in order to prop up the premise that man-made factors are driving climate change. Others illustrate how they embarked on a venomous and coordinated campaign to ostracize climate skeptics and use their influence to keep dissenting reports from appearing in peer-reviewed journals, as well as using cronyism to avoid compliance with Freedom of Information Act requests." (Prison planet)

Je vois pas comment des documents hackés peuvent constituer preuve contre quoi que ce soit, le problème c'est que ça va être récupéré en sale...

L'histoire a fait éclater des articles dans toute la communauté, entre autres skepticalscience.com:

What do the hacked CRU emails tell us?

Earlier this week, the servers at the University of East Anglia were illegally hacked. Emails dating back to 1996 were stolen and leaked onto the web. Phil Jones, the director of the Climate Research Unit, has confirmed the emails are not forgeries although there is over 60Mb worth of material - they can't guarantee all of it is genuine. What does it all mean? Michelle Malkin labels it the global warming scandal of the century (of course the century is only 9 years old but even 'scandal of the decade' would be no mean feat). James Delingpole at the UK Telegraph claims the emails are the final nail in the coffin of 'Anthropogenic Global Warming'? So just what do these emails tell us?

Some of the emails must be embarrassing for the authors. One email responds in poor taste to the death of a well known skeptic. There's scathing discussion of skeptics such as Steve McIntyre and Roger Pielke, including imaginings of violence. However, the crucial question is whether these emails reveal that climate data has been falsified. The most quoted email is from Phil Jones discussing paleo-data used to reconstruct past temperatures (emphasis mine):

"I've just completed Mike's Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) and from 1961 for Keith's to hide the decline."

What do the suggestive "tricks" and "hiding the decline" mean? Is this evidence of a nefarious climate conspiracy? "Mike's Nature trick" refers to the paper Global-scale temperature patterns and climate forcing over the past six centuries (Mann 1998), published in Nature by lead author Michael Mann. The "trick" is the technique of plotting recent instrumental data along with the reconstructed data. This places recent global warming trends in the context of temperature changes over longer time scales.

The "decline" refers to the "divergence problem". This is where tree ring proxies diverge from modern instrumental temperature records after 1960. The divergence problem is discussed as early as 1998, suggesting a change in the sensitivity of tree growth to temperature in recent decades (Briffa 1998). It is also examined more recently in Wilmking 2008 which explores techniques in eliminating the divergence problem. So when you look at Phil Jone's email in the context of the science discussed, it is not the schemings of a climate conspiracy but technical discussions of data handling techniques available in the peer reviewed literature.

In the skeptic blogosphere, there is a disproportionate preoccupation with one small aspect of climate science - proxy record reconstructions of past climate (or even worse, ad hominem attacks on the scientists who perform these proxy reconstructions). This serves to distract from the physical realities currently being observed. Humans are raising CO2 levels. We're observing an enhanced greenhouse effect. The planet is still accumulating heat. What are the consequences of our climate's energy imbalance? Sea levels rise is accelerating. Greenland ice loss is accelerating. Arctic ice loss is accelerating. Globally, glacier ice loss is acceleratingAntarctic ice loss is accelerating.

When you read through the many global warming skeptic arguments, a pattern emerges. Each skeptic argument misleads by focusing on one small piece of the puzzle while ignoring the broader picture. To focus on a few suggestive emails while ignoring the wealth of empirical evidence for manmade global warming is yet another repeat of this tactic.

***
un des commentaires qui m'a fait sourire:
This is pathetic. "Skeptics" have declared that anything goes. It would be of course equally low to hack McIntyre or Watts' personal e-mails, and those of the think tanks and industries hostile to action. Yet I can't help to think it would only be equitable to have all their dirt posted on the internet as well. Just to see who's really more dishonest in the whole "debate."


The CRU hack, realclimate.org

As many of you will be aware, a large number of emails from the Climate Research Unit (CRU) at the University of East Anglia webmail server were hacked recently (Despite some confusion generated by Anthony Watts, this has absolutely nothing to do with the Hadley Centre which is a completely separate institution). As people are also no doubt aware the breaking into of computers and releasing private information is illegal, and regardless of how they were obtained, posting private correspondence without permission is unethical. We therefore aren’t going to post any of the emails here. We were made aware of the existence of this archive last Tuesday morning when the hackers attempted to upload it to RealClimate, and we notified CRU of their possible security breach later that day.

Nonetheless, these emails (a presumably careful selection of (possibly edited?) correspondence dating back to 1996 and as recently as Nov 12) are being widely circulated, and therefore require some comment. Some of them involve people here (and the archive includes the first RealClimate email we ever sent out to colleagues) and include discussions we’ve had with the CRU folk on topics related to the surface temperature record and some paleo-related issues, mainly to ensure that posting were accurate.

Since emails are normally intended to be private, people writing them are, shall we say, somewhat freer in expressing themselves than they would in a public statement. For instance, we are sure it comes as no shock to know that many scientists do not hold Steve McIntyre in high regard. Nor that a large group of them thought that the Soon and Baliunas (2003), Douglass et al (2008) or McClean et al (2009) papers were not very good (to say the least) and should not have been published. These sentiments have been made abundantly clear in the literature (though possibly less bluntly).

More interesting is what is not contained in the emails. There is no evidence of any worldwide conspiracy, no mention of George Soros nefariously funding climate research, no grand plan to ‘get rid of the MWP’, no admission that global warming is a hoax, no evidence of the falsifying of data, and no ‘marching orders’ from our socialist/communist/vegetarian overlords. The truly paranoid will put this down to the hackers also being in on the plot though.

Instead, there is a peek into how scientists actually interact and the conflicts show that the community is a far cry from the monolith that is sometimes imagined. People working constructively to improve joint publications; scientists who are friendly and agree on many of the big picture issues, disagreeing at times about details and engaging in ‘robust’ discussions; Scientists expressing frustration at the misrepresentation of their work in politicized arenas and complaining when media reports get it wrong; Scientists resenting the time they have to take out of their research to deal with over-hyped nonsense. None of this should be shocking.

It’s obvious that the noise-generating components of the blogosphere will generate a lot of noise about this. but it’s important to remember that science doesn’t work because people are polite at all times. Gravity isn’t a useful theory because Newton was a nice person. QED isn’t powerful because Feynman was respectful of other people around him. Science works because different groups go about trying to find the best approximations of the truth, and are generally very competitive about that. That the same scientists can still all agree on the wording of an IPCC chapter for instance is thus even more remarkable.

No doubt, instances of cherry-picked and poorly-worded “gotcha” phrases will be pulled out of context. One example is worth mentioning quickly. Phil Jones in discussing the presentation of temperature reconstructions stated that “I’ve just completed Mike’s Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) and from 1961 for Keith’s to hide the decline.” The paper in question is the Mann, Bradley and Hughes (1998) Nature paper on the original multiproxy temperature reconstruction, and the ‘trick’ is just to plot the instrumental records along with reconstruction so that the context of the recent warming is clear. Scientists often use the term “trick” to refer to a “a good way to deal with a problem”, rather than something that is “secret”, and so there is nothing problematic in this at all. As for the ‘decline’, it is well known that Keith Briffa’s maximum latewood tree ring density proxy diverges from the temperature records after 1960 (this is more commonly known as the “divergence problem”–see e.g. the recent discussion in this paper) and has been discussed in the literature since Briffa et al in Nature in 1998 (Nature, 391, 678-682). Those authors have always recommend not using the post 1960 part of their reconstruction, and so while ‘hiding’ is probably a poor choice of words (since it is ‘hidden’ in plain sight), not using the data in the plot is completely appropriate, as is further research to understand why this happens.

The timing of this particular episode is probably not coincidental. But if cherry-picked out-of-context phrases from stolen personal emails is the only response to the weight of the scientific evidence for the human influence on climate change, then there probably isn’t much to it.

There are of course lessons to be learned. Clearly no-one would have gone to this trouble if the academic object of study was the mating habits of European butterflies. That community’s internal discussions are probably safe from the public eye. But it is important to remember that emails do seem to exist forever, and that there is always a chance that they will be inadvertently released. Most people do not act as if this is true, but they probably should.

It is tempting to point fingers and declare that people should not have been so open with their thoughts, but who amongst us would really be happy to have all of their email made public?

 


 

Autres liens qui font un compte-rendu lucide de la patente:

http://greenfyre.wordpress.com/2009/11/21/cru-hack-time-t...
http://www.grist.org/article/2009-11-20-skeptics-claim-gl...
http://www.sindark.com/2009/11/23/the-climatic-research-u...
http://www.desmogblog.com/climate-contrarians-spinning-ha...
*******
Aussi à lire:

Le commentaire récent d'un coprésident du GIEC sur les négationnistes
Un article de l'excellent site carbonfixated.com qui explique les prétendus "450 peer-review papers skeptical of global warming" sont de la bullshit.
Un autre article amusant sur carbonfixated décrit comment avec la même stratégie on peut discréditer des lois de la physique de base

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.10.19

Agriculture et changements climatiques

Les changements climatiques représentent un nouveau facteur s'ajoutant à la dynamique du secteur agricole, avec lequel nous devrons composer dans les années à venir. Ces changements sont principalement dûs à l'augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre (GES), augmentation due surtout aux émissions d'origine anthropique. Au niveau mondial, l'agriculture serait responsable d'environ 14% des émissions de GES, et les pays en développement pourrait connaître un déclin de 9 à 21% de leur productivité agricole potentielle à cause du réchauffement de la planète. (FAO, 2009)

Comment le mégaphénomène planétaire pourrait affecter l'agriculture québécoise? Le phénomène nous affecte à trois niveaux:

  • Les impacts: quelles sont les conséquences physiques sur nos vies et nos conditions de productions?
  • L'adaptation: quelles sont les façons de s'adapter à ces nouvelles conditions?
  • La mitigation: de quelles façons pouvons nous participer à limiter les futurs dégâts en limitant les émissions de GES responsables des changements climatiques?


Impacts
Bien qu'il est difficile d'attribuer chaque événement climatique inhabituel aux changements climatiques d'origine anthropique, on peut supposer que plusieurs conditions météorologiques extrêmes vécues récemment auront davantage de chances de se mutliplier à l'avenir.
Les degrés-jours de croissance auraient augmenté de 4% à 20% entre 1960 et 2003 dans l'ouest et le centre du Québec méridionale. (Bourque et Simonet, 2008). L'augmentation des indices thermiques et de la durée de la saison de croissance auraient un impact bénéfique pour le maïs, le soya, les céréales du printemps et les plantes fourragères, tandis que l'orge serait défavorisée. Toutefois, la probabilité de stress hydrique devrait être accrue puisque les températures généralement plus élevées devraient augmenter l'évaporation.
Les changements de régularité, d'intensité et de ratio pluie/neige des précipirations risquent de survenir. Les productions horicoles, quant à elles, étant particulièrement sensibles aux stress thermiques et hydriques seraient perdantes, et on peut supposer un impact négatif sur les productions animales: à titre d'exemple, 500 000 volailles furent tuées par une vague de chaleur en juillet 2002, malgré les systèmes de ventilation modernes. En dehors de la saison de croissance, une diminution de la couverture de neige et l'augmentation des pluies hivernales risquent notamment d'augmenter la mortalité  des plantes fourragères.
En contrepartie, des hivers généralement moins rudes pourraient diminuer les besoins de chauffage dans les poulaillers et porcheries. Des modifications au niveau des populations d'agents pathogènes, de plantes adventices et d'insectes sont probables.

Adaptation

"Des mesures d’adaptation seront éventuellement nécessaires pour atténuer les répercussions des changements climatiques sur les activités agricoles au Québec. Ces mesures pourraient notamment prendre la forme de stratégies visant à régler les pénuries d’eau, de même que l’introduction de nouvelles espèces et d’espèces hybrides, qui sont plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur. " (Québec, 2007) En outre, les dates des semis et des récoltes et les choix de cultivars devront être adaptées et les agronomes devront probablement apprendre à reconnaître  nouveaux ravageurs.

Le Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture (2003) recommande quelques stratégies d'adaptation, entre autres:

  • la diversification des variétés cultivées et des sources de revenus des fermes;
  • l'amélioration de la qualité des sols de façon à renforcir sa tolérance à la sécheresse;
  • l'amélioration des pratiques de travail du sol pour réduire l'érosion, améliorer la rétention d'humidité, et minimiser la compaction;
  • l'utilisation de systèmes d'irrigation plus efficients.

Les changements climatiques peuvent aussi offrir des nouvelles possibilités de développement de nouvelles cultures, non sans un certain risque dû à l'instabilité grandissante du climat.

Il est à noter que chez nous, peu de recherche ne semble être en cours en ce moment pour évaluer les possibilités d'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques. Le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation, auquel AAC réfère, a fermé son volet agriculture en 2007. Le centre Ouranos, principale organisation de recherche sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques au Québec, a un volet agriculture qui a comme objectif de "développer des outils d’analyse climatique afin de favoriser davantage l'intégration des concepts climatiques dans la gestion des risques en agriculture". (http://www.ouranos.ca/)
Généralement, faire usage des pratiques agronomiques les plus optimales devrait devenir de plus en plus essentiel ("timing", rotation de cultures, irrigation efficiente, conservation des sols, engrais verts et couvre-sols, amélioration génétique, bon choix de variété, etc), et le support financier, notamment en terme d'assurance météo, devrait être au rendez-vous.

Mitigation
Il est nécessaire pour limiter les dégâts d'entreprendre rapidement des efforts importants d'atténuation des changements climatiques. De façon générale, diverses stratégies en termes de politiques publiques sont à notre disposition pour réaliser des réductions d'émissions de GES: fiscalité verte, crédits compensatoires, et investissements publics.
La fiscalité verte consiste à imposer une taxe sur les externalités (l'externalité étant un impact généré par un agent économique qui est subi par d'autres). Par exemple, une taxe carbone vient créer un incitatif pour réduire la consommation d'énergies responsables des émissions. Économiquement, c'est une stratégie qui s'intègre bien au marché libre, car elle n'intervient pas autrement que comme incitatif. Pour éviter l'inflation, il suffit de rendre la taxe fiscalement neutre en réduisant les taxes sur les impôts du même ordre. La taxe carbone a alors comme résultat de rendre les alternatives moins fortement émetrices plus compétitives par rapport à la consommation d'hydrocarbures.
Le crédit compensatoire est un système à plus grande ingérence sur le marché. Elle consiste à fixer un plafond d'émission (surtout pour les industries) au delà duquel une compagnie est forcée d'acheter des crédits de carbones. Le plafond de réduction des industries est calculé en fonction de l'objectif global de réduction. Les crédits de carbone sont généré par d'autres industries qui n'utilisent pas tout leur quota, et par des activités de captage de carbone comme le reboisement, et les crédits s'échangent sur une bourse du carbone.
Les investissements publics est probablement la stratégie la plus simple pour les gouvernements (et la seule à avoir été utilisée chez nous). Elle consiste à dépenser l'argent de l'état pour financer directement des efforts de réduction, pour des programmes d'efficacité énergétique, pour la R&D dans les énergies vertes ou pour des projets de captage. Au Canada, beaucoup d'investissements "verts" vont dans la recherche au captage de carbone et aux usines d'éthanol (presque 1 milliard $ en 2009). Les agrocarburants *peuvent* devenir une voie intéressante de production d'énergie écologiquement saine, à condition que le retour sur l'investissement en énergie soit d'un niveau suffisament intéressant, ce qui n'est pas le cas avec le maïs. De plus, le type d'action que le gouvernement prend (instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et investissements directs dans des usines de transformation) a pour effet d'augmenter la demande sur les grandes cultures, sans qu'il y ait une augmentation de l'offre, ayant comme conséquence une augmentation des prix pour augmenter la quantité offerte, ce qui contribue à la "crise alimentaire". Pour contrer cet effet, il faudrait que l'offre totale augmente, et pas seulement la quantité offerte. Pour ce faire, des changements structurels doivent avoir lieu comme des économies d'échelle ou des nouvelles technologies.
Selon Agriculture Canada,

Au Canada, le secteur agricole est responsable d'environ 10 % des émissions de GES, sans compter les émissions provenant de la consommation de carburant et de la production d'engrais (AAC, 2007). Ce ratio est de 7,5% pour le Québec. (Québec, 2009)
Les activités agricoles émettent ces GES: l'oxyde nitreux provenant de l'utilisation d'engrais et de fumier, le méthane, émis par la digestion du bétail, et le CO2 émis par le travail du sol (AAC, 2007). Diverses stratégies peuvent contribuer à réduire les émissions de GES ou à stocker du carbone:

  • Limiter la décomposition de la matière organique du sol. Le travail du sol entraînant une perte supérieure de matière organique du sol, les techniques à travail réduit comme le semis direct sont généralement un progrès dans ce domaine, en plus de contribuer à la qualité du sol.
  • Stocker le carbone. L'agroforesterie, l'utilisation de cultures couvre-sols, la culture intercalaire d'engrais verts, et l'utilisation de plantes fourragères vivaces peuvent y contribuer. Une gestion du fumier optimale permet également d'augmenter la quantité de matière organique dans le  sol.
  • Réduire les émissions d'oxyde nitreux. "L'application d'engrais aux bons moments, l'utilisation d'inhibiteurs de l'uréase et la réduction des pertes d'engrais par lessivage, ruissellement et érosion accroît l'assimilation d'engrais par les plantes et réduit les émissions d'oxyde nitreux." (AAC,2007). L'utilisation de la fixation biologique de l'azote peut aussi être davantage utilisée pour remplacer les fertilisants synthétiques.
  • Réduire les intrants énergétiques. Utiliser la machinerie appropriée, des technologies plus efficaces et les économies d'échelle devraient permettre de faire une utilisation plus optimale de la machinerie. De l'éducation peut aussi probablement être faite pour faire une utilisation plus raisonnée de la machinerie agricole. La réduction de la distance des transports dans la chaîne agroalimentaire pourrait également contribuer, en supposant que la consommation prenne un virage local significatif.
  • Des pratiques d’alimentation animale peuvent diminuer les émissions de GES. Par exemple, l'introduction de lin à l'alimentation du bétail comme source d'omega-3 permet de diminuer leurs émissions de méthane.


Mot de la fin
Il ne faut pas tomber dans le piège du mauvais calcul de risque en sous⁻estimant l'importance des changements climatiques sous prétexte qu'ils pourraient comporter certains avantages. Il faut éviter aussi l'impasse du cynisme en s'imaginant que ça arrivera de toute façon et que ça ne vaut pas la peine d'essayer de changer les choses. L'inaction des pays industrialisés, qui ont la responsabilité historique de la majeure partie des GES supplémentaire de l'atmosphère, est moralement indéfendable. Une attitude participative et coopérative est nécessaire de la part de tous pour relever le défi de notre génération. Et puisque chacun a des avantages financiers à court terme à ne pas investir pour "verdir" son économie, il est selon moi nécessaire qu'il y ait une coordination "top-down" qui vienne dicter les règles du jeux, n'en déplaise aux conspirationnistes. Ces  règles devront être équilibrées et équitables pour tous: permettre aux pays industriels d'être sainement concurrentiels, et permettre aux pays en développement de se développer.

Sources
FAO, 2009. "Climate change and bioenergy challenges for food and agriculture"
Bourque, A. et G. Simonet, 2008. « Québec », dans Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007, D.S. Lemmen, F.J. Warren, J. Lacroix et E. Bush (éditeurs), Gouvernement du Canada, Ottawa (Ontario), pp. 171-226.
The Center for International Earth Science Information Network, http://www.ciesin.org/TG/AG/AG-home.html
Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture, 2003. "Meeting the challenges of climate change"
Gouvernement du Québec, 2007. "Plan d'action concerté sur l'agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse". MAPAQ-MDDEP-UPA
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Changements climatiques". http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Pratiques de gestion bénéfiques pour l'air" http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Gouvernement du Québec, 2009. "Le Québec et les changements climatiques"

2009.04.19

Face à la montée des eaux, les Maldives cherchent des terres d'accueil

LE MONDE | 16.04.09

(...)

"Ne soyons pas naïfs et préparons-nous au scénario du pire", avertit Mohammed Aslam, le ministre de l'environnement. Le pire, c'est l'engloutissement à venir de l'archipel sous l'effet de la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique. Cette angoisse taraude les dirigeants maldiviens depuis que certaines études, en particulier les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ont commencé à tirer la sonnette d'alarme.

"C'est pour nous une question de survie", précise Amjad Abdullah, le directeur général du ministère. Le nouveau président des Maldives, Mohamed Anni Nasheed, élu en octobre 2008, a annoncé, au lendemain de son investiture, la création d'un fonds souverain destiné à acheter des terres dans les Etats voisins. Cette annonce a deux objectifs : sensibiliser la communauté internationale et, surtout, trouver une terre d'accueil pour les réfugiés climatiques que risquent de devenir un jour les Maldiviens. (...)

Voilà plus de deux décennies que l'archipel vit au rythme d'inquiétants phénomènes "exceptionnels". Il y eut d'abord le raz-de-marée de 1987, qui inonda une partie de Malé et causa un choc profond dans la population. Puis le phénomène climatique El Niño, qui provoqua, en 1998, un blanchissement massif des coraux : 90 % de ceux situés à moins de 15 mètres de profondeur périrent. Enfin, le tsunami de décembre 2004 frappa sévèrement l'archipel, détruisant deux îles, imposant l'évacuation de six autres, et le déplacement de près de 4 000 personnes (sur 280 000 habitants).

ANGOISSE EXISTENTIELLE

"Les événements extrêmes tendent à provoquer de plus en plus de dégâts", constate Shiham Adam, directeur du Centre de recherche sur la mer de Malé. La fragilité de l'archipel tient à sa configuration : pour 80 %, sa surface terrestre est située à moins d'un mètre au-dessus du niveau de la mer. Si les prédictions des experts du GIEC se révèlent exactes, une partie des atolls maldiviens n'y résistera pas.

(...)

"Le problème du réchauffement climatique, ce n'est pas tant la montée des eaux que la mort des coraux", estime Thomas Leber, un expert d'un bureau d'études environnementales. Car l'acidification des océans provoquée par les émissions de gaz à effet de serre est fatale à ces organismes, déjà fragilisés par certaines pratiques de pêche, comme les captures massives de mérous, espèce qui joue un rôle capital dans l'équilibre du récif corallien. Shiham Adam, le directeur du Centre de recherche sur la mer, rappelle l'évidence : "S'il n'y a plus de coraux, il n'y a plus d'îles." On comprend mieux l'angoisse existentielle qui saisit progressivement l'archipel.

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/16/securite...

2009.03.22

Avertissement du UK chief scientist

http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk/7951838.stm

Global crisis 'to strike by 2030' 
By Christine McGourty 
Science correspondent, BBC News 

Water shortages are predicted across large parts of Africa, Europe and Asia
Growing world population will cause a "perfect storm" of food, energy and water shortages by 2030, the UK government chief scientist has warned.

By 2030 the demand for resources will create a crisis with dire consequences, Prof John Beddington said. 

Demand for food and energy will jump 50% by 2030 and for fresh water by 30%, as the population tops 8.3 billion, he told a conference in London. 

Climate change will exacerbate matters in unpredictable ways, he added.

 

Le reste de l'article est disponible avec une entrevue vidéo

2009.02.19

Climate leaders don't buy tar sands!

J'suis loin d'être un fan inconditionnel de Greenpeace, mais aujourd'hui ils ont fait un très beau coup en affichant sur un pont d'Ottawa ce magnifique mot de bienvenue à l'intention de Barak Obama. À lire dans le Devoir.

greenpeace welcome obama.jpg

Par ailleurs, la bd de Garnotte d'aujourd'hui est franchement hilarante:

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2009.01.30

dossier changements climatiques

à lire cette semaine dans la Presse:

dossier spécial sur les changements climatiques

2009.01.03

Le scepticisme climatique

J'entend souvent parler des "sceptiques du climat", ces scientifiques qui s'opposent à la théorie selon laquelle les changements climatiques rapides que nous vivons sont dûs principalement aux activités industrielles, brandie par le GIEC. Le plus gros coup d'éclat récent de ces sceptiques est le rapport du comité sénatorial américain selon lequel 650 scientifiques s'opposent à la théorie de l'origine anthropique des changements climatiques.

Intéressé à connaître la vérité, j'ai porté une attention particulière à ces "sceptiques". D'abord, j'ai tenté de trouver quels étaient leurs arguments et quels sont leurs motifs pour s'opposer si farouchement à des organisation scientifiques majeures. Au niveau des arguments, ça se résume pas mal à « la science climatique est inexacte » et « le climat change naturellement de toute façon ». J'ai été déçu, j'aurais bien aimé que les négationnistes aient raison. Les motifs mis de l'avant (pour s'opposer au GIEC) sont principalement « la recherche de vérité » et « ça coûterait trop cher de réduire notre output de GES ». En regardant plus en détails, les scientifiques derrière ces affirmations ne sont pas tous climatologues ni météorologues, beaucoup sont ingénieurs ou ont quelconque formation scientifique non reliée au climat, j'ai donc fortement l'impression qu'ils gonflent leur nombre en recrutant des scientifiques dont l'expertise a peu de poids dans le débat. Et après avoir fouillé pas mal les sources sur le sujet, je trouve que les négationnistes sont plus marginals qu'il le laissent paraître. La page de wikipédia à ce sujet est assez informative.

J'aimerais bien croire que les "sceptiques" sont plus animés par une recherche de vérité qu'autre chose, mais plus je lis leurs articles et documents et moins je le crois. Une des organisation les plus imposantes est l'International Climate Science Coalition, évidemment fondée pour s'opposer au GIEC. En jetant un coup d'oeil sur leur site web, on constate que le contenu est plutôt une réthorique démagogique plutôt qu'un langage scientifique objectif (auquel je m'attendrais de la part d'une organisation scientifique sérieuse). On se croirait sur le site d'un parti politique en campagne. Ensuite, la montée des sceptiques a curieusement coïncidé avec des investissement massifs dans la campagne négationniste. Beaucoup d'instituts économiques conservateurs, d'associations d'industriels, et de think-thanks d'entreprises financent abondamment les scientifiques dissidents. On peut trouver une documentation abondante à ce sujet, le seul bookmark que j'ai gardé lors de mes recherches est celui de SourceWatch. J'ai bien trouvé quelques vrais climatologues sceptiques qui ne semblaient pas biaisés, mais ils sont très peu nombreux, surtout comparés au nombre écrasant de climatologues en accord avec la théorie "officielle".

Généralement, les opinions dissidentes semblent fortement correlées à la peur de l'action. Les négationnistes mènent me semblent carrément mener une campagne de peur pour mettre l'opinion publique à dos des mesures prises pour stabiliser le climat. Il est déjà assz difficile de faire adopter par les politiciens des mesures modestes (comme Kyoto) AVEC l'appui de l'opnion public, si il faut que l'opinion publique soit contre, il n'y a plus aucun espoir.

On entend souvent que des mesures cherchant à diminuer nos émissions de GES "endommageraient l'économie". L'économie serait-elle une entité réelle et dommageable? Curieusement, ça ne correspond pas du tout à la conception de l'économie qu'on nous enseigne dans des cours d'économique à l'université. En effet, selon mon prof d'économie, l'économique serait plutôt la recherche de la façon optimale de répondre à nos besoins infinis avec nos ressources limitées. C'est drôle de voir que, alors que l'économique admet l'existence de limites de ressources, beaucoup n'hésitent pas à mettre de l'avant un nébuleux concept de dommage à l'économie pour nous convaincre d'ignorer des contraintes pour limiter le dégat à l'environnement (notre habitat et l'ensemble de nos ressources) que nous recommendent fortement les scientifiques.

Je trouvais curieux le fait que les négationnistes s'attaquent continuellement au GIEC et autres, mais que les partisans de la théorie de l'origine anthropique ne font jamais référence à leurs détracteurs. J'ai donc cherché un peu pour trouver des documents qui font référence aux deux clans. J'ai trouvé plusieurs articles fortement intéressants.

The Scientific Consensus on Climate Change, Naomi Oreskes

L'auteur fait une analyse exhaustive du consensus et de la dissidence au sein de la communauté scientifique.

The 928 papers were divided into six categories: explicit endorsement of the consensus position, evaluation of impacts, mitigation proposals, methods, paleoclimate analysis, and rejection of the consensus position. Of all the papers, 75% fell into the first three categories, either explicitly or implicitly accepting the consensus view; 25% dealt with methods or paleoclimate, taking no position on current anthropogenic climate change. Remarkably, none of the papers disagreed with the consensus position.

Climate science: Sceptical about bias, Richard Black

Some claim science itself is weighted against sceptical views. Of all the accusations made by the vociferous community of climate sceptics, surely the most damaging is that science itself is biased against them.

We're All Global Warmers Now, Ronald Bailey
Reconciling temperature trends that are all over the place

Anyone still holding onto the idea that there is no global warming ought to hang it up. All data sets—satellite, surface, and balloon—have been pointing to rising global temperatures. In fact, they all have had upward pointing arrows for nearly a decade, but now all of the data sets are in closer agreement due to some adjustments being published in three new articles in Science today.

Et finalement, mes trois meilleures trouvailles:

RealClimate.org

RealClimate is a commentary site on climate science by working climate scientists for the interested public and journalists. We aim to provide a quick response to developing stories and provide the context sometimes missing in mainstream commentary. The discussion here is restricted to scientific topics and will not get involved in any political or economic implications of the science.

Skeptical Science: Examining the science behind global warming skepticism

Scientific skepticism is a healthy thing. Scientists should always challenge themselves to expand their knowledge, improve their understanding and refine their theories. Yet this isn't what happens in global warming skepticism. Skeptics vigorously criticise any evidence that supports anthropogenic global warming and yet eagerly, even blindly embrace any argument, op-ed piece, blog or study that refutes global warming.

So this website gets skeptical about global warming skepticism. Do their arguments have any scientific basis? What does the peer reviewed scientific literature say?

Winning and Losing the Global Warming Debate Roger A. Pielke, Jr. et Daniel Sarewitz

Je suis pas d'accord à 100% avec tout cet article, mais il emmène un point extrêmement pertinent: que les changements climatiques soient d'origine humaine ou non, nous savons qu'ils arrivent. Le débat entre les deux clans attirent toute l'attention sur "devons nous ou non prendre des mesures pour lutter contre ces changements", et très peu d'attention est portée sur comment on s'adapte aux changements climatiques.climate.2008.142-i1.jpg

From the standpoint of the impacts of climate on humans and the environment, we are all losers. The global-warming debate has missed one of the most important aspects of the problem: Climate changes. In fact, the phrase "climate change" is redundant. A changing climate is an unchanging attribute of a dynamic Earth. Human-caused or not, these changes are likely to have impacts on society and the environment. Natural disasters, human health, biodiversity, endangered species, water resources, international trade, financial services, transportation networks, agriculture — virtually any area of human experience is in some way affected by climate. These impacts are occurring today, and they hold the prospect of increasing in the future. And for the most part, we are doing too little in response.

We are all losers because the global warming debate has focused almost exclusively on preventing climate change. And it has addressed greenhouse-gas emissions as the sole cause. But climate is only part of the cause of impacts, and greenhouse gases are only one potential cause of changes in climate.

(...)

Some say that a focus on adaptation might result in "every country for itself." It need not. The U.N. Framework Convention provides a mechanism through which the world's climate "winners" can help boost the resilience of the climate "losers." When climate does change, the distribution of winners and losers might also change, but shared assistance would persist.

These steps defy conventional wisdom. They are unlikely to be popular, given that the status quo sustains Cassandras and Dorothies alike. Unfortunately, in spite of the high moral rhetoric from both sides, the debate itself stands in the way of further progress. We need a third way to confront climate change, even if it means moving beyond now-comfortable positions held fast for many years.

Climate changes. Let's deal with it.

J'ai récemment eu une conversation avec un collègue étudiant. Je lui ai exposé les arguments négationnistes, et il a tout de suite répondu: « Mais qu'est-ce que ça fout même si c'était pas vrai? Ça a pas plus d'allure de gaspiller notre énergie à toute attendre dans le traffic tout seul dans notre char! »

Je trouve que ça a une ceraine sagesse assez lucide. En effet, même si c'était pas vrai que la société industrielle déstabilise le climat planétaire, même si c'était pas vrai que la pollution nous rend malade, ça n'a pas de sens de gaspiller nos ressources énergétiques dans un système de transport innefficace et pour obtenir du luxe superflu, de consacrer la moitié de la superficie des villes à faire circuler et parker les chars, de chauffer nos maisons à 25°C l'hiver et les refroidir à 20° l'été, et de crisser aux vidanges des tonnes de plastique chaque année juste pour transporter nos denrées. On a un sérieux problème de durabilité dans notre système. Il y a pas assez de ressources sur la planète pour que sa population vive avec la moitié du "niveau de vie" (de consommation) que nous avons.

En quelque part, le développement durable, ce n'est plus une question de nature, c'est une question de santé publique, de justice et de niveau de vie à long terme.