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2010.03.16

Le contrôle de l'information des Conservateurs (3)

Articles choc cette semaine dans le Devoir:

Scientifiques muselés - Prentice nie une directive spéciale

Ottawa — À l'Environnement comme partout ailleurs. Le ministre Jim Prentice a laissé entendre hier en Chambre que le protocole qui interdit aux scientifiques de son ministère de répondre directement aux questions des journalistes n'a rien d'unique et représente plutôt la norme dans le gouvernement.

«Environnement Canada a la même politique de relations publiques que tous les autres ministères au gouvernement du Canada», a lancé M. Prentice durant la période de questions. Il a qualifié «d'allégation grotesque» une question du député libéral David McGuinty faisant état d'un rapport interne d'Environnement Canada où l'on déplore que les scientifiques du ministère ne puissent plus s'exprimer librement dans les médias.

Dévoilé dans certains journaux hier, le rapport indique que le gouvernement a implanté un protocole de relations avec les médias très serré pour les scientifiques. Ceux-ci doivent renvoyer tous les appels directs de journalistes au service des communications, et faire rapport de l'appel à leur supérieur et à leur conseiller en communication. S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les scientifiques doivent aussi aviser le service des communications.

Si on leur permet de parler à un représentant des médias, les scientifiques doivent indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront et rédiger un rapport après l'entrevue. Le rapport montre que la politique a l'effet escompté: les médias font de moins en moins appel à ces scientifiques qui n'arrivent pas à répondre aux questions dans les délais de la presse.

Environnement Canada a calculé que la couverture médiatique de la science des changements climatiques a diminué de 80 % depuis l'entrée en vigueur de la directive, en février 2008. Avec les nouvelles règles, quatre de ses scientifiques renommés ont pratiquement disparu des écrans radars des médias. Cités dans 99 articles pour les neuf premiers mois de 2007, ils n'ont plus été demandés que pour 12 articles durant la même période en 2008.

Environnement Canada - Aucun scientifique n'a été muselé, assure Jim Prentice

Le Bloc accuse le Ministère de vouloir diriger la recherche

Guillaume Bourgault-Côté 17 mars 2010

Ottawa — Tout va bien avec les scientifiques d'Environnement Canada (EC), estime le ministre Jim Prentice. Ce dernier dément que quiconque ait été muselé dans son ministère, au moment où le Bloc québécois dénonce le fait que les communications écrites des scientifiques sont elles aussi soumises à un contrôle strict.

Devant le Comité parlementaire de l'environnement, M. Prentice est revenu hier sur la polémique des scientifiques pour réitérer qu'il s'agit là d'un faux débat. «Nous avons des chercheurs qui travaillent à Environnement Canada, nous accordons de la valeur à leur travail et à la recherche scientifique en général, a indiqué le ministre de l'Environnement. Depuis que je suis au ministère, il n'y a pas eu de plaintes [de scientifiques mécontents]. Les chercheurs ne s'estiment pas muselés.»

M. Prentice a répété que la politique de communication qui a cours à EC est la même que partout ailleurs au gouvernement. «Les règles s'appliquent à tous les employés, ce sont les mêmes partout.»

Un rapport interne d'EC dévoilé lundi a fait état de la colère des scientifiques du ministère, contraints par une nouvelle politique de communication adoptée en 2008. Celle-ci interdit notamment aux scientifiques de répondre directement aux appels des journalistes. Ils doivent plutôt renvoyer leurs demandes au service des communications en plus de faire rapport de l'appel à leur supérieur.

S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les chercheurs doivent aviser le service des communications. Et si celui-ci autorise une entrevue, les scientifiques devront indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront. Le rapport montre que la politique a eu pour effet de diminuer considérablement la présence de ces spécialistes dans les médias.

Mais il y a plus, estime le Bloc québécois. En prenant appui sur un autre document — la norme d'EC concernant les publications scientifiques et techniques —, le critique du Bloc en matière d'environnement, Bernard Bigras, s'est demandé hier si le gouvernement ne cherchait pas à imposer aussi un «guide du bon scientifique».

M. Bigras s'est insurgé d'un passage qui précise que tout auteur d'une publication scientifique publiée par EC doit se demander si la publication «est importante et pertinente [en regard des] politiques, priorités et réglementations principales du gouvernement». «C'est une ingérence dans le contenu, estime le député. Le ministère tente de diriger la recherche et le contenu scientifiques.»

Jim Prentice a rétorqué qu'il «faut que les recherches soient intègres, que les résultats soient exacts, que la méthodologie soit fiable. Nous avons publié un guide qui pose des questions opportunes», sans imposer de conclusions, dit-il.

2010.03.03

Contrôle de l'information par le gouvernement conservateur (2)

On peut lire dans Le Devoir (Censure à Ottawa: trois ministres soupçonnés) qu'il y a maintenant trois enquêtes ouvertes au commissariat à l'information du Canada concernant l'ingérence de ministres dans l'accès à l'information. La commissaire n'a pu révéler quels ministres sont en causes dans ces trois enquêtes, jugées prioritaires. Récemment, une autre fuite révélait au Hill Times que le PM Harper met depuis longtemps de la pression sur les fonctionnaires pour retarder les demandes d'accès à l'information et permettre au PM de censurer ce qui est compromettant. Le cas de Christian Paradis, sorti au grand jour récemment, n'était donc pas isolé, et est le symptôme d'une stratégie plus large du gouvernement conservateur pour contrôler l'information. L'an dernier, on pouvait déjà lire dans la Presse que le conseil privé (le ministère du PM) les demandes d'accès à l'information exige des différentes institutions qu'elles lui transmettent les demandes d'accès à l'information. «Ça provoque un étranglement et l'information sort au compte-gouttes», selon l'avocat Michel Drapeau, spécialiste de l'accès à l'information.

En fait, le fonctionnaire qui a été pris à censurer le document pour Paradis ne faisait rien de différent de ce qui se fait dans les autres ministères, selon la source du Hill Times. Paraîtrait-il que Harper s'emporte et engueule les fonctionnaires quand la réponse d'une demande d'accès  à l'information sort en contenant davantage d'information qu'il ne voudrait qu'il y en ait.

Par exemple, on demanderait à l'entourage du ministre de trouver une façon d'exiger des fonctionnaires que le document soit révisé par le Conseil privé, le ministère du premier ministre, ce qui permettrait d'allonger les délais et donnerait plus de latitude pour censurer les documents.

Il s'agirait d'une directive verbale en place depuis 2006, lorsque le gouvernement Harper a pris le pouvoir. Rappelons que cette loi est appliquée par les fonctionnaires et est normalement à l'abri des ingérences politiques. (Le Devoir)


Le problème ne serait pas nouveau, seulement il empire. "Over the decades, governments have gotten much smarter about ways in which the act can be circumvented or subverted … and successive governments have become more sophisticated at finding the loopholes. (...) Right now there is no penalty, essentially, for failing to obey the Access to Information Act: Government breaks the law almost every day, and yet there are no real consequences," (The Hill Times)

Une chance qu'on a une commissaire à l'information pour faire son travail, tandis que le gouvernement lui met les bâtons dans les roues:

En avril dernier, la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, a demandé au gouvernement d'obtenir un budget spécial pour lancer une enquête systémique sur les agissements de certains ministères qui ne respectent pas les délais de réponse obligatoires contenus dans la Loi sur l'accès à l'information.

Le gouvernement a refusé la demande de financement du Commissariat à l'information. Toutefois, lors d'une entrevue accordée au Devoir, Mme Legault a expliqué qu'elle a réussi à remanier son budget pour dégager des ressources à l'interne et ainsi lancer son enquête sans avoir besoin d'un financement accru.
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La commissaire veut notamment savoir si le système parallèle mis en place depuis quelques années ralentit le traitement des demandes. Les requêtes des citoyens en vertu de la loi sont traitées plus rapidement et sont moins surveillées que les demandes en provenance des médias, qui prennent un chemin plus politique. Le Bureau de l'accès à l'information doit alors prévenir le bureau du ministre qu'un document sera remis à un journaliste. Ce document est souvent révisé par l'entourage du ministre.  (Le Devoir)

Certains qui font régulièrement usage de la loi à l'accès à l'information se sont mis à combattre l'ingérence politique sur leur requêtes en remplissant des demandes d'accès à l'information sur comment leurs propres demandes d'accès sont traitées! C'est ainsi que l'histoire de Christian Paradis a pu être révélée, selon le Hill Times.

2010.02.09

La propagande conservatrice toujours payée à même les fonds publics

Je reçois constamment de la propagande conservatrice dans la malle. La semaine passée, j'écris à Élections Canada:

Malgré que j'ait écrit en rouge "PAS DE PROPAGANDE" sur ma boite aux lettres, je reçois souvent de la propagande conservatrice qui semble payée par les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoit. Or je ne suis même pas dans sa circonscription.

Leur dernier pamphlet est particulièrement insultant, il prétend qu'il y a plein de pédophiles partout et que le gouvernement conservateur protège nos enfants des pédophiles parce qu'ils veulent des peines plus sévères, contrairement au bloc québécois qui lui cautionne la pédophilie avec ses positions laxistes.

J'imagine qu'il est illégal que des députés utilisent les fonds publics pour faire leur propagande partisane, et mensongère de surcroît. Sinon, on a un sacré problème. J'espère que quelque chose sera fait contre ça.

On me répond:

 

DOSSIER: 296266
Nous vous remercions pour votre courriel du 6 février 2010.
Élections Canada est une institution indépendante établie par le Parlement chargé de la conduite des élections et des référendums fédéraux. Le sujet abordé dans votre message dépasse les limites de notre mandat. Conséquemment, nous vous invitons à communiquer avec le Service de renseignements du Parlement du Canada.  L’information contact est la suivante :
Service de renseignements
Parlement du Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0A9
1 (866) 599-4999 Sans frais (Canada)
1 (613) 992-4793
ATS: 1 (613) 995-2266

 

Je renvois donc la même missive au Parlement. Réponse:
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courriel envoyé le 8 février 2010 au Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement.
Le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement offre des renseignements de nature générale sur l'histoire, le rôle, et les activités du Sénat, de la Chambre des communes et de la Bibliothèque du Parlement.
En réponse à votre courriel, les députés détiennent le droit d’envois collectifs et peuvent envoyer du courrier en franchise. Ce privilège signifie que les députés de la Chambre des communes peuvent apposer leur signature à un envoi postal adressé qui sera ensuite livré, en franchise, n’importe où au pays.
Pour de plus amples renseignements concernant le courrier en franchise, nous vous suggérons de contacter votre député fédéral. Vous pouvez identifier votre député à partir du site web du Parlement (http://www.parl.gc.ca) en entrant votre code postal dans la case «Parlementaires actuels». Vous obtiendrez ainsi ses coordonnées à Ottawa et dans votre circonscription.
N'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement pour toute autre question concernant le Parlement du Canada.
Veuillez agréer l'expression de nos sentiments les meilleurs.
K.C.
Information Service / Service de renseignements
Library of Parliament / Bibliothèque du Parlement
Ottawa, Canada, K1A 0A9
Telephone / Téléphone:
-Toll-free / Appel sans-frais:  1-866-599-4999
On dirait bien que tous les bureaucrates s'en lavent les mains, les conservateux peuvent envoyer autant de marde malhonnête pour vendre leur parti qu'ils le veulent, c'est dans les règles! J'écris donc à ma députée:

Je reçois constamment de la propagande conservatrice mensongère par la poste, manifestement payée à même les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoît (j'habite dans Montcalm). Je pense qu'il s'agit du même phénomène qui a fait l'objet d'un article dans le Devoir en novembre dernier: http://www.ledevoir.com/politique/canada/277423/la-propag...

Je me suis plaint à Élections Canada, ils m'ont dit de m'adresser au Parlement, qui m'a dit de m'adresser à mon député. C'est insultant et scandaleux, tout ça. Ils se servent de l'argent de nos taxes pour distribuer massivement de la bullshit pour vendre leur parti de pétrolières, et tous les bureaucrates supposés servir la "démocratie" s'en lavent les mains.

Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre ça?

Réponse de Christiane Gagnon:

J’ai bien reçu votre courriel dans lequel vous dénoncez l’abus d’envois de ces dépliants que les députés peuvent envoyer aux frais de la Chambre des communes. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me faire part de vos préoccupations à ce sujet.

Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la facture totale des envois des députés a plus que doublé, atteignant désormais 10 millions de dollars. Le Parti conservateur, à lui seul, a généré des frais d’impression et d’envoi de 6,3 millions de dollars.

C’est pourquoi nous, les élus du Bloc Québécois, proposerons au retour de la Chambre de restreindre le recours à ces envois de dépliants. Ces restrictions feront en sorte qu’il ne serait plus possible pour un député de faire un envoi dans une circonscription autre que la sienne et qu’il ne pourrait pas faire plus d’un seul envoi par jour. Les envois regroupés (permettant à plusieurs députés de combiner leurs envois afin d’en imprimer un plus grand nombre d’exemplaires) seraient limités à un par mois. Le contenu de tout envoi devrait être approuvé par le parti politique.

Pour que nos propositions entrent en vigueur, les quatre partis politiques doivent les approuver à l’unanimité.

Ainsi, nous partageons vos préoccupations quant à l’utilisation abusive des envois de ces dépliants. Soyez assuré que nous ferons tout ce qui est en notre possible afin que cette pratique, qui donne lieu à des excès de propagande par certains partis, soit davantage encadrée.

Il paraît que le bureau interne de la chambre des communes examine la question, comme l'indique l'article du Devoir:

«Beaucoup de gens n'aiment pas cela», confirme la porte-parole de la Chambre des communes, Colette Déry. «Les députés, mais aussi les commettants qui reçoivent des envois de députés d'une autre circonscription, qui n'en sont pas ravis et nous le font savoir.» Les plaintes n'ont pas encore été traitées, et d'ici à ce que le bureau de régie interne de la Chambre tranche la question, les règles resteront inchangées.

Ce serait 6,3 M $ que la propagande conservatrice a ainsi drainé en fonds publics. Les partisants conservateux vont dire que c'est "légal" et que tous les partis le font. Je sais pas, mais j'ai jamais reçu de propagande bloquiste ou libérale par la poste, et il y a une limite à la rhétorique mensongère et à l'abus de fonds publics! Pour la comparaison entre les partis, ces chiffres sont évoquateurs:

Alors que les députés de l'opposition ont en moyenne réclamé 17 977 $ chacun en frais d'impression, les députés conservateurs ont réclamé plus que le double: 38 337 $ en moyenne chacun. À eux seuls, donc, les 164 députés conservateurs ont imposé à la Chambre des communes un fardeau de 6,3 millions de dollars à ce chapitre. Celui des 210 députés de l'opposition s'élève à 3,8 millions. (Notons que l'élection de 2008 a provoqué un roulement de députés portant leur total à au-delà de 308.)

Pour ce qui est de la légalité, je comprend bien que les esprits conservateurs sont peu habitués aux exercices de réflexion débordant du cadre étroit balisés par le système, mais il me semble évident que, même si il n'y a pas de loi interdisant la propagande mensongère, payée par les contribuables de surcroît, ça ne veut pas dire que c'est acceptable dans un système qui se prétend démocratique.

Apparemment, mes efforts de lobbying ont porté fruit:

Envois postaux des députés - Ottawa prié d'y mettre un terme

Hélène Buzzetti 17 mars 2010

Ottawa - Les députés fédéraux ont décidé hier de restreindre le nombre de leurs envois postaux. La Chambre des communes a en effet adopté une motion réclamant que cesse la pratique dite des «10 %», ces envois postaux, souvent très partisans, que font parvenir les élus aux commettants de leurs adversaires.

Par la marque très serrée de 140 voix contre 137, les députés ont appuyé une motion du Parti libéral demandant de retirer aux députés le droit d'envoyer, aussi souvent qu'ils le désirent, des dépliants n'importe où au pays aux frais de la Chambre des communes. Selon le Parti libéral, le Parlement économiserait ainsi approximativement 20 millions de dollars par année.

Hier, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont appuyé la motion libérale, tandis que le Parti conservateur s'y est opposé. Si le résultat a été si serré, c'est qu'une douzaine de libéraux, y compris le chef Michael Ignatieff, étaient absents. Le premier ministre Stephen Harper n'était pas présent non plus.

Le Devoir avait révélé cet automne que le Parti conservateur était passé maître dans l'utilisation des «10 %». Les élus de M. Harper ont engendré en moyenne des dépenses de 38 337 $ chacun en 2008, soit le double des députés de l'opposition (17 977 $). Au total, ces envois des conservateurs ont coûté au trésor public 6,3 millions de dollars.

C'est par l'entremise de ce mécanisme que les conservateurs ont pu inonder le pays de dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion à quelques jours du déclenchement des élections, en 2008. Le gouvernement n'est pas obligé de mettre en application la motion adoptée hier.

 

2009.12.11

Pétition pour une enquête publique sur l'industrie de la construction

enquete publique.jpegIl y a une pétition à l'assemblée nationale, pour une demande d'enquête publique sur l'industrie de la construction.

Déjà que le gouvernement sait bien que la province au grand complet veut une enquête, ça va rajouter un peu à la pression.
Attention, la page n'a pas marché pour moi ni avec Firefox ni avec Chrome... Une chance qu'il y a Opera sur linux, avec tous les programmeurs incompétents, on a pas le choix d'avoir une diversité de browsers.

Caricature: crédit: Hervé Philippe, cyberpresse


Tant qu'à être dans les sondages d'actualité (et l'incompétence), anecdote intéressante: MacLean mène actuellement un sondage dont la question est "Is Canada shirking its international obligations when it comes to climate change?", et près de la moitié du monde votent "Climate change is a myth and Canada should have nothing to do with "fighting" it". Comme quoi la campagne de F.U.D. de l'industrie du déni, ça fait son effet...

 

Et, tant qu'à être dans les trucs louches, on apprend aujourd'hui dans le Devoir que Harper met sur pied un organisme au budget de 70 M $ pour "promouvoir la démocratie dans le monde". Promouvoir la démocratie ou financer des partis de droite religieuse? L'organisme est supposé d'être non partisan. Si c'est le cas, bonne initiative!, mais venant de Harper, il est beaucoup plus probable que ce soit un autre coup fourré pour répendre l'idéologie conservatrice à même les fonds publics. Et puis, après avoir coupé les fonds à Alternatives et Kairo, qui coutaient même pas 10M$ ensembles, franchement... Le gouvernement Harper a un historique de corporatisme et d'idéologie dans le développement international, comme dans bien d'autres choses...

2009.11.27

Des squelettes dans le ppplacard

Une fois de plus, Garnotte (Le Devoir) démontre que, bien conçue, une image vaut mille mots.

Les PPP, un cheval de bataille de Charest depuis son arrivée au pouvoir, ont comme principale utilité de bypasser les appels d'offres pour que les politiciens puissent donner directement des contrats à leurs amis qui financent leurs campagnes. Pas pour rien qu'il ne veut rien savoir d'une enquête publique...

2009.04.29

Charest autorise les conflits d'intérêts

Éthique: Charest assouplit les règles

Robert Dutrisac
Le Devoir, mercredi 29 avril 2009

Un ministre pourra posséder une entreprise transigeant avec son propre ministère

Québec -- Le premier ministre Jean Charest a assoupli ses directives visant les conflits d'intérêts afin de permettre à un ministre de posséder une entreprise qui obtient des contrats du gouvernement, et même du ministère qu'il dirige. Auparavant, les membres du conseil des ministres devaient se débarrasser de leurs actions de sociétés fermées qui faisaient affaire avec le gouvernement dans les 60 jours qui suivent leur nomination.

Selon les nouvelles directives signées le 4 mars et remises à l'opposition lors de l'étude des crédits du conseil exécutif lundi, Jean Charest permet à un ministre de demeurer propriétaire, en tout ou en partie, d'une entreprise qui obtient des contrats du gouvernement. Mais le premier ministre, à sa discrétion, peut ordonner à ce ministre de prendre «les mesures jugées suffisantes [...] pour éviter tout conflit d'intérêts, collusion ou influence indue».

(...)

C'est la troisième fois que Jean Charest modifie ses directives aux ministres quant aux conflits d'intérêts, chaque fois pour autoriser des situations qui violaient les règles.

En 2003, Jean Charest autorisait l'entreprise de la conjointe d'un ministre à continuer d'obtenir des contrats du gouvernement alors que c'était interdit. La conjointe du ministre Sam Hamad a pu ainsi continuer à offrir au gouvernement les services de son entreprise de traiteur.

En 2007, Jean Charest a modifié une autre fois les règles pour permettre au ministre David Whissell de conserver un intérêt majoritaire dans une société qui possédait une participation minoritaire dans une entreprise de pavage. Cette entreprise, Rive-Nord inc., comptait le ministère des Transports comme bon client.

2009.03.17

à lire absolument

http://www.gaiapresse.ca/fr/analyses/index.php?id=94

Sortir l’écologie des mouvements écologiques et environnementaux! De l’écologie à l’écoumène

09 mars 2009

Par Roméo Bouchard
Coordonnateur de la Coalition pour un Québec des Régions

 

On est écologiste ou environnementaliste comme on est féministe, nationaliste, créationniste ou gauchiste! C’est à dire rêveur, marginal, sectaire ou unilatéral. C’est bien sûr le jeu de ceux qui préfèrent distribuer des étiquettes plutôt que remettre en question leur pratique. Mais c’est aussi la faute des militants environnementalistes qui continuent encore trop souvent à dissocier les problèmes écologiques des problèmes économiques, sociaux et démocratiques.


La crise, une opportunité de repositionner l’écologie

La crise financière et économique actuelle nous fournit peut-être l’occasion de rompre cet isolement qui mine la crédibilité du mouvement écologique et l’empêche de contribuer au changement comme il le pourrait et le devrait.

En effet, le système financier et économique qui s’effondre n’est rien d’autre qu’une vaste entreprise de colonisation de la planète par une poignée de multinationales visant à piller ses ressources par-delà les frontières et les peuples pour enrichir le plus rapidement possible une poignée de grands actionnaires anonymes. Comment les riches détruisent la planète, écrit si justement Hervé Kempf. 

Ce système colonial repose sur trois axes complémentaires qui ont tous un lien direct avec l’équilibre des écosystèmes et la gestion de l’écoumène, notre « maison commune », la petite planète Terre.


Trois dogmes destructeurs

Le premier axe, le dogme de la croissance illimitée, implique un pillage sans précédent de l’ensemble des ressources et des peuples de la planète, sans égard pour leur caractère limité, pour répondre aux besoins vitaux de populations de plus en plus nombreuses et évoluées. C’est une économie irresponsable et suicidaire pour la planète et l’espèce humaine.

Le second axe, le dogme de la productivité, s’établit sur la concentration des opérations, une délocalisation systématique de la production et une standardisation non moins systématique de la consommation, sans égard pour le rapport vital et souverain des collectivités à leur territoire. Le cercle infernal de cette économie apatride, qui va de la production au plus bas prix aux dividendes les plus élevés, en passant par la consommation maximale stimulée par une publicité débridée et un crédit illimité, conduit inexorablement au saccage des territoires et de l’identité des peuples.

Le troisième axe, le dogme de la privatisation et du libre marché, s’appuie sur le transfert systématique du pouvoir de l’État et du citoyen aux dirigeants économiques et au marché libre, seuls capables d’assurer la richesse collective, sans égard pour la souveraineté du peuple et son droit absolu de se gouverner et de contrôler son milieu de vie. Le marché et le consommateur se substituent ainsi à la démocratie, au citoyen et au bien commun.


Réformer le système

De Nicolas Sarkozy à Barack Obama, le discours est le même : il faut réformer le système financier et s’attaquer aux causes qui ont provoqué la crise de façon à en éviter la répétition. Hervé Kempf va plus loin : pour sauver la planète, sortez du capitalisme. Les écologistes en profitent pour rappliquer avec leur programme habituel : pour sortir de la crise, investir dans les énergies vertes, les transports en commun, les habitations vertes, la bourse du carbone. Québec solidaire va un peu plus loin : investir dans l’économie sociale.

Comme si la crise n’était qu’un accident de parcours et si la vie allait reprendre son cours normal à plus ou moins court terme. Comme si l’impasse écologique et sociale n’existeront plus si jamais on arrive à rescaper le système financier. Comme si l’écologie ne devait pas être au cœur d’une incontournable redéfinition de l’économie elle-même, de la gestion des territoires et de la restauration de la démocratie.

En fait, c’est toute notre société qu’il faut rebâtir  sur des bases démocratiques, écologiques et sociales.


Éco-logie et  éco-nomie

Économie et écologie, étymologiquement, réfèrent tous deux à la gestion de la « maison commune » (oixos), l’écoumène, la terre habitée, notre habitat commun et unique, cette petite planète bleue qui nous est apparue si fragile et improbable du haut de l’espace. Comment assurer notre survie et notre épanouissement à tous en utilisant ses ressources, sans mettre en danger l’équilibre fragile de ses écosystèmes? En ce sens, économie et écologie ne devraient pas s’opposer mais se fondre. Un développement économique qui va à l’encontre de l’écologie ne peut conduire qu’à une impasse, et une action écologique qui ne passe pas par l’économie est condamnée à demeurer une croisade morale et à rester marginale.

Il faut redéfinir l’économie en fonction des possibilités de notre planète, des équilibres de ses écosystèmes et des besoins vitaux de tous les peuples, ce qui signifie privilégier un nouveau mode de vie et un nouvel ordre politique mondial. Ce nouvel ordre mondial va bien au-delà de ce que les écologistes définissent comme économie verte, et surtout, de ce que les dirigeants économiques et politiques appellent le « développement durable », en prenant bien soin de préciser qu’il s’agit, selon eux,  d’un « équilibre » entre la croissance économique, la paix sociale et la protection de l’environnement, ce qui est une autre façon d’assurer la « durabilité de leurs entreprises et de leurs profits », sans remettre en question le dogme de la croissance illimitée et de la compétition sauvage qu’elle entraîne.  Il s’agit, au contraire, d’assujettir l’efficacité et la « croissance » économique au respect inconditionnel de la capacité de support des écosystèmes et à la satisfaction des besoins essentiel de tous. En d’autres mots, une économie et un développement responsable, responsable de l’écoumène.

L’objectif de la révolution économique qu’exige la crise actuelle va donc bien au-delà d’une révision des règles du marché. En plus de rétablir la juridiction du politique sur l’économie, il faut redéfinir les finalités même de l’économie.

 

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