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2011.01.07

Reportage radio sur le gaz de shale

Voici une série de reportage très intéressants de l'émission de RadioCan, les Années Lumières, sur l'exploitation des gaz de shale. Plusieurs invités experts pertinents; une approche scientifique et objective.

 

Dans la même veine, il faut entendre Michel Pépin et Josée Boileau sur les liens étroits entre le PLQ et l'industrie:

Voici la liste des noms qu'ils mentionnent au début:

  • Stéphane Gosselin, passé en une fin de semaine de directeur de cabinet du ministre du développement économique à directeur général de l'Association pétrolière et gazière;
  • Martin Daraîche, ancien adjoint de la ministre des ressources naturelles, fait maintenant des relations publiques pour l'APGQ
  • Lisa Lavoie, anciennement directrice adjointe au ministère de l'environnement, travaille maintenant sur les gaz de schiste chez National
  • Daniel Bernier directeur de cabinet du ministre du Tourisme, qui fait maintenant du PR pour Talisman
  • Raymond Savoie ancien ministre Libéral, au conseil exécutif de l'APGQ
  • André Ryan avocat de Jean Charest, a préparé l'incorporation de l'APGQ
  • un autre ancien libéral pas encore nommé au moment de l'émission

Par ailleurs, cet article du Devoir rapportait:

  • François Pilote, ancien conseiller et son organisateur politique de JC, fait maintenant du lobbying pour l'APGQ;
  • Sylvie Paradis, ancienne membre du cabinet de Charest et consultante pour le PLQ, vice-présidente de la direction de GVM, travaille maintenant auprès de François Pilote

Un article nommant les mêmes noms a paru dans notre journal national de propagande patronale.

Comme ça, deux quotes de Natalie Normandeau:

  • "Notre gouvernement a une prétention, l'ambition profonde qu'il est possible pour notre société de créer de la richesse"
  • "Je ne vais pas perdre mon temps avec les Greenpeace de ce monde"
  • "...les gens se demandent si on cause un préjudice aux nappes phréatiques lorsqu'on fait un forage. La réponse est non. Est-ce que les substances auxquelles on a recours pour forer sont polluantes? La réponse est non." (Le Devoir)
  • le gouvernement a «la responsabilité» de «mettre en valeur un pareil potentiel» (Le Devoir)

2010.06.19

The Permaculture Way

Un livre qui vaut vraiment la peine d'être lu: The Permaculture Way de Graham Bell.

Au Canada on peut l'acheter pour 25$ de Chelsea Green publishing, en Europe pour 15£ sur Permanent publications.

L'intro dans le livre:

Ce livre est à propos de prendre le contrôle de sa vie. C'est aussi à propos de créer de la richesse sans dommage environnemental, en utilisant une approche systématique appelée Permaculture.

La permaculture est une façon d'organiser sa vie pour qu'elle soit heureuse et abondante. On peut combler ses propres besoin sans rendre la vie de quelqu'un d'autre moins plaisante. Les habitats humains peuvent être rendus hautement productifs avec beaucoup moins de travail que ce qui est pris pour les rendre destrictifs dans les systèmes actuels. En prenant des décisions conscientes et en designant nos vies, on peut bien gérer nos ressources, et réduire la gaspillage.

2010.03.16

Le contrôle de l'information des Conservateurs (3)

Articles choc cette semaine dans le Devoir:

Scientifiques muselés - Prentice nie une directive spéciale

Ottawa — À l'Environnement comme partout ailleurs. Le ministre Jim Prentice a laissé entendre hier en Chambre que le protocole qui interdit aux scientifiques de son ministère de répondre directement aux questions des journalistes n'a rien d'unique et représente plutôt la norme dans le gouvernement.

«Environnement Canada a la même politique de relations publiques que tous les autres ministères au gouvernement du Canada», a lancé M. Prentice durant la période de questions. Il a qualifié «d'allégation grotesque» une question du député libéral David McGuinty faisant état d'un rapport interne d'Environnement Canada où l'on déplore que les scientifiques du ministère ne puissent plus s'exprimer librement dans les médias.

Dévoilé dans certains journaux hier, le rapport indique que le gouvernement a implanté un protocole de relations avec les médias très serré pour les scientifiques. Ceux-ci doivent renvoyer tous les appels directs de journalistes au service des communications, et faire rapport de l'appel à leur supérieur et à leur conseiller en communication. S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les scientifiques doivent aussi aviser le service des communications.

Si on leur permet de parler à un représentant des médias, les scientifiques doivent indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront et rédiger un rapport après l'entrevue. Le rapport montre que la politique a l'effet escompté: les médias font de moins en moins appel à ces scientifiques qui n'arrivent pas à répondre aux questions dans les délais de la presse.

Environnement Canada a calculé que la couverture médiatique de la science des changements climatiques a diminué de 80 % depuis l'entrée en vigueur de la directive, en février 2008. Avec les nouvelles règles, quatre de ses scientifiques renommés ont pratiquement disparu des écrans radars des médias. Cités dans 99 articles pour les neuf premiers mois de 2007, ils n'ont plus été demandés que pour 12 articles durant la même période en 2008.

Environnement Canada - Aucun scientifique n'a été muselé, assure Jim Prentice

Le Bloc accuse le Ministère de vouloir diriger la recherche

Guillaume Bourgault-Côté 17 mars 2010

Ottawa — Tout va bien avec les scientifiques d'Environnement Canada (EC), estime le ministre Jim Prentice. Ce dernier dément que quiconque ait été muselé dans son ministère, au moment où le Bloc québécois dénonce le fait que les communications écrites des scientifiques sont elles aussi soumises à un contrôle strict.

Devant le Comité parlementaire de l'environnement, M. Prentice est revenu hier sur la polémique des scientifiques pour réitérer qu'il s'agit là d'un faux débat. «Nous avons des chercheurs qui travaillent à Environnement Canada, nous accordons de la valeur à leur travail et à la recherche scientifique en général, a indiqué le ministre de l'Environnement. Depuis que je suis au ministère, il n'y a pas eu de plaintes [de scientifiques mécontents]. Les chercheurs ne s'estiment pas muselés.»

M. Prentice a répété que la politique de communication qui a cours à EC est la même que partout ailleurs au gouvernement. «Les règles s'appliquent à tous les employés, ce sont les mêmes partout.»

Un rapport interne d'EC dévoilé lundi a fait état de la colère des scientifiques du ministère, contraints par une nouvelle politique de communication adoptée en 2008. Celle-ci interdit notamment aux scientifiques de répondre directement aux appels des journalistes. Ils doivent plutôt renvoyer leurs demandes au service des communications en plus de faire rapport de l'appel à leur supérieur.

S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les chercheurs doivent aviser le service des communications. Et si celui-ci autorise une entrevue, les scientifiques devront indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront. Le rapport montre que la politique a eu pour effet de diminuer considérablement la présence de ces spécialistes dans les médias.

Mais il y a plus, estime le Bloc québécois. En prenant appui sur un autre document — la norme d'EC concernant les publications scientifiques et techniques —, le critique du Bloc en matière d'environnement, Bernard Bigras, s'est demandé hier si le gouvernement ne cherchait pas à imposer aussi un «guide du bon scientifique».

M. Bigras s'est insurgé d'un passage qui précise que tout auteur d'une publication scientifique publiée par EC doit se demander si la publication «est importante et pertinente [en regard des] politiques, priorités et réglementations principales du gouvernement». «C'est une ingérence dans le contenu, estime le député. Le ministère tente de diriger la recherche et le contenu scientifiques.»

Jim Prentice a rétorqué qu'il «faut que les recherches soient intègres, que les résultats soient exacts, que la méthodologie soit fiable. Nous avons publié un guide qui pose des questions opportunes», sans imposer de conclusions, dit-il.

2010.03.13

Québec: règlement sur le moteur au ralenti

Merci de ne pas boucanner pour rien
Trop de gens ignorent le pertinent règlement municipal 337, en vigueur depuis le 19 juin 2009.

Il gagnerait à être connu.

  • Il met la durée maximale de moteur au ralenti permise à 3 minutes.
  • Il autorise les policiers à pénétrer dans les propriétés privées pour l'appliquer.
  • Il prévoir une amende de 150 $ à 2 000 $ pour les contrevenants.


Voici les passages pertinents:

RÈGLEMENT R.A.V.Q. 337
RÈGLEMENT DE L’AGGLOMÉRATION SUR LA MARCHE AU
RALENTI DU MOTEUR DES VÉHICULES


Ce règlement vise l’assainissement de la qualité de l’air au moyen du contrôle de la durée de marche au ralenti du moteur des véhicules.
Ce règlement prévoit que la marche au ralenti du moteur des véhicules est interdite pendant plus de trois minutes par période de 60 minutes.
Ce règlement fixe le montant des amendes minimales et maximales pour les personnes physiques ou morales qui commettent une infraction à celui-ci.

CHAPITRE III
INTERDICTIONS
3. Il est interdit à quiconque de laisser le moteur de son véhicule en marche au ralenti pour une durée supérieure à :
1° trois minutes, par période de 60 minutes, sous réserve des paragraphes 2° et 3°;
2° cinq minutes, par période de 60 minutes, dans le cas d’un véhicule lourd dont le moteur est alimenté au diesel, sous réserve du paragraphe 3°;
3° dix minutes, par période de 60 minutes, pour un véhicule lourd dont le moteur est alimenté au diesel, entre la période du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante.

CHAPITRE V
TERRITOIRE D’APPLICATION
6. Ce règlement s’applique sur toute voie de circulation de l’agglomération de Québec ainsi que sur tout terrain public ou privé de ce territoire et tout fonctionnaire chargé de l’application de celui-ci est autorisé à pénétrer sur une propriété privée afin de  s’assurer du respect de ce dernier.
CHAPITRE VI
INFRACTION ET PEINES
7. Quiconque contrevient ou permet que l’on contrevienne à l’article 3 du présent règlement commet une infraction et est passible d’une amende dont le montant est, dans le cas d’une personne physique, d’un minimum de 150 $ et d’un maximum de 1 000 $ et, dans le cas d’une personne morale, d’un minimum de 300 $ et d’un maximum de 2 000 $.

Il est accessible sur http://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/reglements_permis/...

Suggestions pour ceux qui sont tannés: imprimez et distribuez de petites cartes aux boucaneux...

2010.03.08

Chantal Hébert sur Jim Prentice

Chantal Hébert décortique délicieusement la médiocrité de Jim Prentice dans cette chronique de l'Actualité du 5 mars 2010:

Ministre fédéral des Ressources naturelles depuis le début de l’année, le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, est désormais responsable du développement de l’industrie énergétique canadienne au sens large. À ce titre, on ne l’imagine pas se rendre à la Chambre de commerce de Québec afin de prononcer un discours pour dénoncer les sables bitumineux de l’Alberta ou pour taxer le gouvernement de cette province de laxisme environnemental.

Mal lui en prendrait, d’ailleurs, car on peut croire qu’il serait congédié de la direction de son ministère sur-le-champ, voire du cabinet fédéral. Et cette sanction serait dans l’ordre des choses. En se livrant à une charge publique con­tre l’industrie pétrolière et l’Alberta sur une tribune québé­coise, Christian Paradis manquerait deux fois plutôt qu’une à son devoir ministériel.

Dans un premier temps, sa mission de responsable du portefeuille des richesses naturelles consiste à prêcher pour sa paroisse à la table du Cabinet et dans la vie publique. Ensuite, à titre de membre du cabinet fédéral, le ministre Paradis a le devoir, moral celui-là, de ne pas exacerber inutilement les rivalités, déjà multiples, et les préjugés, déjà nombreux, entre les diverses régions du Canada.

(...)
Ce double manquement, que le premier ministre Stephen Harper aurait raison de ne pas tolérer de la part de son lieutenant québécois, le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, l’a commis impunément quand il a prononcé à Calgary, le 1er février dernier, un discours dans lequel il qualifiait de sottise la nouvelle réglementation québécoise pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles.

De mémoire de correspondant parlementaire, le spectacle d’un ministre fédéral de l’Environnement s’attaquant de front aux efforts d’une province pour améliorer son bilan écologique est inédit.

(...)
Devant son public albertain, le ministre Prentice a nommément cité l’initiative québécoise comme un exemple de geste susceptible de nuire aux intérêts commerciaux du Canada.

[lire l'article au complet]

2010.02.19

Lavage vert?

Quand l'environnement est au service du marketing...

Article écrit pour le magazine Bio-Bullesevens-sins-of-greenwashing.gif

Il fut un temps où seules des entreprises marginales fabriquaient des produits « écolos » distribués dans des réseaux spécialisés. Mais maintenant que la préoccupation environnementale cogne aux portes des masses, des produits se vantant d'être écologiques colonisent les tablettes des grandes surfaces. Certains sont des descendants des produits véritablement alternatifs. Certains sont légèrement moins pire que les produits « conventionnels » contre lesquels ils se positionnent en alternative. D'autres sont carrément les mêmes produits, mais avec l'étiquetage vert. Coup d'œil sur la récupération fallacieuse de l'environnement...

L'écomarketing

Greenwashing, écoblanchiment, mascarade écologique, verdissement d'image, désinformation verte... Différentes expressions sont nées pour faire référence à ce phénomène qui a pris une ampleur épatante dans les dernières années. Cette pratique aux méthodes douteuse consiste pour une entreprise (ou un parti politique!) à jouer la carte environnementale pour mousser son image auprès des consommateurs, et leur faire croire qu'un produit (ou l'organisation elle-même) est plus « vert » qu'il ne l'est en réalité. On exagère des prétentions, on déforme les faits, on manipule l'information et le consommateur n'y voit que du feu. L'écoblanchiment, c'est quand une entreprise ou un produit réussit à se donner une image verte, respectueuse de l'environnement, qui n'est que de la poudre aux yeux. Certains définissent l'écoblanchiment de façon plus précise comme étant quand une entreprise investit davantage dans le marketing de son image verte que dans de véritables actions favorisant l'environnement. De façon générale, le greenwashing est quand la publicité insiste sur des vertus écologiques qui ne sont pas réellement en lien avec la réalité.
Du point de vue du marketing, le vert peut être un critère qui joue sur le risque perçu par rapport à l'achat d'un produit. Le consommateur évalue le risque physique qui découle de l'achat du produit, par exemple au niveau de dommages à l'environnement ou nuisance pour sa santé. Puis il y a le risque psychosocial: l'estime de soi du consommateur, qui doit rester intègre si la protection de l'environnement fait partie de ses valeurs, et son image, si le consommateur veut éviter de passer pour quelqu'un qui néglige l'environnement. Quelqu'un qui se préoccupe des conséquences réelles de sa consommation sur sa santé et l'environnement se questionnera davantage à savoir si les produits qu'il achète sont réellement plus inoffensifs, tandis que pour quelqu'un qui le fait pour son image ou sa bonne conscience, les prétentions d'un produit risquent d'être suffisantes. Dans cette optique, l'écomarketing joue un rôle de rassureur: il déculpabilise le consommateur afin de la faire passer plus rapidement en consonance cognitive, état indispensable à la décision d'achat.
Ainsi, pour aller chercher une partie du segment de marché de consommateurs pour qui l'environnement est un critère, un produit n'a pas besoin d'être vert, il a seulement besoin d'en avoir l'air! L'écologique est une clef identitaire qui permet, quand les marque concurrentes n'y ont pas déjà recours, de se démarquer. Pour le consommateur qui est un peu sensible à l'impact environnemental de ses choix, le choix entre deux produits de marque prestigieuse à prix similaire peut pencher facilement sur celui qui a, à premier vue, une empreinte écologique plus modeste. L'entreprise peut utiliser l'image verte pour aller chercher un segment de marché supplémentaire.

Les tromperies rencontrées

La firme de marketing environnemental TerraChoice a étudié les prétentions environnementales de produits de grandes marques destinés à la distribution de masse. L'objectif était de décrire, comprendre et quantifier la croissance de l'écoblanchiment. Le premier rapport, en 2007, a relevé six patterns ou formes de prétentions, qui sont confondantes, impertinentes ou carrément mensongères, et les a identifiés comme les six péchés de l'écoblanchiment1. 98% des produits examinés ont été trouvés coupables de l'une ou l'autre de ces formes de tromperie. Cette étude a donné suite à un deuxième en 2009, qui a analysé encore plus de produits (2219 au total), dégagé des nouvelles tendances et identifié un septième péché, celui de l'étiquette mensongère. TerraChoice donne une mise en garde à propos des produits de nettoyage, l'une des trois catégories où les prétentions vertes sont les plus répandues.

Des sept types de tromperies écologiques, trois sont particulièrement importantes et concernent 80% des prétentions trompeuses. La première en importance dans les produits d'entretien est l'imprécision, trouvée dans 31% des cas. Ce « péché » est commis quand une prétention est vague, mal définie, ou peut prêter le consommateur à mauvaise interprétation. Il peut s'agir par exemple d'un produit qui porte la mention « naturel » ou « vert ». Plus subtilement, des produits déclarent être « fait avec des ressources renouvelables », ou « fait avec des huiles essentielles à 100% ». Quelle proportion des matériaux du produit sont de sources renouvelables? Est-ce que ça inclut l'énergie de la fabrication? Le produit contient peut-être des huiles qui sont essentielles à 100% mais l'essentiel du produit repose sur la même recette synthétique.

Le compromis caché représente 23% des péchés de mascarade écologique débusqués par la firme de marketing environnemental. Cela fait référence à une prétention écologique d'un produit, basée sur un critères ou quelques critères peu significatifs qui, même si ils sont vrais, font oublier le bilan global du produit. Par exemple, un détersif peut se vanter d'être concentré (« une plus petite quantité suffit! ») et sans parfum, alors qu'il contient du chlore ou des phosphates et que son contenant n'est pas fait de matière recyclée ni recyclable. Ce n’est pas parce qu’un produit est biodégradable qu’il est «écologique», puisqu’il peut quand même être toxique et nocif durant le processus de dégradation. 

Une autre faute souvent commise dans l'écomarketing est l'absence de preuve (23% des tromperies). Beaucoup de prétentions ne sont pas soutenues par une tierce partie certificatrice et ne peuvent être vérifiées. Beaucoup de produits nettoyants se vantent d'être biodégradables. Certains spécifient que la biodégradabilité a été vérifiée par le test OCDE 301D, mais beaucoup n'indiquent rien pour appuyer leur déclaration.
Des caractéristiques intrinsèques d'un produit peuvent être mises en évidence comme prétexte pour qualifier le produit d'écologique. Par exemple, un savon peut se targuer d'être sans phosphate alors qu'il est pourtant identique aux autres, puisque tous les savons à vaisselle sont sans phosphates. TerraChoice qualifie cette tromperie de non-pertinence. Une perle d'impertinence: cette publicité française d'un détachant « écologique » qui se vante d'être « conditionné dans un emballage recyclable, garanti sans phtalate, sans enzyme, ni colorant, respecte la quantité d'allergène fixée par le Règlement Européen2 ». Sans plomb et sans OGM, avec ça?

La prise en charge tarde à venir...

En un sens, la prolifération des produits aux allégations écologiques peut être vu comme un signe que les industries reconnaissent l'existence de la demande pour des produits plus écologiques. Ça devient problématique quand, au lieu de réduire leur empreinte écologique, les entreprises se contentent de verdir leur image. Sans nécessairement détenir les produits parfaits, il est possible pour les fabricants de produits de fournir davantage de preuves scientifiques, et manifester davantage d'honnêteté et de transparence, au lieu de peindre leurs produits en vert en espérant que les consommateurs n'y voient que du feu.
Le Bureau des normes canadiennes de la publicité recevrait de plus en plus de plaintes à propos d'allégations environnementales. Curieusement, les plaintes proviennent davantage d'entreprises concurrentes que de consommateurs! Comme quoi la surveillance entre concurrent pourrait avoir un effet de modération. À mesure que le phénomène de greenwashing est de plus en plus reconnu, et des coupables justement discrédités, les entreprises se montreront plus prudentes dans les prétentions environnementales et, espérons le, plus sérieuses dans leurs efforts de développement durable. Dans son rapport de 2009, TerraChoice a conclu que « l'éco-étiquettage honnête augmente », étant deux fois plus répandu qu'au moment de la première étude deux ans plus tôt.

En 2008, l'Association canadienne de la normalisation, en association avec le Bureau canadien de la concurrence, a publié le Guide des déclarations environnementales pour l'industrie et les publicitaires3. Le document assez complet d'une soixantaine de pages fait des recommandations quant aux allégations relatives à l'environnement. Cependant, ce ne sont que des recommandations et non des règles, le document n'ayant pas force de loi. Comme pour beaucoup de questions environnementales, il semblerait que le gouvernement a une approche plutôt volontariste!

Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a développé un guide semblable destiné aux publicitaires pour que leurs prétentions ne trompent pas les consommateurs. Tout comme au Canada, il n'y a que des recommandations et il ne semble pas y avoir de règlementation spécifique aux allégations écologiques. En France, l'Autorité de régulation Professionnelle de la Publicité s'est fixé des règles déontologiques encadrant l'utilisation d'arguments écologiques dans sa « Charte pour une publicité éco-responsable4 ». Le nombre de pubs abusives serait à la baisse depuis, mais il n'y a toujours pas de sanctions pour les contrevenants, ce que plusieurs déplorent. Le Conseil Paritaire de la Publicité fait pression auprès de l'ARPP pour le renforcement des principes de la Recommandation afin que l'encadrement soit plus efficace5. Paraitrait-il qu'en Norvège, l’Ombudsman des consommateurs aurait déposé un avis limitant l'utilisation de l’environnement dans les publicités automobiles.6

Au niveau international, depuis 1999 existe la norme ISO 14021 sur les autodéclarations environnementales. « Elle pose des exigences générales pour toute déclaration environnementale, visant à en assurer la pertinence et la sincérité et à réduire la confusion actuelle et donne la définition et les exigences liées à 12 déclarations usuelles.7 » Cependant, elle ne semble pas faire fureur chez les fabricants des produits qu'on trouve dans nos commerces.

Des stratégies pour s'en sortir

Pour agir contre l'écoblanchiment, les consommateurs peuvent essayer de donner du feedback aux entreprises abusives. Normalement, les gestionnaires devraient se préoccuper de l'image de leur entreprise, et il est possible qu'il réagissent si assez de consommateurs leur font savoir qu'ils ne se laissent pas prendre pour des valises. Ils peuvent aussi déposer une plainte au Bureau de la concurrence du Canada8. Ce dernier est supposé examiner au cas par cas les entreprises accusées de contrevenir aux lois sur la concurrence, sur l'emballage et l'étiquetage. Des pénalités allant jusqu'à 100 000$ d'amande et le retrait de produits peuvent en théorie être appliquées9, quoi qu'il ne semble pas en avoir d'historique.

Faire des choix économiques en s'efforçant de réduire le plus possible ses externalités, ou son empreinte écologique, n'est pas toujours évident, puisqu'il y a beaucoup de choses à considérer et que nous ne détenons pas l'information parfaite. Il est probablement plus écologique de retourner au magasin d'aliments naturels remplir sa bouteille de savon à vaisselle générique en vrac que d'acheter une nouvelle bouteille de marque écolo. Par contre, si cet achat implique un déplacement en voiture pour aller au commerce spécialisé qui aurait pu être évité si on fait l'achat ailleurs... vous voyez. Si on veut que nos décisions fassent une différence, il faut regarder l'ensemble des implications de nos différentes options.

Conséquemment, avoir des connaissances les plus vastes possibles contribue à faire des choix éclairés. Connaitre les certifications fiables, connaître les matériaux qui entrent dans la fabrication des produits et leurs conséquences environnementales, savoir quantifier des consommations énergétiques, et savoir reconnaître les manipulations d'information sont des compétences pertinentes à détenir et utiliser dans ses prises de décisions. L'article « Comment trouver un produit nettoyant vert » dans cette édition-ci de Bio-Bulle est un bon point de départ sur les certifications fiables et les alternatives.
C'est en s'intéressant à ces enjeux, en s'informant et en utilisant notre esprit critique pour faire les choix les plus justes possibles que nous progresserons vers un monde plus sain.

Des sites webs pour approfondir

The Seven Sins of Greenwashing
L'observatoire de la publicité
Futerra Greenwash guide
EnviroMedia Social Merketing & University of Oregon
Greenpeace | Greenwashing
Carrefour de consommation responsable


1. http://sinsofgreenwashing.org
2. http://observatoiredelapublicite.fr/2009/09/16/k2r-ecolog...
3. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/eic/site/cb-bc.nsf...
4. http://www.arpp-pub.org/Charte-pour-une-publicite-eco.html
5. http://www.cpp-pub.org/Avis-publicite-eco-responsable.html
6. Cardinal, F. « Du vert partout, partout, partout... » La Presse, lundi 17 mars 2008, p.A16
7. http://observatoiredelapublicite.fr/la-norme-iso140211999...
8. http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/
9. http://www.csa.ca/cm/ca/fr/recherche/article/seek-greater...

2010.02.03

Appel au civisme des automobilistes abusifs

Je fais appel à votre plus profond sens de la courtoisie, du civisme, de coopération et de respect des autres, en vous demandant si vous pourriez pas, s'il vous plait, diminuer l'abus du moteur au ralenti. À ce temps ci de l'année, c'est assez pénible de circuler en ville. L'air est deux fois plus dégueulasse parce qu'il y a plein de chars parkés, vides, qui boucanent. Ces gens se rendent-ils compte de ce qu'ils font et ce qui se passe autour d'eux? Je ne comprend pas cette obstination obsessive qu'ont certains automobilistes à laisser tourner leur moteur quand ils sont stationnés. L'autre jour, quelqu'un a failli tuer toute sa famille parce qu'il a laissé le char tourner dans le garage. Quand vous allez à la caisse ou au dépanneur, ça prend jamais en bas de deux minutes et ça peut en prendre jusqu'à 10 mais surtout vous le savez pas en sortant du char. Mais le char est prêt à partir en 30 secondes! Qu'est-ce qui est le pire? revenir après 30 secondes et redémarrer pour rien ou revenir après 5 minutes et avoir boucané 5 minutes pour rien?

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Est-ce qu'il est si important que ça le plaisir supplémentaire que vous tirez que votre char soit à 25 degrés quand vous rentrez dedans par rapport à si il était à 20? Et puis les démarreurs à distance... vous êtes pas obligés de les partir au lever du lit! Ça prend pas une demi-heure chauffer un char, ça prend pas 10 minutes, ça en prend même pas 5 si t'es un douillet et qu'il te faut absolument qu'elle soit bien tiède... Les 3 minutes à endurer un char froid que ça vous sauve, trouvez-vous vraiment que ça vaut 20 minutes d'emboucaner les voisins et les passants? Vous êtes pas tout seuls à vous déplacer sur les voies publics et dans les stationnements!

Votre boucane émise inutilement, contient du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote, du dioxyde de souffre, de l'ozone et du benzène. Tout ça c'est pas bon pour le corps humain, imginez vous donc! Une estimation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique au Québec par l'Institut de santé publique a évalué les conséquences de la pollution atmosphérique à presque 2000 décès prématurés, 400 visites à l'urgence pour problèmes respiratoires et 246 000 journées de symptomes d'asthme. Pourriez vous arrêtez de faire exprès? Question de savoir vivre!

C'est ben le fun le capitalisme, pis votre droit individuel au confort absolu, mais il y a un problème d'injustice dans votre système: les piétons et cyclistes autour de vous ne peuvent pas être compensés pour ces externalités là que vous leurs faites subir, ni s'en prémunir en déboursant! L'utilité que vous tirez au coût 15 minutes à faire tourner votre char stationné est inférieure à celle que vous faites perdre à plusieurs personnes en les incommodant. Autrement dit, le confort que vous gagnez est sacrément moins grand que celui que vous faites perdre aux autres. Je vous demande donc si par gentillesse vous voudriez pas modérer un peu votre consommation. Étant donné que les droits de propriétés de l'air ne sont pas parfaitement définis, on peut peut-être s'entendre par civisme au lieu d'attendre que l'état intervienne sauvagement? Et si vous saviez pas, dans le règlement municipal R.A.V.Q. 337, le temps de moteur au ralenti maximum est de 3 minutes. Pourriez-vous svp nous épargner les poumons? Ça serait peut-être mieux que de continuer d'ambitionner comme vous le faites jusqu'à ce que la ville profite de la densité du idling pour renflouer ses coffres à coups de contraventions. Si les gens étaient juste davantage courtois, ils abuseraient moins du moteur au ralenti par respect pour les autres, et on en serait pas rendus là! Les lois arrivent quand le monde ambitionnent trop!no_idle.jpg

Nous, piétons et cycistes, on emboucane pas personne, on prend pas de place, on circule pas mal plus fluidement, on cause pas de traffic, on est moins dangereux pour notre entourage... on aimerait ça, pas avoir à subir l'inhalation de votre pétrole que vous gaspillez comme si c'était votre raison de vivre. Donc je répète ma requête polie, pourriez-vous faire preuve de civisme et arrêter d'abuser de votre droit de polluer en arrêtant de faire tourner votre moteur pour rien? On se sentirait un peu moins méprisés.

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2010.01.14

actualité énergie & CC

Quelques nouvelles attiré mon attention dans l'actu sur l'énergie et les changements climatiques:

Fusion is energy's future (présentation de Steven Cowley à TED Talk)
Physicist Steven Cowley is certain that nuclear fusion is the only truly sustainable solution to the fuel crisis. He explains why fusion will work -- and details the projects that he and many others have devoted their lives to, working against the clock to create a new source of energy.

Why energy efficiency means higher consumption (Jeff Rubin , Globe and Mail)
Disons qu'il parle de l'effet rebond et l'effet revenu dans un langage commun

A massive public investment in obsolescence
(Jeff Rubin , Globe and Mail)
As North American taxpayers take a look at the gleaming new models on display at Detroit’s auto show this week, they might well ask themselves just why they poured billions of dollars into saving GM and Chrysler when no one else would.

GES: les automobilistes sont aussi à blâmer (Lauren Krugel, la Presse)
Le Conference Board du Canada estime que l'exploitation des sables bitumineux en Alberta ne devrait pas être clouée au pilori pour la pauvre performance du Canada en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES).

GES: les normes de Québec en vigueur à la mi-janvier
(Lise Millette, La Presse)
À compter du 14 janvier 2010, les constructeurs automobiles devront se conformer à un nouveau règlement détaillant des normes plus contraignantes en matière d'émissions de gaz à effet de serre (GES).

Sarkozy présentera une nouvelle taxe carbone (Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir)
La Suède fixe le prix de sa propre taxe à 162 $ la tonne

Climat: l'UE va débloquer 7,2 milliards d'euros pour les pays pauvres (AFP, La Presse)
Les pays de l'Union européenne ont décidé vendredi de verser une aide de 7,2 milliards d'euros sur trois ans aux pays pauvres pour les aider à faire face à l'impact du réchauffement climatique, dans l'espoir de favoriser un accord à la conférence de Copenhague.

2009.11.23

un gros coup

Les négationnistes viennent de réussir un gros coup, ils ont hacké le réseau d'une organisation de recherche sur le climat et ont "révélé" des emails qui prouveraient que la recherche sur le climat est falsifiée et que les climatologistes comploteraient pour museler les "sceptiques"...

déjà sur les sites conspirationnistes ils parlent juste de ça, évidemment en exagérant et déformant tout:
"The hacked documents and communications reveal how top scientists conspired to falsify data in the face of declining global temperatures in order to prop up the premise that man-made factors are driving climate change. Others illustrate how they embarked on a venomous and coordinated campaign to ostracize climate skeptics and use their influence to keep dissenting reports from appearing in peer-reviewed journals, as well as using cronyism to avoid compliance with Freedom of Information Act requests." (Prison planet)

Je vois pas comment des documents hackés peuvent constituer preuve contre quoi que ce soit, le problème c'est que ça va être récupéré en sale...

L'histoire a fait éclater des articles dans toute la communauté, entre autres skepticalscience.com:

What do the hacked CRU emails tell us?

Earlier this week, the servers at the University of East Anglia were illegally hacked. Emails dating back to 1996 were stolen and leaked onto the web. Phil Jones, the director of the Climate Research Unit, has confirmed the emails are not forgeries although there is over 60Mb worth of material - they can't guarantee all of it is genuine. What does it all mean? Michelle Malkin labels it the global warming scandal of the century (of course the century is only 9 years old but even 'scandal of the decade' would be no mean feat). James Delingpole at the UK Telegraph claims the emails are the final nail in the coffin of 'Anthropogenic Global Warming'? So just what do these emails tell us?

Some of the emails must be embarrassing for the authors. One email responds in poor taste to the death of a well known skeptic. There's scathing discussion of skeptics such as Steve McIntyre and Roger Pielke, including imaginings of violence. However, the crucial question is whether these emails reveal that climate data has been falsified. The most quoted email is from Phil Jones discussing paleo-data used to reconstruct past temperatures (emphasis mine):

"I've just completed Mike's Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) and from 1961 for Keith's to hide the decline."

What do the suggestive "tricks" and "hiding the decline" mean? Is this evidence of a nefarious climate conspiracy? "Mike's Nature trick" refers to the paper Global-scale temperature patterns and climate forcing over the past six centuries (Mann 1998), published in Nature by lead author Michael Mann. The "trick" is the technique of plotting recent instrumental data along with the reconstructed data. This places recent global warming trends in the context of temperature changes over longer time scales.

The "decline" refers to the "divergence problem". This is where tree ring proxies diverge from modern instrumental temperature records after 1960. The divergence problem is discussed as early as 1998, suggesting a change in the sensitivity of tree growth to temperature in recent decades (Briffa 1998). It is also examined more recently in Wilmking 2008 which explores techniques in eliminating the divergence problem. So when you look at Phil Jone's email in the context of the science discussed, it is not the schemings of a climate conspiracy but technical discussions of data handling techniques available in the peer reviewed literature.

In the skeptic blogosphere, there is a disproportionate preoccupation with one small aspect of climate science - proxy record reconstructions of past climate (or even worse, ad hominem attacks on the scientists who perform these proxy reconstructions). This serves to distract from the physical realities currently being observed. Humans are raising CO2 levels. We're observing an enhanced greenhouse effect. The planet is still accumulating heat. What are the consequences of our climate's energy imbalance? Sea levels rise is accelerating. Greenland ice loss is accelerating. Arctic ice loss is accelerating. Globally, glacier ice loss is acceleratingAntarctic ice loss is accelerating.

When you read through the many global warming skeptic arguments, a pattern emerges. Each skeptic argument misleads by focusing on one small piece of the puzzle while ignoring the broader picture. To focus on a few suggestive emails while ignoring the wealth of empirical evidence for manmade global warming is yet another repeat of this tactic.

***
un des commentaires qui m'a fait sourire:
This is pathetic. "Skeptics" have declared that anything goes. It would be of course equally low to hack McIntyre or Watts' personal e-mails, and those of the think tanks and industries hostile to action. Yet I can't help to think it would only be equitable to have all their dirt posted on the internet as well. Just to see who's really more dishonest in the whole "debate."


The CRU hack, realclimate.org

As many of you will be aware, a large number of emails from the Climate Research Unit (CRU) at the University of East Anglia webmail server were hacked recently (Despite some confusion generated by Anthony Watts, this has absolutely nothing to do with the Hadley Centre which is a completely separate institution). As people are also no doubt aware the breaking into of computers and releasing private information is illegal, and regardless of how they were obtained, posting private correspondence without permission is unethical. We therefore aren’t going to post any of the emails here. We were made aware of the existence of this archive last Tuesday morning when the hackers attempted to upload it to RealClimate, and we notified CRU of their possible security breach later that day.

Nonetheless, these emails (a presumably careful selection of (possibly edited?) correspondence dating back to 1996 and as recently as Nov 12) are being widely circulated, and therefore require some comment. Some of them involve people here (and the archive includes the first RealClimate email we ever sent out to colleagues) and include discussions we’ve had with the CRU folk on topics related to the surface temperature record and some paleo-related issues, mainly to ensure that posting were accurate.

Since emails are normally intended to be private, people writing them are, shall we say, somewhat freer in expressing themselves than they would in a public statement. For instance, we are sure it comes as no shock to know that many scientists do not hold Steve McIntyre in high regard. Nor that a large group of them thought that the Soon and Baliunas (2003), Douglass et al (2008) or McClean et al (2009) papers were not very good (to say the least) and should not have been published. These sentiments have been made abundantly clear in the literature (though possibly less bluntly).

More interesting is what is not contained in the emails. There is no evidence of any worldwide conspiracy, no mention of George Soros nefariously funding climate research, no grand plan to ‘get rid of the MWP’, no admission that global warming is a hoax, no evidence of the falsifying of data, and no ‘marching orders’ from our socialist/communist/vegetarian overlords. The truly paranoid will put this down to the hackers also being in on the plot though.

Instead, there is a peek into how scientists actually interact and the conflicts show that the community is a far cry from the monolith that is sometimes imagined. People working constructively to improve joint publications; scientists who are friendly and agree on many of the big picture issues, disagreeing at times about details and engaging in ‘robust’ discussions; Scientists expressing frustration at the misrepresentation of their work in politicized arenas and complaining when media reports get it wrong; Scientists resenting the time they have to take out of their research to deal with over-hyped nonsense. None of this should be shocking.

It’s obvious that the noise-generating components of the blogosphere will generate a lot of noise about this. but it’s important to remember that science doesn’t work because people are polite at all times. Gravity isn’t a useful theory because Newton was a nice person. QED isn’t powerful because Feynman was respectful of other people around him. Science works because different groups go about trying to find the best approximations of the truth, and are generally very competitive about that. That the same scientists can still all agree on the wording of an IPCC chapter for instance is thus even more remarkable.

No doubt, instances of cherry-picked and poorly-worded “gotcha” phrases will be pulled out of context. One example is worth mentioning quickly. Phil Jones in discussing the presentation of temperature reconstructions stated that “I’ve just completed Mike’s Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) and from 1961 for Keith’s to hide the decline.” The paper in question is the Mann, Bradley and Hughes (1998) Nature paper on the original multiproxy temperature reconstruction, and the ‘trick’ is just to plot the instrumental records along with reconstruction so that the context of the recent warming is clear. Scientists often use the term “trick” to refer to a “a good way to deal with a problem”, rather than something that is “secret”, and so there is nothing problematic in this at all. As for the ‘decline’, it is well known that Keith Briffa’s maximum latewood tree ring density proxy diverges from the temperature records after 1960 (this is more commonly known as the “divergence problem”–see e.g. the recent discussion in this paper) and has been discussed in the literature since Briffa et al in Nature in 1998 (Nature, 391, 678-682). Those authors have always recommend not using the post 1960 part of their reconstruction, and so while ‘hiding’ is probably a poor choice of words (since it is ‘hidden’ in plain sight), not using the data in the plot is completely appropriate, as is further research to understand why this happens.

The timing of this particular episode is probably not coincidental. But if cherry-picked out-of-context phrases from stolen personal emails is the only response to the weight of the scientific evidence for the human influence on climate change, then there probably isn’t much to it.

There are of course lessons to be learned. Clearly no-one would have gone to this trouble if the academic object of study was the mating habits of European butterflies. That community’s internal discussions are probably safe from the public eye. But it is important to remember that emails do seem to exist forever, and that there is always a chance that they will be inadvertently released. Most people do not act as if this is true, but they probably should.

It is tempting to point fingers and declare that people should not have been so open with their thoughts, but who amongst us would really be happy to have all of their email made public?

 


 

Autres liens qui font un compte-rendu lucide de la patente:

http://greenfyre.wordpress.com/2009/11/21/cru-hack-time-t...
http://www.grist.org/article/2009-11-20-skeptics-claim-gl...
http://www.sindark.com/2009/11/23/the-climatic-research-u...
http://www.desmogblog.com/climate-contrarians-spinning-ha...
*******
Aussi à lire:

Le commentaire récent d'un coprésident du GIEC sur les négationnistes
Un article de l'excellent site carbonfixated.com qui explique les prétendus "450 peer-review papers skeptical of global warming" sont de la bullshit.
Un autre article amusant sur carbonfixated décrit comment avec la même stratégie on peut discréditer des lois de la physique de base

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.10.19

Agriculture et changements climatiques

Les changements climatiques représentent un nouveau facteur s'ajoutant à la dynamique du secteur agricole, avec lequel nous devrons composer dans les années à venir. Ces changements sont principalement dûs à l'augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre (GES), augmentation due surtout aux émissions d'origine anthropique. Au niveau mondial, l'agriculture serait responsable d'environ 14% des émissions de GES, et les pays en développement pourrait connaître un déclin de 9 à 21% de leur productivité agricole potentielle à cause du réchauffement de la planète. (FAO, 2009)

Comment le mégaphénomène planétaire pourrait affecter l'agriculture québécoise? Le phénomène nous affecte à trois niveaux:

  • Les impacts: quelles sont les conséquences physiques sur nos vies et nos conditions de productions?
  • L'adaptation: quelles sont les façons de s'adapter à ces nouvelles conditions?
  • La mitigation: de quelles façons pouvons nous participer à limiter les futurs dégâts en limitant les émissions de GES responsables des changements climatiques?


Impacts
Bien qu'il est difficile d'attribuer chaque événement climatique inhabituel aux changements climatiques d'origine anthropique, on peut supposer que plusieurs conditions météorologiques extrêmes vécues récemment auront davantage de chances de se mutliplier à l'avenir.
Les degrés-jours de croissance auraient augmenté de 4% à 20% entre 1960 et 2003 dans l'ouest et le centre du Québec méridionale. (Bourque et Simonet, 2008). L'augmentation des indices thermiques et de la durée de la saison de croissance auraient un impact bénéfique pour le maïs, le soya, les céréales du printemps et les plantes fourragères, tandis que l'orge serait défavorisée. Toutefois, la probabilité de stress hydrique devrait être accrue puisque les températures généralement plus élevées devraient augmenter l'évaporation.
Les changements de régularité, d'intensité et de ratio pluie/neige des précipirations risquent de survenir. Les productions horicoles, quant à elles, étant particulièrement sensibles aux stress thermiques et hydriques seraient perdantes, et on peut supposer un impact négatif sur les productions animales: à titre d'exemple, 500 000 volailles furent tuées par une vague de chaleur en juillet 2002, malgré les systèmes de ventilation modernes. En dehors de la saison de croissance, une diminution de la couverture de neige et l'augmentation des pluies hivernales risquent notamment d'augmenter la mortalité  des plantes fourragères.
En contrepartie, des hivers généralement moins rudes pourraient diminuer les besoins de chauffage dans les poulaillers et porcheries. Des modifications au niveau des populations d'agents pathogènes, de plantes adventices et d'insectes sont probables.

Adaptation

"Des mesures d’adaptation seront éventuellement nécessaires pour atténuer les répercussions des changements climatiques sur les activités agricoles au Québec. Ces mesures pourraient notamment prendre la forme de stratégies visant à régler les pénuries d’eau, de même que l’introduction de nouvelles espèces et d’espèces hybrides, qui sont plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur. " (Québec, 2007) En outre, les dates des semis et des récoltes et les choix de cultivars devront être adaptées et les agronomes devront probablement apprendre à reconnaître  nouveaux ravageurs.

Le Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture (2003) recommande quelques stratégies d'adaptation, entre autres:

  • la diversification des variétés cultivées et des sources de revenus des fermes;
  • l'amélioration de la qualité des sols de façon à renforcir sa tolérance à la sécheresse;
  • l'amélioration des pratiques de travail du sol pour réduire l'érosion, améliorer la rétention d'humidité, et minimiser la compaction;
  • l'utilisation de systèmes d'irrigation plus efficients.

Les changements climatiques peuvent aussi offrir des nouvelles possibilités de développement de nouvelles cultures, non sans un certain risque dû à l'instabilité grandissante du climat.

Il est à noter que chez nous, peu de recherche ne semble être en cours en ce moment pour évaluer les possibilités d'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques. Le Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l'adaptation, auquel AAC réfère, a fermé son volet agriculture en 2007. Le centre Ouranos, principale organisation de recherche sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques au Québec, a un volet agriculture qui a comme objectif de "développer des outils d’analyse climatique afin de favoriser davantage l'intégration des concepts climatiques dans la gestion des risques en agriculture". (http://www.ouranos.ca/)
Généralement, faire usage des pratiques agronomiques les plus optimales devrait devenir de plus en plus essentiel ("timing", rotation de cultures, irrigation efficiente, conservation des sols, engrais verts et couvre-sols, amélioration génétique, bon choix de variété, etc), et le support financier, notamment en terme d'assurance météo, devrait être au rendez-vous.

Mitigation
Il est nécessaire pour limiter les dégâts d'entreprendre rapidement des efforts importants d'atténuation des changements climatiques. De façon générale, diverses stratégies en termes de politiques publiques sont à notre disposition pour réaliser des réductions d'émissions de GES: fiscalité verte, crédits compensatoires, et investissements publics.
La fiscalité verte consiste à imposer une taxe sur les externalités (l'externalité étant un impact généré par un agent économique qui est subi par d'autres). Par exemple, une taxe carbone vient créer un incitatif pour réduire la consommation d'énergies responsables des émissions. Économiquement, c'est une stratégie qui s'intègre bien au marché libre, car elle n'intervient pas autrement que comme incitatif. Pour éviter l'inflation, il suffit de rendre la taxe fiscalement neutre en réduisant les taxes sur les impôts du même ordre. La taxe carbone a alors comme résultat de rendre les alternatives moins fortement émetrices plus compétitives par rapport à la consommation d'hydrocarbures.
Le crédit compensatoire est un système à plus grande ingérence sur le marché. Elle consiste à fixer un plafond d'émission (surtout pour les industries) au delà duquel une compagnie est forcée d'acheter des crédits de carbones. Le plafond de réduction des industries est calculé en fonction de l'objectif global de réduction. Les crédits de carbone sont généré par d'autres industries qui n'utilisent pas tout leur quota, et par des activités de captage de carbone comme le reboisement, et les crédits s'échangent sur une bourse du carbone.
Les investissements publics est probablement la stratégie la plus simple pour les gouvernements (et la seule à avoir été utilisée chez nous). Elle consiste à dépenser l'argent de l'état pour financer directement des efforts de réduction, pour des programmes d'efficacité énergétique, pour la R&D dans les énergies vertes ou pour des projets de captage. Au Canada, beaucoup d'investissements "verts" vont dans la recherche au captage de carbone et aux usines d'éthanol (presque 1 milliard $ en 2009). Les agrocarburants *peuvent* devenir une voie intéressante de production d'énergie écologiquement saine, à condition que le retour sur l'investissement en énergie soit d'un niveau suffisament intéressant, ce qui n'est pas le cas avec le maïs. De plus, le type d'action que le gouvernement prend (instauration d'un contenu minimal obligatoire de biocarburant dans les carburants et investissements directs dans des usines de transformation) a pour effet d'augmenter la demande sur les grandes cultures, sans qu'il y ait une augmentation de l'offre, ayant comme conséquence une augmentation des prix pour augmenter la quantité offerte, ce qui contribue à la "crise alimentaire". Pour contrer cet effet, il faudrait que l'offre totale augmente, et pas seulement la quantité offerte. Pour ce faire, des changements structurels doivent avoir lieu comme des économies d'échelle ou des nouvelles technologies.
Selon Agriculture Canada,

Au Canada, le secteur agricole est responsable d'environ 10 % des émissions de GES, sans compter les émissions provenant de la consommation de carburant et de la production d'engrais (AAC, 2007). Ce ratio est de 7,5% pour le Québec. (Québec, 2009)
Les activités agricoles émettent ces GES: l'oxyde nitreux provenant de l'utilisation d'engrais et de fumier, le méthane, émis par la digestion du bétail, et le CO2 émis par le travail du sol (AAC, 2007). Diverses stratégies peuvent contribuer à réduire les émissions de GES ou à stocker du carbone:

  • Limiter la décomposition de la matière organique du sol. Le travail du sol entraînant une perte supérieure de matière organique du sol, les techniques à travail réduit comme le semis direct sont généralement un progrès dans ce domaine, en plus de contribuer à la qualité du sol.
  • Stocker le carbone. L'agroforesterie, l'utilisation de cultures couvre-sols, la culture intercalaire d'engrais verts, et l'utilisation de plantes fourragères vivaces peuvent y contribuer. Une gestion du fumier optimale permet également d'augmenter la quantité de matière organique dans le  sol.
  • Réduire les émissions d'oxyde nitreux. "L'application d'engrais aux bons moments, l'utilisation d'inhibiteurs de l'uréase et la réduction des pertes d'engrais par lessivage, ruissellement et érosion accroît l'assimilation d'engrais par les plantes et réduit les émissions d'oxyde nitreux." (AAC,2007). L'utilisation de la fixation biologique de l'azote peut aussi être davantage utilisée pour remplacer les fertilisants synthétiques.
  • Réduire les intrants énergétiques. Utiliser la machinerie appropriée, des technologies plus efficaces et les économies d'échelle devraient permettre de faire une utilisation plus optimale de la machinerie. De l'éducation peut aussi probablement être faite pour faire une utilisation plus raisonnée de la machinerie agricole. La réduction de la distance des transports dans la chaîne agroalimentaire pourrait également contribuer, en supposant que la consommation prenne un virage local significatif.
  • Des pratiques d’alimentation animale peuvent diminuer les émissions de GES. Par exemple, l'introduction de lin à l'alimentation du bétail comme source d'omega-3 permet de diminuer leurs émissions de méthane.


Mot de la fin
Il ne faut pas tomber dans le piège du mauvais calcul de risque en sous⁻estimant l'importance des changements climatiques sous prétexte qu'ils pourraient comporter certains avantages. Il faut éviter aussi l'impasse du cynisme en s'imaginant que ça arrivera de toute façon et que ça ne vaut pas la peine d'essayer de changer les choses. L'inaction des pays industrialisés, qui ont la responsabilité historique de la majeure partie des GES supplémentaire de l'atmosphère, est moralement indéfendable. Une attitude participative et coopérative est nécessaire de la part de tous pour relever le défi de notre génération. Et puisque chacun a des avantages financiers à court terme à ne pas investir pour "verdir" son économie, il est selon moi nécessaire qu'il y ait une coordination "top-down" qui vienne dicter les règles du jeux, n'en déplaise aux conspirationnistes. Ces  règles devront être équilibrées et équitables pour tous: permettre aux pays industriels d'être sainement concurrentiels, et permettre aux pays en développement de se développer.

Sources
FAO, 2009. "Climate change and bioenergy challenges for food and agriculture"
Bourque, A. et G. Simonet, 2008. « Québec », dans Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007, D.S. Lemmen, F.J. Warren, J. Lacroix et E. Bush (éditeurs), Gouvernement du Canada, Ottawa (Ontario), pp. 171-226.
The Center for International Earth Science Information Network, http://www.ciesin.org/TG/AG/AG-home.html
Canadian Climate Impacts and Adaptation Research Network for Agriculture, 2003. "Meeting the challenges of climate change"
Gouvernement du Québec, 2007. "Plan d'action concerté sur l'agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse". MAPAQ-MDDEP-UPA
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Changements climatiques". http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007. "Pratiques de gestion bénéfiques pour l'air" http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=118...
Gouvernement du Québec, 2009. "Le Québec et les changements climatiques"

2009.07.14

Implications de la notion de durabilité

En réponse à une relative prise de conscience aux conséquences écologiques de l'économie, la durabilité est un concept devenant de plus en plus mainstream. Parrallèlement, en réponse à l'apparition dans le paysage de la culture de masse de l'intérêt pour l'environnement, les marketers y voient l'ouverture d'un nouveau marché cible. Si bien que les termes environnement et développement durable se hissent de plus en plus haut dans les énoncés de priorités de la plupart des compagnies, institutions, gouvernements et partis politiques de ce monde, la plupart du temps utilisant comme excuse de bien maigres changements pour rendre leurs pratiques légèrement moins sales.

Face it: c'est pas parce qu'on gaspille ou pollue un tout petit peu moins (ex: les sacs jetables biodégradables) que l'on est pour autant devenu "vert" ou "durable". Je ne veux pas me lancer dans une couverture du greenwashing mais plutôt discuter de ce qu'implique la notion de durabilité.

Le contenu que je présenterai ici est inspiré d'un essai intitulé "Five axioms of sustainability" du prolifique auteur Richard Heinberg, qui a une vision selon moi assez complète et lucide de l'économie des ressources.

Le concept de soutenabilité a d'abord vu le jour en occident pour s'appliquer dans des situations d'exploitation de ressources renouvelables à petite échelle, à des moments où on s'est rendu compte que pour que l'exploitation ait une continuité soutenable, il fallait ajuster le rythme d'extraction à celui du renouvellement.

La notion de durabilité s'est ensuite largement répendue avec le rapport Brundtland de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement. Ce rapport a défini le concept de développement durable comme "du développement qui répond aux besoin de la génération présente sans compromettre l'habilité des générations futures de répondre à leurs propres besoins". À noter que la première partie de cette définition fait référence à une réponse adéquate aux besoins actuels, de sorte que le développement durable défini ainsi implique un certain niveau de bien-être, d'équité et de justice dans la société d'aujourd'hui! Cette définition, quoique habile, est quand même vague et inquantifiable. Par exemple, on peut comprendre qu'avec une croissance actuelle de la consommation des ressources non renouvelables de la planète ainsi qu'une croissance démographique ne pourront pas être maintenues indéfiniment.

Le concept d'empreinte écologique est venue en 1992 avec l'écologiste canadien William Rees. Il fait référence à la superficie de terre et d'eau dont une population (ou même une personne) aurait hypothétiquement besoin pour fournir les ressources nécessaires à son support et à l'absorption de ses extrants, en fonction de la technologie en vigueur. En d'autres termes, c'est la quantité théorique d'espace planétaire utilisée par un ou des humains, dépendamment de leur niveau de consommation et de technologie. Cela implique que pour que l'économie de humanité soit durable, son empreinte écologique doit être égale ou inférieure à ce qui est disponible sur la planète. Le réseau Footprint Network calcule que l'empreinte écologique de l'humanité est en ce moment 23% plus grand que ce que la planète est capable de regénérer. Comment peut-on consommer plus que ce qui est disponible sur la planète? Direz-vous... Il ne faut pas oublier que la notion d'empreinte écologique implique la production soutenue (maintenue dans le temps) par la superficie donnée, ainsi que l'absorption des déchets et polluants. C'est donc dire qu'en ce moment, nous extractons les ressources de la planète plus rapidement qu'elles ne peuvent se renouveler, et nous accumulons les polluants beaucoup plus rapidement qu'ils sont absorbés.

Richard Heinberg a fait un travail remarquable d'essayer de clarifier la notion de soutenabilité, ou du moins d'en suggérer des critères, sous forme de cinq axiomes. Il a fait l'effort de tenir compte des définitions précédentes de la soutenabilité, ainsi que de leurs critiques. En outre, ses critères sont les suivants:

  • Être vérifiable par la méthodologie de la science;
  • Minimaliser les axiomes et éviter les redondances;
  • Que les axiomes soient suffisants et qu'ils ne laissent pas de "trous";
  • Qu'ils soient énoncés en termes simples, clairs et compréhensibles

Axiome 1: La croissance démographique et la croissance du niveau de consommation des ressources ne peuvent pas être soutenues indéfiniment.
La croissance a été soutenue jusqu'à maintenant. Pendant combien de temps encore pourrait-elle l'être? Même le plus petit taux de croissance, avec le temps, se traduit en taille astronomique de croissance et de population. Une croissance démographique annuelle de 1% équivaut à un dédoublement de la population chaque 70 ans, de sorte qu'on serait plus de 13,5 milliards en 2075, 27 milliards en 2150 et en 3000 nous serions 130 000 millions. 50 ans plus tard, il y aurait en moyenne un être humain par mêtre carré de la surface terrestre, incluant les montagnes et les déserts.

Axiome 2: Une société qui continue d'utiliser des ressources critiques de façon insoutenable va tôt ou tard s'effondrer.
L'exception à ça est qu'une société peut éviter l'effondrement en trouvant des ressources de remplacement.
Mais il y a une limite à l'exception dans un monde fini (aux ressources limitées), le nombre de remplacements possibles est aussi limité
Dans The collapse of complex societies, Joseph Tainter argumente que l'effondrement est une fatalité fréquente des sociétés complexes. L'effondrement est directement relié à la diminution des retours sur les efforts mis à supporter la croissance avec de l'énergie extrasomatique. D'autres auteurs étudiant les sociétés passées font état de ce que l'effondrement est le résultat commun des sociétés qui ignorent les contraintes de ressources.
Certains croient que les ressources sont substituables à l'infini, et qu'on n'aurait jamais à faire face à un épuisement, même en maintenant une croissance du niveau de consommation!
Les sociétés tendent à utiliser d'abord les substituts qui sont de valeurs supérieure et faciles à récolter, et au fur et à mesure qu'elles passent au travers, doivent dépendre de substituts de plus en plus inférieurs et difficiles à récolter.

Axiome 3: Pour être soutenable, l'extraction des ressources renouvelables doivent être ajustée à un niveau égal ou inférieur à celui du renouvellement naturel (ou assisté). En d'autres mots, consommer les ressources moins vite qu'elles ne se regénèrent. Le taux de regénération naturel n'est peut-être pas évident à déterminer, mais quand le stock de base diminue, on peut être certain que sa consommation est trop élevée. Même si le stock en question baisse à cause de facteurs naturels, le maintient de la pérénnité de cette ressource nécessite que l'on en laisse assez pour que sa destruction-consommation soit balancée avec sa regénération.

Ce que ça implique, c'est que pour avoir un maximum de ressources disponibles pour "créer les richesses" à long terme, il faut atteindre un niveau optimum d'extraction soutenable des écosystèmes productifs (forêts, stocks de poissons, terres agricoles) Pour avoir le meilleur possible taux d'extraction soutenable, il faut donc avoir le meilleur taux de regénération possible des ressources naturelles, et pour ce faire il faut maximiser le capital naturel, c'est à dire maintenir les stocks les plus gros possibles d'écosystèmes productifs, exploités de façon soutenable, c'est à dire "pas plus vite qu'ils ne se regénèrent". Voilà pourquoi le façon d'optimiser la prospérité à long terme de la civilisation est d'ajuster radicalement et immédiatement notre niveau de consommation des ressources et se mettre en mode soutenable. L'autre chose que nous avons à notre disposition est la regénération assistée des écosystèmes. En prenant soins et en faisant un aménagement intelligent de nos écosystèmes productifs, nous maximiserons la création de richesses, et c'est la solution proposée par la permaculture.

Axiome 4: Pour être soutebable, la consommation d'une ressource non-renouvelables doit être en décroissance constante (soutenue), et leur taux de décroissance doit être égal au taux d'épuisement de la ressources. C'est le seul moyen d'éviter indéfiniment de se retrouver à bout de ressources, ou en période de crise d'approvisionnement parce que les sources sont de moins en moins facilement et économiquement récoltables.

Maintenant, du moment que l'on adopte ce protocole de maintient de ressource renouvelable, celà signifie que le taux de décroissance de l'extraction de ressource devrait en principe rester constant: si on ajuste la quantité extraite à la même proportion que l'extraction a affecté la ressource, l'extraction au cycle suivant affectera l'épuisement dans la même proportion. De sorte que pour rendre le tout plus facile, encore une fois le meilleur moyen est d'adopter immédiatement un protocole de consommation soutenable, parce que pour bénéficier d'un taux de décroissance de l'extraction le plus bas possible, il faut partir avec un stock de ressource le plus haut possible. Plus on attend, et plus le taux de croissance que nous devrons nous imposer pour maintenir nos ressources.

Axiome 5: La soutenabilité nécessite que les extrants (polluants) introduits adns l'environnement par les activités humaines soient minimisés et rendus inoffensifs aux fonctions de la biosphère. Autrement dit, diminuer la pollution jusqu'à la capacité d'absorption, qui est à l'équilibre quand il n'y a pas de dommage.

Dans les cas où la pollution dûe à l'extraction d'une ressource non-renouvelable qui a connu une grosse croissance pendant un certain temps menace la viabilité d'écosystèmes, la réduction dans les taux d'extraction et la consommation de ces ressources peut devoir être supérieure au taux d'épuisement. Normalement, si la consommation d'une ressource est faite au taux soutenable, sa pollution devrait également être en décroissance. Cependant, quand le niveau de pollution est tel qu'il détruit les écosystèmes de façon chronique, les mesures à prendre doivent être radicales puisque nous épuisons trop rapidement ces autres ressources. Cette réalité s'applique particulièrement dans le cas du charbon. Puisque ses réserves connues sont encore énormes, ajuster la décroissance de l'extraction au taux d'épuisement entraînerait quand même probablement une catastrophe climatique. Si l'on veut éviter les conséquences menaçant nos écosystèmes, la réduction des émissions du charbon doivent être importante, de sorte qu'il serait peut-être nécessaire que les réductions annuelles de l'extraction du charbon soient également plus importantes.

En conclusion: des empires se sont effondrés. L'empire actuel de corporatocratie mondialisée ne porte aucune attention sérieuse à ses contraintes de ressources: elle abuse, gaspille, pille, . Plus que jamais, l'infrastructure économique entière de cet empire est dépendante d'une abondance temporaire d'énergie fossile. Le mieux qu'on peut faire ce ne serait pas d'essayer de raisonner l'empire, ralentir le crash, et se préparer à faire la transition vers le prochain paradigme de l'humanité?

2009.03.22

Avertissement du UK chief scientist

http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk/7951838.stm

Global crisis 'to strike by 2030' 
By Christine McGourty 
Science correspondent, BBC News 

Water shortages are predicted across large parts of Africa, Europe and Asia
Growing world population will cause a "perfect storm" of food, energy and water shortages by 2030, the UK government chief scientist has warned.

By 2030 the demand for resources will create a crisis with dire consequences, Prof John Beddington said. 

Demand for food and energy will jump 50% by 2030 and for fresh water by 30%, as the population tops 8.3 billion, he told a conference in London. 

Climate change will exacerbate matters in unpredictable ways, he added.

 

Le reste de l'article est disponible avec une entrevue vidéo

2009.02.06

Fédéral et environnement: aucun progrès en 40 ans

Un long article triste mais peu étonnant de Louis-Gilles Francoeur aujourd'hui dans le Devoir:

Environnement: aucune solution définitive en 40 ans

 

J'y ai d'ailleurs laissé un commentaire étant donné la nature imbécile des commentaires précédents...

2009.02.03

Vive la croissance!

Sites non conformes 
Risque de multiplication des dépotoirs clandestins
Agence QMI  
Dominique Salgado
03/02/2009 08h16  
© Corbis

Le problème de dépotoirs clandestins risque de s’aggraver au Québec puisque de nombreux sites d’enfouissement, désuets et polluants, ne répondent plus aux nouvelles normes environnementales. Seulement sur la Côte-Nord, on évalue à 400 le nombre de sites illégaux entre Tadoussac et Blanc-Sablon.

Ainsi, les municipalités du Québec avaient jusqu’au 19 janvier 2009 pour répondre aux nouvelles normes du Règlement sur l’enfouissement et l’incinération des matières résiduelles (REIMR) du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Cette réglementation oblige maintenant le traitement des eaux s’écoulant d’un dépotoir (le lixiviat) et le captage des gaz de décomposition des déchets (le biogaz). Ce sont d’ailleurs les deux principales façons dont les dépotoirs peuvent contaminer l’air et l’eau environnants.
L’inaction des municipalités 

«Depuis la mi-janvier, ici, huit sites d’enfouissement qui n’étaient pas conformes aux nouvelles normes ont été fermés, et ce, sur une douzaine. La problématique est importante puisque ceci incitera les citoyens à se départir de leurs déchets de façon illégale», indique Sébastien Caron, directeur du Conseil régional de l’environnement de la Côte-Nord qui dénonce l’inaction des municipalités dans ce dossier.
Dans un mémoire déposé en février 2008, RÉSEAU environnement (qui regroupe 400 entreprises et 200 municipalités) pointe du doigt Québec et indique que le gouvernement du Québec n’a pas mis assez d’efforts au niveau de la réduction à la source des matières résiduelles, alors qu’il en a la responsabilité. 

Bien qu’une certaine volonté avait été manifestée, certains environnementalistes déplorent que le gouvernement n’ait pas donné suite à ses engagements financiers sur dix ans. Ainsi, un peu plus de 22 M$ ont été investis en province alors que Québec prévoyait octroyer une centaine de millions de dollars dans le cadre de sa Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008.


source: http://www2.canoe.com/infos/environnement/archives/2009/02/20090203-081649.html

C'est drôle, c'est trop comme dans le vidéo de Stéphane Groleau, "La dompe"! J'le met directement ici pour votre bonheur à tous:

Crédit Stéphane Groleau, les Globules Verts

2009.01.30

dossier changements climatiques

à lire cette semaine dans la Presse:

dossier spécial sur les changements climatiques

2009.01.25

blogs.plugs

Ceux qui aiment lire les blogs longs ;) le blog "changer le rêve" sur blogspot est pas mal intéressant et couvre le même genre de sujets que moi. Mais c'est vachement long, ils doivent écrire 3h par jours!

J'y ai d'ailleurs trouvé ce vidéo salement destroy, qui fait penser à un scénario que j'avais lu dans Adbusters il y a quelques années: qu'est-ce qui arriverait sur Terre si les humains disparaissaient instantanément?

 

Pis tant qu'à être dans le plugage de blogs, y'a mon vieux camarade blogueur JP, et son blog Darnziak, et le site d'un ancien camarade de cegep, Menzonet.

11:10 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : environnement | |  Facebook

2009.01.14

la bonne gouvernance conservatrice

Alors que les scientifiques, les économistes, l'ONU et la société civile du monde entier se tuent à répéter qu'il faut prendre le virage du développement durable, nos amis les Conservateurs du Canada innovent dans la bonne gestion saine et à long terme. « Le gouvernement Harper s'apprête à adopter un règlement qui empêchera la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) de s'appliquer à tous les projets de moins de 10 millions apparaissant dans son plan de relance de l'économie. » (LeDevoir.com) Rien de moins. Je trouve navrant que Harper, qui aurait supposément étudié en économie, considère qu'il est souhaitable d'ignorer les externalités et la préservation du capital naturel.

2009.01.07

Deux petites lettres qui font du bien

Deux lettres rafraîchissantes dans le Devoir d'aujourd'hui:

Pour des politiques qui protègent l'environnement, Karel Mayrand
Plutôt mal écrite, mais pertinente. Elle insiste sur la nécessité d'investir dans une économie durable plutôt que de ne rien faire.

L'économie au service des humains, Yves Chartrand
Un texte bref, clair, bien dit...

2009.01.03

Le scepticisme climatique

J'entend souvent parler des "sceptiques du climat", ces scientifiques qui s'opposent à la théorie selon laquelle les changements climatiques rapides que nous vivons sont dûs principalement aux activités industrielles, brandie par le GIEC. Le plus gros coup d'éclat récent de ces sceptiques est le rapport du comité sénatorial américain selon lequel 650 scientifiques s'opposent à la théorie de l'origine anthropique des changements climatiques.

Intéressé à connaître la vérité, j'ai porté une attention particulière à ces "sceptiques". D'abord, j'ai tenté de trouver quels étaient leurs arguments et quels sont leurs motifs pour s'opposer si farouchement à des organisation scientifiques majeures. Au niveau des arguments, ça se résume pas mal à « la science climatique est inexacte » et « le climat change naturellement de toute façon ». J'ai été déçu, j'aurais bien aimé que les négationnistes aient raison. Les motifs mis de l'avant (pour s'opposer au GIEC) sont principalement « la recherche de vérité » et « ça coûterait trop cher de réduire notre output de GES ». En regardant plus en détails, les scientifiques derrière ces affirmations ne sont pas tous climatologues ni météorologues, beaucoup sont ingénieurs ou ont quelconque formation scientifique non reliée au climat, j'ai donc fortement l'impression qu'ils gonflent leur nombre en recrutant des scientifiques dont l'expertise a peu de poids dans le débat. Et après avoir fouillé pas mal les sources sur le sujet, je trouve que les négationnistes sont plus marginals qu'il le laissent paraître. La page de wikipédia à ce sujet est assez informative.

J'aimerais bien croire que les "sceptiques" sont plus animés par une recherche de vérité qu'autre chose, mais plus je lis leurs articles et documents et moins je le crois. Une des organisation les plus imposantes est l'International Climate Science Coalition, évidemment fondée pour s'opposer au GIEC. En jetant un coup d'oeil sur leur site web, on constate que le contenu est plutôt une réthorique démagogique plutôt qu'un langage scientifique objectif (auquel je m'attendrais de la part d'une organisation scientifique sérieuse). On se croirait sur le site d'un parti politique en campagne. Ensuite, la montée des sceptiques a curieusement coïncidé avec des investissement massifs dans la campagne négationniste. Beaucoup d'instituts économiques conservateurs, d'associations d'industriels, et de think-thanks d'entreprises financent abondamment les scientifiques dissidents. On peut trouver une documentation abondante à ce sujet, le seul bookmark que j'ai gardé lors de mes recherches est celui de SourceWatch. J'ai bien trouvé quelques vrais climatologues sceptiques qui ne semblaient pas biaisés, mais ils sont très peu nombreux, surtout comparés au nombre écrasant de climatologues en accord avec la théorie "officielle".

Généralement, les opinions dissidentes semblent fortement correlées à la peur de l'action. Les négationnistes mènent me semblent carrément mener une campagne de peur pour mettre l'opinion publique à dos des mesures prises pour stabiliser le climat. Il est déjà assz difficile de faire adopter par les politiciens des mesures modestes (comme Kyoto) AVEC l'appui de l'opnion public, si il faut que l'opinion publique soit contre, il n'y a plus aucun espoir.

On entend souvent que des mesures cherchant à diminuer nos émissions de GES "endommageraient l'économie". L'économie serait-elle une entité réelle et dommageable? Curieusement, ça ne correspond pas du tout à la conception de l'économie qu'on nous enseigne dans des cours d'économique à l'université. En effet, selon mon prof d'économie, l'économique serait plutôt la recherche de la façon optimale de répondre à nos besoins infinis avec nos ressources limitées. C'est drôle de voir que, alors que l'économique admet l'existence de limites de ressources, beaucoup n'hésitent pas à mettre de l'avant un nébuleux concept de dommage à l'économie pour nous convaincre d'ignorer des contraintes pour limiter le dégat à l'environnement (notre habitat et l'ensemble de nos ressources) que nous recommendent fortement les scientifiques.

Je trouvais curieux le fait que les négationnistes s'attaquent continuellement au GIEC et autres, mais que les partisans de la théorie de l'origine anthropique ne font jamais référence à leurs détracteurs. J'ai donc cherché un peu pour trouver des documents qui font référence aux deux clans. J'ai trouvé plusieurs articles fortement intéressants.

The Scientific Consensus on Climate Change, Naomi Oreskes

L'auteur fait une analyse exhaustive du consensus et de la dissidence au sein de la communauté scientifique.

The 928 papers were divided into six categories: explicit endorsement of the consensus position, evaluation of impacts, mitigation proposals, methods, paleoclimate analysis, and rejection of the consensus position. Of all the papers, 75% fell into the first three categories, either explicitly or implicitly accepting the consensus view; 25% dealt with methods or paleoclimate, taking no position on current anthropogenic climate change. Remarkably, none of the papers disagreed with the consensus position.

Climate science: Sceptical about bias, Richard Black

Some claim science itself is weighted against sceptical views. Of all the accusations made by the vociferous community of climate sceptics, surely the most damaging is that science itself is biased against them.

We're All Global Warmers Now, Ronald Bailey
Reconciling temperature trends that are all over the place

Anyone still holding onto the idea that there is no global warming ought to hang it up. All data sets—satellite, surface, and balloon—have been pointing to rising global temperatures. In fact, they all have had upward pointing arrows for nearly a decade, but now all of the data sets are in closer agreement due to some adjustments being published in three new articles in Science today.

Et finalement, mes trois meilleures trouvailles:

RealClimate.org

RealClimate is a commentary site on climate science by working climate scientists for the interested public and journalists. We aim to provide a quick response to developing stories and provide the context sometimes missing in mainstream commentary. The discussion here is restricted to scientific topics and will not get involved in any political or economic implications of the science.

Skeptical Science: Examining the science behind global warming skepticism

Scientific skepticism is a healthy thing. Scientists should always challenge themselves to expand their knowledge, improve their understanding and refine their theories. Yet this isn't what happens in global warming skepticism. Skeptics vigorously criticise any evidence that supports anthropogenic global warming and yet eagerly, even blindly embrace any argument, op-ed piece, blog or study that refutes global warming.

So this website gets skeptical about global warming skepticism. Do their arguments have any scientific basis? What does the peer reviewed scientific literature say?

Winning and Losing the Global Warming Debate Roger A. Pielke, Jr. et Daniel Sarewitz

Je suis pas d'accord à 100% avec tout cet article, mais il emmène un point extrêmement pertinent: que les changements climatiques soient d'origine humaine ou non, nous savons qu'ils arrivent. Le débat entre les deux clans attirent toute l'attention sur "devons nous ou non prendre des mesures pour lutter contre ces changements", et très peu d'attention est portée sur comment on s'adapte aux changements climatiques.climate.2008.142-i1.jpg

From the standpoint of the impacts of climate on humans and the environment, we are all losers. The global-warming debate has missed one of the most important aspects of the problem: Climate changes. In fact, the phrase "climate change" is redundant. A changing climate is an unchanging attribute of a dynamic Earth. Human-caused or not, these changes are likely to have impacts on society and the environment. Natural disasters, human health, biodiversity, endangered species, water resources, international trade, financial services, transportation networks, agriculture — virtually any area of human experience is in some way affected by climate. These impacts are occurring today, and they hold the prospect of increasing in the future. And for the most part, we are doing too little in response.

We are all losers because the global warming debate has focused almost exclusively on preventing climate change. And it has addressed greenhouse-gas emissions as the sole cause. But climate is only part of the cause of impacts, and greenhouse gases are only one potential cause of changes in climate.

(...)

Some say that a focus on adaptation might result in "every country for itself." It need not. The U.N. Framework Convention provides a mechanism through which the world's climate "winners" can help boost the resilience of the climate "losers." When climate does change, the distribution of winners and losers might also change, but shared assistance would persist.

These steps defy conventional wisdom. They are unlikely to be popular, given that the status quo sustains Cassandras and Dorothies alike. Unfortunately, in spite of the high moral rhetoric from both sides, the debate itself stands in the way of further progress. We need a third way to confront climate change, even if it means moving beyond now-comfortable positions held fast for many years.

Climate changes. Let's deal with it.

J'ai récemment eu une conversation avec un collègue étudiant. Je lui ai exposé les arguments négationnistes, et il a tout de suite répondu: « Mais qu'est-ce que ça fout même si c'était pas vrai? Ça a pas plus d'allure de gaspiller notre énergie à toute attendre dans le traffic tout seul dans notre char! »

Je trouve que ça a une ceraine sagesse assez lucide. En effet, même si c'était pas vrai que la société industrielle déstabilise le climat planétaire, même si c'était pas vrai que la pollution nous rend malade, ça n'a pas de sens de gaspiller nos ressources énergétiques dans un système de transport innefficace et pour obtenir du luxe superflu, de consacrer la moitié de la superficie des villes à faire circuler et parker les chars, de chauffer nos maisons à 25°C l'hiver et les refroidir à 20° l'été, et de crisser aux vidanges des tonnes de plastique chaque année juste pour transporter nos denrées. On a un sérieux problème de durabilité dans notre système. Il y a pas assez de ressources sur la planète pour que sa population vive avec la moitié du "niveau de vie" (de consommation) que nous avons.

En quelque part, le développement durable, ce n'est plus une question de nature, c'est une question de santé publique, de justice et de niveau de vie à long terme.

2008.12.23

La Plan de gestion des matiàres résiduelles...

Excellent article aujourd'hui dans le Devoir à propose de la gestion des matières résiduelles, à lire absolument pour quiconque s'intéresse à l'enjeu:

Le Québec et ses déchets - À l'heure des comptes

L'auteur mentionne d'ailleurs le fait que le compostage des résidus domestique est important pour retourner la matière organique à la terre. C'est effectivement une problématique qui prendra de plus en plus d'importance, car le modèle agroalimentaire actuel semble peu se préoccuper de restituer la matière organique aux sols agricoles, alors que c'est pourtant un gage de fertilité important.

Il est intéressant de noter que, contrairement à l'ensemble de la province qui connaît un cuisant échec dans l'atteinte des objectifs de ce plan (élaboré il y a 10 ans), la municipalité de Vaudreuil-Solanges aurait prétendument dépassé ces objectifs.

2008.12.18

L'industrie Québécoise du recyclage en crise

Les municipalités sonnent l'alarme

« La Fédération québécoise des municipalités (FQM) se demande si le modèle québécois de gestion des matières recyclables pourra survivre à la récession mondiale.

Depuis des mois, des matières comme le papier, le verre ou le métal s'entassent dans les cours des centres de tri. La plupart des marchés se sont effondrés avec la crise économique mondiale.

Au Québec, la plupart des centres de tri vendent leurs matériaux sur les marchés des pays émergents, notamment en Asie, où les prix ont chuté de manière importante au cours des derniers mois.

Si les centres disparaissent, ce sont des montagnes de nouveaux déchets qui seront acheminées vers des sites d'enfouissement, souvent aménagés à grands frais par les municipalités.

Améliorer le recyclage

Pour sauver l'industrie du recyclage, le président de la FQM croit que Québec doit investir dans la qualité du tri. Selon Bernard Généreux, les centres de tri québécois n'arrivent pas à percer le marché canadien en raison de la piètre qualité de leur production.

L'organisme croit que le gouvernement doit investir pour affiner les technologies de traitement, mais aussi pour mettre en place une campagne de sensibilisation sur le recyclage afin d'améliorer le tri à la source. »

Des millions de tonnes de ressources valorisables vont être gaspillées parce que le monde sont pas foutus de faire leur récup comme du monde. Le plan de gestion des matières résiduelles a été lancé en 1998. Recyc-Québec et les municipalités ont eu 10 ans pour dompter le monde. Ça a pas l'air d'avoir marché...

2008.12.15

Canada, beau gros jardin vert...

Encore récemment j'entendais un conférencier de l'agroalimentaire nous dire qu'à l'étranger, le Canada est vu comme "un beau grand jardin vert". Comment le plus gros pollueur mondial par habitant peut être précédé d'une telle réputation est une aberration qui m'échappe. Faut dire qu'on a des beaux diplomates à l'étranger.

Ed Stelmach est récemment revenu d'Europe, où il est allé faire la promotion des énergies vertes. Par énergie verte, il entend l'exploitation des sables bitumineux. Auto-proclamée world environmental leader, l'Alberta s'est récemment lancée en croisade pour refaire sa réputation. Une croisade de 25 M $, et qui envoie comme émissaire nul autre que leur premier ministre Ed Stelmach. Leur chef d'état est un relationniste pour l'industrie pétrolière. Faut croire qu'à force de creuser le sol, on finit par se retrouver pas mal bas...

« The Alberta government is ramping up its effort, too. This week it was revealed the province will spend $25 million over three years on an advertising and marketing campaign to boost the Alberta "brand."
Stelmach vowed he won't let environmentalists hijack public perception of the province's oil. »

http://www.canada.com/vancouversun/news/story.html?id=a8205b8c-c669-4712-8524-e1aa24cb2163&k=86213
http://www.premier.alberta.ca/news/news-2008-Nov-05-Europe_Mission.cfm

Un autre diplomate canadien pour faire notre fierté: Jim Prentice, nouveau ministre Canadien de l'environnement, qui est allé rassurer le monde sur le leadership du Canada dans la lutte aux GES à la convention annuelle de l'ONU sur les changements climatiques. « The fight against global warming will remain a priority for the Conservative government as it grapples with the global economic crisis, Environment Minister Jim Prentice said yesterday. » Faut noter le choix de mot: will "remain" a priority. La lutte aux changements climatiques demeure aussi prioritaire pour le gouvernement conservateur, voilà qui me rassure.

Les délégués auront beau prétendre ne pas faire d'obstruction, l'attitude du Canada a soulevé l'indignation des diplomates du monde entier à Poznan. Le plus meilleur pays au monde a même réussi à détrôner les USA comme récipiendaire du Prix Fossile #1, discerné par un groupe de surveillance des pourparlers sur le climat.

« Le Canada a notamment bloqué jeudi l'inclusion d'une mention des droits des nations autochtones dans le dossier sur la protection des forêts malgré un important consensus international.»

http://www.thestar.com/News/Canada/article/553266
http://www.ledevoir.com/2008/12/13/223166.html

2008.11.08

Souffrez-vous d'écophobie?

Éric Morneau soulevait dans « souffrez-vous d'écolassitude? » de bonnes interrogations sur la « religion » des écolos. L'écolassitude est certes une étiquette intéressante, et elle m'en a inspiré une autre: l'écophobie.

Êtes-vous dégoûté par les bien-pensants de l'écologisme larmoyant ? Scandalisé par les sommes astronomiques d'argent des contribuables gaspillées pour faire plaisir aux écolos? Vous croyez que les gens qui adoptent des comportements “écologiques” sont des extrémistes sectaires aveuglés par la foi ? Des snobs cherchant à vous culpabiliser? Peut-être souffrez-vous d'écophobie!

Des écophobes apparaissent dans l'espace public pour nous prévenir du lavage de cerveaux que la secte environnementaliste inflige dans toutes les sphères de la société. À en lire certains courriers de lecteurs, blogs et éditoriaux, l'écophobie frise parfois la schizophrénie: l'écologisme contrôlerait les gouvernements, les entreprises et, bien entendu, l'opinion publique. Pourtant, en étant attentifs aux comportements “pro-environnementaux”, on constate qu'ils constituent toujours une minorité. Par exemple, bien qu'il est vrai que de plus en plus de gens se servent de sacs d'épicerie ou tasses à café réutilisables au lieu de gaspiller un exemplaire de leur version jetable à chaque utilisation, ils sont loin d'être majoritaires. Autre exemple: à prix comparable, les jeeps, VUS et BMW sont beaucoup plus nombreuses dans nos centre-villes que les voitures hybrides. Mentionnons au passage que l’eau embouteillée est toujours une industrie florissante et que la part de marché du biologique ne dépasse pas le 3%. Dormez tranquilles, le règne totalitaire des écolos est loin d'être à vos portes!

Dans la cosmologie dominante, considérer les répercussions de ses actions sur l'environnement n'est pas une attitude normale et souhaitable, mais un comportement marginal, voire sectaire: qu'est-ce qui peut bien pousser quelqu'un à se compliquer autant la vie, à part une lubie induite par évangélisation? J'ai tenté l'expérience de partager gentiment avec un collègue que je trouvais ça légèrement excessif de vouloir s'acheter un Hummer pour parader au centre-ville, considérant que de plus en plus de cas d'asthme et d'emphysème sont causés par le smog, et qu'on a besoin du pétrole à des fins plus pertinentes. « Je m'en crisse, moi j'en ai pas de problèmes pulmonaires ! ». J'ai dû passer pour un intégriste écologiste moralisateur.

Comprenons que l'environnement fait référence non pas à la nature seule, mais à tout ce qui nous entoure. S'en occuper, c'est protéger notre milieu de vie direct, nos ressources, ce que nous respirons et mangeons, ce qui nous supporte. Il faut le faire non pas par amour de la nature mais par raison, par sens de préservation et pour maintenir notre qualité de vie, parce qu'il y a un problème de durabilité dans notre civilisation.

Les écophobes sont-ils ignorants de cette évidence ou est-ce qu'ils n'en ont réellement rien à foutre? Est-ce que ça ferait une différence qu'on les bombarde de propagande alarmiste ou qu'on leur administre au compte-goutte de l'information diluée? Sont-ils récupérables?

Faire attention à l'environnement est un comportement tout ce qu'il y a de plus normal, mais encore marginalisé. Pourtant, les gens étiquetés « écolos » sont des citoyens ordinaires animés non par les rites absurdes d'une religion, mais par une volonté de faire leur part, et d'en faire davantage, car ils aspirent à un monde meilleur. L'objectif du discours environnemental n'est pas de culpabiliser mais d'informer les gens, en espérant qu'ils tiennent compte de l'information dans leur choix. Peut-être faudrait-il, d'un côté, diminuer le ton alarmiste, et de l'autre, faire preuve d'un peu plus d'ouverture...

 

Publié dans le Soleil, le 8 novembre 2008.