Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2011.12.20

Articles

Quelques articles qui font bien état de la situation fédérale
Be very afraid: Stephen Harper is inventing a new Canada. Gerald Caplan, The Globe and Mail.
Canada’s message: The world and its climate be damned. Jeffrey Simpson, The Globe And Mail
Why Aren't More of Us Losing it Like Trudeau? Matt Price, The Huffington Post
Les faux jetons. Manon Cornellier, Le Devoir
Gouvernement Harper - Incontrôlable. Josée Boileau, Le Devoir

14:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcc | |  Facebook

2011.07.20

Chine-Canada: Y'en finissent pu de pelleter de la marde.

La chine exploite notre pétrole sale pour faire du plastique pour faire des cochonneries qu'on leurs achète qu'on consomme et qu'on enfouira dans des dépottoirs. Le circuit linéaire du gaspillage des ressources, du sous-sol canadien au sol canadien en passant par les sweat shop chinoises, en détruisant notre environnement au passage. Le tout pour satisfaire l'idéologie qui dit créer de la richesse, prospérité économique et god bless Canada. ça doit être ça la liberté économique, la liberté de se faire exploiter ses ressources par une dictature pour que les affairistes fassent plus de cash. Je comprendrai jamais le monde qui sont à l'argent.
Bientôt on va pouvoir leur acheter des chars et on va pouvoir s'acheter plus de chars et faire plus de parking, le gaspillage étant l'aboutissement de l'existence humaine pour la religion consumériste dans laquelle nous vivons.

Sables bitumineux : la Chinoise CNOOC achète OPTI Canada

Sables
        bitumineux

La compagnie pétrolière chinoise CNOOC a abouti à une entente pour l'achat d'OPTI Canada de Calgary moyennant 2,1 milliards de dollars.

Les membres du conseil d'administration d'OPTI Canada ont voté à l'unanimité pour l'offre d'achat de la firme chinoise, expliquant qu'elle était dans le meilleur intérêt de la compagnie albertaine.

OPTI Canada, qui a été créée en 1999, oeuvre dans l'exploitation des sables bitumineux. Pour sa part, CNOOC est l'une des trois sociétés d'État chinoises du domaine du pétrole et du gaz naturel. Elle figure aussi parmi les plus importantes firmes indépendantes du monde dans les domaines de l'exploration et de la production de pétrole et de gaz.

...

C'est à la fois une société d'état chinoise, et une firme indépendante?



Baird constate un réchauffement des relations sino-canadiennes

Le ministre
      des Affaires étrangères canadien, John Baird, et son homologue
      chinois, Yang Jiechi, le 18 juillet 2011

Le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird (...) achève sa première visite officielle en Chine, où il a discuté avec son homologue chinois, Yang Jiechi, de commerce, d'investissement et de droits de la personne et a rencontré de hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise. Dans une téléconférence depuis Shanghai, le ministre a estimé qu'au cours des dernières années, une nouvelle ère s'est ouverte pour les relations entre les deux pays. Il a dit vouloir construire à partir de ces nouvelles bases. M. Baird a souligné que la Chine constitue pour le Canada un partenaire stratégique dans les domaines de l'énergie, des ressources naturelles et des affaires internationales. Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.

La chine veut des ressources naturelles.
Les conservateurs en ont à vendre.
Tout le monde est content.

"Devant les divergences d'opinions entre les deux pays sur des questions comme les droits de la personne, M. Baird estime qu'il est préférable de discuter en tête à tête que de prêcher à distance.": Je sais même plus à quoi ils font référence.
Le Canada est de moins en moins démocratique et pacifiste, son gouvernement contrôle de plus en plus l'accès à l'information, brutalise ses opposants et fait de la propagande partisane à même les fonds publics et avec ses stratégies politiques bientôt on pourra peut-être s'inquiéter de s'en aller vers le parti unique...


Déversement de pétrole dans le nord de l'Alberta

Carte Swan Hills

La Commission de contrôle des ressources énergétiques de l'Alberta enquête sur une fuite de pétrole survenue dans un pipeline appartenant à la pétrolière Pembina à plus de 200 km au nord-ouest d'Edmonton.

Selon un responsable de la compagnie basée à Calgary, l'équivalent de 1300 barils de pétrole se seraient échappés mardi du pipeline Moosehorn, situé près de Swan Hills. Le pipeline a été fermé et une enquête est en cours.

La fuite serait survenue dans une zone où se trouvent des marécages et un ruisseau. Selon la compagnie, la fuite a été contenue et des équipes sont sur place afin de procéder au nettoyage de la zone contaminée.

Le président de Pembina, Bob Michaleski, affirme que la pétrolière prendra les mesures nécessaires pour minimiser l'impact du déversement sur les terres et les voies navigables.

C'est pas grave on va continuer de faire tous nos déplacements en char pis de s'acheter de l'eau embouteillée pis plein de cochonneries jetables et de façon générale baser notre mode de vie sur consommer des trucs inutiles parce que consommer de façon responsable c'est juste un concept d'"écolos-gauchistes-bien-pensants" pis "ça donne rien de pas faire ça c'est ça que tout le monde fait"...

J'en ai marre, ça dort au gaz pis c'est vrai dans ce pays là.

2011.05.28

JF Mercier fait de la politique

Ordre chronologique.

Remarquez la joke à 400 000 $ à 3:50

Jean-François Mercier, Élections 2011

2011.04.07

Albertosaurus

Les dinosaures tyranniques et ambitieux pullulent dans la contrée riche en fossiles de l'Alberta. Ce spécimen de Conservatosaurus Rex est particulièrement friand de combustibles fossiles.

01:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcc, stephen harper | |  Facebook

2011.04.02

Avec Harper, on a rendez-vous avec la Préhistoire

Science in retreat | Nature

Canada has been scientifically healthy. Not so its government.

Comparisons of nations' scientific outputs over the years have shown that Canada's researchers have plenty to be proud of, consistently maintaining their country's position among the world's top ten (see, for example, Nature 430, 311–316; 2004). Alas, their government's track record is dismal by comparison.

When the Canadian government announced earlier this year that it was closing the office of the national science adviser, few in the country's science community were surprised. Science has long faced an uphill battle for recognition in Canada, but the slope became steeper when the Conservative government was elected in 2006.

The decision in 2004 by the then prime minister Paul Martin to appoint a scientist for independent, non-partisan advice on science and technology was a good one — in principle. Arthur Carty, the chemist who secured the position, duly relinquished his post as president of the National Research Council Canada, which he had revitalized.

But his new office was destined to fail. The budget was abysmal and the mandate was vague at best. After winning power from the Liberals, the Conservatives moved Carty's office away from the prime minister's offices to Industry Canada. In 2007, the government formed the 18-member Science, Technology and Innovation Council (STIC). Told that the government would no longer need a science adviser, Carty offered his resignation. From March, the STIC will provide policy advice and report on Canada's science and technology performance. It can be expected to be markedly less independent: although it is stocked with first-class scientists and entrepreneurs, several government administrators also hold seats.

Concerns can only be enhanced by the government's manifest disregard for science. Since prime minister Stephen Harper came to power, his government has been sceptical of the science on climate change and has backed away from Canada's Kyoto commitment. In January, it muzzled Environment Canada's scientists, ordering them to route all media enquires through Ottawa to control the agency's media message. Last week, the prime minister and members of the cabinet failed to attend a ceremony to honour the Canadian scientists who contributed to the international climate-change report that won a share of the 2007 Nobel Peace Prize.

Harper sees himself as the leader of a 'global energy powerhouse' and is committing Canada to a fossil-fuel economy. More than 40 companies have a stake in mining and upgrading the bitumen from the oil sands in Alberta and churning out 1.2 million barrels a day. This activity generates three times as much greenhouse gas as conventional oil drilling. Emissions from Canada's oil and gas industry have risen by 42% since 1990.

There are deeper and more chronic problems for Canadian science. On the surface, funding for university-based research seems strong. The annual budgets for the Canadian Institutes of Health Research (CIHR) and the National Sciences and Engineering Research Council tripled and doubled, respectively, between 2000 and 2005. The government has also supported new science projects through government-created corporations such as Genome Canada and the Canada Foundation for Innovation, and has recruited and retained promising young scientists through the Canada Research Chairs programme.

But Genome Canada funds only half of the cost of a research project — scientists must seek the remaining cash from elsewhere. Last year, the CIHR was able to fund only 16% of the applications it received, and cut the budgets of successful applicants by a quarter, on average. And earlier this month, the country's top scientists and university officials warned that they were short of funds to operate multimillion-dollar big-science projects such as the Canadian Light Source synchrotron.

What's to be done? Canada has made good investments in its science infrastructure and its future research leaders. The present government might be dissolved after a vote of confidence next month, which could in itself lead to a change for the better. But in any circumstances, Canada's leading scientists can be public advocates, pointing to the examples of other countries in urging the government of the day to boost their country into a position of leadership rather than reluctant follower.

Canada watches its democracy erode

Ramesh Thakur | The Australian

ON Friday, the minority Stephen Harper government fell on a confidence motion by a 156-145 vote. Speaking to the motion, Opposition Leader Michael Ignatieff attacked the government for disrespecting Canadian democracy and treating parliament with contempt.

The myth of Canada being dull is captured in the apocryphal story that in an international competition for the most boring news headline of the year, the winning entry was "Yet another worthy Canadian initiative".

Edmund Burke noted that all that was necessary for evil to triumph was for good men to do nothing. Canadians are certainly good and worthy folks, but they suffer an excess of civil obedience, politeness and lack of civic rage that could be harnessed to combat political atrophy. At a time when Arabs risk life and limb for political freedoms, Canadians seem largely apathetic about the erosion of their democracy.

The centralisation of power in the hands of the prime minister and political staffers - with the resulting diminution of the role and status of cabinet, parliaments and parliamentarians - is common to Anglo-Saxon democracies in Australia, Britain, Canada and the US, but the extent to which constitutional conventions, parliamentary etiquette and civil institutions of good governance have been worn away in Canada is cause for concern.

A minister told parliament she did not know who had altered a document that cut funding to a foreign aid group. Later, she admitted to ordering the changes, but did not know who had carried out the order. Lying to parliament, a cardinal sin of Westminster-style democracy, has become a political tactic.

Following rulings by Speaker Peter Milliken, for the first time in Canadian history, the government and a minister have been found to be in contempt of parliament for withholding information and misleading the house.

The Integrity Commissioner was so inept that she failed to uphold a single one of more than 200 whistle-blowing complaints.

Forced out of office by the ensuing public outcry, she was awarded a $C500,000 severance package on condition that neither she nor the government talk about it.

That is, a public servant paid by the taxpayer was financially gagged by yet more taxpayer money to stop taxpayers finding out what was going on.

When a foreign service officer blew the whistle on the Canadian military handing over detainees to Afghan security forces, in likely violation of international humanitarian law, the government tried to destroy him and refused to give documents to a parliamentary inquiry. The Speaker reminded the government parliament controlled cabinet, not the other way round.

After the last elections, when the opposition parties were close to agreement on a coalition majority government, rather than face the house in a vote of confidence, Harper talked the governor-general into shuttering parliament for a month until he shored up his own support.

When the time came to choose a new governor-general, Harper opted for someone who had carefully drawn up terms of an inquiry commission to exclude the potentially most damaging aspects of a scandal involving a former conservative prime minister.

Four conservatives have been charged with exceeding campaign spending limits in the 2006 election that put Harper into power. A minister used public office and material to pursue party-political goals of courting ethnic vote banks for the conservatives.

Having come into office on campaign promises of greater transparency and accountability, Harper has silenced civil servants and diplomats, cynically published guidelines on how to disrupt hostile parliamentary committees, and suppressed research that contradicts ideologically-driven policy, for example data that show crime rates to be falling.

Judges who rule against the pet causes of the government's ideological base are not immune to attacks from cabinet ministers.

Civil society groups that criticise any government policy or ideology risk loss of funding and hostile takeovers by boards stacked with pro-government ciphers.

Little wonder Globe and Mail columnist Lawrence Martin describes the government's "arc of duplicity" as "remarkable to behold". What remains unclear is whether this adds up to an indictment of Canadians' indifference to democratic rights being curtailed or of the opposition parties, which have failed to harness the silent majority's outrage.

As Canadians head for the polls in early May, it remains to be seen whether Liberal Party charges of the Harper government being obsessed with secrecy, control, spin and attack ads will resonate with voters. Until then, Oh Canada, we cry our hearts for thee.

Ramesh Thakur is professor of political science at the University of Waterloo and adjunct professor, Institute of Governance, Ethics and Law, Griffith University

22:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pcc, stephen harper | |  Facebook

2010.06.12

Le contrôle de l'information des Conservateurs (4)

Lettre pertinente à lire dans le Devoir:L'information sous Stephen Harper - De la transparence à la propagande

Je la copie pas ici parce qu'elle est pas mal longue, mais elle est pertinente à lire au complet.

Intéressant commentaire d'un lecteur:

Avant de prendre ma retraite du gouvernement fédéral, j'étais là quand les Conservateurs ont pris le pouvoir et les changements aux relations avec les médias ont été assez soudains et du jour au lendemain nous, les fonctionnaires qui avions été formés pour parler aux médias et répondre aux entrevues, ont été sommés de ne plus rien dire et de référer le tout à « Ottawa ».

2010.03.16

Le contrôle de l'information des Conservateurs (3)

Articles choc cette semaine dans le Devoir:

Scientifiques muselés - Prentice nie une directive spéciale

Ottawa — À l'Environnement comme partout ailleurs. Le ministre Jim Prentice a laissé entendre hier en Chambre que le protocole qui interdit aux scientifiques de son ministère de répondre directement aux questions des journalistes n'a rien d'unique et représente plutôt la norme dans le gouvernement.

«Environnement Canada a la même politique de relations publiques que tous les autres ministères au gouvernement du Canada», a lancé M. Prentice durant la période de questions. Il a qualifié «d'allégation grotesque» une question du député libéral David McGuinty faisant état d'un rapport interne d'Environnement Canada où l'on déplore que les scientifiques du ministère ne puissent plus s'exprimer librement dans les médias.

Dévoilé dans certains journaux hier, le rapport indique que le gouvernement a implanté un protocole de relations avec les médias très serré pour les scientifiques. Ceux-ci doivent renvoyer tous les appels directs de journalistes au service des communications, et faire rapport de l'appel à leur supérieur et à leur conseiller en communication. S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les scientifiques doivent aussi aviser le service des communications.

Si on leur permet de parler à un représentant des médias, les scientifiques doivent indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront et rédiger un rapport après l'entrevue. Le rapport montre que la politique a l'effet escompté: les médias font de moins en moins appel à ces scientifiques qui n'arrivent pas à répondre aux questions dans les délais de la presse.

Environnement Canada a calculé que la couverture médiatique de la science des changements climatiques a diminué de 80 % depuis l'entrée en vigueur de la directive, en février 2008. Avec les nouvelles règles, quatre de ses scientifiques renommés ont pratiquement disparu des écrans radars des médias. Cités dans 99 articles pour les neuf premiers mois de 2007, ils n'ont plus été demandés que pour 12 articles durant la même période en 2008.

Environnement Canada - Aucun scientifique n'a été muselé, assure Jim Prentice

Le Bloc accuse le Ministère de vouloir diriger la recherche

Guillaume Bourgault-Côté 17 mars 2010

Ottawa — Tout va bien avec les scientifiques d'Environnement Canada (EC), estime le ministre Jim Prentice. Ce dernier dément que quiconque ait été muselé dans son ministère, au moment où le Bloc québécois dénonce le fait que les communications écrites des scientifiques sont elles aussi soumises à un contrôle strict.

Devant le Comité parlementaire de l'environnement, M. Prentice est revenu hier sur la polémique des scientifiques pour réitérer qu'il s'agit là d'un faux débat. «Nous avons des chercheurs qui travaillent à Environnement Canada, nous accordons de la valeur à leur travail et à la recherche scientifique en général, a indiqué le ministre de l'Environnement. Depuis que je suis au ministère, il n'y a pas eu de plaintes [de scientifiques mécontents]. Les chercheurs ne s'estiment pas muselés.»

M. Prentice a répété que la politique de communication qui a cours à EC est la même que partout ailleurs au gouvernement. «Les règles s'appliquent à tous les employés, ce sont les mêmes partout.»

Un rapport interne d'EC dévoilé lundi a fait état de la colère des scientifiques du ministère, contraints par une nouvelle politique de communication adoptée en 2008. Celle-ci interdit notamment aux scientifiques de répondre directement aux appels des journalistes. Ils doivent plutôt renvoyer leurs demandes au service des communications en plus de faire rapport de l'appel à leur supérieur.

S'ils participent à une conférence où des médias sont «susceptibles» d'être présents, les chercheurs doivent aviser le service des communications. Et si celui-ci autorise une entrevue, les scientifiques devront indiquer à l'avance les réponses détaillées qu'ils fourniront. Le rapport montre que la politique a eu pour effet de diminuer considérablement la présence de ces spécialistes dans les médias.

Mais il y a plus, estime le Bloc québécois. En prenant appui sur un autre document — la norme d'EC concernant les publications scientifiques et techniques —, le critique du Bloc en matière d'environnement, Bernard Bigras, s'est demandé hier si le gouvernement ne cherchait pas à imposer aussi un «guide du bon scientifique».

M. Bigras s'est insurgé d'un passage qui précise que tout auteur d'une publication scientifique publiée par EC doit se demander si la publication «est importante et pertinente [en regard des] politiques, priorités et réglementations principales du gouvernement». «C'est une ingérence dans le contenu, estime le député. Le ministère tente de diriger la recherche et le contenu scientifiques.»

Jim Prentice a rétorqué qu'il «faut que les recherches soient intègres, que les résultats soient exacts, que la méthodologie soit fiable. Nous avons publié un guide qui pose des questions opportunes», sans imposer de conclusions, dit-il.

2010.03.08

Chantal Hébert sur Jim Prentice

Chantal Hébert décortique délicieusement la médiocrité de Jim Prentice dans cette chronique de l'Actualité du 5 mars 2010:

Ministre fédéral des Ressources naturelles depuis le début de l’année, le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, est désormais responsable du développement de l’industrie énergétique canadienne au sens large. À ce titre, on ne l’imagine pas se rendre à la Chambre de commerce de Québec afin de prononcer un discours pour dénoncer les sables bitumineux de l’Alberta ou pour taxer le gouvernement de cette province de laxisme environnemental.

Mal lui en prendrait, d’ailleurs, car on peut croire qu’il serait congédié de la direction de son ministère sur-le-champ, voire du cabinet fédéral. Et cette sanction serait dans l’ordre des choses. En se livrant à une charge publique con­tre l’industrie pétrolière et l’Alberta sur une tribune québé­coise, Christian Paradis manquerait deux fois plutôt qu’une à son devoir ministériel.

Dans un premier temps, sa mission de responsable du portefeuille des richesses naturelles consiste à prêcher pour sa paroisse à la table du Cabinet et dans la vie publique. Ensuite, à titre de membre du cabinet fédéral, le ministre Paradis a le devoir, moral celui-là, de ne pas exacerber inutilement les rivalités, déjà multiples, et les préjugés, déjà nombreux, entre les diverses régions du Canada.

(...)
Ce double manquement, que le premier ministre Stephen Harper aurait raison de ne pas tolérer de la part de son lieutenant québécois, le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, l’a commis impunément quand il a prononcé à Calgary, le 1er février dernier, un discours dans lequel il qualifiait de sottise la nouvelle réglementation québécoise pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles.

De mémoire de correspondant parlementaire, le spectacle d’un ministre fédéral de l’Environnement s’attaquant de front aux efforts d’une province pour améliorer son bilan écologique est inédit.

(...)
Devant son public albertain, le ministre Prentice a nommément cité l’initiative québécoise comme un exemple de geste susceptible de nuire aux intérêts commerciaux du Canada.

[lire l'article au complet]

2010.03.03

Contrôle de l'information par le gouvernement conservateur (2)

On peut lire dans Le Devoir (Censure à Ottawa: trois ministres soupçonnés) qu'il y a maintenant trois enquêtes ouvertes au commissariat à l'information du Canada concernant l'ingérence de ministres dans l'accès à l'information. La commissaire n'a pu révéler quels ministres sont en causes dans ces trois enquêtes, jugées prioritaires. Récemment, une autre fuite révélait au Hill Times que le PM Harper met depuis longtemps de la pression sur les fonctionnaires pour retarder les demandes d'accès à l'information et permettre au PM de censurer ce qui est compromettant. Le cas de Christian Paradis, sorti au grand jour récemment, n'était donc pas isolé, et est le symptôme d'une stratégie plus large du gouvernement conservateur pour contrôler l'information. L'an dernier, on pouvait déjà lire dans la Presse que le conseil privé (le ministère du PM) les demandes d'accès à l'information exige des différentes institutions qu'elles lui transmettent les demandes d'accès à l'information. «Ça provoque un étranglement et l'information sort au compte-gouttes», selon l'avocat Michel Drapeau, spécialiste de l'accès à l'information.

En fait, le fonctionnaire qui a été pris à censurer le document pour Paradis ne faisait rien de différent de ce qui se fait dans les autres ministères, selon la source du Hill Times. Paraîtrait-il que Harper s'emporte et engueule les fonctionnaires quand la réponse d'une demande d'accès  à l'information sort en contenant davantage d'information qu'il ne voudrait qu'il y en ait.

Par exemple, on demanderait à l'entourage du ministre de trouver une façon d'exiger des fonctionnaires que le document soit révisé par le Conseil privé, le ministère du premier ministre, ce qui permettrait d'allonger les délais et donnerait plus de latitude pour censurer les documents.

Il s'agirait d'une directive verbale en place depuis 2006, lorsque le gouvernement Harper a pris le pouvoir. Rappelons que cette loi est appliquée par les fonctionnaires et est normalement à l'abri des ingérences politiques. (Le Devoir)


Le problème ne serait pas nouveau, seulement il empire. "Over the decades, governments have gotten much smarter about ways in which the act can be circumvented or subverted … and successive governments have become more sophisticated at finding the loopholes. (...) Right now there is no penalty, essentially, for failing to obey the Access to Information Act: Government breaks the law almost every day, and yet there are no real consequences," (The Hill Times)

Une chance qu'on a une commissaire à l'information pour faire son travail, tandis que le gouvernement lui met les bâtons dans les roues:

En avril dernier, la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, a demandé au gouvernement d'obtenir un budget spécial pour lancer une enquête systémique sur les agissements de certains ministères qui ne respectent pas les délais de réponse obligatoires contenus dans la Loi sur l'accès à l'information.

Le gouvernement a refusé la demande de financement du Commissariat à l'information. Toutefois, lors d'une entrevue accordée au Devoir, Mme Legault a expliqué qu'elle a réussi à remanier son budget pour dégager des ressources à l'interne et ainsi lancer son enquête sans avoir besoin d'un financement accru.
(,,,)
La commissaire veut notamment savoir si le système parallèle mis en place depuis quelques années ralentit le traitement des demandes. Les requêtes des citoyens en vertu de la loi sont traitées plus rapidement et sont moins surveillées que les demandes en provenance des médias, qui prennent un chemin plus politique. Le Bureau de l'accès à l'information doit alors prévenir le bureau du ministre qu'un document sera remis à un journaliste. Ce document est souvent révisé par l'entourage du ministre.  (Le Devoir)

Certains qui font régulièrement usage de la loi à l'accès à l'information se sont mis à combattre l'ingérence politique sur leur requêtes en remplissant des demandes d'accès à l'information sur comment leurs propres demandes d'accès sont traitées! C'est ainsi que l'histoire de Christian Paradis a pu être révélée, selon le Hill Times.

2010.02.09

La propagande conservatrice toujours payée à même les fonds publics

Je reçois constamment de la propagande conservatrice dans la malle. La semaine passée, j'écris à Élections Canada:

Malgré que j'ait écrit en rouge "PAS DE PROPAGANDE" sur ma boite aux lettres, je reçois souvent de la propagande conservatrice qui semble payée par les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoit. Or je ne suis même pas dans sa circonscription.

Leur dernier pamphlet est particulièrement insultant, il prétend qu'il y a plein de pédophiles partout et que le gouvernement conservateur protège nos enfants des pédophiles parce qu'ils veulent des peines plus sévères, contrairement au bloc québécois qui lui cautionne la pédophilie avec ses positions laxistes.

J'imagine qu'il est illégal que des députés utilisent les fonds publics pour faire leur propagande partisane, et mensongère de surcroît. Sinon, on a un sacré problème. J'espère que quelque chose sera fait contre ça.

On me répond:

 

DOSSIER: 296266
Nous vous remercions pour votre courriel du 6 février 2010.
Élections Canada est une institution indépendante établie par le Parlement chargé de la conduite des élections et des référendums fédéraux. Le sujet abordé dans votre message dépasse les limites de notre mandat. Conséquemment, nous vous invitons à communiquer avec le Service de renseignements du Parlement du Canada.  L’information contact est la suivante :
Service de renseignements
Parlement du Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0A9
1 (866) 599-4999 Sans frais (Canada)
1 (613) 992-4793
ATS: 1 (613) 995-2266

 

Je renvois donc la même missive au Parlement. Réponse:
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courriel envoyé le 8 février 2010 au Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement.
Le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement offre des renseignements de nature générale sur l'histoire, le rôle, et les activités du Sénat, de la Chambre des communes et de la Bibliothèque du Parlement.
En réponse à votre courriel, les députés détiennent le droit d’envois collectifs et peuvent envoyer du courrier en franchise. Ce privilège signifie que les députés de la Chambre des communes peuvent apposer leur signature à un envoi postal adressé qui sera ensuite livré, en franchise, n’importe où au pays.
Pour de plus amples renseignements concernant le courrier en franchise, nous vous suggérons de contacter votre député fédéral. Vous pouvez identifier votre député à partir du site web du Parlement (http://www.parl.gc.ca) en entrant votre code postal dans la case «Parlementaires actuels». Vous obtiendrez ainsi ses coordonnées à Ottawa et dans votre circonscription.
N'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement pour toute autre question concernant le Parlement du Canada.
Veuillez agréer l'expression de nos sentiments les meilleurs.
K.C.
Information Service / Service de renseignements
Library of Parliament / Bibliothèque du Parlement
Ottawa, Canada, K1A 0A9
Telephone / Téléphone:
-Toll-free / Appel sans-frais:  1-866-599-4999
On dirait bien que tous les bureaucrates s'en lavent les mains, les conservateux peuvent envoyer autant de marde malhonnête pour vendre leur parti qu'ils le veulent, c'est dans les règles! J'écris donc à ma députée:

Je reçois constamment de la propagande conservatrice mensongère par la poste, manifestement payée à même les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoît (j'habite dans Montcalm). Je pense qu'il s'agit du même phénomène qui a fait l'objet d'un article dans le Devoir en novembre dernier: http://www.ledevoir.com/politique/canada/277423/la-propag...

Je me suis plaint à Élections Canada, ils m'ont dit de m'adresser au Parlement, qui m'a dit de m'adresser à mon député. C'est insultant et scandaleux, tout ça. Ils se servent de l'argent de nos taxes pour distribuer massivement de la bullshit pour vendre leur parti de pétrolières, et tous les bureaucrates supposés servir la "démocratie" s'en lavent les mains.

Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre ça?

Réponse de Christiane Gagnon:

J’ai bien reçu votre courriel dans lequel vous dénoncez l’abus d’envois de ces dépliants que les députés peuvent envoyer aux frais de la Chambre des communes. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me faire part de vos préoccupations à ce sujet.

Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la facture totale des envois des députés a plus que doublé, atteignant désormais 10 millions de dollars. Le Parti conservateur, à lui seul, a généré des frais d’impression et d’envoi de 6,3 millions de dollars.

C’est pourquoi nous, les élus du Bloc Québécois, proposerons au retour de la Chambre de restreindre le recours à ces envois de dépliants. Ces restrictions feront en sorte qu’il ne serait plus possible pour un député de faire un envoi dans une circonscription autre que la sienne et qu’il ne pourrait pas faire plus d’un seul envoi par jour. Les envois regroupés (permettant à plusieurs députés de combiner leurs envois afin d’en imprimer un plus grand nombre d’exemplaires) seraient limités à un par mois. Le contenu de tout envoi devrait être approuvé par le parti politique.

Pour que nos propositions entrent en vigueur, les quatre partis politiques doivent les approuver à l’unanimité.

Ainsi, nous partageons vos préoccupations quant à l’utilisation abusive des envois de ces dépliants. Soyez assuré que nous ferons tout ce qui est en notre possible afin que cette pratique, qui donne lieu à des excès de propagande par certains partis, soit davantage encadrée.

Il paraît que le bureau interne de la chambre des communes examine la question, comme l'indique l'article du Devoir:

«Beaucoup de gens n'aiment pas cela», confirme la porte-parole de la Chambre des communes, Colette Déry. «Les députés, mais aussi les commettants qui reçoivent des envois de députés d'une autre circonscription, qui n'en sont pas ravis et nous le font savoir.» Les plaintes n'ont pas encore été traitées, et d'ici à ce que le bureau de régie interne de la Chambre tranche la question, les règles resteront inchangées.

Ce serait 6,3 M $ que la propagande conservatrice a ainsi drainé en fonds publics. Les partisants conservateux vont dire que c'est "légal" et que tous les partis le font. Je sais pas, mais j'ai jamais reçu de propagande bloquiste ou libérale par la poste, et il y a une limite à la rhétorique mensongère et à l'abus de fonds publics! Pour la comparaison entre les partis, ces chiffres sont évoquateurs:

Alors que les députés de l'opposition ont en moyenne réclamé 17 977 $ chacun en frais d'impression, les députés conservateurs ont réclamé plus que le double: 38 337 $ en moyenne chacun. À eux seuls, donc, les 164 députés conservateurs ont imposé à la Chambre des communes un fardeau de 6,3 millions de dollars à ce chapitre. Celui des 210 députés de l'opposition s'élève à 3,8 millions. (Notons que l'élection de 2008 a provoqué un roulement de députés portant leur total à au-delà de 308.)

Pour ce qui est de la légalité, je comprend bien que les esprits conservateurs sont peu habitués aux exercices de réflexion débordant du cadre étroit balisés par le système, mais il me semble évident que, même si il n'y a pas de loi interdisant la propagande mensongère, payée par les contribuables de surcroît, ça ne veut pas dire que c'est acceptable dans un système qui se prétend démocratique.

Apparemment, mes efforts de lobbying ont porté fruit:

Envois postaux des députés - Ottawa prié d'y mettre un terme

Hélène Buzzetti 17 mars 2010

Ottawa - Les députés fédéraux ont décidé hier de restreindre le nombre de leurs envois postaux. La Chambre des communes a en effet adopté une motion réclamant que cesse la pratique dite des «10 %», ces envois postaux, souvent très partisans, que font parvenir les élus aux commettants de leurs adversaires.

Par la marque très serrée de 140 voix contre 137, les députés ont appuyé une motion du Parti libéral demandant de retirer aux députés le droit d'envoyer, aussi souvent qu'ils le désirent, des dépliants n'importe où au pays aux frais de la Chambre des communes. Selon le Parti libéral, le Parlement économiserait ainsi approximativement 20 millions de dollars par année.

Hier, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont appuyé la motion libérale, tandis que le Parti conservateur s'y est opposé. Si le résultat a été si serré, c'est qu'une douzaine de libéraux, y compris le chef Michael Ignatieff, étaient absents. Le premier ministre Stephen Harper n'était pas présent non plus.

Le Devoir avait révélé cet automne que le Parti conservateur était passé maître dans l'utilisation des «10 %». Les élus de M. Harper ont engendré en moyenne des dépenses de 38 337 $ chacun en 2008, soit le double des députés de l'opposition (17 977 $). Au total, ces envois des conservateurs ont coûté au trésor public 6,3 millions de dollars.

C'est par l'entremise de ce mécanisme que les conservateurs ont pu inonder le pays de dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion à quelques jours du déclenchement des élections, en 2008. Le gouvernement n'est pas obligé de mettre en application la motion adoptée hier.

 

2009.03.02

Des bourses exclusives aux étudiants en affaires

Le fédéral annoncait dernièrement que le financement des bourses d'études en sciences humaines (pour le deuxième cycle) allait devenir exclusif aux recherches liées au monde des affaires. Plutôt que de laisser les bourses aller aux meilleurs candidats et aux besoins en recherche, elles vont maintenant aux étudiants en business.

Or, la députée Niki Ashton (Thompson, NPD) a parti une pétition pour demander à ce que la clause exigeant que toutes les nouvelles bourses en sciences humaines soient exclusives aux étudiants en affaires soit enlevée.

On peut la signer en ligne à l'adresse suivante:

http://nikiashton.ndp.ca/sshrc


Pour plus d'info:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/educat...

http://www.ledevoir.com/2009/02/17/234302.html

Des bourses d'études supérieures branchées sur le monde des affaires
Alexandre Shields
Le Devoir, Édition du mardi 17 février 2009
Les conservateurs sont critiqués pour cibler les diplômes liés à l'entreprise

Miser à fond sur les étudiants qui optent pour des diplômes «liés aux affaires». C'est ce que les conservateurs ont décidé de faire dans leur dernier budget en leur réservant tous les fonds supplémentaires qui seront distribués sous forme de bourses d'études supérieures par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

(...)

Des propos qui font bondir le titulaire de la Chaire de recherche en études cinématographiques de l'Université Concordia, Martin Lefebvre, qui a entrepris de mobiliser d'autres universitaires afin de contester la décision des conservateurs. «Il s'agit d'une intervention de l'État dans la recherche digne du plus pur stalinisme, affirme-t-il. Dans une société qui traverse une crise des valeurs qui est loin de n'être que financière, qui peut sérieusement envisager que c'est le monde des affaires -- en passant, celui-là même qui est responsable de la débâcle financière du moment! -- qui sera le mieux en mesure de penser l'avenir, et ce, au détriment de l'ensemble de toutes les autres sciences humaines?»

(...)

«Cet argent aurait dû être donné aux organismes subventionnaires qui l'auraient accordé en fonction des besoins, sans égard aux intérêts partisans du gouvernement, ajoutait la chef de la formation, Elizabeth May. Le gouvernement n'est pas là pour dicter ses priorités à nos conseils de recherche.»

Le phénomène n'est toutefois pas nouveau, explique M. Gagné, puisqu'il s'inscrit dans une volonté de plus en plus affirmée de «brancher l'université sur le marché du travail», ce qui facilite «le développement de partenariats avec l'entreprise privée», notamment pour la recherche. Or, cette tendance lourde risque fort de «déformer la recherche universitaire». «On se prive d'un regard désintéressé, estime le sociologue. Mais quand on dit ça, on a l'air niaiseux, parce que tout le monde est convaincu que la véritable connaissance, c'est celle qui permet de faire marcher la société à très court terme.»

En même temps, déplore-t-il, on évacue progressivement les «humanités» de la sphère de la recherche, dont l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, l'histoire, la philosophie et les études littéraires.

2009.02.27

Harper redirige l'aide au développement pour ses intérêts mercantiles

Aide au développement: perpétuer l'erreur
Guy Taillefer
Le Devoir, vendredi 27 février 2009

Nouveau recentrage conservateur à saveur affairiste. Le gouvernement Harper vient d'annoncer qu'il fera dorénavant porter la part du lion de son aide publique au développement (APD) sur une fourchette réduite de 20 pays prioritaires. L'Afrique subsaharienne, épicentre de la pauvreté, y perd au change: huit pays ne représenteront plus une «priorité» pour le gouvernement canadien. Sont par contre invités au banquet, pour la première fois, le Pérou et la Colombie, deux pays après tout moins mal en point avec lesquels Ottawa a conclu l'année dernière des accords de libre-échange.


Comme en tout ce qu'ils touchent, les conservateurs ne quittent pas des yeux leurs objectifs d'efficacité et de rendement commercial. On ne nie pas que l'aide internationale souffre de problèmes de cohérence et que les gouvernements africains auraient intérêt à se responsabiliser. Toutefois, cet argumentaire est extrêmement incomplet. Sans compter qu'il n'y a guère, par les temps qui courent, de pays donateurs qui puissent évoquer la «bonne gouvernance» sans faire rire de leur impuissance en matière de gestion financière. Notre opinion à ce sujet est la suivante: les injonctions d'efficacité qu'on s'est mis à lancer au continent africain sont un masque dont les pays riches se couvrent le visage pour ne pas avoir à admettre leur démission devant la pauvreté.

La Banque mondiale évalue à 1,4 milliard le nombre de personnes dans le monde qui survivent dans un état de pauvreté extrême. Le nombre de celles qui se meurent de faim est de près de un milliard, indiquent les chiffres de l'ONU les plus frais. Or, la fixation que les riches se sont mis à faire sur l'efficacité (et la rentabilité) de l'aide fait l'impasse sur le fait que les pays industrialisés ont, dans l'ensemble, réduit leurs efforts en matière d'APD depuis 2000. Plus catastrophique encore, cette fixation s'est accompagnée, au cours des dernières décennies, d'une réduction radicale de la part des budgets d'aide au développement consacrés par les pays du Nord au développement agricole du Sud.

Il coule pourtant de source que la lutte contre la pauvreté passe par le développement de l'autonomie alimentaire des pays pauvres. C'est tout le contraire qui s'est produit. Faites le calcul: il y a 450 millions de petits agriculteurs en Afrique, en Asie et en Amérique latine dont la production soutient deux milliards de personnes. La chute de l'APD, le dumping et le protectionnisme agricole du Nord, avec changements climatiques à la clé, ont laminé l'agriculture du Sud. Il a fallu les émeutes de la faim survenues l'année dernière pour prendre conscience de l'ampleur du désastre.

Plutôt que d'arrimer sa politique d'aide à ses stratégies d'appropriation commerciales, Stephen Harper aurait pu réparer -- il faut bien rêver -- l'erreur que les libéraux et d'autres conservateurs avant lui ont commise. Il a choisi de s'y enfoncer.

L'excellent commentaire de Serge Charbonneau:

Aide ou ingérence internationale ?

Juste à voir la liste des pays "aidés", ceux délaissés et ceux nouvellement d'intérêt, on constate des enjeux politiques.

L'ACDI est de plus en plus un organisme d'ingérence politique semblable à la NED ou la USAID états-unienne.

La "nomination du Pérou et de la Colombie en est une preuve éclatante.
Le Pérou d'Alan Garcia et la Colombie d'Alvaro Uribe, sont les deux seuls gouvernements laquais des États-Unis. Il faut envoyer des fonds camouflés en "aide" internationale pour s'assurer que ces pays ne basculeront pas du côté du socialisme.
Ces fonds serviront à financer le parti au pouvoir et serviront à alimenter tout groupe pouvant contrecarrer les mouvements d'opposition.
L'Amérique latine dans sa presque totalité a dit non au libre échange et à tout ce qui s'apparente au néolibéralisme.
Le Pérou et la Colombie deviennent alors prioritaires.

Pour l'Afrique, «l'aide» est accordée aux pays où l'on doit reprendre le contrôle politique.

Les pays où la population souffre de pauvreté, mais où le gouvernement en place assure la bonne marche du néolibéralisme (exploitation sans contrainte des richesses par les «investisseurs» étrangers), ont été lestés.
Le Niger de Mamadou Tandja, qui a pris le pouvoir suite à l'assassinat du général Baré en avril 1999 offre des garanties de stabilité et de libéralisme économique.
Malgré que le Niger soit un des pays les plus pauvres du monde, l'aide canadienne a été abandonnée. Grâce à Mamadou Tandja, on peut exploiter l'endroit sans frais.

Le Rwanda, sous un subtil contrôle britannique est aussi un autre pays de misère où l'exploitation des ressources est disponible aux «investisseurs» étrangers. Donc inutile d'y dépenser de l'argent.

Pour ce qui est du Burkina Faso de Blaise Compaoré, cet assassin au pouvoir depuis l'assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, le pays correspond au type de pays que les «investisseurs» étrangers aiment. L'exploitation des richesses est facile et assurée, donc, aucune utilité d'y envoyer de l'argent.
M. l'assassin Compaoré fait la grosse vie, reçoit même notre Réjean Tremblay à l'occasion et tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais il faudrait voir dans quelle condition vit la population.

Classé 172e sur 174 sur la base de l'indicateur de développement humain (IDH = 0,304 en 1997) le Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres du monde. Le produit intérieur brut par habitant est de 220 dollars par an (250 dollars au Mali, 330 au Togo, 380 au Bénin, 390 au Ghana et 700 en Côte d'Ivoire).
En 2004 le revenu national brut par habitant est de 210 dollars US.
( http://www.chronicpoverty.org/pubfiles/IED_Pauvrete_Burkinafaso_rfs.pdf )

Selon le Canada, la population du Burkina Faso se débrouille bien, il n'y a qu'à voir son président.

Il y a aussi le Bénin qui est maintenant exclu de «l'aide» de l'ACDI.
Encore un pays ayant les mêmes caractéristiques, c'est-à-dire, un territoire où l'on peut exploiter les ressources sans contraintes.
Le Président Thomas Yayi Boni déclare vouloir agir sur le développement du secteur privé (« faire du Bénin le Hong-Kong de l'Afrique »), alors...


Les «agences d'aide (sic) internationale» sont de plus en plus des agences d'ingérence internationale.

L'aide internationale est un leurre. Il n'y a pas d'aide, il y a de l'ingérence et de l'investissement dans le but non pas d'aider mais bien de profiter.

La pauvreté chronique et croissante en est la preuve absolue.

Serge Charbonneau
Québec

2009.02.06

Fédéral et environnement: aucun progrès en 40 ans

Un long article triste mais peu étonnant de Louis-Gilles Francoeur aujourd'hui dans le Devoir:

Environnement: aucune solution définitive en 40 ans

 

J'y ai d'ailleurs laissé un commentaire étant donné la nature imbécile des commentaires précédents...

2009.01.31

Encore la société qui paie pour les automobilistes

Les transports illustrent mieux que tout l'absence de vision intégrée des conservateurs en matière d'économie, d'environnement et de climat.

Ainsi, le budget accorde 2,7 milliards pour la seule année 2009 aux constructeurs d'automobiles, mais seulement 200 millions par année sur cinq ans aux infrastructures vertes, soit aux transports en commun. C'est cinq fois moins que ce qui serait nécessaire pour rattraper l'avance des États-Unis dans ce domaine, a calculé Transport 2000 Québec. Les villes canadiennes ont pourtant établi qu'il leur faudrait entre 24 et 31 milliards sur cinq ans pour répondre à leurs besoins les plus criants.

Une étude de la Chambre de commerce de Montréal a par ailleurs démontré que les dépenses en transports collectifs génèrent deux fois plus de retombées économiques que dans le secteur de l'automobile. En plus, elles font épargner annuellement aux seuls Québécois 600 millions par année tout en assurant un retour de 45 % sur les investissements publics aux deux gouvernements et en réduisant la balance des paiements du pays. Un investissement massif dans les transports collectifs était d'autant plus impératif que les transports sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec et d'environ 25 % à l'échelle canadienne.

Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 31 janvier 2009

Harper continue de mettre tout en place pour vendre le plus possible de son pétrole albertain. Toute une vision!

"tirer le meilleur parti de chaque dollar"...

L'Afrique en classe affaires pour les cadres de l'ACDI

La présidente de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et deux cadres supérieurs ont dépensé près de 40 000 $, juste en billets d'avion, pour assister à une conférence sur l'efficacité de l'aide à l'Afrique de l'Ouest.

Selon un communiqué de presse, les participants à ce forum international, qui avait lieu à Accra, au Ghana, ont discuté de la façon de tirer le meilleur parti de chaque dollar d'aide financière. Mais un examen des dossiers déposés par l'ACDI concernant les frais de déplacement et d'hébergement révèle que des membres haut placés du personnel préfèrent voyager en classe affaires, à des prix plusieurs fois plus élevés que les tarifs des vols en classe économique.

Les vols en première classe sont la norme en vertu des directives du Conseil du trésor pour les voyages de neuf heu-res ou plus.

Mais les dépenses fédérales seront scrutées à la loupe, alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper s'apprête à annoncer dans son budget, demain, l'adoption d'un ensemble de mesures de lutte contre la récession économique, qui entraînera un déficit totalisant 64 milliards en deux ans.

Le billet d'avion de la présidente, Margaret Biggs, pour la rencontre de septembre dernier au Ghana a coûté 13 856,46 $. Son hébergement a coûté 1750,92 $. D'après les dossiers, Mme Biggs est restée au Ghana du 28 août au 5 septembre pour une rencontre se tenant du 2 au 4 septembre. Elle a également visité des projets sur le terrain, selon un courriel de la porte-parole de l'ACDI, Jo-Ann Purcell.

Tous les voyages d'employés de l'ACDI respectent les normes du Conseil du trésor pour les vols de longue durée, a dit Mme Purcell. Le voyage de la présidente était de 21 heures pour l'aller seulement.

Des recherches sur Internet indiquent que le même vol, en classe économie, coûte environ 1400 $ (aller-retour), y compris les taxes et autres frais.

Les billets d'avion de Stephen Wallace, qui a présidé la conférence, et de Christine Hogan, ont coûté respectivement 10 496,26 $ et 15 117,69 $.

Kevin Gaudet, de la Fédération canadienne des contribuables, a qualifié les vols en classe affaires de «dépense ridicule».

2009.01.26

Le système Canadien

Une trentaine d'experts juristes et politologues signent un texte extrêmement pertinent dans le Devoir d'aujourd'hui: Le parlement est roi!

... une très grande proportion des Québécois et autres Canadiens connaissent mal les règles de notre démocratie constitutionnelle. [...] 70 % des Québécois croient erronément que les citoyens élisent directement le premier ministre. Nous avons donc cru qu'il serait utile de clarifier pour le public les règles régissant le choix des membres du gouvernement dans notre système politique actuel.

Le premier ministre n'est pas élu directement. La gouverneure générale, à la suite d'élections, demandera normalement au chef du parti ayant obtenu une majorité de sièges à la Chambre des communes de devenir premier ministre. Par la suite, le premier ministre choisira habituellement les membres de son cabinet (les ministres) parmi les députés de son parti. En vertu du principe de gouvernement responsable, le premier ministre et son cabinet ne peuvent gouverner légitimement sans jouir en tout temps de la «confiance» (l'appui d'une majorité des députés) de la Chambre des communes. Puisque notre Constitution ne prévoit pas l'élection directe du premier ministre et de son cabinet, ceux-ci doivent en tout temps pouvoir s'appuyer sur une majorité des députés élus à la Chambre des communes. Dans notre système parlementaire, c'est précisément cet appui qui donne au gouvernement sa légitimité démocratique; sans cet appui, le gouvernement n'en a aucune puisque lui-même n'est pas élu.

Lorsqu'aucun parti ne réussit à faire élire une majorité de députés à la suite d'une élection générale, la gouverneure générale devra alors nommer au poste de premier ministre un député capable d'attirer suffisamment d'appuis pour obtenir et maintenir la confiance de la Chambre des communes pour une période raisonnable de temps. [...]

Dans une situation de minorité, le gouvernement ne peut pas prétendre avoir «gagné» le droit de gouverner. Au mieux, le premier ministre peut prétendre avoir le droit d'essayer de maintenir la confiance de la Chambre.

Quand un gouvernement minoritaire perd la confiance de la Chambre, la gouverneure générale n'est plus liée par les avis et conseils du premier ministre. La gouverneure générale doit alors exercer ses «prérogatives personnelles». Elle peut dissoudre le Parlement et ainsi déclencher de nouvelles élections ou, si des élections ont eu lieu relativement récemment (les avis varient entre six et neuf mois), elle peut inviter le chef d'un autre parti à tenter de former un gouvernement qui saura jouir de la confiance de la Chambre des communes. Il en va de même dans l'hypothèse où le premier ministre d'un gouvernement minoritaire demanderait la dissolution du Parlement peu de temps après des élections générales. [...]

Ces règles visent en particulier à éviter que des gouvernements minoritaires ne nous plongent dans des élections répétitives jusqu'à ce qu'un parti obtienne une majorité des sièges au Parlement. [...]

Lorsque la gouverneure générale exerce ses prérogatives personnelles et décide si elle dissoudra le Parlement ou si elle invitera un ou plusieurs partis à former un nouveau gouvernement, elle doit agir de manière quasi judiciaire, dans l'impartialité la plus totale. Dans de telles circonstances, elle doit être guidée par son devoir de protéger la Constitution et, en particulier, les principes de démocratie et de gouvernement responsable.

Nous sommes d'avis que s'il y avait un vote de censure ou si une demande de dissolution du Parlement était présentée au terme d'une session parlementaire n'ayant duré que quelque 13 jours, il serait judicieux pour la gouverneure générale d'inviter les partis d'opposition à tenter de former un gouvernement.

2009.01.14

la bonne gouvernance conservatrice

Alors que les scientifiques, les économistes, l'ONU et la société civile du monde entier se tuent à répéter qu'il faut prendre le virage du développement durable, nos amis les Conservateurs du Canada innovent dans la bonne gestion saine et à long terme. « Le gouvernement Harper s'apprête à adopter un règlement qui empêchera la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) de s'appliquer à tous les projets de moins de 10 millions apparaissant dans son plan de relance de l'économie. » (LeDevoir.com) Rien de moins. Je trouve navrant que Harper, qui aurait supposément étudié en économie, considère qu'il est souhaitable d'ignorer les externalités et la préservation du capital naturel.

2009.01.07

La transparence du gouvernement

Accès à l'information
Une modernisation est réclamée

Vingt-cinq ans après son adoption, la Loi sur l'accès à l'information au Canada est devenue une honte, selon le commissaire à l'information Robert Marleau. Les délais de réponses augmentent sans cesse ainsi que le nombre de plaintes, selon celui qui est chargé de faire respecter la loi.

« Certainement, depuis 2006, la période de prolongation s'allonge quasiment tous les mois. [...] Ce qu'on a voulu, c'est contrôler l'information », soutient-il. Selon lui, le bureau du premier ministre demande à voir chacune des requêtes, ce qui alourdit le traitement.

On savait déjà que Harper veut contrôler totalement l'information qui entre et sort au gouvernement, ça vient le confirmer davantage. Voir les articles suivants si vous êtes pas encore convaincus:

Ottawa freine l'accès à l'information
Catherine Handfield, La Presse, 4 septembre 2008
Le Commissaire à l'information du Canada (CIC) conclut, dans un rapport publié le 19 août, que certaines demandes d'information auprès d'institutions fédérales sont assujetties à des «retards injustifiés dans leur traitement».

Ottawa ne veut qu'une seule voix
Hélène Buzzetti, Le Devoir, 1er mai 2008
Tous les documents destinés au public devront être approuvés par le bureau du premier ministre.

Accès à l'information: L'opposition fustige Harper
Radio-Canada et la Presse Canadienne, 5 mai 2008
L'opposition officielle à Ottawa a dénoncé lundi la décision des conservateurs de Stephen Harper de supprimer une base de données qui permettait aux Canadiens de scruter les affaires du gouvernement.

Stephen Harper, ou l'art de cultiver le secret
Alec Castonguay, Le Devoir, 12 juillet 2008
Le premier ministre menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement, dit un expert

Droit à l'information: L'accès à l'information gouvernementale semble régresser
Radio-Canada, 29 septembre 2006

Opinion: Liberté de presse et contrôle de l'information: il faut rejeter le modèle Harper!
Le Devoir, 05 janvier 2008

Accès interdit à Ottawa
Gilles Toupin, La Presse, 27 juillet 2008
Le prix d'une bouteille de vin offerte par un ministre à un homologue étranger n'a en fait que peu d'importance. Or, le gouvernement Harper a décidé d'en faire un secret d'État. Il a rejeté la demande de La Presse l'an dernier parce que la divulgation du prix de cette dive bouteille risquait de porter préjudice à la conduite des affaires internationales du pays.

Demande anodine refusée par les conservateurs
Gilles Toupin, La Presse, 23 octobre 2008
(Ottawa) Le Nouveau Parti démocratique s'est vu refuser par le Bureau du Conseil privé le mois dernier, en pleine campagne électorale, une demande anodine d'accès à l'information sur les notes transmises au premier ministre Stephen Harper par ses fonctionnaires sur le déroulement de la campagne présidentielle américaine.

2008.12.18

Flaherty consulte

Jim Flaherty, ministre des Finances, invite tous les Canadiens à faire connaître leur point de vue et leurs priorités pendant que le gouvernement prépare le budget de 2009.

C'est déjà pas mal mieux que si son énoncé économique avait passé tel quel.

« Au lendemain de sa rencontre avec ses homologues des provinces à Saskatoon, le ministre fédéral des Finances annonce qu'il élargit la consultation en mettant sur pied un comité permanent, dont le mandat sera de lui faire des recommandations pour faire face au ralentissement économique.

Le comité, dont les membres travailleront pour le salaire symbolique de 1 $ par année, sera composé d'« éminents Canadiens ». Jim Flaherty affirme toutefois qu'il a choisi les membres du comité sans tenir compte de leur affiliation politique.

Le comité, dont les recommandations ne seront pas contraignantes, se penchera d'abord sur le prochain budget. Il continuera par la suite à donner des conseils au ministre des Finances.

Une première réunion aura lieu la semaine prochaine à Toronto, après quoi le comité tiendra des assemblées publiques dans tout le pays.
»

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/20...

 

J'ai entendu à radiocan que ses imminents canadiens seront principalement des hommes d'affaires, dont Paul Desmarais. So much pour la représentativité. On peut déjà s'imagiiner que les recommendations iront tout dans le sens de satisfaire le plus possible le big business. Il lui est pas venu à l'idée de mettre dans son comité par exemple des logisticiens, des ingénieurs, des scientifiques, des sociologues et des philosophes, question d'avoir une vision élargie d'où s'en va la société. Ça l'air que c'est les affairistes et les économistes qui savent où on doit aller.

Au moins, ils manifestent l'intention de consulter la population. C'est le temps, là, de nous manifester et de faire des propositions. Sur le lien que j'ai donné en haut, il y a une page où on peut entrer un ordre de priorité que nous préconisons, avec possibilité d'ajouter nos propres commentaires. Je pense que ça vaut la peine d'aller y répondre.

 

***

Lu ce commentaire intéressant sur l'article sur l'assermentation d'Amir Khadir dans le Devoir:

« Je vis en France depuis plusieurs années et observe au quotidien le gouffre dans lequel la gauche s'est lancée tête première pour ne plus réussir à en sortir (voir les déboires socialistes récents et le refus systématique de l'exercice du pouvoir par la gauche radicale...). Je vois trop comment cela casse la vie des petits, des humbles et par conséquent, des entrepreneurs conscients et des innovateurs sociaux, pour vouloir de son équivalence au Québec.
Mon avis est que, pour vraiment servir et être utile socialement, le premier piège à éviter est celui du refuge facile dans la doctrine. Après tout, être de gauche ce n'est pas de se déterminer d'une idéologie, mais c'est être d'une idée et d'un but humanistes. Et que l'humanisme, pour être sans cesse poursuivi, doit accepter le contact direct de la réalité...
Soyons de gauche pour faire avancer les choses, ne devenons pas d'une gauche doctrinale qui, dans l'attente d'un éventuel matin qui chante, se perd en luttes nombrilistes et auto-satisfaisantes.
Soyons d'une gauche réaliste, ne nous enfargeons pas dans les fleurs du tapis alors que les choses s'enlisent. Acceptons de nous faire violence à nous-mêmes lorsqu'il le faut.
»

Particulièrement rafraîchissant pour un discours "de gauche".

2008.12.15

Canada, beau gros jardin vert...

Encore récemment j'entendais un conférencier de l'agroalimentaire nous dire qu'à l'étranger, le Canada est vu comme "un beau grand jardin vert". Comment le plus gros pollueur mondial par habitant peut être précédé d'une telle réputation est une aberration qui m'échappe. Faut dire qu'on a des beaux diplomates à l'étranger.

Ed Stelmach est récemment revenu d'Europe, où il est allé faire la promotion des énergies vertes. Par énergie verte, il entend l'exploitation des sables bitumineux. Auto-proclamée world environmental leader, l'Alberta s'est récemment lancée en croisade pour refaire sa réputation. Une croisade de 25 M $, et qui envoie comme émissaire nul autre que leur premier ministre Ed Stelmach. Leur chef d'état est un relationniste pour l'industrie pétrolière. Faut croire qu'à force de creuser le sol, on finit par se retrouver pas mal bas...

« The Alberta government is ramping up its effort, too. This week it was revealed the province will spend $25 million over three years on an advertising and marketing campaign to boost the Alberta "brand."
Stelmach vowed he won't let environmentalists hijack public perception of the province's oil. »

http://www.canada.com/vancouversun/news/story.html?id=a8205b8c-c669-4712-8524-e1aa24cb2163&k=86213
http://www.premier.alberta.ca/news/news-2008-Nov-05-Europe_Mission.cfm

Un autre diplomate canadien pour faire notre fierté: Jim Prentice, nouveau ministre Canadien de l'environnement, qui est allé rassurer le monde sur le leadership du Canada dans la lutte aux GES à la convention annuelle de l'ONU sur les changements climatiques. « The fight against global warming will remain a priority for the Conservative government as it grapples with the global economic crisis, Environment Minister Jim Prentice said yesterday. » Faut noter le choix de mot: will "remain" a priority. La lutte aux changements climatiques demeure aussi prioritaire pour le gouvernement conservateur, voilà qui me rassure.

Les délégués auront beau prétendre ne pas faire d'obstruction, l'attitude du Canada a soulevé l'indignation des diplomates du monde entier à Poznan. Le plus meilleur pays au monde a même réussi à détrôner les USA comme récipiendaire du Prix Fossile #1, discerné par un groupe de surveillance des pourparlers sur le climat.

« Le Canada a notamment bloqué jeudi l'inclusion d'une mention des droits des nations autochtones dans le dossier sur la protection des forêts malgré un important consensus international.»

http://www.thestar.com/News/Canada/article/553266
http://www.ledevoir.com/2008/12/13/223166.html

Judicieux investissements

Ottawa s'apprête à signer le contrat d'achat de 16 hélicoptères Chinook

L'énoncé économique déposé par le gouvernement conservateur il y a quelques semaines prévoyait des coupes de 6 milliards dans les programmes sociaux, la vente de 2 milliards $ d'actifs du gouvernement canadien, aucune mesure pour l'environnement, l'économie ou quelconque projet de société ayant une once d'intelligence. L'énoncé voulait en outre retirer le financement public des partis politiques, ce qui aurait comme conséquence de mettre à terre tous les partis (sauf le richissime conservateur évidemment), le tout "dans le but de montrer l'exemple en tant que gouvernement responsable" pour sauver 50 millions.

Les temps sont durs, il faut serrer la ceinture, mais quand c'est le temps de débourser pour les achats militaires, sky is the limit. Peut-être même bientôt des armes spaciales tant qu'à y être, et on pourra dire space is the limit. 5 milliards pour une poignée d'hélicoptères. Y'a pas de doutes, les cowboys albertains pour contrôler le pays, c'est ce qu'il y a de mieux pour l'économie!

On apprend également aujourd'hui que le plan Harper pour relancer l'économie consistera à faire construire des bateaux.

C'est inouï où sont leurs priorités.