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2010.03.08

Chantal Hébert sur Jim Prentice

Chantal Hébert décortique délicieusement la médiocrité de Jim Prentice dans cette chronique de l'Actualité du 5 mars 2010:

Ministre fédéral des Ressources naturelles depuis le début de l’année, le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, est désormais responsable du développement de l’industrie énergétique canadienne au sens large. À ce titre, on ne l’imagine pas se rendre à la Chambre de commerce de Québec afin de prononcer un discours pour dénoncer les sables bitumineux de l’Alberta ou pour taxer le gouvernement de cette province de laxisme environnemental.

Mal lui en prendrait, d’ailleurs, car on peut croire qu’il serait congédié de la direction de son ministère sur-le-champ, voire du cabinet fédéral. Et cette sanction serait dans l’ordre des choses. En se livrant à une charge publique con­tre l’industrie pétrolière et l’Alberta sur une tribune québé­coise, Christian Paradis manquerait deux fois plutôt qu’une à son devoir ministériel.

Dans un premier temps, sa mission de responsable du portefeuille des richesses naturelles consiste à prêcher pour sa paroisse à la table du Cabinet et dans la vie publique. Ensuite, à titre de membre du cabinet fédéral, le ministre Paradis a le devoir, moral celui-là, de ne pas exacerber inutilement les rivalités, déjà multiples, et les préjugés, déjà nombreux, entre les diverses régions du Canada.

(...)
Ce double manquement, que le premier ministre Stephen Harper aurait raison de ne pas tolérer de la part de son lieutenant québécois, le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, l’a commis impunément quand il a prononcé à Calgary, le 1er février dernier, un discours dans lequel il qualifiait de sottise la nouvelle réglementation québécoise pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles.

De mémoire de correspondant parlementaire, le spectacle d’un ministre fédéral de l’Environnement s’attaquant de front aux efforts d’une province pour améliorer son bilan écologique est inédit.

(...)
Devant son public albertain, le ministre Prentice a nommément cité l’initiative québécoise comme un exemple de geste susceptible de nuire aux intérêts commerciaux du Canada.

[lire l'article au complet]

2010.02.15

Manifeste pour un Québec morbide

Je viens de tomber sur l'hilarant Manifeste pour un Québec morbide, spoof démagogique assez futé du manifeste pour un québec "lucide"... Ça vaut la lecture! (Surtout pour ceux qui sont tannés du discours affairiste qui nous casse les oreilles avec leurs plaintes que les impôts, la faiblesse du niveau de consommation et la faiblesse de la procréation sont les pires problèmes du Québec.) Voici quelques extraits qui m'ont bien fait rire:

Depuis 25 ans, le Québec a connu une régression sans précédent:

  • En 2005 la préoccupation principale du Québécois moyen est l’argent ; son but dans la vie est de travailler, de payer son char et de reproduire en tout un modèle social voué à la faillite et la destruction de la planète ;
  • Le jeune Québécois entre aujourd’hui au collégial dans le plus grand désarroi politique, étant incapable de faire la différence élémentaire entre la gauche et la droite ; ce qui le laisse à la merci de sa culture première, celle de la banlieue épaisse et de droite ;
  • Une clique de politiciens finis, économistes et journaleux est encore capable de faire passer pour un manifeste un torchon néo-libéral, et de se faire applaudir par le gouvernement en place, lequel est trop couillon pour se revendiquer comme tel, ce qui lui aurait probablement coûté sa place anyway.
Mais il reste du chemin à faire pour vivre et penser comme des porcs, comme dans le reste de ce continent à l’aune duquel on nous somme aujourd’hui de nous mesurer.

Au plan du niveau de vie, notamment, le Québec a toujours moins de téléphones cellulaires et de VUS que les Amaricains.

Aussi tôt qu’en 2012, il y a aura de plus en plus de boomers à la retraite, on vous laisse imaginer le cauchemar. Cela voudra dire un peuple plus gros, plus épais, et qui consomme plus. Pendant que le Québec subira ce freinage moral, les VUS d’Amérique augmenteront à un rythme rapide, de sorte que dans 40 ans, on ne saura plus qui des chars ou des anciens premiers ministres nous pomperont plus d’air

À l'heure actuelle, le discours social québécois est dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont le patronat, qui a monopolisé le label "lucide" pour mieux imposer la continuité de sa domination.

Il aussi développer une saine méfiance envers le secteur privé. La naissance d'une telle attitude est vitale. Pendant des années, on a déploré le fait que l'économie du Québec soit contrôlée par des gens d'affaires de langue anglaise; on a appelé « révolution tranquille » le processus qui a mené à se faire fourrer dans sa langue maternelle.


Somme toute, sans être d'accord avec tout, je trouve que c'est un discours un peu chaotique et malhabile, mais relativement insightful et qui a au moins le mérite de faire rire...

2010.02.11

Clotaire Rapaille et sa passion pour le Québec

Faut voir le Bullshitomètre Infoman qui scan la prétention de Clotaire Rapaille, le nouveau marketer vedette engagé par LaBeaume pour faire le rebranding de Québec.

Le gars dit qu'il a une passion de longue date pour le Québec, qui remonte à la Guerre quand il était tout petit et sa mère lui chantait des chansons de Félix Leclerc. Or, les chansons de Félix Leclerc n'étaient même pas connues au Québec à cette époque.

rapaille.jpeg
Crédit: Serge Chapeleau, La Presse

2010.02.10

L'Ouganda veut criminaliser l'homosexualité

Le parlement ougandais pourrait bientôt adopter un projet de loi criminalisant l'homosexualité. Le texte, initiative du député David Bahati, pourrait entre autres condamner à mort les homosexuels séropositifs et ceux qui ont des relations sexuelles avec des mineurs.

Quelques unes des mesures proposées:

  • les faits d'homosexualité, voire même l'idée d'homosexualité (« tentative d'homosexualité ») seront punis de sept ans d'emprisonnement ;
  • il sera même interdit de « présenter l'homosexualité sous un jour favorable » ;
  • un « crime d'homosexualité aggravée », créé pour les actes homosexuels avec une personne de moins de 18 ans, une personne handicapée, ou si la personne responsable des faits fait figure d'autorité ou est porteur du HIV, pourra entraîner la peine de mort.
  • La peine de mort concerne aussi les « contrevenant récidivistes » (« serial offenders »).

(Rue89)

Le projet de loi ratisse large. Par exemple, "une personne commet l'homosexualité si elle touche une autre personne avec l'intention de commettre un acte d'homosexualité", et ce crime est passible d'emprisonnement à vie! On peut lire le texte complet (tel que déposé au printemps dernier) sur PublicEye.org.

Les militants d'organisations comme Minorités sexuelles en Ouganda s'inquiètent et prévoient quitter le pays si le bill est adopté. Curieusement, alors que même le vatican s'y oppose, la Church of Uganda cautionne le projet de loi, et propose d'en rajouter!
uganda_homosexual.jpg
Évidemment, la communauté internationale réagit! Avaaz fait signer une pétition pour ajouter de la pression sur le gouvernement Ougandais, au moment d'écrire ces lignes, ils en étaient à plus de 107 000 signatures. Le sujet a brassé de la marde à une réunion du Commonwealth en novembre dernier, durant laquelle la France, le Canada et les USA se sont prononcés contre le bill. Les USA ont menacé de suspendre l'aide à l'Ouganda si le projet de loi est adopté.

En Ouganda, e ministre d'état pour l'éthique et l'intégrité a dit que le gouvernement est déterminé à passer la loi, même si cela implique de se retirer des traités internationaux et de conventions comme la déclaration universelle des droits de l'homme. Malgré que le président ougandais Yoweri Museveni a indiqué qu'il ne soutiendrait pas un projet de loi imposant la peine de mort, la population ougandaise appuierait largement ce projet de loi. Même que le Rwanda, le Nigeria et le Burundi auraient déjà passé une législation anti-homosexualité.

 

Signez la pétition contre ce projet de loi injuste!

2010.02.09

La propagande conservatrice toujours payée à même les fonds publics

Je reçois constamment de la propagande conservatrice dans la malle. La semaine passée, j'écris à Élections Canada:

Malgré que j'ait écrit en rouge "PAS DE PROPAGANDE" sur ma boite aux lettres, je reçois souvent de la propagande conservatrice qui semble payée par les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoit. Or je ne suis même pas dans sa circonscription.

Leur dernier pamphlet est particulièrement insultant, il prétend qu'il y a plein de pédophiles partout et que le gouvernement conservateur protège nos enfants des pédophiles parce qu'ils veulent des peines plus sévères, contrairement au bloc québécois qui lui cautionne la pédophilie avec ses positions laxistes.

J'imagine qu'il est illégal que des députés utilisent les fonds publics pour faire leur propagande partisane, et mensongère de surcroît. Sinon, on a un sacré problème. J'espère que quelque chose sera fait contre ça.

On me répond:

 

DOSSIER: 296266
Nous vous remercions pour votre courriel du 6 février 2010.
Élections Canada est une institution indépendante établie par le Parlement chargé de la conduite des élections et des référendums fédéraux. Le sujet abordé dans votre message dépasse les limites de notre mandat. Conséquemment, nous vous invitons à communiquer avec le Service de renseignements du Parlement du Canada.  L’information contact est la suivante :
Service de renseignements
Parlement du Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0A9
1 (866) 599-4999 Sans frais (Canada)
1 (613) 992-4793
ATS: 1 (613) 995-2266

 

Je renvois donc la même missive au Parlement. Réponse:
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courriel envoyé le 8 février 2010 au Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement.
Le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement offre des renseignements de nature générale sur l'histoire, le rôle, et les activités du Sénat, de la Chambre des communes et de la Bibliothèque du Parlement.
En réponse à votre courriel, les députés détiennent le droit d’envois collectifs et peuvent envoyer du courrier en franchise. Ce privilège signifie que les députés de la Chambre des communes peuvent apposer leur signature à un envoi postal adressé qui sera ensuite livré, en franchise, n’importe où au pays.
Pour de plus amples renseignements concernant le courrier en franchise, nous vous suggérons de contacter votre député fédéral. Vous pouvez identifier votre député à partir du site web du Parlement (http://www.parl.gc.ca) en entrant votre code postal dans la case «Parlementaires actuels». Vous obtiendrez ainsi ses coordonnées à Ottawa et dans votre circonscription.
N'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement pour toute autre question concernant le Parlement du Canada.
Veuillez agréer l'expression de nos sentiments les meilleurs.
K.C.
Information Service / Service de renseignements
Library of Parliament / Bibliothèque du Parlement
Ottawa, Canada, K1A 0A9
Telephone / Téléphone:
-Toll-free / Appel sans-frais:  1-866-599-4999
On dirait bien que tous les bureaucrates s'en lavent les mains, les conservateux peuvent envoyer autant de marde malhonnête pour vendre leur parti qu'ils le veulent, c'est dans les règles! J'écris donc à ma députée:

Je reçois constamment de la propagande conservatrice mensongère par la poste, manifestement payée à même les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoît (j'habite dans Montcalm). Je pense qu'il s'agit du même phénomène qui a fait l'objet d'un article dans le Devoir en novembre dernier: http://www.ledevoir.com/politique/canada/277423/la-propag...

Je me suis plaint à Élections Canada, ils m'ont dit de m'adresser au Parlement, qui m'a dit de m'adresser à mon député. C'est insultant et scandaleux, tout ça. Ils se servent de l'argent de nos taxes pour distribuer massivement de la bullshit pour vendre leur parti de pétrolières, et tous les bureaucrates supposés servir la "démocratie" s'en lavent les mains.

Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre ça?

Réponse de Christiane Gagnon:

J’ai bien reçu votre courriel dans lequel vous dénoncez l’abus d’envois de ces dépliants que les députés peuvent envoyer aux frais de la Chambre des communes. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me faire part de vos préoccupations à ce sujet.

Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la facture totale des envois des députés a plus que doublé, atteignant désormais 10 millions de dollars. Le Parti conservateur, à lui seul, a généré des frais d’impression et d’envoi de 6,3 millions de dollars.

C’est pourquoi nous, les élus du Bloc Québécois, proposerons au retour de la Chambre de restreindre le recours à ces envois de dépliants. Ces restrictions feront en sorte qu’il ne serait plus possible pour un député de faire un envoi dans une circonscription autre que la sienne et qu’il ne pourrait pas faire plus d’un seul envoi par jour. Les envois regroupés (permettant à plusieurs députés de combiner leurs envois afin d’en imprimer un plus grand nombre d’exemplaires) seraient limités à un par mois. Le contenu de tout envoi devrait être approuvé par le parti politique.

Pour que nos propositions entrent en vigueur, les quatre partis politiques doivent les approuver à l’unanimité.

Ainsi, nous partageons vos préoccupations quant à l’utilisation abusive des envois de ces dépliants. Soyez assuré que nous ferons tout ce qui est en notre possible afin que cette pratique, qui donne lieu à des excès de propagande par certains partis, soit davantage encadrée.

Il paraît que le bureau interne de la chambre des communes examine la question, comme l'indique l'article du Devoir:

«Beaucoup de gens n'aiment pas cela», confirme la porte-parole de la Chambre des communes, Colette Déry. «Les députés, mais aussi les commettants qui reçoivent des envois de députés d'une autre circonscription, qui n'en sont pas ravis et nous le font savoir.» Les plaintes n'ont pas encore été traitées, et d'ici à ce que le bureau de régie interne de la Chambre tranche la question, les règles resteront inchangées.

Ce serait 6,3 M $ que la propagande conservatrice a ainsi drainé en fonds publics. Les partisants conservateux vont dire que c'est "légal" et que tous les partis le font. Je sais pas, mais j'ai jamais reçu de propagande bloquiste ou libérale par la poste, et il y a une limite à la rhétorique mensongère et à l'abus de fonds publics! Pour la comparaison entre les partis, ces chiffres sont évoquateurs:

Alors que les députés de l'opposition ont en moyenne réclamé 17 977 $ chacun en frais d'impression, les députés conservateurs ont réclamé plus que le double: 38 337 $ en moyenne chacun. À eux seuls, donc, les 164 députés conservateurs ont imposé à la Chambre des communes un fardeau de 6,3 millions de dollars à ce chapitre. Celui des 210 députés de l'opposition s'élève à 3,8 millions. (Notons que l'élection de 2008 a provoqué un roulement de députés portant leur total à au-delà de 308.)

Pour ce qui est de la légalité, je comprend bien que les esprits conservateurs sont peu habitués aux exercices de réflexion débordant du cadre étroit balisés par le système, mais il me semble évident que, même si il n'y a pas de loi interdisant la propagande mensongère, payée par les contribuables de surcroît, ça ne veut pas dire que c'est acceptable dans un système qui se prétend démocratique.

Apparemment, mes efforts de lobbying ont porté fruit:

Envois postaux des députés - Ottawa prié d'y mettre un terme

Hélène Buzzetti 17 mars 2010

Ottawa - Les députés fédéraux ont décidé hier de restreindre le nombre de leurs envois postaux. La Chambre des communes a en effet adopté une motion réclamant que cesse la pratique dite des «10 %», ces envois postaux, souvent très partisans, que font parvenir les élus aux commettants de leurs adversaires.

Par la marque très serrée de 140 voix contre 137, les députés ont appuyé une motion du Parti libéral demandant de retirer aux députés le droit d'envoyer, aussi souvent qu'ils le désirent, des dépliants n'importe où au pays aux frais de la Chambre des communes. Selon le Parti libéral, le Parlement économiserait ainsi approximativement 20 millions de dollars par année.

Hier, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont appuyé la motion libérale, tandis que le Parti conservateur s'y est opposé. Si le résultat a été si serré, c'est qu'une douzaine de libéraux, y compris le chef Michael Ignatieff, étaient absents. Le premier ministre Stephen Harper n'était pas présent non plus.

Le Devoir avait révélé cet automne que le Parti conservateur était passé maître dans l'utilisation des «10 %». Les élus de M. Harper ont engendré en moyenne des dépenses de 38 337 $ chacun en 2008, soit le double des députés de l'opposition (17 977 $). Au total, ces envois des conservateurs ont coûté au trésor public 6,3 millions de dollars.

C'est par l'entremise de ce mécanisme que les conservateurs ont pu inonder le pays de dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion à quelques jours du déclenchement des élections, en 2008. Le gouvernement n'est pas obligé de mettre en application la motion adoptée hier.

 

2009.12.13

le couronnement de Deltell

Faut voir le montage d'Infoman du speech de Deltell lors de son ascension à la chefferie de l'ADQ!

12:42 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, adq | |  Facebook

Nouvel encadrement des travailleurs immigrants

Pour une fois que le gouvernement fédéral semble faire dequoi qui a de l'allure:

En 2008, le Canada a admis 12 878 aides familiaux résidants. Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, modifie la réglementation sur les domestiques immigrants, pour leur faciliter l'accès à la citoyenneté. Ce qui a probablement comme effet secondaire de faciliter à la main d'oeuvre bon marché pour les riches. Mais si ces gens travaillent ici, et veulent obtenir leur citoyenneté, et que le changement de réglement leur facilite l'accès je pense que c'est tant mieux pour eux?

Dans le cadre des modifications fédérales, les nourrices par exemple profiteront d'une période de quatre ans pour compléter l'équivalent de deux ans de travail, avant de demander le statut d'immigrant.

Aussi, les aides familiaux résidants n'auront plus besoin de se soumettre à un deuxième examen médical avant de présenter leur requête. Il s'agit d'une modification que préconisait feue Juana Tejada.

Selon une autre modification proposée, les aides familiaux qui font des heures supplémentaires pourront présenter une demande de résidence permanente plus tôt.

En ce moment, les aides familiaux résidants doivent travailler durant deux ans au cours des trois premières années suivant leur admission au Programme, avant de pouvoir présenter une demande de résidence permanente au Canada. Certaines domestiques n'ont pas réussi à atteindre l'objectif de deux ans de travail parce qu'elles étaient tombées enceintes ou avaient perdu leur emploi.

Grâce à la nouvelle disposition, elles pourront demander la résidence permanente après 3 900 heures de travail. C'est l'équivalent de deux années de travail avec un horaire normal.

Selon les nouveaux règlements proposés, les employeurs d'aides familiaux devront payer:

  • les frais de déplacement vers le Canada des aides familiaux
  • l'assurance médicale des aides familiaux jusqu'à ce que ceux-ci soient admissibles à la couverture médicale provinciale
  • l'assurance contre les accidents de travail des aides familiaux et, s'il y a lieu, les frais de recrutement imposés par des tiers

2009.12.11

Pétition pour une enquête publique sur l'industrie de la construction

enquete publique.jpegIl y a une pétition à l'assemblée nationale, pour une demande d'enquête publique sur l'industrie de la construction.

Déjà que le gouvernement sait bien que la province au grand complet veut une enquête, ça va rajouter un peu à la pression.
Attention, la page n'a pas marché pour moi ni avec Firefox ni avec Chrome... Une chance qu'il y a Opera sur linux, avec tous les programmeurs incompétents, on a pas le choix d'avoir une diversité de browsers.

Caricature: crédit: Hervé Philippe, cyberpresse


Tant qu'à être dans les sondages d'actualité (et l'incompétence), anecdote intéressante: MacLean mène actuellement un sondage dont la question est "Is Canada shirking its international obligations when it comes to climate change?", et près de la moitié du monde votent "Climate change is a myth and Canada should have nothing to do with "fighting" it". Comme quoi la campagne de F.U.D. de l'industrie du déni, ça fait son effet...

 

Et, tant qu'à être dans les trucs louches, on apprend aujourd'hui dans le Devoir que Harper met sur pied un organisme au budget de 70 M $ pour "promouvoir la démocratie dans le monde". Promouvoir la démocratie ou financer des partis de droite religieuse? L'organisme est supposé d'être non partisan. Si c'est le cas, bonne initiative!, mais venant de Harper, il est beaucoup plus probable que ce soit un autre coup fourré pour répendre l'idéologie conservatrice à même les fonds publics. Et puis, après avoir coupé les fonds à Alternatives et Kairo, qui coutaient même pas 10M$ ensembles, franchement... Le gouvernement Harper a un historique de corporatisme et d'idéologie dans le développement international, comme dans bien d'autres choses...

2009.11.27

Des squelettes dans le ppplacard

Une fois de plus, Garnotte (Le Devoir) démontre que, bien conçue, une image vaut mille mots.

Les PPP, un cheval de bataille de Charest depuis son arrivée au pouvoir, ont comme principale utilité de bypasser les appels d'offres pour que les politiciens puissent donner directement des contrats à leurs amis qui financent leurs campagnes. Pas pour rien qu'il ne veut rien savoir d'une enquête publique...

2009.11.23

un gros coup

Les négationnistes viennent de réussir un gros coup, ils ont hacké le réseau d'une organisation de recherche sur le climat et ont "révélé" des emails qui prouveraient que la recherche sur le climat est falsifiée et que les climatologistes comploteraient pour museler les "sceptiques"...

déjà sur les sites conspirationnistes ils parlent juste de ça, évidemment en exagérant et déformant tout:
"The hacked documents and communications reveal how top scientists conspired to falsify data in the face of declining global temperatures in order to prop up the premise that man-made factors are driving climate change. Others illustrate how they embarked on a venomous and coordinated campaign to ostracize climate skeptics and use their influence to keep dissenting reports from appearing in peer-reviewed journals, as well as using cronyism to avoid compliance with Freedom of Information Act requests." (Prison planet)

Je vois pas comment des documents hackés peuvent constituer preuve contre quoi que ce soit, le problème c'est que ça va être récupéré en sale...

L'histoire a fait éclater des articles dans toute la communauté, entre autres skepticalscience.com:

What do the hacked CRU emails tell us?

Earlier this week, the servers at the University of East Anglia were illegally hacked. Emails dating back to 1996 were stolen and leaked onto the web. Phil Jones, the director of the Climate Research Unit, has confirmed the emails are not forgeries although there is over 60Mb worth of material - they can't guarantee all of it is genuine. What does it all mean? Michelle Malkin labels it the global warming scandal of the century (of course the century is only 9 years old but even 'scandal of the decade' would be no mean feat). James Delingpole at the UK Telegraph claims the emails are the final nail in the coffin of 'Anthropogenic Global Warming'? So just what do these emails tell us?

Some of the emails must be embarrassing for the authors. One email responds in poor taste to the death of a well known skeptic. There's scathing discussion of skeptics such as Steve McIntyre and Roger Pielke, including imaginings of violence. However, the crucial question is whether these emails reveal that climate data has been falsified. The most quoted email is from Phil Jones discussing paleo-data used to reconstruct past temperatures (emphasis mine):

"I've just completed Mike's Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) and from 1961 for Keith's to hide the decline."

What do the suggestive "tricks" and "hiding the decline" mean? Is this evidence of a nefarious climate conspiracy? "Mike's Nature trick" refers to the paper Global-scale temperature patterns and climate forcing over the past six centuries (Mann 1998), published in Nature by lead author Michael Mann. The "trick" is the technique of plotting recent instrumental data along with the reconstructed data. This places recent global warming trends in the context of temperature changes over longer time scales.

The "decline" refers to the "divergence problem". This is where tree ring proxies diverge from modern instrumental temperature records after 1960. The divergence problem is discussed as early as 1998, suggesting a change in the sensitivity of tree growth to temperature in recent decades (Briffa 1998). It is also examined more recently in Wilmking 2008 which explores techniques in eliminating the divergence problem. So when you look at Phil Jone's email in the context of the science discussed, it is not the schemings of a climate conspiracy but technical discussions of data handling techniques available in the peer reviewed literature.

In the skeptic blogosphere, there is a disproportionate preoccupation with one small aspect of climate science - proxy record reconstructions of past climate (or even worse, ad hominem attacks on the scientists who perform these proxy reconstructions). This serves to distract from the physical realities currently being observed. Humans are raising CO2 levels. We're observing an enhanced greenhouse effect. The planet is still accumulating heat. What are the consequences of our climate's energy imbalance? Sea levels rise is accelerating. Greenland ice loss is accelerating. Arctic ice loss is accelerating. Globally, glacier ice loss is acceleratingAntarctic ice loss is accelerating.

When you read through the many global warming skeptic arguments, a pattern emerges. Each skeptic argument misleads by focusing on one small piece of the puzzle while ignoring the broader picture. To focus on a few suggestive emails while ignoring the wealth of empirical evidence for manmade global warming is yet another repeat of this tactic.

***
un des commentaires qui m'a fait sourire:
This is pathetic. "Skeptics" have declared that anything goes. It would be of course equally low to hack McIntyre or Watts' personal e-mails, and those of the think tanks and industries hostile to action. Yet I can't help to think it would only be equitable to have all their dirt posted on the internet as well. Just to see who's really more dishonest in the whole "debate."


The CRU hack, realclimate.org

As many of you will be aware, a large number of emails from the Climate Research Unit (CRU) at the University of East Anglia webmail server were hacked recently (Despite some confusion generated by Anthony Watts, this has absolutely nothing to do with the Hadley Centre which is a completely separate institution). As people are also no doubt aware the breaking into of computers and releasing private information is illegal, and regardless of how they were obtained, posting private correspondence without permission is unethical. We therefore aren’t going to post any of the emails here. We were made aware of the existence of this archive last Tuesday morning when the hackers attempted to upload it to RealClimate, and we notified CRU of their possible security breach later that day.

Nonetheless, these emails (a presumably careful selection of (possibly edited?) correspondence dating back to 1996 and as recently as Nov 12) are being widely circulated, and therefore require some comment. Some of them involve people here (and the archive includes the first RealClimate email we ever sent out to colleagues) and include discussions we’ve had with the CRU folk on topics related to the surface temperature record and some paleo-related issues, mainly to ensure that posting were accurate.

Since emails are normally intended to be private, people writing them are, shall we say, somewhat freer in expressing themselves than they would in a public statement. For instance, we are sure it comes as no shock to know that many scientists do not hold Steve McIntyre in high regard. Nor that a large group of them thought that the Soon and Baliunas (2003), Douglass et al (2008) or McClean et al (2009) papers were not very good (to say the least) and should not have been published. These sentiments have been made abundantly clear in the literature (though possibly less bluntly).

More interesting is what is not contained in the emails. There is no evidence of any worldwide conspiracy, no mention of George Soros nefariously funding climate research, no grand plan to ‘get rid of the MWP’, no admission that global warming is a hoax, no evidence of the falsifying of data, and no ‘marching orders’ from our socialist/communist/vegetarian overlords. The truly paranoid will put this down to the hackers also being in on the plot though.

Instead, there is a peek into how scientists actually interact and the conflicts show that the community is a far cry from the monolith that is sometimes imagined. People working constructively to improve joint publications; scientists who are friendly and agree on many of the big picture issues, disagreeing at times about details and engaging in ‘robust’ discussions; Scientists expressing frustration at the misrepresentation of their work in politicized arenas and complaining when media reports get it wrong; Scientists resenting the time they have to take out of their research to deal with over-hyped nonsense. None of this should be shocking.

It’s obvious that the noise-generating components of the blogosphere will generate a lot of noise about this. but it’s important to remember that science doesn’t work because people are polite at all times. Gravity isn’t a useful theory because Newton was a nice person. QED isn’t powerful because Feynman was respectful of other people around him. Science works because different groups go about trying to find the best approximations of the truth, and are generally very competitive about that. That the same scientists can still all agree on the wording of an IPCC chapter for instance is thus even more remarkable.

No doubt, instances of cherry-picked and poorly-worded “gotcha” phrases will be pulled out of context. One example is worth mentioning quickly. Phil Jones in discussing the presentation of temperature reconstructions stated that “I’ve just completed Mike’s Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) and from 1961 for Keith’s to hide the decline.” The paper in question is the Mann, Bradley and Hughes (1998) Nature paper on the original multiproxy temperature reconstruction, and the ‘trick’ is just to plot the instrumental records along with reconstruction so that the context of the recent warming is clear. Scientists often use the term “trick” to refer to a “a good way to deal with a problem”, rather than something that is “secret”, and so there is nothing problematic in this at all. As for the ‘decline’, it is well known that Keith Briffa’s maximum latewood tree ring density proxy diverges from the temperature records after 1960 (this is more commonly known as the “divergence problem”–see e.g. the recent discussion in this paper) and has been discussed in the literature since Briffa et al in Nature in 1998 (Nature, 391, 678-682). Those authors have always recommend not using the post 1960 part of their reconstruction, and so while ‘hiding’ is probably a poor choice of words (since it is ‘hidden’ in plain sight), not using the data in the plot is completely appropriate, as is further research to understand why this happens.

The timing of this particular episode is probably not coincidental. But if cherry-picked out-of-context phrases from stolen personal emails is the only response to the weight of the scientific evidence for the human influence on climate change, then there probably isn’t much to it.

There are of course lessons to be learned. Clearly no-one would have gone to this trouble if the academic object of study was the mating habits of European butterflies. That community’s internal discussions are probably safe from the public eye. But it is important to remember that emails do seem to exist forever, and that there is always a chance that they will be inadvertently released. Most people do not act as if this is true, but they probably should.

It is tempting to point fingers and declare that people should not have been so open with their thoughts, but who amongst us would really be happy to have all of their email made public?

 


 

Autres liens qui font un compte-rendu lucide de la patente:

http://greenfyre.wordpress.com/2009/11/21/cru-hack-time-t...
http://www.grist.org/article/2009-11-20-skeptics-claim-gl...
http://www.sindark.com/2009/11/23/the-climatic-research-u...
http://www.desmogblog.com/climate-contrarians-spinning-ha...
*******
Aussi à lire:

Le commentaire récent d'un coprésident du GIEC sur les négationnistes
Un article de l'excellent site carbonfixated.com qui explique les prétendus "450 peer-review papers skeptical of global warming" sont de la bullshit.
Un autre article amusant sur carbonfixated décrit comment avec la même stratégie on peut discréditer des lois de la physique de base

2009.11.03

Le gouvernement Canadien, voyou climatique

harpersindex.thumbnail.jpgUne analyse économétrique vient d'être réalisée par la firme MK Jaccard pour Pembina et Suzuki sur les impacts économiques de la lutte aux changements climatiques. Elle compare le scénario du gouvernement Conservateur, soit une réduction des GES à 574 mégatonnes pour 2020, avec le scénario minimal recommandé par le GIEC, soit 444 mégatonnes pour 2020 (arrêtons de gosser avec les "3% sous 1990" ça fait juste mêler le monde déliberément). Les émissions du Canada en 2007 auraient été de 747 mégatonnes, et Environnement Canada ne fournit pas de données plus récentes (sur le site d'environnement canada, cliquer sur "inventaire 2009" emmène vers la page de l'inventaire 2007! c'est louche).

Bref, cette analyse conclue que, en suivant le scénario sérieux (444MT), la croissance projetée du PIB serait de 23% entre 2010 et 2020, comparativement à une croissance de 25% sous les objectifs dérisoires (574MT) du gouvernement Harper.

Or, le "ministre de l'environnement" Jim Prentice dit que le rapport est «irresponsable parce qu'il propose des impacts économiques à la baisse» pour les provinces de l'Ouest. (pauvre Alberta son économie fait pitié!) En outre, le déshonorable Jim Prentice a dit au Devoir que le plan de réduction proposé dans cette étude «aurait des conséquences très dommageables pour l'économie canadienne», une source de «division au Canada». On parle bel et bien ici d'une croissance inférieure de 2% sur 10 ans, comme étant très dommageable aux yeux de Prentice.

Les impacts économiques à la baisse pour l'Alberta: seulement 38% de croissance (scénario sérieux) au lieu de 44% (scénario conservateur). Autant dire la fin du monde pour les rednecks de l'ouest.

J'ai donc écrit cette missive polie à l'étron Prentice:

Greed and selfishness are not family values

The economic report by MK Jaccard showed that addressing climate change will allow strong economic growth. As the whole world demands action on climate change, you're saying you don't want Canada to do its part because Alberta wouldn't be satisfied with just 38% of GDP growth instead of 44%.

This is selfish greed. Do you realize that you are just lucky to have those ressources under your ground, and that you're saying you will get rich with it, no matter how much you harm the whole world? What is the conservative party about? Family and righteousness, or protecting the interests of the tar sands industry?

This is not very honourable, Mr.Prentice. In fact, I think you should be ashamed of yourself.

When you realize in several years how much the world is a mess and that you made the problem worse by not doing your part, you will suffer terrible regret and shame, thinking about your children's future.

Les rumeurs disent que le Parti Conservateur en a appellé à un boycott de la banque TD, un commanditaire de l'étude. "La TD avait voulu fournir au public et à ses clients une série de références scientifiques solides pour que le débat au Canada sorte des hypothèses personnelles ou partisanes, jamais vérifiées par ailleurs avec rigueur. " (Le Devoir)

Pourtant, beaucoup d'entreprises canadiennes, et une bonne partie de la population, réclament une action sérieuse.

En février 2007, le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (composé de très grandes entreprises, représentants financiers, émetteurs d'électricité et ministères provinciaux) réclamait, dans un rapport confidentiel remis au gouvernement, des cibles de réduction le plus vite possible, afin que le pays rattrape son retard et garde sa crédibilité sur la scène internationale. 

En janvier 2008, un rapport commandé par le gouvernement Harper à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie recommandait de faire payer les pollueurs... à l'encontre des desiderata conservateurs. Même le Conseil canadien des chefs d'entreprise avait applaudi. (Le Devoir)

C'est un secret de polichinelle que la puissante industrie pétrolière albertaine tire les ficelles du gouvernement Canadien depuis l'arrivée de Harper au pouvoir. Leurs positions idéologiques complètement aveugles crèvent les yeux, ces parasites font tout pour saboter les négociations internationales pour le climat et pour qu'aucune contrainte ne vienne ralentir le développement de l'industrie des sables bitumineux. En plus, Harper a nommé un créationiste comme Ministre de la Science, rien de moins.

La réaction de Prentice à l'analyse économique de MK Jaccard en dit long sur la géopolitique canadienne. "On ne va pas se contenter d'une croissance de 38% du PIB en Alberta seulement pour épargner le reste de la planète" résume l'attitude du sinistre albertain. Symptôme manifeste de l'égoïsme crasse fondamentalement établi dans cette formation politique. L'analyse démontre qu'une économie moins dommageable pour le climat serait parfaitement réalisable, et permettrait sans problème une continuité de la croissance économique vigoureuse. Comment un ministre de l'environnement peut-il sérieusement s'y opposer? Pour qu'aucune limite ne soit imposée à la croissance de l'industrie des sables bitumineux, raison d'être de sa formation politique.

Parce que les sheiks de l'Alberta contrôlent le pays, le Canada ne fera pas sa part pour la mitigation climatique, pourtant nécessaire si on espère une continuité minimale de notre qualité de vie. Si les Européens se sont mobilisés pour sanctionner le Canada pour une cause insignifiante comme la chasse au phoque, il ne serait pas étonnant de voir la communauté internationnale au grand complet sanctionner le Canada pour sa position immorale sur le climat. Les albertains préfèrent faire subir au monde entier les impacts des changements climatiques et le risque d'exposer le Canada aux sanctions internationales plutôt que de voir leur précieuse richesse augmenter légèrement plus lentement! J'espère que les partis d'opposition feront tout en leur pouvoir, y compris faire tomber le gouvernement, pour que le Canada ne sabote pas Copenhague et emboîte le pas pour les efforts internationaux de mitigation.

 

sources:

L'étude: Protection climatique, prospérité économique. Institut Pembina et Fondation David Suzuki

Réduire de 25% les GES ne freinerait pas l'économie, Le Devoir

Économie et GES - Un plan inacceptable qui divise le Canada, clame Jim Prentice, Le Devoir

Les irresponsables, Le Devoir

2009.04.29

Charest autorise les conflits d'intérêts

Éthique: Charest assouplit les règles

Robert Dutrisac
Le Devoir, mercredi 29 avril 2009

Un ministre pourra posséder une entreprise transigeant avec son propre ministère

Québec -- Le premier ministre Jean Charest a assoupli ses directives visant les conflits d'intérêts afin de permettre à un ministre de posséder une entreprise qui obtient des contrats du gouvernement, et même du ministère qu'il dirige. Auparavant, les membres du conseil des ministres devaient se débarrasser de leurs actions de sociétés fermées qui faisaient affaire avec le gouvernement dans les 60 jours qui suivent leur nomination.

Selon les nouvelles directives signées le 4 mars et remises à l'opposition lors de l'étude des crédits du conseil exécutif lundi, Jean Charest permet à un ministre de demeurer propriétaire, en tout ou en partie, d'une entreprise qui obtient des contrats du gouvernement. Mais le premier ministre, à sa discrétion, peut ordonner à ce ministre de prendre «les mesures jugées suffisantes [...] pour éviter tout conflit d'intérêts, collusion ou influence indue».

(...)

C'est la troisième fois que Jean Charest modifie ses directives aux ministres quant aux conflits d'intérêts, chaque fois pour autoriser des situations qui violaient les règles.

En 2003, Jean Charest autorisait l'entreprise de la conjointe d'un ministre à continuer d'obtenir des contrats du gouvernement alors que c'était interdit. La conjointe du ministre Sam Hamad a pu ainsi continuer à offrir au gouvernement les services de son entreprise de traiteur.

En 2007, Jean Charest a modifié une autre fois les règles pour permettre au ministre David Whissell de conserver un intérêt majoritaire dans une société qui possédait une participation minoritaire dans une entreprise de pavage. Cette entreprise, Rive-Nord inc., comptait le ministère des Transports comme bon client.

2009.04.09

le scandale des mines au québec

"au cours des dernières années, les minières ont extrait pas moins de 17 milliards de dollars du sous-sol québécois en or et en métaux. Là-dessus, ces compagnies n'ont payé que 260 millions en redevances, soit un maigre 1,5 %. C'est dix fois moins qu'un pourboire au restaurant! Plus scandaleux encore, 11 des 14 compagnies minières en place ont même poussé l'audace jusqu'à ne verser aucune redevance en 2007-08. Clairement, on se rit de nous. On est loin, très loin du 12 % de leurs profits exigé par la loi. Ce sont pourtant des bénéfices gigantesques pour des compagnies qui exploitent les richesses de notre nation, parfois même aux frais des contribuables. À titre d'exemple, les contribuables québécois devront débourser 12 millions pour aménager à Malartic un site pour les résidus miniers de la mine d'or Osisko» - Amir Khadir

 

«Le rapport démontre, que les contribuables québécois se font flouer par une industrie qui ne s'acquitte pas de ses obligations minimales sur le plan fiscal. Et c'est pire du côté environnemental. Les dépôts pour la restauration des sites miniers totalisent 109 millions sur une facture évaluée à plus de 350 millions: les deux tiers seront donc refilés aux contribuables quand les minières auront empoché les milliards. On constate aussi que 56 % des inspections ne font l'objet d'aucun rapport et encore moins de poursuites. De plus, le ministère des Ressources naturelles ignore les avis [du ministère] de l'Environnement et il n'évalue même pas la solvabilité des tiers auxquels les mines confient la responsabilité de restaurer leurs sites. Les Ressources naturelles libèrent les minières de leurs obligations sans respecter des critères rigoureux et uniformes. On est en face d'un laxisme généralisé et la conservation, une mission étatique qui relève pourtant aussi des Ressources naturelles, est complètement bafouée par ce ministère, de l'avis même du vérificateur général, encore là». » - Christian Simard, de Nature-Québec

 

source: http://www.ledevoir.com/2009/04/03/243518.html

voir aussi: http://www.ledevoir.com/2009/04/04/243781.html

ENQUÊTE a fait un bon reportage sur la question

2009.03.30

L'explosion des salaires de la gang à Charest

Radio-Canada nous apprend aujourd'hui les salaires exhorbitants que se versent les profiteurs aux rênes du gouvernement provincial.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/03/29...

La masse salariale explose
Radio-Canada
lundi 30 mars 2009

Pendant que le discours officiel prêche l'austérité en ces temps de difficultés économiques, des informations font état d'une explosion des dépenses du gouvernement depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir à Québec.

Selon des données obtenues par La Presse canadienne avec la Loi d'accès à l'information, la masse salariale totale consentie aux cabinets ministériels a augmenté de près de 30 % en six ans.

En 2003, les salaires du personnel politique du gouvernement libéral coûtaient aux contribuables 18,9 millions de dollars, contre 26,4 millions actuellement.

Et rien ne semble indiquer que la crise économique a eu un effet sur la réduction de ces dépenses, bien au contraire. En décembre dernier, au lendemain de sa réélection, Jean Charest a élargi son conseil des ministres en y ajoutant huit nouveaux membres, soit un total de 26.

Les salaires de tout le personnel politique de ces nouveaux ministres se chiffrent à 3,8 millions de dollars.

D'après les données recueillies par La Presse canadienne, en moins de deux ans, la masse salariale du gouvernement, pour ce qui est du niveau politique, a augmenté de 15 %, passant de 22,5 millions à 26,4 millions.

Ces sommes n'incluent pas les primes dont bénéficient les députés appelés à siéger au conseil des ministres. Promus ministres, les huit nouveaux venus ont vu leur salaire de base passer de 83 714 $ à 145 500 $. À partir du 1er avril, leur salaire passera à 149 429 $.

Au total, ce sont 467 directeurs de cabinet, attachés politiques, attachés de presse et autres employés qui travaillent à faire passer le message politique du gouvernement Charest. Ce personnel est souvent issu des rangs du Parti libéral.

Et c'est pas fini. On apprend en outre que Jean Charest reçoit 175 000 $ par année, (en plus d'avoir probablement toutes ses dépenses payées) pour le privilège d'imposer ses 4 volontés au Québec.

2009.03.03

La honte

Île d’Orléans et Lévis, le 16 février 2009

Deux événements récents, soient l’incendie d’un méthanier suite à une collision au large de Dubaï et la prise de contrôle par des pirates somaliens d’un méthanier allemand dans le golfe d’Aden, mettent à rude épreuve l’analyse faite par la commission Samak suite à la tenue d’audiences publiques sur le projet Rabaska. Les commissaires n’ont-ils pas en effet affirmé dans leur rapport qu’«aucun méthanier n’a subi de pertes significatives de cargaison ou défaillance de dispositifs de confinement» et que «les caractéristiques structurales […] des méthaniers, ainsi que les mesures de sécurité qui leur sont propres les rendent peu vulnérables comme cibles aux groupes terroristes et moins susceptibles d’offrir les conséquences habituellement recherchées en matière de dommages, de visibilité et de retombées sociopolitiques». 

Quand on sait que le gouvernement du Québec et le MDDEP se sont solidement amarrés au rapport Samak pour justifier le décret d’autorisation du projet, l’inquiétude nous gagne à propos d’éventuels accidents de méthaniers pouvant survenir non pas en pleine mer mais sur le St-Laurent, particulièrement là où ces navires vont longer de près des zones habitées, et on ose à peine en imaginer les conséquences sur les populations de l’Île d’Orléans, de Lévis et de Beaumont.

Ces événements, hautement improbables selon les tenants du projet, montrent clairement l’écart vertigineux entre les conclusions des commissaires du BAPE-Rabaska et la réalité des faits. Ces commissaires qui, soit dit en passant, ont manqué à leur devoir de vérification et de prudence en ne s’appuyant que sur les scénarios jovialistes des études d’impact du promoteur, sans les valider et en balayant nombre de rapports d’experts indépendants qui les réfutaient.  

De plus en plus Rabaska est une source d’embarras pour les gouvernements provincial et fédéral tant il apparaît pour ce qu’il a toujours été : injustifié, dangereux et mal localisé! Par ailleurs, l’entêtement de Gaz métro à maintenir le projet ne provient-il pas de cette gêne d’avoir déjà englouti plusieurs millions de dollars dans ce projet insensé?


Jacques Levasseur, porte-parole

Normand Gagnon, coordonnateur (418-828-9395)

Pour le Collectif Stop au méthanier

2009.03.02

Des bourses exclusives aux étudiants en affaires

Le fédéral annoncait dernièrement que le financement des bourses d'études en sciences humaines (pour le deuxième cycle) allait devenir exclusif aux recherches liées au monde des affaires. Plutôt que de laisser les bourses aller aux meilleurs candidats et aux besoins en recherche, elles vont maintenant aux étudiants en business.

Or, la députée Niki Ashton (Thompson, NPD) a parti une pétition pour demander à ce que la clause exigeant que toutes les nouvelles bourses en sciences humaines soient exclusives aux étudiants en affaires soit enlevée.

On peut la signer en ligne à l'adresse suivante:

http://nikiashton.ndp.ca/sshrc


Pour plus d'info:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/educat...

http://www.ledevoir.com/2009/02/17/234302.html

Des bourses d'études supérieures branchées sur le monde des affaires
Alexandre Shields
Le Devoir, Édition du mardi 17 février 2009
Les conservateurs sont critiqués pour cibler les diplômes liés à l'entreprise

Miser à fond sur les étudiants qui optent pour des diplômes «liés aux affaires». C'est ce que les conservateurs ont décidé de faire dans leur dernier budget en leur réservant tous les fonds supplémentaires qui seront distribués sous forme de bourses d'études supérieures par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

(...)

Des propos qui font bondir le titulaire de la Chaire de recherche en études cinématographiques de l'Université Concordia, Martin Lefebvre, qui a entrepris de mobiliser d'autres universitaires afin de contester la décision des conservateurs. «Il s'agit d'une intervention de l'État dans la recherche digne du plus pur stalinisme, affirme-t-il. Dans une société qui traverse une crise des valeurs qui est loin de n'être que financière, qui peut sérieusement envisager que c'est le monde des affaires -- en passant, celui-là même qui est responsable de la débâcle financière du moment! -- qui sera le mieux en mesure de penser l'avenir, et ce, au détriment de l'ensemble de toutes les autres sciences humaines?»

(...)

«Cet argent aurait dû être donné aux organismes subventionnaires qui l'auraient accordé en fonction des besoins, sans égard aux intérêts partisans du gouvernement, ajoutait la chef de la formation, Elizabeth May. Le gouvernement n'est pas là pour dicter ses priorités à nos conseils de recherche.»

Le phénomène n'est toutefois pas nouveau, explique M. Gagné, puisqu'il s'inscrit dans une volonté de plus en plus affirmée de «brancher l'université sur le marché du travail», ce qui facilite «le développement de partenariats avec l'entreprise privée», notamment pour la recherche. Or, cette tendance lourde risque fort de «déformer la recherche universitaire». «On se prive d'un regard désintéressé, estime le sociologue. Mais quand on dit ça, on a l'air niaiseux, parce que tout le monde est convaincu que la véritable connaissance, c'est celle qui permet de faire marcher la société à très court terme.»

En même temps, déplore-t-il, on évacue progressivement les «humanités» de la sphère de la recherche, dont l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, l'histoire, la philosophie et les études littéraires.

2009.02.27

Harper redirige l'aide au développement pour ses intérêts mercantiles

Aide au développement: perpétuer l'erreur
Guy Taillefer
Le Devoir, vendredi 27 février 2009

Nouveau recentrage conservateur à saveur affairiste. Le gouvernement Harper vient d'annoncer qu'il fera dorénavant porter la part du lion de son aide publique au développement (APD) sur une fourchette réduite de 20 pays prioritaires. L'Afrique subsaharienne, épicentre de la pauvreté, y perd au change: huit pays ne représenteront plus une «priorité» pour le gouvernement canadien. Sont par contre invités au banquet, pour la première fois, le Pérou et la Colombie, deux pays après tout moins mal en point avec lesquels Ottawa a conclu l'année dernière des accords de libre-échange.


Comme en tout ce qu'ils touchent, les conservateurs ne quittent pas des yeux leurs objectifs d'efficacité et de rendement commercial. On ne nie pas que l'aide internationale souffre de problèmes de cohérence et que les gouvernements africains auraient intérêt à se responsabiliser. Toutefois, cet argumentaire est extrêmement incomplet. Sans compter qu'il n'y a guère, par les temps qui courent, de pays donateurs qui puissent évoquer la «bonne gouvernance» sans faire rire de leur impuissance en matière de gestion financière. Notre opinion à ce sujet est la suivante: les injonctions d'efficacité qu'on s'est mis à lancer au continent africain sont un masque dont les pays riches se couvrent le visage pour ne pas avoir à admettre leur démission devant la pauvreté.

La Banque mondiale évalue à 1,4 milliard le nombre de personnes dans le monde qui survivent dans un état de pauvreté extrême. Le nombre de celles qui se meurent de faim est de près de un milliard, indiquent les chiffres de l'ONU les plus frais. Or, la fixation que les riches se sont mis à faire sur l'efficacité (et la rentabilité) de l'aide fait l'impasse sur le fait que les pays industrialisés ont, dans l'ensemble, réduit leurs efforts en matière d'APD depuis 2000. Plus catastrophique encore, cette fixation s'est accompagnée, au cours des dernières décennies, d'une réduction radicale de la part des budgets d'aide au développement consacrés par les pays du Nord au développement agricole du Sud.

Il coule pourtant de source que la lutte contre la pauvreté passe par le développement de l'autonomie alimentaire des pays pauvres. C'est tout le contraire qui s'est produit. Faites le calcul: il y a 450 millions de petits agriculteurs en Afrique, en Asie et en Amérique latine dont la production soutient deux milliards de personnes. La chute de l'APD, le dumping et le protectionnisme agricole du Nord, avec changements climatiques à la clé, ont laminé l'agriculture du Sud. Il a fallu les émeutes de la faim survenues l'année dernière pour prendre conscience de l'ampleur du désastre.

Plutôt que d'arrimer sa politique d'aide à ses stratégies d'appropriation commerciales, Stephen Harper aurait pu réparer -- il faut bien rêver -- l'erreur que les libéraux et d'autres conservateurs avant lui ont commise. Il a choisi de s'y enfoncer.

L'excellent commentaire de Serge Charbonneau:

Aide ou ingérence internationale ?

Juste à voir la liste des pays "aidés", ceux délaissés et ceux nouvellement d'intérêt, on constate des enjeux politiques.

L'ACDI est de plus en plus un organisme d'ingérence politique semblable à la NED ou la USAID états-unienne.

La "nomination du Pérou et de la Colombie en est une preuve éclatante.
Le Pérou d'Alan Garcia et la Colombie d'Alvaro Uribe, sont les deux seuls gouvernements laquais des États-Unis. Il faut envoyer des fonds camouflés en "aide" internationale pour s'assurer que ces pays ne basculeront pas du côté du socialisme.
Ces fonds serviront à financer le parti au pouvoir et serviront à alimenter tout groupe pouvant contrecarrer les mouvements d'opposition.
L'Amérique latine dans sa presque totalité a dit non au libre échange et à tout ce qui s'apparente au néolibéralisme.
Le Pérou et la Colombie deviennent alors prioritaires.

Pour l'Afrique, «l'aide» est accordée aux pays où l'on doit reprendre le contrôle politique.

Les pays où la population souffre de pauvreté, mais où le gouvernement en place assure la bonne marche du néolibéralisme (exploitation sans contrainte des richesses par les «investisseurs» étrangers), ont été lestés.
Le Niger de Mamadou Tandja, qui a pris le pouvoir suite à l'assassinat du général Baré en avril 1999 offre des garanties de stabilité et de libéralisme économique.
Malgré que le Niger soit un des pays les plus pauvres du monde, l'aide canadienne a été abandonnée. Grâce à Mamadou Tandja, on peut exploiter l'endroit sans frais.

Le Rwanda, sous un subtil contrôle britannique est aussi un autre pays de misère où l'exploitation des ressources est disponible aux «investisseurs» étrangers. Donc inutile d'y dépenser de l'argent.

Pour ce qui est du Burkina Faso de Blaise Compaoré, cet assassin au pouvoir depuis l'assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, le pays correspond au type de pays que les «investisseurs» étrangers aiment. L'exploitation des richesses est facile et assurée, donc, aucune utilité d'y envoyer de l'argent.
M. l'assassin Compaoré fait la grosse vie, reçoit même notre Réjean Tremblay à l'occasion et tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais il faudrait voir dans quelle condition vit la population.

Classé 172e sur 174 sur la base de l'indicateur de développement humain (IDH = 0,304 en 1997) le Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres du monde. Le produit intérieur brut par habitant est de 220 dollars par an (250 dollars au Mali, 330 au Togo, 380 au Bénin, 390 au Ghana et 700 en Côte d'Ivoire).
En 2004 le revenu national brut par habitant est de 210 dollars US.
( http://www.chronicpoverty.org/pubfiles/IED_Pauvrete_Burkinafaso_rfs.pdf )

Selon le Canada, la population du Burkina Faso se débrouille bien, il n'y a qu'à voir son président.

Il y a aussi le Bénin qui est maintenant exclu de «l'aide» de l'ACDI.
Encore un pays ayant les mêmes caractéristiques, c'est-à-dire, un territoire où l'on peut exploiter les ressources sans contraintes.
Le Président Thomas Yayi Boni déclare vouloir agir sur le développement du secteur privé (« faire du Bénin le Hong-Kong de l'Afrique »), alors...


Les «agences d'aide (sic) internationale» sont de plus en plus des agences d'ingérence internationale.

L'aide internationale est un leurre. Il n'y a pas d'aide, il y a de l'ingérence et de l'investissement dans le but non pas d'aider mais bien de profiter.

La pauvreté chronique et croissante en est la preuve absolue.

Serge Charbonneau
Québec

2009.02.24

Effacement de la dette du Burundi

tiré du journal le Figaro:

Burundi : annulation de 92% de la dette
AFP
30/01/2009
Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) ont accordé au Burundi une remise de dette d'1,4 milliard de dollars (1,09 milliard d'euros), correspondant à "92% de la dette extérieure" du pays, a annoncé aujourd'hui le gouvernement burundais.

"Les 28 et du 29 janvier 2009 sont des dates qui resteront gravées dans la mémoire des Burundais parce que c'est le moment où nous avons obtenu de la BM et du FMI une remise de la dette multilatérale qui correspond environ à 1,4 milliard de dollars, ce qui représente 92% de la dette extérieure du Burundi", a annoncé la ministre burundaise des Finances, Clotilde Nizigama, lors d'une conférence de presse à Bujumbura.

L'allégement de la dette est accordée dans le cadre de l'initiative "PPTE" (Pays Pauvres Très Endettés) du FMI. Pour y être élligible, un pays doit "donner la preuve qu'il a engagé des réformes et mené une politique économique avisée dans le cadre des programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale et avoir formulé un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) basé sur un vaste processus participatif. Lorsqu'un pays a accompli des progrès suffisants vers la satisfaction des critères retenus ou y a satisfait, les Conseils d'administration respectifs du FMI et de l'IDA décident officiellement de son admissibilité à l'allégement et la communauté internationale s'engage à ramener la dette au seuil de viabilité convenu."

L'effacement de la dette est particulièrement pertinente et légitime, il est cependant malheureux qu'elle serve de carotte pour que ces "PPTE" appliquent à la lettre des "réformes" dictées par le FMI. Ces réformes sont-elles vraiment dans l'intérêt de leurs peuples? Aideront-elles aux problèmes de sous-développement et de corruption ou vont-elles davantage ouvrir les frontières afin de donner aux pays riches l'accès sans entraves aux à leurs ressources?

2009.02.19

Climate leaders don't buy tar sands!

J'suis loin d'être un fan inconditionnel de Greenpeace, mais aujourd'hui ils ont fait un très beau coup en affichant sur un pont d'Ottawa ce magnifique mot de bienvenue à l'intention de Barak Obama. À lire dans le Devoir.

greenpeace welcome obama.jpg

Par ailleurs, la bd de Garnotte d'aujourd'hui est franchement hilarante:

car_190209.gif

2009.02.06

Fédéral et environnement: aucun progrès en 40 ans

Un long article triste mais peu étonnant de Louis-Gilles Francoeur aujourd'hui dans le Devoir:

Environnement: aucune solution définitive en 40 ans

 

J'y ai d'ailleurs laissé un commentaire étant donné la nature imbécile des commentaires précédents...

2009.02.04

l'Empire Desmarais

Ceux qui s'intéressent aux dessous de la politique Québéco-anglo-francaise, et le tireur de ficelle Desmarais, seraient intéressés à lire les propos de Robin Philpot, Auteur de Derrière l'État Desmarais: POWER dans le Devoir d'aujourd'hui.

Ce n'est pas un truc!, MM. Sarkozy, Desmarais et Charest

2009.01.31

Encore la société qui paie pour les automobilistes

Les transports illustrent mieux que tout l'absence de vision intégrée des conservateurs en matière d'économie, d'environnement et de climat.

Ainsi, le budget accorde 2,7 milliards pour la seule année 2009 aux constructeurs d'automobiles, mais seulement 200 millions par année sur cinq ans aux infrastructures vertes, soit aux transports en commun. C'est cinq fois moins que ce qui serait nécessaire pour rattraper l'avance des États-Unis dans ce domaine, a calculé Transport 2000 Québec. Les villes canadiennes ont pourtant établi qu'il leur faudrait entre 24 et 31 milliards sur cinq ans pour répondre à leurs besoins les plus criants.

Une étude de la Chambre de commerce de Montréal a par ailleurs démontré que les dépenses en transports collectifs génèrent deux fois plus de retombées économiques que dans le secteur de l'automobile. En plus, elles font épargner annuellement aux seuls Québécois 600 millions par année tout en assurant un retour de 45 % sur les investissements publics aux deux gouvernements et en réduisant la balance des paiements du pays. Un investissement massif dans les transports collectifs était d'autant plus impératif que les transports sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec et d'environ 25 % à l'échelle canadienne.

Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 31 janvier 2009

Harper continue de mettre tout en place pour vendre le plus possible de son pétrole albertain. Toute une vision!

"tirer le meilleur parti de chaque dollar"...

L'Afrique en classe affaires pour les cadres de l'ACDI

La présidente de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et deux cadres supérieurs ont dépensé près de 40 000 $, juste en billets d'avion, pour assister à une conférence sur l'efficacité de l'aide à l'Afrique de l'Ouest.

Selon un communiqué de presse, les participants à ce forum international, qui avait lieu à Accra, au Ghana, ont discuté de la façon de tirer le meilleur parti de chaque dollar d'aide financière. Mais un examen des dossiers déposés par l'ACDI concernant les frais de déplacement et d'hébergement révèle que des membres haut placés du personnel préfèrent voyager en classe affaires, à des prix plusieurs fois plus élevés que les tarifs des vols en classe économique.

Les vols en première classe sont la norme en vertu des directives du Conseil du trésor pour les voyages de neuf heu-res ou plus.

Mais les dépenses fédérales seront scrutées à la loupe, alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper s'apprête à annoncer dans son budget, demain, l'adoption d'un ensemble de mesures de lutte contre la récession économique, qui entraînera un déficit totalisant 64 milliards en deux ans.

Le billet d'avion de la présidente, Margaret Biggs, pour la rencontre de septembre dernier au Ghana a coûté 13 856,46 $. Son hébergement a coûté 1750,92 $. D'après les dossiers, Mme Biggs est restée au Ghana du 28 août au 5 septembre pour une rencontre se tenant du 2 au 4 septembre. Elle a également visité des projets sur le terrain, selon un courriel de la porte-parole de l'ACDI, Jo-Ann Purcell.

Tous les voyages d'employés de l'ACDI respectent les normes du Conseil du trésor pour les vols de longue durée, a dit Mme Purcell. Le voyage de la présidente était de 21 heures pour l'aller seulement.

Des recherches sur Internet indiquent que le même vol, en classe économie, coûte environ 1400 $ (aller-retour), y compris les taxes et autres frais.

Les billets d'avion de Stephen Wallace, qui a présidé la conférence, et de Christine Hogan, ont coûté respectivement 10 496,26 $ et 15 117,69 $.

Kevin Gaudet, de la Fédération canadienne des contribuables, a qualifié les vols en classe affaires de «dépense ridicule».

2009.01.26

Le système Canadien

Une trentaine d'experts juristes et politologues signent un texte extrêmement pertinent dans le Devoir d'aujourd'hui: Le parlement est roi!

... une très grande proportion des Québécois et autres Canadiens connaissent mal les règles de notre démocratie constitutionnelle. [...] 70 % des Québécois croient erronément que les citoyens élisent directement le premier ministre. Nous avons donc cru qu'il serait utile de clarifier pour le public les règles régissant le choix des membres du gouvernement dans notre système politique actuel.

Le premier ministre n'est pas élu directement. La gouverneure générale, à la suite d'élections, demandera normalement au chef du parti ayant obtenu une majorité de sièges à la Chambre des communes de devenir premier ministre. Par la suite, le premier ministre choisira habituellement les membres de son cabinet (les ministres) parmi les députés de son parti. En vertu du principe de gouvernement responsable, le premier ministre et son cabinet ne peuvent gouverner légitimement sans jouir en tout temps de la «confiance» (l'appui d'une majorité des députés) de la Chambre des communes. Puisque notre Constitution ne prévoit pas l'élection directe du premier ministre et de son cabinet, ceux-ci doivent en tout temps pouvoir s'appuyer sur une majorité des députés élus à la Chambre des communes. Dans notre système parlementaire, c'est précisément cet appui qui donne au gouvernement sa légitimité démocratique; sans cet appui, le gouvernement n'en a aucune puisque lui-même n'est pas élu.

Lorsqu'aucun parti ne réussit à faire élire une majorité de députés à la suite d'une élection générale, la gouverneure générale devra alors nommer au poste de premier ministre un député capable d'attirer suffisamment d'appuis pour obtenir et maintenir la confiance de la Chambre des communes pour une période raisonnable de temps. [...]

Dans une situation de minorité, le gouvernement ne peut pas prétendre avoir «gagné» le droit de gouverner. Au mieux, le premier ministre peut prétendre avoir le droit d'essayer de maintenir la confiance de la Chambre.

Quand un gouvernement minoritaire perd la confiance de la Chambre, la gouverneure générale n'est plus liée par les avis et conseils du premier ministre. La gouverneure générale doit alors exercer ses «prérogatives personnelles». Elle peut dissoudre le Parlement et ainsi déclencher de nouvelles élections ou, si des élections ont eu lieu relativement récemment (les avis varient entre six et neuf mois), elle peut inviter le chef d'un autre parti à tenter de former un gouvernement qui saura jouir de la confiance de la Chambre des communes. Il en va de même dans l'hypothèse où le premier ministre d'un gouvernement minoritaire demanderait la dissolution du Parlement peu de temps après des élections générales. [...]

Ces règles visent en particulier à éviter que des gouvernements minoritaires ne nous plongent dans des élections répétitives jusqu'à ce qu'un parti obtienne une majorité des sièges au Parlement. [...]

Lorsque la gouverneure générale exerce ses prérogatives personnelles et décide si elle dissoudra le Parlement ou si elle invitera un ou plusieurs partis à former un nouveau gouvernement, elle doit agir de manière quasi judiciaire, dans l'impartialité la plus totale. Dans de telles circonstances, elle doit être guidée par son devoir de protéger la Constitution et, en particulier, les principes de démocratie et de gouvernement responsable.

Nous sommes d'avis que s'il y avait un vote de censure ou si une demande de dissolution du Parlement était présentée au terme d'une session parlementaire n'ayant duré que quelque 13 jours, il serait judicieux pour la gouverneure générale d'inviter les partis d'opposition à tenter de former un gouvernement.

2009.01.14

Richard Heinberg, peak oil et l'avenir de l'humanité


Party's over et Powerdown
Richard Heinberg est un de mes auteurs préférés. C'est en lisant son premier livre, The party's over: oil, war and the fate of industrial societies il y a 4 ans que j'ai commencé à m'intéresser à l'économie. C'est un ouvrage extrêmement lucide qui examine la situation actuelle de l'économie du pétrole, notre dépendance de la ressources, la géopolitique internationale autour de l'énergie, et les différentes prévisions quant à sa durabilité. Il couvre un terrain beaucoup plus vaste que la théorie du peak pétrolier.PARTYSOVER.jpg

Son deuxième livre, Powerdown: Options and Actions for a Post-Carbon World est un essai relativement dark. Ayant solidement établi dans le premier livre qu'il y a toutes les probabilités pour que d'ici une génération nous rencontrerons une pénurie de pétrole (peak oil), il extrapole maintenant sur les options qui se présentent à l'humanité. Selon lui, il y aurait 4 sortes de voies possibles: la compétition, le laisser-faire, la coopération, et la bouée de secours.

Si la voie de la compétition était choisie, ce sera l'escalade de la violence à l'échelle de plus en plus grande pour les ressources énergétiques en diminution. Si la voie empruntée est le laisser-faire, ce qui est à peu près la voie actuelle de l'humanité, les prix du pétrole commenceraient à devenir instable mais surtout à monter dangereusement, entraînant inflations, récessions et faillite des économies les moins fortes qui ne pourront plus se payer la ressource. Comme nous serons en retard pour faire toute la R&D et l'investissement en infrastructures nécessaires pour amorĉer une transition post-pétrole, cette transition sera beaucoup plus longue et difficile que si nous l'avions fait pendant que le pétrole cheap est encore disponible. Les économies plus dépendantes au pétrole mais faibles en technologie seront les plus touchées, et encore là avec la compétition pour une ressource en disparition grandira le chaos et la violence.

La coopération consiste en faire le choix raisonné et lucide d'amorcer dès maintenant une transition vers une économie post-pétrole pendant que nous avons les moyens de le faire confortablement, en partageant de façon juste la ressource énergétique. Choisir de lutter pour cette option, c'est se battre contre un énorme système en béton, bien encré dans son statu quo et ses paradigmes. C'est risquer de se battre pour rien et heurter un mur.

La bouée de secours (building lifeboats) est la démarche entreprise par les groupes de personnes lucides, conscientes de ce qui s'emmène, où on cherchera à se sortir de la dépendance du système, s'arranger pour vivre relativement en autarcie et être à l'abri d'un éventuel crash intense du système qui entraînerait la pauvreté et les guerres. C'est pratiquement une espèce de fuite, un abandon du combat, mais c'est peut-être le choix le plus lucide pour la self preservation.

The oil depletion protocol
La dépendance

Heinberg disait clairement à la fin de powerdown que pour lui, la solution résidait entre un mélange le plus sain possible de coopération et de bouée de sauvetage. Et The oil depletion protocol est la suite logique de la lutte pour faire adopter un plan lucide de coopération. Ici, l'écriture est beaucoup plus mature, le ton, le moins alarmant possible.

Comme dans powerdown, il commence par résumer la situation de l'économie du pétrole: c'est notre principale, plus puissante et plus omniprésente source d'énergie sur laquelle repose le système industriel en entier. Le transport est loin d'être la seule utilisation économique du pétrole, il sert de carburant pour beaucoup de machines, dont les machines servant à l'extraction des autres ressources naturelles, incluant la machinerie agricole qui permet les outputs que nous connaissons en agriculture industrielle. Le pétrole entre également dans la fabrication de nombreux pesticides. Le pétrole est également extrêmement important pour la production de produits chimiques dont les plastiques. Des produits chimiques de base qui ont d'innombrables usages dans les produits que la technologie fabrique chaque jour: éthylène, propylène, butadiène... ces trois produits à eux seuls entrent dans la confections de biens de consommation aussi divers que des désinfectants, des solvantes, des antigels, des réfrigérants, des lubrifiants, des vêtements et des matériaux plastiques. Le pétrole est également beaucoup utilisé pour le chauffage (huile à chauffage) et la production d'électricité. Sans les pétrochimiques, la science médicale, les technologies de l'information, l'architecture des villes modernes et d'innombrables autres aspect de la vie moderne n'existeraient pas tels qu'on les connaît. Devant l'importance révélée du pétrole dans le développement de technologies et la production de richesses pertinentes, l'absurdité de gaspiller du gaz pour (par exemple) déplacer des hummers dans un centre-ville (alors que 97% de l'énergie fournie par le carburant sert à bouger cette feraille) saute aux yeux.

Nous continuons de développer nos sociétés et construire nos infrastructures en assumant que nous pourrons avoir recours perpétuellement à ce système de transport, que la croissance démographique pourra être soutenue indéfiniment et que notre consommation d'énergie continuera toujours d'augmenter. Mais peu de choses sont aussi incertaines.
Le pétrole est une ressource non-renouvelable. La plupart des gens assument qu'une pénurie globale et permanente de pétrole serait seulement un problème seulement pour les générations futures, et qu'entre temps des alternatives au pétrole apparaîtraient. Mais les technologies de remplacement commencent à peine à apparaître, et les investissements à faire pour convertir une économie largement basée sur le pétrole à une économie basée sur des énergies renouvelables sont énormes. De plus, la transition se fera seulement en plusieurs années d'efforts et d'investissements soutenus.

Dans tous les cas, même si son épuisement ne survenait que dans plusieurs siècles, le pétrole est une ressource trop importante compte tenu des matériaux et produits utiles que l'on en tire, et il serait injuste pour les générations futures que nous le gaspillons pour des plaisirs aussi frivoles que se parader en jeep.

Énergies de remplacement

Dans the party's over, Heinberg passe en revue les différentes sources d'énergie "de remplacement potentiel", pour conclure évidemment qu'il n'y a aucune solution magique. Les énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique, marées) peuvent être utilisées pour produire de l'électricité. Avoir un système de transport entièrement électrique prendra des décénies d'adaptations et de remplacement de flotte. (Par contre, selon le Venus Project, la quantité d'énergie géothermique pouvant être extraite de la terre avec une technologie appropriée est gargantuesque, mais je doute qu'on puisse la considérer comme une énergie renouvelable)
Le nucléaire serait relativement à son maximum de capacité: l'extraction, la manipulation, la transformation et le traitement des matériaux nécessitent des dépenses énergétiques (principalement sous forme de pétrole) considérables; les constructions de centrales prennent des décennies, et les coûts marginaux de production d'électricité nucléaire vont en accroissant avec la diminution de la disponibilité de l'uranium.
Le développement fusion à froid, si elle est possible, est "decades away". Les technologies d'énergie libre sont impossible selon la science officiel (voir la première loi de la thermodynamique). Cette même loi fait en sorte que l'hydrogène n'est pas considéré comme une source d'énergie mais comme un conteneur d'énergie (au même titre qu'une pile): produire de l'hydrogène à partir de l'eau requiert au moins autant d'énergie que celle obtenue par combustion de la même quantité d'hydrogène.

Peak oil

L'extraction du pétrole, que ce soit pour une région donnée, un puit unique ou la terre entière, suit le pattern suivant: une croissance des découvertes, une croissance de l'extraction, un plafonnement et un déclin des découvertes, suivi d'un plafonnement et un déclin de l'extraction. Par exemple, les States ont connu leur peak de découvertes dans les années 30 (je crois) puis leur plafonnement d'extraction dans les années 70. À ce jour, la plupart des nations productrices ont déjà connu leur plafonnement d'extraction (peak oil), ce qui signifie que concrètement seules une pognée de nations peuvent encore augmenter leur production annuelle, entre autres, le Canada, le Vénézuela, l'Arabie Saoudite. En additionnant les productions et prévisions pour chacune des nations, on arrive à une très forte probabilité que peak oil arrive d'ici 2020. En fait, quand on regarde les statistiques des 3 dernières années (2008 sont pas sorties encore) on constate que la production semble à peu près stagner à 85 Mbarils par jour depuis 2006. On serait donc en présence d'un début de plafonnement. Peut-être qu'on ne va pas connaître un sommet (ascencion-descente abrupte) mais un plateau qui s'étire dans le temps. Mais la capacité de productions doit être développée constamment pour répondre à la demande et pour compenser les déclins des gisements actuellement en production.

« We believe, and intend to argue strongly, that leaders and policy makers in both government and industry would be making a fateful mistake by adopting a complacent attitude toward the inevitable world peak of oil production. We see two main reason for this view: first, that there is strong evidence for concluding that the global peak may occur sooner rather than later; and second, that many years of hard, expensive work will be required to prepare for the peak. Therefore, even if late-peak forecasts prove correct, efforts aimed at mitigating the impacts must begin immediately.
(...)
The global oil industry has been able to replace depleted reserves on a yearly basis until now, mostly by re-estimating the size of existing fields. The Royal Swedish Academy of Sciences, in a recent publication, "Statements on Energy", describes the situation this way:
« In the last 10-15 years, 2/3 of the increases in reserves of conventional oil have been based on increased estimates of recovery from existing fields and only one third on discovery of new fields. (...) 50% of the present oil production comes from giant fields and very few such fields have been found in recent years. »

à suivre...

la bonne gouvernance conservatrice

Alors que les scientifiques, les économistes, l'ONU et la société civile du monde entier se tuent à répéter qu'il faut prendre le virage du développement durable, nos amis les Conservateurs du Canada innovent dans la bonne gestion saine et à long terme. « Le gouvernement Harper s'apprête à adopter un règlement qui empêchera la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) de s'appliquer à tous les projets de moins de 10 millions apparaissant dans son plan de relance de l'économie. » (LeDevoir.com) Rien de moins. Je trouve navrant que Harper, qui aurait supposément étudié en économie, considère qu'il est souhaitable d'ignorer les externalités et la préservation du capital naturel.

2009.01.07

La transparence du gouvernement

Accès à l'information
Une modernisation est réclamée

Vingt-cinq ans après son adoption, la Loi sur l'accès à l'information au Canada est devenue une honte, selon le commissaire à l'information Robert Marleau. Les délais de réponses augmentent sans cesse ainsi que le nombre de plaintes, selon celui qui est chargé de faire respecter la loi.

« Certainement, depuis 2006, la période de prolongation s'allonge quasiment tous les mois. [...] Ce qu'on a voulu, c'est contrôler l'information », soutient-il. Selon lui, le bureau du premier ministre demande à voir chacune des requêtes, ce qui alourdit le traitement.

On savait déjà que Harper veut contrôler totalement l'information qui entre et sort au gouvernement, ça vient le confirmer davantage. Voir les articles suivants si vous êtes pas encore convaincus:

Ottawa freine l'accès à l'information
Catherine Handfield, La Presse, 4 septembre 2008
Le Commissaire à l'information du Canada (CIC) conclut, dans un rapport publié le 19 août, que certaines demandes d'information auprès d'institutions fédérales sont assujetties à des «retards injustifiés dans leur traitement».

Ottawa ne veut qu'une seule voix
Hélène Buzzetti, Le Devoir, 1er mai 2008
Tous les documents destinés au public devront être approuvés par le bureau du premier ministre.

Accès à l'information: L'opposition fustige Harper
Radio-Canada et la Presse Canadienne, 5 mai 2008
L'opposition officielle à Ottawa a dénoncé lundi la décision des conservateurs de Stephen Harper de supprimer une base de données qui permettait aux Canadiens de scruter les affaires du gouvernement.

Stephen Harper, ou l'art de cultiver le secret
Alec Castonguay, Le Devoir, 12 juillet 2008
Le premier ministre menace la démocratie en voulant contrôler toute information en provenance des différents ministères de son gouvernement, dit un expert

Droit à l'information: L'accès à l'information gouvernementale semble régresser
Radio-Canada, 29 septembre 2006

Opinion: Liberté de presse et contrôle de l'information: il faut rejeter le modèle Harper!
Le Devoir, 05 janvier 2008

Accès interdit à Ottawa
Gilles Toupin, La Presse, 27 juillet 2008
Le prix d'une bouteille de vin offerte par un ministre à un homologue étranger n'a en fait que peu d'importance. Or, le gouvernement Harper a décidé d'en faire un secret d'État. Il a rejeté la demande de La Presse l'an dernier parce que la divulgation du prix de cette dive bouteille risquait de porter préjudice à la conduite des affaires internationales du pays.

Demande anodine refusée par les conservateurs
Gilles Toupin, La Presse, 23 octobre 2008
(Ottawa) Le Nouveau Parti démocratique s'est vu refuser par le Bureau du Conseil privé le mois dernier, en pleine campagne électorale, une demande anodine d'accès à l'information sur les notes transmises au premier ministre Stephen Harper par ses fonctionnaires sur le déroulement de la campagne présidentielle américaine.

Deux petites lettres qui font du bien

Deux lettres rafraîchissantes dans le Devoir d'aujourd'hui:

Pour des politiques qui protègent l'environnement, Karel Mayrand
Plutôt mal écrite, mais pertinente. Elle insiste sur la nécessité d'investir dans une économie durable plutôt que de ne rien faire.

L'économie au service des humains, Yves Chartrand
Un texte bref, clair, bien dit...

2009.01.03

Le scepticisme climatique

J'entend souvent parler des "sceptiques du climat", ces scientifiques qui s'opposent à la théorie selon laquelle les changements climatiques rapides que nous vivons sont dûs principalement aux activités industrielles, brandie par le GIEC. Le plus gros coup d'éclat récent de ces sceptiques est le rapport du comité sénatorial américain selon lequel 650 scientifiques s'opposent à la théorie de l'origine anthropique des changements climatiques.

Intéressé à connaître la vérité, j'ai porté une attention particulière à ces "sceptiques". D'abord, j'ai tenté de trouver quels étaient leurs arguments et quels sont leurs motifs pour s'opposer si farouchement à des organisation scientifiques majeures. Au niveau des arguments, ça se résume pas mal à « la science climatique est inexacte » et « le climat change naturellement de toute façon ». J'ai été déçu, j'aurais bien aimé que les négationnistes aient raison. Les motifs mis de l'avant (pour s'opposer au GIEC) sont principalement « la recherche de vérité » et « ça coûterait trop cher de réduire notre output de GES ». En regardant plus en détails, les scientifiques derrière ces affirmations ne sont pas tous climatologues ni météorologues, beaucoup sont ingénieurs ou ont quelconque formation scientifique non reliée au climat, j'ai donc fortement l'impression qu'ils gonflent leur nombre en recrutant des scientifiques dont l'expertise a peu de poids dans le débat. Et après avoir fouillé pas mal les sources sur le sujet, je trouve que les négationnistes sont plus marginals qu'il le laissent paraître. La page de wikipédia à ce sujet est assez informative.

J'aimerais bien croire que les "sceptiques" sont plus animés par une recherche de vérité qu'autre chose, mais plus je lis leurs articles et documents et moins je le crois. Une des organisation les plus imposantes est l'International Climate Science Coalition, évidemment fondée pour s'opposer au GIEC. En jetant un coup d'oeil sur leur site web, on constate que le contenu est plutôt une réthorique démagogique plutôt qu'un langage scientifique objectif (auquel je m'attendrais de la part d'une organisation scientifique sérieuse). On se croirait sur le site d'un parti politique en campagne. Ensuite, la montée des sceptiques a curieusement coïncidé avec des investissement massifs dans la campagne négationniste. Beaucoup d'instituts économiques conservateurs, d'associations d'industriels, et de think-thanks d'entreprises financent abondamment les scientifiques dissidents. On peut trouver une documentation abondante à ce sujet, le seul bookmark que j'ai gardé lors de mes recherches est celui de SourceWatch. J'ai bien trouvé quelques vrais climatologues sceptiques qui ne semblaient pas biaisés, mais ils sont très peu nombreux, surtout comparés au nombre écrasant de climatologues en accord avec la théorie "officielle".

Généralement, les opinions dissidentes semblent fortement correlées à la peur de l'action. Les négationnistes mènent me semblent carrément mener une campagne de peur pour mettre l'opinion publique à dos des mesures prises pour stabiliser le climat. Il est déjà assz difficile de faire adopter par les politiciens des mesures modestes (comme Kyoto) AVEC l'appui de l'opnion public, si il faut que l'opinion publique soit contre, il n'y a plus aucun espoir.

On entend souvent que des mesures cherchant à diminuer nos émissions de GES "endommageraient l'économie". L'économie serait-elle une entité réelle et dommageable? Curieusement, ça ne correspond pas du tout à la conception de l'économie qu'on nous enseigne dans des cours d'économique à l'université. En effet, selon mon prof d'économie, l'économique serait plutôt la recherche de la façon optimale de répondre à nos besoins infinis avec nos ressources limitées. C'est drôle de voir que, alors que l'économique admet l'existence de limites de ressources, beaucoup n'hésitent pas à mettre de l'avant un nébuleux concept de dommage à l'économie pour nous convaincre d'ignorer des contraintes pour limiter le dégat à l'environnement (notre habitat et l'ensemble de nos ressources) que nous recommendent fortement les scientifiques.

Je trouvais curieux le fait que les négationnistes s'attaquent continuellement au GIEC et autres, mais que les partisans de la théorie de l'origine anthropique ne font jamais référence à leurs détracteurs. J'ai donc cherché un peu pour trouver des documents qui font référence aux deux clans. J'ai trouvé plusieurs articles fortement intéressants.

The Scientific Consensus on Climate Change, Naomi Oreskes

L'auteur fait une analyse exhaustive du consensus et de la dissidence au sein de la communauté scientifique.

The 928 papers were divided into six categories: explicit endorsement of the consensus position, evaluation of impacts, mitigation proposals, methods, paleoclimate analysis, and rejection of the consensus position. Of all the papers, 75% fell into the first three categories, either explicitly or implicitly accepting the consensus view; 25% dealt with methods or paleoclimate, taking no position on current anthropogenic climate change. Remarkably, none of the papers disagreed with the consensus position.

Climate science: Sceptical about bias, Richard Black

Some claim science itself is weighted against sceptical views. Of all the accusations made by the vociferous community of climate sceptics, surely the most damaging is that science itself is biased against them.

We're All Global Warmers Now, Ronald Bailey
Reconciling temperature trends that are all over the place

Anyone still holding onto the idea that there is no global warming ought to hang it up. All data sets—satellite, surface, and balloon—have been pointing to rising global temperatures. In fact, they all have had upward pointing arrows for nearly a decade, but now all of the data sets are in closer agreement due to some adjustments being published in three new articles in Science today.

Et finalement, mes trois meilleures trouvailles:

RealClimate.org

RealClimate is a commentary site on climate science by working climate scientists for the interested public and journalists. We aim to provide a quick response to developing stories and provide the context sometimes missing in mainstream commentary. The discussion here is restricted to scientific topics and will not get involved in any political or economic implications of the science.

Skeptical Science: Examining the science behind global warming skepticism

Scientific skepticism is a healthy thing. Scientists should always challenge themselves to expand their knowledge, improve their understanding and refine their theories. Yet this isn't what happens in global warming skepticism. Skeptics vigorously criticise any evidence that supports anthropogenic global warming and yet eagerly, even blindly embrace any argument, op-ed piece, blog or study that refutes global warming.

So this website gets skeptical about global warming skepticism. Do their arguments have any scientific basis? What does the peer reviewed scientific literature say?

Winning and Losing the Global Warming Debate Roger A. Pielke, Jr. et Daniel Sarewitz

Je suis pas d'accord à 100% avec tout cet article, mais il emmène un point extrêmement pertinent: que les changements climatiques soient d'origine humaine ou non, nous savons qu'ils arrivent. Le débat entre les deux clans attirent toute l'attention sur "devons nous ou non prendre des mesures pour lutter contre ces changements", et très peu d'attention est portée sur comment on s'adapte aux changements climatiques.climate.2008.142-i1.jpg

From the standpoint of the impacts of climate on humans and the environment, we are all losers. The global-warming debate has missed one of the most important aspects of the problem: Climate changes. In fact, the phrase "climate change" is redundant. A changing climate is an unchanging attribute of a dynamic Earth. Human-caused or not, these changes are likely to have impacts on society and the environment. Natural disasters, human health, biodiversity, endangered species, water resources, international trade, financial services, transportation networks, agriculture — virtually any area of human experience is in some way affected by climate. These impacts are occurring today, and they hold the prospect of increasing in the future. And for the most part, we are doing too little in response.

We are all losers because the global warming debate has focused almost exclusively on preventing climate change. And it has addressed greenhouse-gas emissions as the sole cause. But climate is only part of the cause of impacts, and greenhouse gases are only one potential cause of changes in climate.

(...)

Some say that a focus on adaptation might result in "every country for itself." It need not. The U.N. Framework Convention provides a mechanism through which the world's climate "winners" can help boost the resilience of the climate "losers." When climate does change, the distribution of winners and losers might also change, but shared assistance would persist.

These steps defy conventional wisdom. They are unlikely to be popular, given that the status quo sustains Cassandras and Dorothies alike. Unfortunately, in spite of the high moral rhetoric from both sides, the debate itself stands in the way of further progress. We need a third way to confront climate change, even if it means moving beyond now-comfortable positions held fast for many years.

Climate changes. Let's deal with it.

J'ai récemment eu une conversation avec un collègue étudiant. Je lui ai exposé les arguments négationnistes, et il a tout de suite répondu: « Mais qu'est-ce que ça fout même si c'était pas vrai? Ça a pas plus d'allure de gaspiller notre énergie à toute attendre dans le traffic tout seul dans notre char! »

Je trouve que ça a une ceraine sagesse assez lucide. En effet, même si c'était pas vrai que la société industrielle déstabilise le climat planétaire, même si c'était pas vrai que la pollution nous rend malade, ça n'a pas de sens de gaspiller nos ressources énergétiques dans un système de transport innefficace et pour obtenir du luxe superflu, de consacrer la moitié de la superficie des villes à faire circuler et parker les chars, de chauffer nos maisons à 25°C l'hiver et les refroidir à 20° l'été, et de crisser aux vidanges des tonnes de plastique chaque année juste pour transporter nos denrées. On a un sérieux problème de durabilité dans notre système. Il y a pas assez de ressources sur la planète pour que sa population vive avec la moitié du "niveau de vie" (de consommation) que nous avons.

En quelque part, le développement durable, ce n'est plus une question de nature, c'est une question de santé publique, de justice et de niveau de vie à long terme.

2008.12.22

22 décembre en bref

Nouvelles qui ont attiré mon attention aujourd'hui:

le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé hier qu'il existait un projet d'assassinat de son homologue bolivien Evo Morales.

La poursuite des conservateurs contre Élections Canada a coûté jusqu'à maintenant 1,4 M $ de fonds publics.

L'australie s'oppose au braconnage de baleines perpétué par le Japon et n'exclut pas le tribunal

Et enfin, le plan de 4 milliards du gouvernement Harper pour "aider" l'industrie automobile. Et Buzz Hargrove est pas convaincu que ça va maintenir les emplois. Je m'intérroge vraiment sur la valeur réelle de toujours débourser les sommes faramineuses pour maintenir des industries en déperdition, de peur de perdre des emplois. Les milliards qu'on met pour la survie des industries forestière, automobile, de l'aluminium etc ne seraient-ils pas mieux investis autrement, par exemple dans des projets de développement durable? Au lieu de maintenir les emplois d'une industrie mourrante pour une année de plus, on ne pourrait pas investir pour des emplois permanents dans des industries émergentes et novatrices?

Je comprend mal qu'on veuille investir autant de fonds publics pour faire survivre une industrie archaïque, désuète, en retard sur ses compétiteurs, qui a échoué parce qu'elle n'a pas su répondre correctement aux besoin de notre société. Il me semble qu'il est temps de tourner la page: le transport automobile individuel est de moins en moins soutenable et nous aurions tout intérêt à faire plus tôt que tard la transition vers les transports collectifs et à énergie humaine. On n'a plus besoin d'autos et le marché est déjà saturé avec des constructeurs asiatiques ayant une avance certaine. On a besoin de vélos, de tramways, de métros, de trains suspendus, d'autobus...

Comment veut-on créer de la richesse collectivement, en modernisant notre réseau de transport et le rendant sécuritaire, efficace et accessible pour tous, on en donnant de l'argent public à une industrie en déclin pour continuer la vieille façon de faire?

À propos, une suggestion de lecture: "Rouler sans pétrole" de Pierre Langlois. Voyage au coeur des alternatives au pétrole et des nouvelles technologies du transport, le livre offre un visuel époustouflant. (C'est tout ce que je peux en dire, je l'ai pas lu, j'en seulement entendu l'auteur à radiocan).