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2010.06.12

Le contrôle de l'information des Conservateurs (4)

Lettre pertinente à lire dans le Devoir:L'information sous Stephen Harper - De la transparence à la propagande

Je la copie pas ici parce qu'elle est pas mal longue, mais elle est pertinente à lire au complet.

Intéressant commentaire d'un lecteur:

Avant de prendre ma retraite du gouvernement fédéral, j'étais là quand les Conservateurs ont pris le pouvoir et les changements aux relations avec les médias ont été assez soudains et du jour au lendemain nous, les fonctionnaires qui avions été formés pour parler aux médias et répondre aux entrevues, ont été sommés de ne plus rien dire et de référer le tout à « Ottawa ».

Sylvain Bouchard et le scandale du tramway

 

show-poubelle.gifNous avons eu droit à toute performance vendredi matin sur les ondes du 93,3: Sylvain Bouchard s'est fait l'ardent défenseur du pauvre banlieusard victime de la clique d'environnementeurs qui tire les ficelles des autorités publiques. L'animateur estime que le projet de tramway proposé par le groupe de travail sur la mobilité est inutile et injuste. Il s'est habilement appliqué à convaincre son auditoire de se scandaliser de ce qu'il considère une dilapidation de fonds publics pour ultimement enlever la mairie à Régis Labeaume aux prochaines élections. Durant la tribune téléphonique, M.Bouchard prenait l'absence de défenseurs du tramway sur ses lignes comme une preuve que personne n'en voulait. Pourtant, le sondage même sur le site web du 93FM indiquait une majorité de gens en faveur. Je soupçonne que l'attitude méprisante de l'animateur envers les défenseurs du tramway ne favorise pas leur participation à son débat.

Après avoir réussi de peine et de misère obtenir l'onde, et après avoir fait une brève entrée en matière, j'ai été coupé avant de venir au vif du sujet par M.Bouchard qui tenait à nous resservir son sempiternel délire sur « la religion environnementeuse ». J'aimerais donc utiliser cette tribune pour faire valoir mon opinion sur le sujet et répondre à sa rhétorique.

Celle-ci repose principalement sur ce que un tramway serait inutile, puisque les habitants de Québec préfèrent l'auto, et que les problèmes de congestion se règleront tout seul avec le temps puisqu'il y aura une décroissance démographique. Je ne suis pas démographe, mais je soupçonne notre animateur de confondre ralentissement de la croissance avec décroissance. Les boomers vieillissent, mais les régions continuent de se vider au profit des villes, et l'immigration demeure toujours importante. Si l'Institut de la Statistique du Québec estime que le nombre de ménage de la région métropolitaine de recensement Québec pourrait augmenter de 75 600 d'ici les 20 prochaines années, ces chiffres me semblent davantage plausibles que les dires de l'animateur.

M.Bouchard a martelé sans cesse que le tramway est injuste car il fait payer les automobilistes de la banlieue pour payer le transport de « la clique des environnementeurs du centre-ville », qui vivraient dans des coops d'habitation subventionnées avec son argent, iraient voir du théâtre subventionné avec son argent, etc. Il semble considérer qu'il est le seul payeur de taxes et que le centre-ville est peuplé soit d'élite richissime qui se paie des condos à 350 000 $ ou de profiteurs de la gogauche. Pourtant, la réalité est qu'on trouve de nombreux logements relativement abordables au centre-ville, et que les coops d'habitation sont rares. Les locataires paient autant les taxes municipales, car les propriétaires couvrent ce coût avec leurs loyers. De plus, comme l'a mentionné plusieurs fois M.Labeaume, le tramway est prévu pour desservir les banlieues et non assurer un transport interne au centre-ville.

Par ailleurs, le développement du transport en commun permettant d'enlever des voitures de la circulation, il permet une meilleur fluidité routière et une meilleure accessibilité du stationnement, ce qui profite à ceux qui continuent d'utiliser leur véhicule individuellement. Pour ces raisons, il me semble injuste de dire que les automobilistes de la banlieue seraient ceux qui paient, et qu'ils n'en profiteraient pas. Une réalité qui est toujours négligée, c'est que les automobiles génèrent des externalités, des coûts non monétaires pour les autres. La congestion causée principalement par les automobiles bloque aussi les utilisateurs du transport en commun et, dans une moindre mesure, les piétons et les cyclistes. Chaque véhicule est un danger potentiel pour les autres, et les utilisateurs du transport actif en particulier subissent un risque plus élevé alors qu'ils y contribuent que très peu. Les automobiles ont un impact plus grand sur l'espace routier (congestion et stationnements), la sécurité et la qualité de l'air : ils consomment davantage de ce bien public qu'est l'infrastructure de transport, ils m'apparait donc normal que tout le monde participe au financement du transport en commun, qui est une partie essentielle de cette infrastructure profitant à tous.

 

Quant à la pollution de l'air, M. Bouchard a insinué qu'il la considère insignifiante à Québec. Je l'invite, ainsi que tous les autres automobilistes qui sont également de cet avis, à tenter l'expérience se déplacer à vélo aux côtés des files d'automobile, en plein trafic d'heure de pointe. Ils constateront que la qualité de l'air est un réel problème quand on n'est pas assis dans une auto et qu'on déploie un effort physique pour se déplacer. Si vous voulez des chiffres, en voici : l'Institut national de santé publique estime, dans son rapport de 2008 intitulé « Estimation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique au Québec » que la pollution est responsable de 1974 décès prématurés, 414 visites à l’urgence pour des problèmes respiratoires et 246 705 journées de symptômes d’asthme, annuellement. Une estimation conservatrice. Mais je suppose que l'INSPQ est aussi aux commandes de la religion environnementeuse?

andré-philippe coté - contre le tramway.jpg

L'indignation affichée par M.Bouchard n'est pas raisonnable. 1,5 milliards, amortis sur 20 ans comme l'a dit M.Labeaume, ça fait 75 millions par année. Comme l'a justement souligné un auditeur, quand il s'agit de mettre 400 millions sur un Colisée pour procurer du divertissement aux masses, c'est un judicieux investissement, mais quand il s'agit d'investir pour développer une offre de transport durable pourtant indispensable à la ville, rien ne va plus!

Nous avons également eu droit à une éloge fort impressionnante de l'automobile. Notre entertainer matinal ne mâchait pas ses mots pour exprimer son amour du char et de la libarté qu'il procure, tandis que selon ses dires, le transport en commun est un calvaire terrible, et le vélo est insignifiant puisqu'il ne sert que deux mois par année. J'aurais aimé qu'on me laisse la chance de lui dire que, pour les 3 mois par année où je ne prend pas le vélo, je ne voudrais pour rien au monde prendre l'automobile pour aller faire la file dans le trafic. Tant qu'à attendre dans la circulation, autant le faire sans stress, avec un livre à la main, et ne pas avoir à trouver un stationnement et déneiger une auto. Le transport en commun a plein d'avantages, mêmes individuels, qui sont tenus sous silence à l'émission Bouchard en parle car son but est manifestement de transmettre à son auditoire ses préjugés sur la supériorité de l'automobile. Cela aurait-il quelque chose à voir avec la forte présence de concessionnaires automobiles parmi les annonceurs de la station?

Ce qui est crucial pour le développement durable, c'est de modifier les comportements de masse, ce que l'animateur n'encourage pas du tout avec sa démagogie individualiste. Aucune nuance dans son discours, tout est démesure. Est-ce ainsi qu'on informe les gens? Qu'on nourrit l'esprit critique? Qu'on stimule le débat public? Je n'écoute que rarement la radio poubelle, je l'ai syntonisée ce matin là uniquement parce que je me doutais que le maire y ferait une apparition. Mais si c'est ce genre de discours primaire qui remplit les oreilles de milliers de citadins chaque matin, le groupe de travail sur la mobilité durable aura tout un travail à faire pour nous affranchir des préjugés. Québec a, d'ailleurs, du retard à rattraper par rapport à la 4e ville en importance au Québec. Selon les dernières données disponibles, à Gatineau, 300 000 habitants, 15% de la population utilise le transport en commun pour se rendre au travail, comparativement à 12% à Québec, qui compte 750 000 habitants (voir la figure ci-dessous).

J'invite tout le monde à consulter la proposition de plan de mobilité durable. On y fait un constat assez lucide de la situation, et des suggestions intéressantes.

 

partmodale.jpg

2010.03.03

Contrôle de l'information par le gouvernement conservateur (2)

On peut lire dans Le Devoir (Censure à Ottawa: trois ministres soupçonnés) qu'il y a maintenant trois enquêtes ouvertes au commissariat à l'information du Canada concernant l'ingérence de ministres dans l'accès à l'information. La commissaire n'a pu révéler quels ministres sont en causes dans ces trois enquêtes, jugées prioritaires. Récemment, une autre fuite révélait au Hill Times que le PM Harper met depuis longtemps de la pression sur les fonctionnaires pour retarder les demandes d'accès à l'information et permettre au PM de censurer ce qui est compromettant. Le cas de Christian Paradis, sorti au grand jour récemment, n'était donc pas isolé, et est le symptôme d'une stratégie plus large du gouvernement conservateur pour contrôler l'information. L'an dernier, on pouvait déjà lire dans la Presse que le conseil privé (le ministère du PM) les demandes d'accès à l'information exige des différentes institutions qu'elles lui transmettent les demandes d'accès à l'information. «Ça provoque un étranglement et l'information sort au compte-gouttes», selon l'avocat Michel Drapeau, spécialiste de l'accès à l'information.

En fait, le fonctionnaire qui a été pris à censurer le document pour Paradis ne faisait rien de différent de ce qui se fait dans les autres ministères, selon la source du Hill Times. Paraîtrait-il que Harper s'emporte et engueule les fonctionnaires quand la réponse d'une demande d'accès  à l'information sort en contenant davantage d'information qu'il ne voudrait qu'il y en ait.

Par exemple, on demanderait à l'entourage du ministre de trouver une façon d'exiger des fonctionnaires que le document soit révisé par le Conseil privé, le ministère du premier ministre, ce qui permettrait d'allonger les délais et donnerait plus de latitude pour censurer les documents.

Il s'agirait d'une directive verbale en place depuis 2006, lorsque le gouvernement Harper a pris le pouvoir. Rappelons que cette loi est appliquée par les fonctionnaires et est normalement à l'abri des ingérences politiques. (Le Devoir)


Le problème ne serait pas nouveau, seulement il empire. "Over the decades, governments have gotten much smarter about ways in which the act can be circumvented or subverted … and successive governments have become more sophisticated at finding the loopholes. (...) Right now there is no penalty, essentially, for failing to obey the Access to Information Act: Government breaks the law almost every day, and yet there are no real consequences," (The Hill Times)

Une chance qu'on a une commissaire à l'information pour faire son travail, tandis que le gouvernement lui met les bâtons dans les roues:

En avril dernier, la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, a demandé au gouvernement d'obtenir un budget spécial pour lancer une enquête systémique sur les agissements de certains ministères qui ne respectent pas les délais de réponse obligatoires contenus dans la Loi sur l'accès à l'information.

Le gouvernement a refusé la demande de financement du Commissariat à l'information. Toutefois, lors d'une entrevue accordée au Devoir, Mme Legault a expliqué qu'elle a réussi à remanier son budget pour dégager des ressources à l'interne et ainsi lancer son enquête sans avoir besoin d'un financement accru.
(,,,)
La commissaire veut notamment savoir si le système parallèle mis en place depuis quelques années ralentit le traitement des demandes. Les requêtes des citoyens en vertu de la loi sont traitées plus rapidement et sont moins surveillées que les demandes en provenance des médias, qui prennent un chemin plus politique. Le Bureau de l'accès à l'information doit alors prévenir le bureau du ministre qu'un document sera remis à un journaliste. Ce document est souvent révisé par l'entourage du ministre.  (Le Devoir)

Certains qui font régulièrement usage de la loi à l'accès à l'information se sont mis à combattre l'ingérence politique sur leur requêtes en remplissant des demandes d'accès à l'information sur comment leurs propres demandes d'accès sont traitées! C'est ainsi que l'histoire de Christian Paradis a pu être révélée, selon le Hill Times.

2010.02.09

La propagande conservatrice toujours payée à même les fonds publics

Je reçois constamment de la propagande conservatrice dans la malle. La semaine passée, j'écris à Élections Canada:

Malgré que j'ait écrit en rouge "PAS DE PROPAGANDE" sur ma boite aux lettres, je reçois souvent de la propagande conservatrice qui semble payée par les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoit. Or je ne suis même pas dans sa circonscription.

Leur dernier pamphlet est particulièrement insultant, il prétend qu'il y a plein de pédophiles partout et que le gouvernement conservateur protège nos enfants des pédophiles parce qu'ils veulent des peines plus sévères, contrairement au bloc québécois qui lui cautionne la pédophilie avec ses positions laxistes.

J'imagine qu'il est illégal que des députés utilisent les fonds publics pour faire leur propagande partisane, et mensongère de surcroît. Sinon, on a un sacré problème. J'espère que quelque chose sera fait contre ça.

On me répond:

 

DOSSIER: 296266
Nous vous remercions pour votre courriel du 6 février 2010.
Élections Canada est une institution indépendante établie par le Parlement chargé de la conduite des élections et des référendums fédéraux. Le sujet abordé dans votre message dépasse les limites de notre mandat. Conséquemment, nous vous invitons à communiquer avec le Service de renseignements du Parlement du Canada.  L’information contact est la suivante :
Service de renseignements
Parlement du Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0A9
1 (866) 599-4999 Sans frais (Canada)
1 (613) 992-4793
ATS: 1 (613) 995-2266

 

Je renvois donc la même missive au Parlement. Réponse:
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courriel envoyé le 8 février 2010 au Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement.
Le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement offre des renseignements de nature générale sur l'histoire, le rôle, et les activités du Sénat, de la Chambre des communes et de la Bibliothèque du Parlement.
En réponse à votre courriel, les députés détiennent le droit d’envois collectifs et peuvent envoyer du courrier en franchise. Ce privilège signifie que les députés de la Chambre des communes peuvent apposer leur signature à un envoi postal adressé qui sera ensuite livré, en franchise, n’importe où au pays.
Pour de plus amples renseignements concernant le courrier en franchise, nous vous suggérons de contacter votre député fédéral. Vous pouvez identifier votre député à partir du site web du Parlement (http://www.parl.gc.ca) en entrant votre code postal dans la case «Parlementaires actuels». Vous obtiendrez ainsi ses coordonnées à Ottawa et dans votre circonscription.
N'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements de la Bibliothèque du Parlement pour toute autre question concernant le Parlement du Canada.
Veuillez agréer l'expression de nos sentiments les meilleurs.
K.C.
Information Service / Service de renseignements
Library of Parliament / Bibliothèque du Parlement
Ottawa, Canada, K1A 0A9
Telephone / Téléphone:
-Toll-free / Appel sans-frais:  1-866-599-4999
On dirait bien que tous les bureaucrates s'en lavent les mains, les conservateux peuvent envoyer autant de marde malhonnête pour vendre leur parti qu'ils le veulent, c'est dans les règles! J'écris donc à ma députée:

Je reçois constamment de la propagande conservatrice mensongère par la poste, manifestement payée à même les fonds publics puisqu'elle provient du député Léon Benoît (j'habite dans Montcalm). Je pense qu'il s'agit du même phénomène qui a fait l'objet d'un article dans le Devoir en novembre dernier: http://www.ledevoir.com/politique/canada/277423/la-propag...

Je me suis plaint à Élections Canada, ils m'ont dit de m'adresser au Parlement, qui m'a dit de m'adresser à mon député. C'est insultant et scandaleux, tout ça. Ils se servent de l'argent de nos taxes pour distribuer massivement de la bullshit pour vendre leur parti de pétrolières, et tous les bureaucrates supposés servir la "démocratie" s'en lavent les mains.

Est-ce qu'on peut faire quelque chose contre ça?

Réponse de Christiane Gagnon:

J’ai bien reçu votre courriel dans lequel vous dénoncez l’abus d’envois de ces dépliants que les députés peuvent envoyer aux frais de la Chambre des communes. Je vous remercie d’avoir pris le temps de me faire part de vos préoccupations à ce sujet.

Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la facture totale des envois des députés a plus que doublé, atteignant désormais 10 millions de dollars. Le Parti conservateur, à lui seul, a généré des frais d’impression et d’envoi de 6,3 millions de dollars.

C’est pourquoi nous, les élus du Bloc Québécois, proposerons au retour de la Chambre de restreindre le recours à ces envois de dépliants. Ces restrictions feront en sorte qu’il ne serait plus possible pour un député de faire un envoi dans une circonscription autre que la sienne et qu’il ne pourrait pas faire plus d’un seul envoi par jour. Les envois regroupés (permettant à plusieurs députés de combiner leurs envois afin d’en imprimer un plus grand nombre d’exemplaires) seraient limités à un par mois. Le contenu de tout envoi devrait être approuvé par le parti politique.

Pour que nos propositions entrent en vigueur, les quatre partis politiques doivent les approuver à l’unanimité.

Ainsi, nous partageons vos préoccupations quant à l’utilisation abusive des envois de ces dépliants. Soyez assuré que nous ferons tout ce qui est en notre possible afin que cette pratique, qui donne lieu à des excès de propagande par certains partis, soit davantage encadrée.

Il paraît que le bureau interne de la chambre des communes examine la question, comme l'indique l'article du Devoir:

«Beaucoup de gens n'aiment pas cela», confirme la porte-parole de la Chambre des communes, Colette Déry. «Les députés, mais aussi les commettants qui reçoivent des envois de députés d'une autre circonscription, qui n'en sont pas ravis et nous le font savoir.» Les plaintes n'ont pas encore été traitées, et d'ici à ce que le bureau de régie interne de la Chambre tranche la question, les règles resteront inchangées.

Ce serait 6,3 M $ que la propagande conservatrice a ainsi drainé en fonds publics. Les partisants conservateux vont dire que c'est "légal" et que tous les partis le font. Je sais pas, mais j'ai jamais reçu de propagande bloquiste ou libérale par la poste, et il y a une limite à la rhétorique mensongère et à l'abus de fonds publics! Pour la comparaison entre les partis, ces chiffres sont évoquateurs:

Alors que les députés de l'opposition ont en moyenne réclamé 17 977 $ chacun en frais d'impression, les députés conservateurs ont réclamé plus que le double: 38 337 $ en moyenne chacun. À eux seuls, donc, les 164 députés conservateurs ont imposé à la Chambre des communes un fardeau de 6,3 millions de dollars à ce chapitre. Celui des 210 députés de l'opposition s'élève à 3,8 millions. (Notons que l'élection de 2008 a provoqué un roulement de députés portant leur total à au-delà de 308.)

Pour ce qui est de la légalité, je comprend bien que les esprits conservateurs sont peu habitués aux exercices de réflexion débordant du cadre étroit balisés par le système, mais il me semble évident que, même si il n'y a pas de loi interdisant la propagande mensongère, payée par les contribuables de surcroît, ça ne veut pas dire que c'est acceptable dans un système qui se prétend démocratique.

Apparemment, mes efforts de lobbying ont porté fruit:

Envois postaux des députés - Ottawa prié d'y mettre un terme

Hélène Buzzetti 17 mars 2010

Ottawa - Les députés fédéraux ont décidé hier de restreindre le nombre de leurs envois postaux. La Chambre des communes a en effet adopté une motion réclamant que cesse la pratique dite des «10 %», ces envois postaux, souvent très partisans, que font parvenir les élus aux commettants de leurs adversaires.

Par la marque très serrée de 140 voix contre 137, les députés ont appuyé une motion du Parti libéral demandant de retirer aux députés le droit d'envoyer, aussi souvent qu'ils le désirent, des dépliants n'importe où au pays aux frais de la Chambre des communes. Selon le Parti libéral, le Parlement économiserait ainsi approximativement 20 millions de dollars par année.

Hier, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont appuyé la motion libérale, tandis que le Parti conservateur s'y est opposé. Si le résultat a été si serré, c'est qu'une douzaine de libéraux, y compris le chef Michael Ignatieff, étaient absents. Le premier ministre Stephen Harper n'était pas présent non plus.

Le Devoir avait révélé cet automne que le Parti conservateur était passé maître dans l'utilisation des «10 %». Les élus de M. Harper ont engendré en moyenne des dépenses de 38 337 $ chacun en 2008, soit le double des députés de l'opposition (17 977 $). Au total, ces envois des conservateurs ont coûté au trésor public 6,3 millions de dollars.

C'est par l'entremise de ce mécanisme que les conservateurs ont pu inonder le pays de dépliants ridiculisant le Tournant vert de Stéphane Dion à quelques jours du déclenchement des élections, en 2008. Le gouvernement n'est pas obligé de mettre en application la motion adoptée hier.

 

2009.12.09

Le vrai scandale climatique

 

2005-212C--global-warming.gifLes scientifiques s'efforcent de minimiser le scandale de climategate en focusant sur le fait qu'il n'y a pas grand chose qui remet en question la validité de la science. Mais le vrai scandale n'est pas l'archive de mails qui a été exposée, ni la façon dont elle a été volée. C'est plutôt l'évidence qui en émerge de la propagande internationnale , coordonnée pour harceler, intimider et menacer les climatologues,  pénétrer par effraction dans des laboratoires, et semer le doute et la confusion sur la climatologie. Derrière cette propagande, tout un réseau médiatique sophistiqué, incluant des "documentaires" douteux qui visent manifestement à rendre l'opinion publique défavorable aux négociations en cours sur le climat et miner la volonté politique nécessaire au changement. Il semblerait qu'une campagne criminelle, financée par des industriels et des think tanks de droite, s'organise de plus en plus, prète à aller toujours plus loin pour infiltrer des facultés de recherche et voler des données. Du moins, selon James Hoggen, l'auteur de Climate Cover-Up: The Crusade to Deny Global Warming, tel que rapporté dans le Huffington Post et dans le Guardian. Et je partage l'opinion.

Pour ceux qui doutent du consensus scientifique, voici des chiffres: une étude publiée en 2004 dans le magazine Science a analysé 928 recherches publiées dans des journaux scientifiques entre 1993 and 2003 dont le sujet se rapportait aux changements climatiques. Les 928 articles ont été divisé en 6 catégories: ceux qui endossaient explicitement le consensus, ceux qui évaluaient les impacts, ceux qui proposaient des méthodes de mitigation, ceux qui faisaient des analyses paléoclimatiques, et ceux qui rejetaient le consensus. De tous ces travaux, 75% tombaient dans les trois premières catégories, acceptant explicitement ou implicitement le consensus; 25% portaient sur les méthodes d'adaptation ou la paléoclimatologie, ne prenant pas de position sur les changements climatiques anthropogéniques. Aucun des papiers ne rejetait la position consensuelle. Par contre, en 2007, l'American Enterprise Institute offrait 10 000 $ à des scientifiques qui publierait des articles s'opposant aux recherches du GIEC.

Il y a même des sommets alternatifs à la conférence de Copenhague en cours: le Sommet populaire Klimaforum (grassroots) et les Alternativ Klimakonference et Copenhagen Climate Challenge (négationnistes) qui a fait l'objet d'un article dans le Daily Telegraph. On peut suivre un watch des activités de lobbying qui s'y font sur the center for public integrity.

Quant à la suite de climategate, une enquête est en cours. Les emails continuent d'être épluchés. Les négationnistes continuent de sortir leur shnoute et d'interpréter des phrases isolées (ils ont même leur TV), en voici deux bien organisés: Climate Audit de Steve McIntyre, ou le CFACT ($$). Du côté des sceptiques, le DeSmogBlog est une excellente référence, et ils viennent d'annoncer qu'ils ont fait le tour de tous les emails relâchés, et qu'ils vont publier beaucoup d'information là-dessus pour "contredire les prétentions de ceux qui les manipulent pour faire avancer leur propre agenda". D'ailleurs, ils viennent d'en sortir un aujourd'hui qui démontrent que les chercheurs, accusés de tribalisme, partagent volontiers leurs données avec d'autres chercheurs. D'autres blogues intéressants à suivre: Climate Debate Daily, Carbon Fixated, GreenFyre's, et ClimateScienceWatch, qui a fait plusieurs vidéos debunkant la junk science.

Le Huffington Post vient de sortir un article où il fait le lien entre le scandale de Watergate et Climategate, je trouve la conclusion assez inquiétante mais lucide:

An investigation into who is coordinating, funding, and leading a last-ditch effort to stall climate legislation through the use of criminal tactics and a well-funded and coordinated disinformation campaign seems to be beyond the capacity of the field of journalism. An industry so critically wounded by budget and staffing cuts that it is perhaps unable or unwilling to spend the resources or staff time to tackle serious investigative issues, even if the direction of a policy critical to the future development of the global economy depends on the outcome.


Je terminerai en rappellant une technique utile pour suivre les nouvelles beaucoup de sources différentes sans perdre de temps à visiter chaque site séparément: utiliser la syndication RSS.